Il n'y aura pas de nouvelle publication sur ce blog avant la mi-septembre.
En attendant, si je peux me permettre un conseil, n'hésitez à lire celui de Bernard De Backer :
Routes et Déroutes à l'adresse geoculture.blog
Et notamment son dernier texte à ce jour : "Fini de rire" consacré au réchauffement climatique et à l'analyse de Jean-Marc Jancovici : https://geoculture.blog/2026/08/26/fini-de-rire/#more-27109
mercredi 2 septembre 2026
Pause
mardi 25 août 2026
Traditions criminelles
Qu'en pensent les féministes indigénistes qui défendent l'excision comme une tradition ? Le mariage forcé, la polygamie, les violence exercées sur les femmes, les féminicides seraient-elles inacceptables chez nous mais une tradition à respecter ailleurs ? Les masculinistes devraient être combattus dans nos pays mais tolérés ailleurs ? Cet obscurantisme tombe dans le racisme...
« Le multiculturalisme d’aujourd’hui signifie réguler les gens en fonction de leur communauté, de leur religion et de leur culture. Très bien. Mais que fait-on des individus ? Les gays, les femmes, les enfants ? Ceux qui ne veulent pas suivre les lois de la communauté ? Ce système est un cauchemar pour les femmes comme moi qui se sont enfuies de pays où le système les subordonne aux hommes et qui viennent dans cette société pour être égales. Soudainement, les multiculturalistes vous rappellent à l’ordre et vous disent non pas vous ! Vous, vous devez rester avec votre communauté et écouter votre père, votre frère, votre mari. On ne vous aidera pas… C’est ça l’égalité ? Quand on y réfléchit, le multiculturalisme est un système purement raciste. »
Ayaan Hirsi Ali, ex-députée néerlandaise, citée par Caroline Fourest, in « La tentation obscurantiste ».
samedi 22 août 2026
Maudits poètes
(1) https://www.notele.be/it61-media167077-bernissart-pres-de-700-personnes-et-des-centaines-de-canards-en-cartons-pour-denoncer-la-chasse-aux-oiseaux-d-eau-en-france.html
(2) https://www.youtube.com/watch?v=QuGcoOJKXT8
mercredi 19 août 2026
Repartir de zéro
On rêve d'un reset de l'humanité, de tout remettre à zéro. D'être débarrassé à jamais de Poutine, de Kim Jong-un, de Trump, des Talibans, des Houtis, du Hamas et du Hezbollah, de Netanyahou, de sa clique et des colons israéliens, des généraux birmans, des ayatollahs iraniens, de Xi Jinping, des chefs de guerre soudanais, congolais, colombiens, des maffieux, de l'extrême droite, des chefs d'entreprises d'énergie fossile. Bref, de tous ces nuisibles qu'on ne peut appeler responsables politiques ou économiques tant ils agissent en irresponsables en envoyant le monde entier dans le mur, en multipliant des guerres interminables (qu'il ne font d'ailleurs que perdre, quoi qu'ils disent) et en augmentant cyniquement le réchauffement climatique. Même s'ils devront (devraient) un jour répondre de leurs responsabilités. Le monde se porterait tellement mieux sans tous ces gens convaincus d'être indispensables. Mais on rêve. Tous ces gens ne sont qu'humains. Trop humains et si peu à la fois.
lundi 17 août 2026
Lutte contre le cancer
"Les Frère russes", intéressant édito de Raphaël Enthoven dans Franc-Tireur du 12 août dernier.
"Il est fascinant, écrit-il, de voir comme les Frères musulmans et l’État russe abusent du même ressort pour faire de l’entrisme en France. Les premiers présentent le blasphème comme un racisme et la défense du voile comme un féminisme, interprètent de simples mesures administratives comme des atteintes aux libertés fondamentales, brandissent la «tolérance» chaque fois qu’un imam sanguinaire est renvoyé dans son pays et, grâce à leur alliance tactique avec la gauche des crétins, se victimisent à outrance en faisant passer toute lutte contre l’islamisme pour de « l’islamophobie d’État ». Les seconds envoient des espionnes séduire des milliardaires et mettre la main sur leur groupe de presse, mènent des campagnes d’ingérence en créant des réseaux de désinformation pour discréditer élus et candidats (comme Édouard Philippe, Raphaël Glucksmann ou Gabriel Attal), présentent toute mesure contre l’espionnage comme de la censure et, grâce à leur alliance tactique avec la droite des abrutis, font passer toute lutte contre l’espionnage russe pour de la « russophobie d’État »".
L'Etat russe a, selon toute probabilité, réussi son coup aux Etats-Unis en intervenant sournoisement, comme il peut le faire, dans la dernière campagne électorale. On connaît le résultat avec ce pantin autocrate de Trump qui détricote un peu plus chaque jour le système démocratique américain. Et on voit ce même Etat russe diffuser de fausses informations sur les candidats démocrates dans différents pays d'Europe. Les candidats populistes n'ont rien à craindre de lui (1).
mercredi 12 août 2026
Les désespérants
(2) sur X le 28.7.2026, cité dans Le Crétinisier de la semaine, Charlie Hebdo, 5.8.2026.
(3) Fabrice Nicolino, "Ces tristes connards qui n'ont rien fait", Charlie Hebdo, 5.8.2026.
(4) https://www.youtube.com/watch?v=tPjHLRYZiHM
A lire : https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/11/yannick-jadot-climatosceptiques-et-climato-arrangeants-sont-des-capitulards-qui-nous-condamnent-au-pire_6743755_3232.html
lundi 10 août 2026
Un parti laxiste
(1) Jean-Yves Camus, "RN - L'écran de fumée du pluralisme interne", Charlie Hebdo, 29.7.2026.
(2) Jean-Mathieu Pernin, "Extrême droite : Le RN trahit sa clique", Franc-Tireur, 5.8.2026.
samedi 8 août 2026
Un saint homme
(3) https://www.bbc.com/afrique/monde-61583982
(4) "On a reçu ça", Charlie Hebdo, 29.7.2026.
(5) https://www.hrw.org/fr/world-report/2025/country-chapters/china
lundi 3 août 2026
Pollueurs non payeurs
Les fleuves souffrent, eux aussi, du réchauffement climatique. Le Rhin vient d'atteindre son niveau le plus bas, du jamais vu (1). Le plus long fleuve d'Europe, le Danube, a lui aussi atteint la côte d'alerte. En juillet, son niveau a chuté des deux tiers, avec des conséquences catastrophiques. La Hongrie a dû fermer son unique réacteur nucléaire faute de pouvoir le refroidir. Il fournit 40% de la production d'électricité hongroise. Des usines ont dû réduire leur production, à cause d'un manque d'électricité. En Roumanie, une centrale nucléaire a été partiellement arrêtée. En Bulgarie, à certains endroits, le lit du Danube est totalement à sec. Le transport fluvial est évidemment mis à mal, voire impossible sur certains tronçons.
(1) https://www.arte.tv/fr/videos/129044-062-A/arte-journal-02-08-2026/
jeudi 30 juillet 2026
Libérer Libération - Soutien à Jean Quatremer
"Adieu Libé !
Chers amis de Libération,
Je le confesse, je suis un libertaire et comme tout libertaire, un provocateur. Ni dieu ni maître. C'est même pour cela que j'ai choisi Libé en 1984. Un journal libre, foutraque, dissident, anticonformiste, celui que Serge July avait recréé en mai 1981, Libé II. "Au commencement de Libération, il y avait le chaos",comme il l'a très justement écrit, un chaos des origines qui a longtemps marqué ce journal. Des gens improbables et passionnés y cohabitaient, des gens qui passaient leur temps à s'engueuler en public, ce qui aurait été impossible dans les autres titres compassés et institutionnels, et ensuite se réconciliaient autour d'un verre ou d'un repas. On n'avait peur de rien et surtout pas de ceux qui ne pensaient pas comme nous, avec qui, au contraire, on cherchait la confrontation. Jamais nous n'aurions censuré qui que ce soit ou quoi que ce soit (à quelques exceptions près, il faut bien le reconnaître). Il était interdit d'interdire, un héritage de Mai 1968 dont on pouvait être fier, même s'il y a parfois eu des dérapages que Libé a eu le courage de reconnaître, contrairement à bien d'autres journaux. Et tout à fait accepté de casser la vaisselle et de mettre les pieds sur la table.
Mais les meilleures choses ont une fin. Je tire ma révérence.
Je remercie les directions de la rédaction successives qui m'ont longtemps permis d'exercer en toute indépendance mon métier au sein du journal, mais aussi sur d'autres plateformes, la majorité de mes collègues avec qui j'ai toujours eu des relations cordiales au fil du temps, et les différents actionnaires qui nous ont plus que généreusement financés sans jamais intervenir dans la rédaction, je peux en témoigner.
Si je pars, ce n'est pas à cause de l'Europe, le sujet auquel j'ai consacré avec passion une très large part de mon activité professionnelle. J'appartiens à cette gauche sociale-démocrate qui combat l'obscurantisme religieux quel qu'il soit, le racisme, l'antisémitisme, les discriminations, la haine des musulmans, le sexisme, l'homophobie, l'injustice sociale, les régimes autoritaires, etc. Celle qui juge sacrées les libertés individuelles et collectives, la liberté d'expression en particulier, celle qui ne transige pas avec l'État de droit et la République.
Je ne peux hélas que constater qu'elle est désormais minoritaire, voire en voie de disparition. De crainte d'être accusée "d'islamophobie" ou de néocolonialisme ou, plus cyniquement, pour chercher à s'attacher un vote communautaire, une partie de la gauche politique et médiatique tolère en son sein les discours homophobe, misogyne, transphobe, anti-laïcité, anti-liberté d'expression et le cléricalisme avec qui elle s'allie. Elle a, depuis le pogrom du 7 Octobre, transformé l'hostilité au gouvernement Netanyahou que je partage totalement et le soutien légitime à la cause palestinienne en un antisionisme virulent, le masque d'un antisémitisme débridé comme l'avait très bien compris Vladimir Jankélévitch, qui est la négation des valeurs non seulement de la gauche, mais de la République. On manifeste devant des synagogues, on agresse des Juifs, on hurle "Heil Hitler "dans des manifestations, on interdit de parole des intellectuels, des artistes, des scientifiques, des journalistes parce qu'ils sont juifs et donc sionistes et donc "génocidaires ". On traite de fasciste quiconque, juif ou non, n'est pas dans cette ligne, en vertu d'un antifascisme d'un nouveau genre qui ressemble comme un frère jumeau par sa violence – parfois mortelle – à ce qu'il prétend combattre.
Comme au plus beau temps de l'URSS et du Komintern, la police de la pensée fait régner une terreur idéologique à coups d'anathèmes, de dénonciations calomnieuses et de culture de l'annulation. On nazifie les Juifs, on accuse Israël et les Juifs de la planète d'être génocidaires, comme hier on les accusait de déicide, on nie le droit à l'existence d'Israël ce qui n'est le cas d'aucun autre pays, on considère qu'au fond l'antisémitisme est une opinion comme une autre et non plus une valeur sur laquelle on ne transige pas… Oui, tout cela est permis. Mais dénoncer l'antisémitisme et l'antisionisme, défendre le droit d'Israël à exister, remettre en cause l'affirmation que ce pays commet un génocide ou organise une famine, pointer l'utilisation comme bouclier humain des populations civiles par les terroristes du Hamas, s'interroger sur l'instrumentalisation de l'Unrwa ou de l'ONU par les islamistes, ah, ça non !
Pourtant, je vous le dis, moi qui ne suis pas juif : l'antisémitisme sous toutes ses formes, même sournoises, est le marqueur incontestable de la haine de la République, des libertés, de l'État de droit, de l'égalité, de l'humanisme. Il prédit le totalitarisme.
Cette nouvelle gauche qui se vautre dans l'antisémitisme défend la liberté d'exprimer… la même opinion qu'elle. Elle trie entre les bonnes et les mauvaises victimes au lieu de défendre l'humanité tout entière. Elle injurie et diffame ceux qui ne sont pas au garde-à-vous de sa propagande, de ses mensonges et de sa haine. Ainsi, contrairement à ce qu'ont affirmé depuis le 7 Octobre les tenants de cette gauche qui n'a plus de gauche que le nom, je n'ai jamais confondu les musulmans avec l'islamisme, ni les Palestiniens avec le Hamas et ses thuriféraires. Qui m'accuse de racisme, d'islamophobie, une accusation qui ne tue que ceux qui en sont accusés, et de fascisme est un con ou un salaud ou les deux.
Je l'admets, je ne me reconnais pas dans cette gauche-là qui est la négation même des principes qui ont fondé Libé. Certes ils sont très loin d'être majoritaires dans le journal et a fortiori dans sa direction, mais selon des méthodes de harcèlement éprouvées à l'extrême gauche, ils parviennent à me rendre l'air irrespirable. Je tire donc ma révérence. Je reprends ma liberté, car elle est mon bien le plus précieux. Je n'ai pas l'intention d'en abandonner la moindre parcelle, ni de me plier à quelque discipline que ce soit, ni de consacrer mon temps à me justifier devant des groupuscules dans des procès de Moscou-sur-Seine. J'ai passé l'âge de céder aux intimidations des "offensés" à géométrie variable. J'aurais pu dire comme Pialat : "Vous ne m'aimez pas ? Je ne vous aime pas non plus." Mais ce serait faux. J'ai aimé et j'aime beaucoup d'entre vous. Mais plus qu'à vous, je tiens à ma liberté. Les vrais insoumis ne sont pas ceux qu'on croit.
Je quitte certes Libération, mais pas ses lecteurs, ceux qui m'ont lu, entendu et aimé tout au long de ces années, ceux pour qui la diversité d'opinions au sein de la gauche est un trésor précieux. Comme le disait Jean-Paul Sartre en 1973 à propos de Libération dont il était le cofondateur avec Serge July, c'est "un journal qui n'est pas celui d'un parti et où les journalistes, tous de gauche, n'ont pas nécessairement la même opinion". À tous ces lecteurs, je donne rendez-vous sur d'autres plateformes où je continuerai à faire entendre ma voix et à défendre les valeurs et le journalisme auxquels je crois.
J'espère que la majorité d'entre vous continuera, comme j'ai tenté de le faire ces dernières années, à défendre Libération contre ceux qui voudraient le prendre en otage au nom d'une idéologie contraire à ses valeurs. À ceux qui se battront pour "libérer Libération", pour reprendre, encore, une expression de Serge July datant de 1981, je souhaite bonne route, comme je souhaite bonne route à Sonia Delesalle-Stolper, sa nouvelle directrice de la rédaction. N'oubliez pas qu'on reconnaît la liberté au bruit qu'elle fait en s'en allant.
Jean Quatremer"