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mercredi 23 octobre 2013

Tintin et le lac aux requins

Il y a quatre ans, j'exprimais ici mon dégout pour l'attitude des ayants-tous-les-droits d'Hergé (1). Je terminais mon billet par les mots suivants: "vivement 2053. 70  ans après la mort de l'auteur, les ayants droit n'en ont plus". Eh bien, c'est - sans doute - raté. Le crabe aux pinces d'or a encore frappé. Nick Rodwell, qui gère au centime près l'héritage de feu le mari de sa femme, envisage de publier en 2052 un nouvel album de Tintin. Histoire de repousser le plus loin possible - voire à jamais - le moment où l'œuvre d'Hergé tombera dans le domaine public. Les règles ne seront pas simples à changer ou à contourner (2), mais on peut faire confiance au Rastapopoulos de Moulinsart pour trouver la combine qui lui permettra de mourir la main sur son portefeuille, confiant en son avenir.
La liste des injures du capitaine Haddock ne suffira jamais à cerner ce personnage de série Z.

(1) Le Musée Hergé? Ils peuvent faire tintin, 27 mai 2009.
(2) http://blogs.rue89.com/les-coulisses-de-wikipedia/2013/10/23/tintin-les-droits-dauteurs-peuvent-ils-etre-eternels-231470

mercredi 27 mai 2009

Le musée Hergé? Ils peuvent faire tintin!

J'ai longtemps cru que j'aurais été tintinophile de 7 à 77 ans. Mais je ne serai finalement pas arrivé jusque là. Les héritiers d'Hergé en ont décidé autrement. Voilà longtemps qu'on avait compris à quel point le moindre centime "faisable" avec Tintin leur était indispensable, mais ces derniers temps, leur attitude s'apparente à celle d'Harpagon.
Le 9 juillet prochain, le tribunal de grande instance d'Evry devra rendre sa décision sur la plainte des ayants-droits d'Hergé qui ont poursuivi devant la justice l'éditeur Arconsil. Son crime? Avoir publié une série de romans de Gordon Zola (!): les aventures de Saint-Tin. Saint-Tin et son ami Lou (un perroquet) ont vécu des aventures telles que "Le crado pince fort", "L'oreille qui sait" ou "La lotus bleue", dans lesquelles ils croisent le Rasta populiste, le capitaine Aiglefin et le professeur Margarine. Les ayants-tous-les-droits d'Hergé n'apprécient pas que "soient exploités les éléments qui font la notoriété de l'oeuvre " d'Hergé et réclament l'interdiction de la distribution de ces livres et 160.000 euros et intérêts. Si la justice leur donne raison, l'éditeur déposera le bilan. (LLB - 04.04.09)
Dans le même temps, voilà deux-trois semaines, à l'occasion d'un "festival" Tintin à Namur, la société Moulinsart mettait aux enchères des planches et des objets originaux d'oeuvres d'Hergé, pour une valeur de deux millions d'euros... Etonnant comme des oeuvres intouchables peuvent brusquement devenir monnayables! (Sud Presse - 09.05.09)
Et puis voilà qu'il y a deux jours, la même société Moulinsart recevait 120 journalistes, cameramen et photographes du monde entier pour leur faire visiter, en exclusivité, le musée Hergé qui ouvrira ses portes tout prochainement à Louvain-la-Neuve. Mais les caméras et les appareils photo ont dû rester au vestiaire. Pourquoi inviter des journalistes si c'est pour leur interdire de faire leur travail? C'est que les ayants-droits les ont décidément tous. Y compris celui d'être parano. Y compris celui d'être des marchands du temple. Y compris celui de se tirer dans le pied. Hergé, pour eux, n'est plus un artiste, mais une pompe à fric. Je ne mettrai pas les pieds au musée Hergé, mille sabords! Et ma collection de livres et d'objets "Tintin" ne grandira plus, bande de bachi-bouzouks! Elle vieillera sagement dans mon grenier. Vivement 2053.
70 ans après la mort de l'auteur, les ayants-droits n'en ont plus...