lundi 13 juillet 2026

La politique du pire

Les titres se téléscopent dans la presse régionale, apparemment sans que ça ne pose question. Sans que soient pointées du doigt certaines de nos aberrations, toutes ces activités insensées qui devraient appartenir au passé. Au milieu de nombreux articles relatant des incendies, on lit qu'un rallyecross de voitures a eu lieu ce dimanche, devant 5 000 spectateurs. "Sur une piste mi-terre mi-asphalte rapidement asséchée par la chaleur, la poussière voltigeait, les moteurs chauffaient et les pilotes suffoquaient", constate la Nouvelle république (1). Une semaine auparavant, on avait appris qu'une course de dragsters avait dû être annulée en dernière minute à cause d'un incendie à proximité. Le dragster est "la machine la plus violente jamais créée pour rouler sur quatre roues", aux accélérations fulgurantes qui dégage "des flammes géantes, des vibrations monstrueuses, avec des pneus qui se déforment totalement ; chaque départ ressemble à une explosion contrôlée" (2).
On continue à jouer comme si la situation était normale, on continue à consommer allègrement de l'essence, à polluer, à participer à l'augmentation du réchauffement climatique comme s'il n'existait pas.

"On a toujours fait comme ça" est la phrase que j'ai le plus souvent entendue dans ma brève expérience de conseiller municipal et communautaire. Devrait-on changer nos habitudes et nos pratiques parce que le climat change ? On ne peut imaginer prendre moins sa voiture, on l'a toujours utilisée plusieurs fois par jour pour le moindre déplacement. On a toujours fait comme ça. On ne va quand même pas cesser de prendre l'avion une, deux ou trois fois par an, parce que, tu comprends, on a besoin de soleil. On a toujours fait comme ça. On doit pouvoir désormais prendre l'avion régulièrement pour aller vers le nord parce que, tu comprends, on a besoin d'air frais. On ne va quand même pas cesser de commander des produits chinois de mauvaise qualité transportés à travers les mers dans des centaines de milliers de conteneurs. Parce que, tu comprends, on n'en trouve pas à des prix pareils chez nous. On a toujours fait comme ça.

Mais le climat, lui, n'a jamais fait comme ça. Donc, l'intelligence humaine (la naturelle, pas l'artificielle) voudrait qu'on change. Tout. Nos modes de pensée, nos modes de production, de consommation, de déplacement, de logement. Mais la résistance au changement est lourde. Et puis sommes-nous intelligents ? Avons-nous le souci du bien commun ? De l'avenir ? Bien sûr, il faut prendre de toute urgence des mesures pour s'adapter à ce climat brûlant. Mais il faut aussi - et enfin - changer radicalement nos pratiques pour empêcher que ce réchauffement climatique (que nous avons refusé de combattre) cesse d'augmenter plus encore. 
On s'est bien amusé, on a beaucoup joué. Il serait temps que l'être humain accepte de devenir enfin adulte, envisage l'avenir, le sien, mais surtout celui des générations suivantes qui va être infernal.
Mais les (ir)responsable politiques aiment que leurs électeurs restent des enfants, qu'ils continuent à s'amuser. Pas question de les priver de leurs jouets. 
"Au-delà des polémiques sur la climatisation ou sur le bilan des morts, écrit le journaliste Stéphane Foucart dans Le Monde (3), le débat politique semble se tenir dans un monde parallèle. La simple mise en regard des conséquences de la canicule avec les projets structurants de l’exécutif liés au climat produit un choc de sidération et d’irréalité. Nous ne sommes plus seulement coincés dans une dystopie climatique, mais aussi dans un scénario de comédie noire, où le grotesque le dispute à la farce orwellienne."
Des centaines de milliers de personnes, des millions sans doute, souffrent de la canicule dans leur logement de location. Et que fait le gouvernement ? Le 24 juin dernier, il a déposé "un projet de loi qui doit remettre 700 000 passoires thermiques sur le marché locatif".
On attend des architectes et des urbanistes qu'ils adaptent le bâti, les villes et les territoires à un climat qui s'affole. Et que fait le gouvernement ? Il dissout le groupement d’intérêt public Europe des projets architecturaux et urbains, chargé de piloter plus de 200 projets de recherche dans ces domaines.
Le fonds vert, destiné à financer l’adaptation des collectivités territoriales, a été amputé des deux tiers.
En 2022, le président Macron a lancé un ambitieux plan de reboisement : « Planter 1 milliard d’arbres en dix ans » et, pour ce faire, il subventionne les coupes rases sur de vieilles forêts diversifiées et leur remplacement par des quasi-monocultures de résineux, hautement inflammables. "Un peu partout en France, de l’argent public contribue à vulnérabiliser les territoires au risque d’incendie", écrit encore Stéphane Foucart. Et, chaque année, malgré les grands discours, 20 000 kilomètres de haies sont rasés.
Les élevages hors-sol continuent à être favorisés et connaissent une surmortalité telle que les équarisseurs n'arrivent plus à suivre. L'agriculture biologique, elle, est loin de connaître le même soutien. Au contraire. Les surfaces cultivées en bio sont en diminution en France et "Paris s’oppose à la Commission européenne pour que les aides à l’agriculture biologique ne soient pas inscrites dans la prochaine politique agricole commune".
Et le sénat participe de la même politique hors-sol : "devant le constat d’une pénurie rampante de la ressource hydrique, ses élus ont ainsi voté sans trembler, le 3 juillet, la destruction pure et simple des principes qui fondent les instances de la démocratie locale de l’eau, au bénéfice de quelques irrigants".
Voilà donc un gouvernement, un président et un sénat qui nous mènent, de manière totalement consciente, d'une situation extrêmement grave à une situation désespérée. Les lobbies l'emportent sur le sort de la population et de la nature. Difficile pour tous ces (ir)responsables d'affirmer qu'ils gèrent le pays en bons pères de familles. Quel père de famille sacrifierait ainsi ses enfants ? Les experts annoncent que les dégâts que causera ce climat devenu fou se chiffreront en milliards d'euros chaque année. 

Yamina Saheb, autrice du GIEC, adresse une lettre au président Macron, répercutée par Avaaz (à signer - 4 ) : "Cette canicule n'est pas une fatalité météorologique. Elle est la conséquence directe et mesurée de votre décision de nous enfermer dans le capital fossile. Nous l'avions écrit, noir sur blanc, dans les rapports du GIEC (IPCC). Vous le saviez. Nous le savions tous. Ce qui nous accable aujourd'hui n'est pas une surprise : c'est un rendez-vous que vous, avec d'autres responsables politiques, avez choisi de ne pas honorer. Et que proposez-vous face à cela ? De nous adapter à une France devenue fournaise, comme si l'on pouvait s'adapter sans fin à un monde que vous vous obstinez à rendre invivable. (...) Je vous demande d'agir enfin à la hauteur des enjeux, à commencer par mettre un terme à toutes les subventions publiques directes ou indirectes aux énergies fossiles dans notre pays. Demain, il sera déjà trop tard."

(1) https://www.lanouvellerepublique.fr/indre-et-loire/commune/pont-de-ruan/rallycross-de-touraine-davy-jeanney-triomphe-devant-julien-febreau-deception-pour-damien-meunier-1783887513
(2) https://cultureauto.fr/dragster/
(3) https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/07/12/nous-sommes-coinces-dans-une-dystopie-climatique-un-scenario-de-comedie-noire-ou-le-grotesque-le-dispute-a-la-farce-orwellienne_6722848_3232.html
(4) https://secure.avaaz.org/campaign/fr/arretez_les_subventions_aux_energies_fossiles_loc/?baluBfb&v=175517&cl=22782269031&_checksum=fb2197f394450a9e42dc626f7b8012d18c6a8f588e5959cc27a7dc2b47101ece&utm_source=email&utm_medium=blast_email&utm_campaign=175517&email_id=019f54e9c90871d98f04b9dd727fbf13

vendredi 10 juillet 2026

C'est la nature qu'on assassine

On n'entend plus les oiseaux. Juste le loriot tôt le matin. Ils ont autre chose à faire que chanter. Ils consacrent aussi moins de temps à chercher une nourriture et une eau qui se font rares. Ils cherchent à survivre, ailes et bec grands ouverts pour essayer de dissiper la chaleur. Plus assez alertes pour se nourrir ou échapper aux prédateurs, que la chaleur rend plus agressifs, ils voient leurs chances de survie dégringoler.
Les rivières se meurent et avec elles la faune et la flore qui y sont liées : poissons, crustacés, insectes, oiseaux, plantes. Mais qui s'en soucie ? 
Et pourtant... "Avec des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes à cause du dérèglement climatique, écrit The Knowable Magazine (1), les troubles cognitifs observés dans tout le règne animal pourraient avoir des répercussions sur l'ensemble des écosystèmes et fragiliser davantage des espèces déjà en difficulté. Si les pollinisateurs ne savent plus quelles fleurs butiner, la flore sauvage et les cultures en pâtiront." Les animaux sont comme nous : un cerveau en surchauffe et c'est tout le système nerveux qui fonctionne mal, avec des répercussions potentielles sur la perception, la mémoire et l'apprentissage. "Dans les écoles sans climatisation, lorsque le thermomètre monte d'à peine 0,5°C sur une année scolaire, les résultats des élèves baissent de 1%. Alors, quand il monte de 5 degrés... Il en va de même dans la nature : "si les insectes oublient quelles fleurs ils pollinisent (chez les bourdons, il s'agit notamment des tomates et des myrtilles) ou bien comment rapporter du nectar à leur colonie, les insectes en pâtiront, mais aussi les cultures humaines", prévient la chercheuse Emily Baird. 

Dans le Parc naturel régional de la Brenne, 700 hectares, sur 1.000 impactés - ont brulé. "Les dangers sont multiples, même si on peine encore à les mesurer, alarme Laura Beau, responsable scientifique de la réserve naturelle de Chérine. La mortalité des bêtes augmente fortement, aussi bien dans les bois, dans les prairies, dans les haies. Nous avons vu des sangliers partir en courant face à la fumée. Les cistudes [tortues caractéristiques de la Brenne] sont encore en période de ponte : les œufs enterrés sous la surface ne sont pas protégés des flammes ni de la chaleur. Des étangs avec les roselières ont également brûlé, sauf que les oiseaux paludicoles s’y reproduisent, et que les plus jeunes n’ont pas encore appris à voler. Là je ne parle que du feu mais ces espèces souffrent déjà beaucoup. La biodiversité est impactée par le changement climatique, la réduction des habitats ou l’arrivée d’espèces exotiques envahissantes. Donc nous sommes face à une catastrophe pour certaines espèces."
Le président du PNR déplore de voir "des paysages et des écosystèmes totalement détruits en quelques heures" et pose des questions : "Au-delà de la canicule, on doit se poser la bonne question sur l’enfrichement de la Brenne au détriment des paysages ouverts agricoles. Aujourd’hui, beaucoup de zones sont réservées à la chasse et s’enfrichent. Doit-on continuer à développer ces réserves de chasse qui favorisent des incendies de cette ampleur ?". 

N'en déplaise aux esprits simplistes, la climatisation ne résoudra pas tout et ne sera d'aucune aide à la nature. Après les mouches. S'il en reste.

(1) Marta Zaraska, "Les animaux déboussolés par les vagues de chaleur", The Knowable Magazine, 19.5.2026, in Courrier international, 2.7.2026.
(2) https://www.lanouvellerepublique.fr/indre/reagissons-avant-qu-il-soit-trop-tard-alors-que-des-incendies-ravagent-la-brenne-le-president-du-parc-naturel-pointe-les-reserves-de-chasse-1783607387
(3) https://www.lanouvellerepublique.fr/indre/commune/saint-michel-en-brenne/nous-sommes-completement-demunis-le-desarroi-et-la-frustration-face-aux-feux-qui-menacent-la-biodiversite-en-brenne-1783616957

mercredi 8 juillet 2026

Et alors ?

Le Rassemblement national a changé de slogan. C'est désormais "Tête haute, mains sales". Voilà la fille à papa condamnée par la Cour d'appel pour détournement de fonds publics et complicité de ce délit. Au total, ils sont vingt-cinq membres du RN - le plus souvent élus et dirigeants - à avoir été condamnés : douze rejugés hier en appel et treize autres qui avaient aussi été condamnés en première instance mais n'avaient pas fait appel (1).
Même si les peines sont finalement relativement légères, estime Le Monde (2), "l’arrêt de la cour est (...) sévère, il insiste sur « la violation de la confiance que les électeurs sont fondés à placer dans chacun de leurs représentants » ; Marine Le Pen, présidente du parti à partir de 2011, avait, de ce fait, « une obligation de probité particulièrement exigeante » ; et si son père, Jean-Marie Le Pen, a été « l’instigateur » d’« une organisation » qui a permis de détourner 2,8 millions d’euros du Parlement européen, sa fille « y a adhéré et l’a perpétué »".

Elle est condamnée et alors ? La confirmation de sa condamnation en appel ne l'empêche pas de réaffirmer sa candidature à l'élection présidentielle. Et donc d'imaginer pouvoir, sans honte, diriger la république en ayant été condamnée pour avoir détourné de l'argent public. On a connu candidats plus probes. "Quelle crédibilité accorder à son discours sur la loi, l’ordre et la morale, si sa condamnation dans une affaire de détournement de fonds publics devait être définitive ?", interroge El Païs (3). "Les Français auront le dernier mot", affirme-t-elle en fière populiste. Comprenez : pas la justice. Comme le disait  un journaliste, quand il y a eu un cambriolage, le cambrioleur est condamnée par la justice et tout le monde applaudit, le RN en premier ; quand il y a eu des faits de terrorisme, la justice a raison de condamner les terroristes ; mais si le RN est condamné pour détournement de fonds, c'est tout à coup la justice qui a tort et qui rend un jugement politique. Marine Le Pen a régulièrement affirmé que toute personne condamnée par la justice devrait être interdite d'élection. Toute personne sauf elle qui est au-dessus des lois. Comment imaginer la France dirigée par une présidente aussi trumpiste ?

Se pourvoyant en cassation, les peines sont suspendues, elle ne fera donc pas campagne sous bracelet électronique. Du moins au début. La Cour de cassation annonce sa décision pour janvier 2027. "Le risque, constate Le Monde (2), est évidemment que la Cour de cassation, qui ne juge que le droit, confirme la condamnation. Il resterait, dans ce cas, à Marine Le Pen à purger un an de bracelet électronique, une peine qui courrait jusqu’en 2028." Sa campagne s'interromprait brutalement. Elle sait qu'elle prend un risque, mais sa prétention est la plus forte. Elle fonce ainsi dans le brouillard pleins feux, s'exposant aux critiques de ses adversaires qui auront beau jeu de dénoncer en elle une délinquante. La Le Pen prend le risque de s'aveugler (si ce n'est déjà fait) et d'entrer dans un mur. On n'en portera pas le deuil ici (4).

Post-scriptum : 
La candidature de la fille à papa va de soi : qu'il s'appelle Front national ou Rassemblement national, ce parti est l'affaire de la famille Le Pen. Fin de la semaine dernière, le RN a choisi sa directrice de la communication pour la présidentielle : Nolwenn Olivier. Elle est la fille du conseiller de MLP Philippe Olivier et de sa sœur Marie-Caroline et l'ex-compagne de Jordan Bardella. Comme l'écrit Franc-Tireur (5), "Marine Le Pen place une proche au cœur du réacteur de campagne, gardant ainsi la main sur le récit, le programme et l’organigramme. (...) Bardella est averti : le business et le pouvoir restent en famille."

(1) https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2026/07/07/proces-en-appel-de-marine-le-pen-retrouvez-les-peines-prononcees-contre-tous-les-prevenus-dans-l-affaire-des-assistants-parlementaires-du-fn_6721484_4355770.html
(2) https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/07/08/jugement-en-appel-de-marine-le-pen-des-faits-graves-des-peines-legeres_6721556_823448.html
(3) https://www.courrierinternational.com/article/vu-de-l-etranger-marine-le-pen-annonce-maintenir-sa-candidature-a-l-election-presidentielle-2027_247371
(4) A (re)lire sur ce blog : https://moeursethumeurs.blogspot.com/2022/04/ets-le-pen-magouilles-en-tout-genre.html
(5) Franc-Tireur, L'œil de Sire, 8.7.2026.




mardi 7 juillet 2026

Mollesse de l'urgence

La politique, un peu partout, est lamentable. La planète se réchauffe à une vitesse ahurissante, les êtres humains suffoquent, certains meurent, mais personne ne semble vouloir remettre fondamentalement en cause l'économie et la croissance, nos habitudes et notre confort, responsables de ce réchauffement désormais incontrôlable. La vie - humaine, animale, végétale - compte beaucoup moins que les cours de la bourse. La biodiversité s'appauvrit chaque jour. En France, 11.000 hectares ont déjà brûlé cette année et on ne parle que de moyens de lutte contre les incendies et adaptation au réchauffement. On cherche des moyens d'amoindrir les conséquences, pas de supprimer les causes.
Le dérèglement climatique contribuera à 700 000 morts prématurées dans le monde d'ici à 2030, prévoyait une étude publiée en mai 2022, citée par The Christian Science Monitor (1). Les morts devraient être plus nombreux encore : cette étude, qui date donc de quatre ans, n'imaginait sans doute une telle accélération de la catastrophe en cours. Catastrophe mondiale : "ce que vit la France est une réalité bien connue dans de nombreuses régions du monde, en particulier dans le Sud global."

La France est en feu et les candidats à l'élection présidentielle se bousculent sans que, jusqu'à présent, aucun ne mette en priorité absolue la lutte contre le réchauffement climatique et donc la sauvegarde de l'humanité et de la biodiversité. Le Rassemblement national a longtemps critiqué et mis en doute les rapports du GIEC et ses appels à changer de logiciel. S'il reconnaît quelques maladresses, il affirme à présent - comment faire autrement sans se moquer du monde ? - que le réchauffement climatique est une réalité. Mais il a la solution : la climatisation. "La croisade de Marine Le Pen pour la climatisation est grossière et illogique, constate The Local (2). Elle s'empare d'un sujet sur lequel l'extrême droite fait preuve de confusion et de lâcheté, et elle le retourne contre la gauche et les élites."
Plutôt que de réaffirmer qu'ils ont vu clair depuis leurs débuts et qu'il n'y a maintenant plus d'autre alternative que de sortir de toute urgence des énergies fossiles, une partie des Verts ne trouvent rien d'autre à faire que des courbettes indécentes devant le lider maximo. Mélenchon sera candidat, donc il faut le soutenir, malgré toutes les casseroles que traîne le personnage, malgré le rejet qu'il suscite et l'intérêt peu évident que son mouvement gazeux porte à l'environnement. Tous derrière le pire de la gauche puisqu'il affirme qu'il est le meilleur. Il ne faut pas diviser la gauche, affirme Sandrine Rousseau qui de ce fait soutient le PDG de La France Insoumise qui a multiplié les invectives, les insultes et les phrases assassines à l'égard du reste de la gauche.
Evidemment, il n'y aura pas de sauveur, ni en France, ni ailleurs. C'est collectivement et au niveau international que doivent être prises des décisions radicales. Au niveau de l'Union européenne, de l'Union africaine, de l'ONU et de toutes ses instances.
"S'il y a des solutions immédiates à mettre en place, écrit encore The Christian Science Monitor, (en particulier pour permettre aux populations de se rafraîchir,  il y a surtout de grandes actions de longue haleine à lancer, comme la réduction de la dépendance aux combustibles fossiles. Peut-être est-ce ainsi, au pied du mur (de chaleur), quand même les politiques les plus indifférents dégoulinent de sueur, que les pays trouvent l'élan pour agir ?". Jusqu'à présent, il semble que la canicule les rendent plus mous encore.

(1) Colette Davidson, "Dans la fournaise, ma semaine de doutes", The Christian Science Monitor, 24.6.2026, in Courrier international, 2.7.2026.
(2) Shania Mintchev, "Nous ne devons pas laisser la clim à la droite", Courrier international, 2.7.2026.

lundi 6 juillet 2026

No rules

Le Père Ubu américain a-t-il décidé que l'équipe étatsunienne allait gagner la Coupe du Monde de football ? Il fait en tout cas changer les règles pour la favoriser. Les règles du foot (comme du reste), c'est lui qui les édicte. Un joueur américain, suite à un carton rouge, était empêché de jouer son prochain match. Mais le Donald ne l'entend pas de cette oreille (de l'autre non plus, il n'entend rien) : il a demandé au président de la FIFA de l'autoriser à jouer (1). Gianni Infantino, dont on ne compte plus les courbettes devant Dingo Ier, a obéi, le petit doigt sur la couture du pantalon.
Peut-être, s'ils devaient se qualifier, les joueurs américains seront-ils ensuite autorisés à marquer un but de la main. Et s'ils accèdent à la finale, elle sera arbitrée par le Père Ubu. Après tout, voilà longtemps qu'il a compris que le ridicule ne tue pas. 

Les cons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît. (Michel Audiard)

(1) https://www.lemonde.fr/sport/article/2026/07/05/la-suspension-de-l-attaquant-folarin-balogun-levee-par-la-fifa-a-la-veille-du-huitieme-de-finale-des-etats-unis-donald-trump-applaudit_6720916_3242.html

samedi 4 juillet 2026

Encore une victime de la canicule

On ne sait plus à qui faire confiance. Les fausses nouvelles sont partout. Fake news ! Fake news ! Fake news !, répond le Père Ubu américain à tous ceux qui critiquent si promptement le meilleur président que les Etats-Unis aient jamais eu la chance d'avoir. Cet envoyé de Dieu transforme en or tout ce qu'il touche.
Et voilà que même les thermomètres mentent. Ces deux derniers jours, ils seraient montés à quasiment 40 °C à New York, Philadelphie et Washington et la nuit ils ne descendraient pas en-dessous de 29°C.
"Si de forts orages étaient attendus dans l’Etat de New York, vendredi soir, écrit Le Monde (1), les températures devraient rester très élevées, plus au sud, tout au long du week-end. Les autorités ont ainsi décalé le début des festivités à Washington, pour les 250 ans de la Déclaration d’indépendance. Le public était incité à l’origine à venir dès 13 heures, afin de participer à la grande foire sur le National Mall, censée représenter les cinquante Etats américains (avec un succès mitigé pour le moment). Mais les portes n’ouvriront finalement qu’à 17 heures, pour éviter les coups de chaud, sur cette immense esplanade peu ombragée : la météo prévoyait 38 °C et des orages en fin d’après midi. Un autre événement, prévu jeudi, à Philadelphie, la ville où fut signée la Déclaration en 1776, a été annulé à cause de la canicule."
Décidément, les ennemis du Donald ne reculent devant rien pour faire échouer ce qu'il entreprend avec tant de talent. Et ils n'ont aucun respect : ils s'attaquent même aux magnifiques festivités que ce magnifique président organise pour célébrer la meilleure période de ces deux cinquante ans : celle où il préside ces Etats-Unis qui décidément ne le méritent pas. Ses opposants ont même déréglé la météo.
Si j'aurais su, j'aurais pas venu, a-t-il déclaré.

(1) https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/07/04/aux-etats-unis-une-canicule-exceptionnelle-perturbe-les-250-ans-de-l-independance-et-la-coupe-du-monde-de-football_6720594_3244.html

vendredi 3 juillet 2026

Incompréhensible

Voilà dix ans qu'il vit en France, au Blanc dans l'Indre, qu'il y travaille sept jours sur sept dans le restaurant qu'il a racheté à son oncle et dans lequel il emploie une personne pour le seconder. En 2020, il a introduit une demande de carte de séjour . Elle lui a été refusée cinq ans plus tard par le tribunal administratif de Limoges. L'Etat vient de lui remettre un ordre de quitter le territoire français (OQTF) complété d'un billet d'avion : le 11 juillet, il est sommé de rentrer au Vietnam, son pays d'origine.
Personne ne comprend les raisons de cette expulsion.
"C’est la générosité faite homme, dit de lui sa serveuse dans La Nouvelle République (1). Il ne fait rien de mal, il travaille énormément, participe à la vie économique de la commune, a toujours un mot gentil."
Hier, nous étions trois cent cinquante à soutenir Trung Hieu Nguyen Hoang dans les rues du Blanc. Il a été très longuement applaudi et a remercié, en pleurant, tous ses soutiens.
Mais la préfète est inflexible : "je suis sereine par rapport à cette décision, que j’assume totalement", a-t-elle déclaré à la NR.
Voilà donc un homme parfaitement intégré en France que l'Etat va envoyer dans une dictature où le moindre opposant est emprisonné et torturé et qui figure, selon Amnesty International, parmi les principaux pays au monde à exécuter les condamnés. Et l'Etat français, qui se targue d'être le pays des droits de l'homme, ne cesse d'exhorter ses habitants à créer de l'activité économique. Cherchez l'erreur. Ou la bêtise.

Les discours excluants de l'extrême droite gagnent la droite : il faut absolument renvoyer les étrangers sous OQTF, montrer sa détermination, faire du chiffre. "C'est un sujet qui permet de cliver très fort, et c'est exactement ce qui attire les politiciens", estime l'historien Patrick Weil (2). "Il y a, dit-il encore, un certain nombre de gens qui ne reçoivent pas de titre de séjour, pour tout un tas de raisons, et qui restent ici en situation irrégulière - j'estime ce chiffre autour des 100 000, même si c'est, par définition, difficile à mesurer. Ça fait moins de 0,1% de toutes les personnes entrées en France qui restent illégalement, on est quand même loin du raz de marée !"
Patrick Weil indique que sur les 124 000 OQTF délivrées en 2024, "il y en a approximativement 110 000 qui concernent des gens qui ne présentent aucun danger. L'immense majorité de ces gens travaillent. Quand ils reçoivent une OQTF, leur patron - qui a besoin d'eux - va les aider à faire un recours, payer un avocat, ce qui va encombrer les tribunaux et multiplier les procédures. Et face à ça, la préfecture n'a même pas les moyens d'envoyer quelqu'un en justice pour défendre sa propre OQTF ! Résultat, personne n'a  la capacité ni le temps d'essayer d'expulser les quelques milliers de personnes réellement dangereuses."
Pour son malheur, Trung Hieu Nguyen Hoang est son propre patron. Il n'a que ses clients pour le défendre.
Sa cuisine thaïe et vietnamienne menace-t-elle la gastronomie française ?

mardi 30 juin 2026

Encore un petit effort

Quelques (fausses) questions, en passant : 

On arrête quand cette fuite en avant assassine ? A peine sortis d'une canicule et avant de plonger dans une autre, on apprend que le Conseil d’Etat a validé, ce 29 juin, l’autorisation environnementale de l’A69 entre Toulouse et Castres, qui avait été contestée notamment par des écologistes (1). Les lobbies de la bagnole, de la politique populiste et de la finance l'emportent. Rien ne peut se mettre en travers de la voiture. Pas même la fin programmée de l'humanité. On imagine maintenant des voitures autonomes roulant sur des autoroutes traversant des paysages consumés dont a disparu l'humanité.. 
Greenpeace s'inquiète : "après la mobilisation historique contre la loi Duplomb l’année dernière, l’acétamipride revient aujourd’hui dans la loi d’urgence agricole, aux côtés du flupyradifurone, sous la forme de dérogations. Le vocabulaire change, mais la manœuvre reste la même : contourner la décision du Conseil constitutionnel et rouvrir la porte à des pesticides de la famille des néonicotinoïdes, pourtant interdits ou strictement encadrés en France. Plutôt que d’aider réellement les agriculteurs et les agricultrices à sortir de leur dépendance aux pesticides, les responsables politiques préfèrent prolonger un modèle qui expose les paysan·nes, les riverain·es et la population à des substances dangereuses, tout en contaminant les sols, l’eau et la biodiversité."
De son côté, la FNSEA, qui s'est donné pour objectif suprême de soutenir un modèle ultra-productiviste, au mépris de la vie de ses adhérents et de la nature, continue à défendre des pratiques d'une autre âge et augmente son emprise sur la rédaction des lois qui régissent le monde agricole. En ce moment en particulier, dans le domaine de l'eau (2).

Y a-t-il encore une seule personne qui regarde la chaîne climatosceptique CNews qui a sombré dans le ridicule le plus total avec ses analyses de Café du Commerce sur le réchauffement climatique ?
Les pseudo journalistes de cette chaîne osent-ils encore mettre en doute ce dernier ?
Quel est l'intérêt de ses piliers de comptoir à nier, jour après jour, le réchauffement climatique ?
La disparition de cette chaîne (et de tant d'autres semblables à travers la planète) serait-elle bénéfique pour la planète ?

Mais qui donc savait et s'est tu ? Ici, là et un peu partout, on pare au plus pressé. Comme si cette canicule était inattendue et nous était tombée sur le dos sans prévenir. C'est sauve-qui-peut. Un chroniqueur économique de BFMTV reproche maintenant aux climatologues et autres experts sur le climat de ne pas avoir été "très convaincants" sur les risques liés au RC. Pauvre chroniqueur qui aimait tant croire que tout s'arrangerait. "Le changement climatique est probablement l’un des phénomènes les plus documentés par les scientifiques. A ce stade, l’ignorance est un choix", lui répond Sébastien Billard dans Le Nouvel Obs (4). Mais que ce chroniqueur économique se rassure : ce sera business as usual. Il s'agit juste d'adapter l'être humain au réchauffement climatique. Certainement pas de lutter contre les causes du RC. L'économie aux sévices de l'homme.

Pourra-t-on un jour faire condamner pour négationnisme tous les médias (y compris ces sites complotistes qui pullulent) qui ont contesté le RC et pour crimes contre l'humanité tous ces (ir)responsables politiques qui ont supprimé lois, règles et organismes qui avaient précisément pour but de lutter contre le RC ?
Les candidats à l'élection présidentielle de 2027 mettront-ils en priorité absolue la lutte contre le RC ? "Tous les candidats à la présidentielle de 2027 qui joueront la carte du fatalisme, minimiseront l’urgence de la situation contre l’avis des scientifiques, ou refuseront de faire de la résistance climatique une colonne vertébrale de leurs programmes devront apparaître pour ce qu’ils sont : les complices criminels d’une évidente défaite", écrit Grégoire Leménager dans Le Nouvel Obs (3).
Et les électeurs feront-ils leur choix en fonction de cette priorité ?

George Sand est morte en 1876. Il y a cent cinquante ans donc. Quelques années avant sa mort, elle écrivait ceci :
Si on n'y prend garde, l'arbre disparaîtra et la fin de la planète viendra par dessèchement sans cataclysme nécessaire, par la faute de l'homme. N'en riez pas, ceux qui ont étudié la question n'y songent pas sans épouvante. Il est temps d'y songer, la nature s'en va.

Les bouffons de CNews, de BFMTV et tous les complotistes seraient bien inspirés de lire plutôt que de s'écouter.

(2) https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/06/30/avec-la-loi-d-urgence-agricole-le-gouvernement-depasse-par-l-offensive-sur-l-eau-d-une-partie-du-monde-agricole_6717277_3244.html
(3) https://www.nouvelobs.com/ecologie/20260625.OBS116118/les-candidats-a-la-presidentielle-qui-minimiseront-l-urgence-climatique-seront-les-complices-criminels-d-une-desastreuse-defaite.html
(4) https://www.nouvelobs.com/medias/20260628.OBS116214/vous-n-avez-pas-ete-tres-convaincants-l-attaque-lunaire-d-un-chroniqueur-de-bfmtv-contre-un-climatologue.html


dimanche 28 juin 2026

Woman is the nigger of the world

Le masculinisme est à la mode. Des hommes gonflent leurs biceps et leurs pectoraux et manient des armes pour tenter de s'affirmer, pour prendre toute la place. Les femmes en ont trop, gémissent-ils, trop de pouvoir, trop d'autorité. Allo, maman, bobo. Ils sont à la fois pathétiques et inquiétants. 
Parmi ces masculinistes, les pires sont sans doute les talibans. Ils ont établi en Afghanistan un véritable régime d'apartheid sexiste : les femmes n'ont plus aucun droit, eux les ont tous.
Elles sont obligées de cacher entièrement leur corps, de s'enfermer chez elles sans qu'on puisse les voir de l'extérieur, interdites d'exercer de très nombreuses professions. Les filles ne peuvent plus aller à l'école secondaire, elles sont mariées de force. De nombreuses femmes sont emprisonnées, violentées, exécutées. Et tout cela dans une quasi indifférence au niveau international. L'Express (1) rappelle toutefois que "le 23 janvier 2025, la Cour pénale internationale a déposé deux mandats d’arrêt contre le chef suprême des talibans et le président de la Cour suprême de "l’émirat islamique d’Afghanistan", deux hauts dirigeants mis en cause pour crimes contre l’humanité pour la persécution de femmes et de filles".

Et voilà que mardi dernier, comme le signale la RTBF (2), "des représentants du gouvernement taliban sont arrivés à Bruxelles pour parler avec l'Union européenne du possible retour de migrants afghans dans leur pays d'origine. (...) Des pays européens voudraient renvoyer en Afghanistan des "personnes représentant une menace pour la sécurité et des criminels ayant commis des infractions graves", selon un porte-parole de la Commission, Markus Lammert. La Commission européenne estime qu'elle n'a "pas d'autre option" que de discuter avec les autorités talibanes sur les questions migratoires, pour permettre des renvois en Afghanistan réclamés par une série d'Etats membres."
Aurait-on pu imaginer qu'en son temps la CEE négocie avec le crapuleux régime d'apartheid d'Afrique du Sud ? La seule chose que l'UE devrait négocier avec les talibans, c'est le départ de leur pays de toutes les femmes afghanes de leur pays. Leur présence gêne ces masculinistes de talibans. Laissons-les entre eux. Laissons-les, elles, vivre librement.

(2) https://www.lexpress.fr/monde/europe/talibans-a-bruxelles-une-rencontre-avec-la-commission-europeenne-qui-fait-polemique-PANAK53IABFZNOKJCRZAPJPN5U/?cmp_redirect=true

vendredi 26 juin 2026

Idées peu fraîches

Ayons confiance. Ça ira mieux demain. C'est-à-dire dans un an. Quand le gamin bling-bling qui n'a jamais travaillé ou la fille à papa qui n'est pas non plus une grande bosseuse sera à l'Elysée.
Il y aura toujours des canicules. De plus en plus nombreuses et de plus en plus chaudes. Mais ce ne sera pas grave parce que tous les bâtiments seront climatisés. C'est la solution du RN (1) : un grand plan de climatisation avec un système de prêt à taux à zéro (et une budgétisation des plus floues, mais on ne peut leur en vouloir :  leurs bureaux ne sont pas climatisés, ils ont du mal à se concentrer). La climatisation rendra la vie plus facile à 40°C. Peut-on espérer des rues climatisées, des champs climatisés, des chantiers, tous les espaces publics ? Et que fait-on pour diminuer cette courbe dangereuse des températures ?
Le RN n'a jamais aimé les scientifiques, nombre de ses élus ont longtemps critiqué ou moqué les rapports d'un GIEC qui perd son temps à faire peur aux braves gens et à les empêcher de vivre librement. Mais désormais il compte sur eux pour trouver des solutions. Sur eux, sur le génie français, sur l'immense capacité à la résilience des Français. Marine Le Pen et Jean-Philippe Tanguy. l'ont encore répété récemment. Des solutions, on en trouvera. D'ailleurs, c'est ce que le RN dit depuis toujours : on trouvera des solutions techniques. Dormez en paix, braves gens. Mais plus personne ne dort en paix.

Pour le reste, rien. Ou plutôt une politique à la Trump : casser les outils. "Aussi limité et nébuleux soit-il, écrit Le Monde, le « plan climatisation » – et le prêt à taux zéro dont il ferait partie – constitue l’unique effort consenti par le RN dans la lutte contre le réchauffement climatique. Bien plus précises sont les saignées promises en la matière, énumérées et chiffrées lors du contre-budget établi à l’automne 2025. Au menu, notamment : 10 milliards d’économies dans la rénovation énergétique avec la fin de MaPrimeRénov’ et l’affectation au budget général des certificats d’économie d’énergie ; marges de manœuvre des collectivités ratiboisée par la suppression du fonds vert (« hors dépenses pour inondations et feux de forêts ») et la baisse radicale de leurs dotations par l’Etat ; coupe d’un tiers des subventions des associations environnementales ; disparition d’opérateurs et d’agences de l’Etat comme les agences de l’eau, l’Ademe ou l’Office français de la biodiversité."

De plus en plus de départements manquent d'eau. Et nous ne sommes qu'en juin. Où trouvera-t-on de l'eau ? La climatisation, même si elle est désormais indispensable pour survivre dans de trop nombreux logements, va augmenter un peu plus encore les consommations d'eau. Le génie français sera-t-il capable de dessaler l'eau de mer à moindre coût ? De transformer en eau l'air chaud ou la terre ou le sable ? 

Il ne se passera rien pour lutter fermement contre le réchauffement climatique. Dès la fin de cette période-ci de canicule, on passera à autre chose. On attend d'un candidat de gauche qu'il prenne des positions courageuses, qu'il propose un programme radical et audacieux capable de bouleverser du tout au tout notre mode vie et pas avec des mesurettes qui se contentent de rendre la situation à peine moins insupportable. Mais la majorité des électeurs n'acceptera jamais que soient remis en question leur confort et leurs habitudes. Ont-ils des enfants, des petits-enfants, ces électeurs ?

"Je suis dans le constat d'un suicide, déclarait récemment (2) le jardinier et paysagiste Gilles Deleuze (c'était peu avant la période caniculaire actuelle), bizarrement non partagé par l'humanité, mais fabriqué, organisé par elle, sous la pression des lobbies. Du fric ou rien. Il faut faire de l'argent, donc on fait. Tant pis si on meurt à cause de ça. Et on le fait. Tout le monde le fait." Les dirigeants ne sont pas là, dit-il encore pour améliorer la vie, mais le pouvoir d'achat. 

Post-scriptum : l'analyse lucide et glaçante de Jean-Marc Jancovici :
https://www.youtube.com/watch?v=MoCpLYi2v60

(2) https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-midis-de-culture/gilles-clement-jardinier-pour-le-livre-un-jardin-pour-l-eternite-9952684