(3) https://www.bbc.com/afrique/monde-61583982
(4) "On a reçu ça", Charlie Hebdo, 29.7.2026.
(5) https://www.hrw.org/fr/world-report/2025/country-chapters/china
Quelques réflexions humeuristiques de Michel GUILBERT sur la vie politique, sociale et culturelle de Belgique, de France et d'ailleurs. De modestes contributions à une tentative de rupture des pensées uniques. Une expression personnelle pour éviter l'ulcère... Mon autre blog: https://michelguilbert.blogspot.fr
Les fleuves souffrent, eux aussi, du réchauffement climatique. Le Rhin vient d'atteindre son niveau le plus bas, du jamais vu (1). Le plus long fleuve d'Europe, le Danube, a lui aussi atteint la côte d'alerte. En juillet, son niveau a chuté des deux tiers, avec des conséquences catastrophiques. La Hongrie a dû fermer son unique réacteur nucléaire faute de pouvoir le refroidir. Il fournit 40% de la production d'électricité hongroise. Des usines ont dû réduire leur production, à cause d'un manque d'électricité. En Roumanie, une centrale nucléaire a été partiellement arrêtée. En Bulgarie, à certains endroits, le lit du Danube est totalement à sec. Le transport fluvial est évidemment mis à mal, voire impossible sur certains tronçons.
(1) https://www.arte.tv/fr/videos/129044-062-A/arte-journal-02-08-2026/
"Adieu Libé !
Chers amis de Libération,
Je le confesse, je suis un libertaire et comme tout libertaire, un provocateur. Ni dieu ni maître. C'est même pour cela que j'ai choisi Libé en 1984. Un journal libre, foutraque, dissident, anticonformiste, celui que Serge July avait recréé en mai 1981, Libé II. "Au commencement de Libération, il y avait le chaos",comme il l'a très justement écrit, un chaos des origines qui a longtemps marqué ce journal. Des gens improbables et passionnés y cohabitaient, des gens qui passaient leur temps à s'engueuler en public, ce qui aurait été impossible dans les autres titres compassés et institutionnels, et ensuite se réconciliaient autour d'un verre ou d'un repas. On n'avait peur de rien et surtout pas de ceux qui ne pensaient pas comme nous, avec qui, au contraire, on cherchait la confrontation. Jamais nous n'aurions censuré qui que ce soit ou quoi que ce soit (à quelques exceptions près, il faut bien le reconnaître). Il était interdit d'interdire, un héritage de Mai 1968 dont on pouvait être fier, même s'il y a parfois eu des dérapages que Libé a eu le courage de reconnaître, contrairement à bien d'autres journaux. Et tout à fait accepté de casser la vaisselle et de mettre les pieds sur la table.
Mais les meilleures choses ont une fin. Je tire ma révérence.
Je remercie les directions de la rédaction successives qui m'ont longtemps permis d'exercer en toute indépendance mon métier au sein du journal, mais aussi sur d'autres plateformes, la majorité de mes collègues avec qui j'ai toujours eu des relations cordiales au fil du temps, et les différents actionnaires qui nous ont plus que généreusement financés sans jamais intervenir dans la rédaction, je peux en témoigner.
Si je pars, ce n'est pas à cause de l'Europe, le sujet auquel j'ai consacré avec passion une très large part de mon activité professionnelle. J'appartiens à cette gauche sociale-démocrate qui combat l'obscurantisme religieux quel qu'il soit, le racisme, l'antisémitisme, les discriminations, la haine des musulmans, le sexisme, l'homophobie, l'injustice sociale, les régimes autoritaires, etc. Celle qui juge sacrées les libertés individuelles et collectives, la liberté d'expression en particulier, celle qui ne transige pas avec l'État de droit et la République.
Je ne peux hélas que constater qu'elle est désormais minoritaire, voire en voie de disparition. De crainte d'être accusée "d'islamophobie" ou de néocolonialisme ou, plus cyniquement, pour chercher à s'attacher un vote communautaire, une partie de la gauche politique et médiatique tolère en son sein les discours homophobe, misogyne, transphobe, anti-laïcité, anti-liberté d'expression et le cléricalisme avec qui elle s'allie. Elle a, depuis le pogrom du 7 Octobre, transformé l'hostilité au gouvernement Netanyahou que je partage totalement et le soutien légitime à la cause palestinienne en un antisionisme virulent, le masque d'un antisémitisme débridé comme l'avait très bien compris Vladimir Jankélévitch, qui est la négation des valeurs non seulement de la gauche, mais de la République. On manifeste devant des synagogues, on agresse des Juifs, on hurle "Heil Hitler "dans des manifestations, on interdit de parole des intellectuels, des artistes, des scientifiques, des journalistes parce qu'ils sont juifs et donc sionistes et donc "génocidaires ". On traite de fasciste quiconque, juif ou non, n'est pas dans cette ligne, en vertu d'un antifascisme d'un nouveau genre qui ressemble comme un frère jumeau par sa violence – parfois mortelle – à ce qu'il prétend combattre.
Comme au plus beau temps de l'URSS et du Komintern, la police de la pensée fait régner une terreur idéologique à coups d'anathèmes, de dénonciations calomnieuses et de culture de l'annulation. On nazifie les Juifs, on accuse Israël et les Juifs de la planète d'être génocidaires, comme hier on les accusait de déicide, on nie le droit à l'existence d'Israël ce qui n'est le cas d'aucun autre pays, on considère qu'au fond l'antisémitisme est une opinion comme une autre et non plus une valeur sur laquelle on ne transige pas… Oui, tout cela est permis. Mais dénoncer l'antisémitisme et l'antisionisme, défendre le droit d'Israël à exister, remettre en cause l'affirmation que ce pays commet un génocide ou organise une famine, pointer l'utilisation comme bouclier humain des populations civiles par les terroristes du Hamas, s'interroger sur l'instrumentalisation de l'Unrwa ou de l'ONU par les islamistes, ah, ça non !
Pourtant, je vous le dis, moi qui ne suis pas juif : l'antisémitisme sous toutes ses formes, même sournoises, est le marqueur incontestable de la haine de la République, des libertés, de l'État de droit, de l'égalité, de l'humanisme. Il prédit le totalitarisme.
Cette nouvelle gauche qui se vautre dans l'antisémitisme défend la liberté d'exprimer… la même opinion qu'elle. Elle trie entre les bonnes et les mauvaises victimes au lieu de défendre l'humanité tout entière. Elle injurie et diffame ceux qui ne sont pas au garde-à-vous de sa propagande, de ses mensonges et de sa haine. Ainsi, contrairement à ce qu'ont affirmé depuis le 7 Octobre les tenants de cette gauche qui n'a plus de gauche que le nom, je n'ai jamais confondu les musulmans avec l'islamisme, ni les Palestiniens avec le Hamas et ses thuriféraires. Qui m'accuse de racisme, d'islamophobie, une accusation qui ne tue que ceux qui en sont accusés, et de fascisme est un con ou un salaud ou les deux.
Je l'admets, je ne me reconnais pas dans cette gauche-là qui est la négation même des principes qui ont fondé Libé. Certes ils sont très loin d'être majoritaires dans le journal et a fortiori dans sa direction, mais selon des méthodes de harcèlement éprouvées à l'extrême gauche, ils parviennent à me rendre l'air irrespirable. Je tire donc ma révérence. Je reprends ma liberté, car elle est mon bien le plus précieux. Je n'ai pas l'intention d'en abandonner la moindre parcelle, ni de me plier à quelque discipline que ce soit, ni de consacrer mon temps à me justifier devant des groupuscules dans des procès de Moscou-sur-Seine. J'ai passé l'âge de céder aux intimidations des "offensés" à géométrie variable. J'aurais pu dire comme Pialat : "Vous ne m'aimez pas ? Je ne vous aime pas non plus." Mais ce serait faux. J'ai aimé et j'aime beaucoup d'entre vous. Mais plus qu'à vous, je tiens à ma liberté. Les vrais insoumis ne sont pas ceux qu'on croit.
Je quitte certes Libération, mais pas ses lecteurs, ceux qui m'ont lu, entendu et aimé tout au long de ces années, ceux pour qui la diversité d'opinions au sein de la gauche est un trésor précieux. Comme le disait Jean-Paul Sartre en 1973 à propos de Libération dont il était le cofondateur avec Serge July, c'est "un journal qui n'est pas celui d'un parti et où les journalistes, tous de gauche, n'ont pas nécessairement la même opinion". À tous ces lecteurs, je donne rendez-vous sur d'autres plateformes où je continuerai à faire entendre ma voix et à défendre les valeurs et le journalisme auxquels je crois.
J'espère que la majorité d'entre vous continuera, comme j'ai tenté de le faire ces dernières années, à défendre Libération contre ceux qui voudraient le prendre en otage au nom d'une idéologie contraire à ses valeurs. À ceux qui se battront pour "libérer Libération", pour reprendre, encore, une expression de Serge July datant de 1981, je souhaite bonne route, comme je souhaite bonne route à Sonia Delesalle-Stolper, sa nouvelle directrice de la rédaction. N'oubliez pas qu'on reconnaît la liberté au bruit qu'elle fait en s'en allant.
Jean Quatremer"
Dans Charlie Hebdo (2), Riss rappelle que, lors du premier choc pétrolier - c'était en décembre 1973 - le président Pompidou, qui n'avait rien d'un écologiste, avait fait appel "à l'esprit d'économie du peuple français" : "Economisons l'essence, économisons l'électricité, économisons le chauffage... et cela suffira à diminuer notre consommation". Mais le peuple français, tout comme l'humanité, est comme la grenouille indifférente à l'eau qui chauffe progressivement et finira par la brûler, comme la grenouille de la fable de La Fontaine, celle qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf. Plus est son maître-mot. Plus de production, plus de consommation, plus de vitesse, plus de déplacements, plus de dépenses d'énergie, plus de gaspillage. Comme la grenouille, l'humanité finira par éclater. Par prétention, par bêtise, par égoïsme. Elle n'aura même plus la possibilité de se demander ce qui lui est arrivé. Elle se sera réduite elle-même en miettes.
Dans Le Monde (3), le sociologue Benoît Giry estime que notre monde n'est pas durable, mais que "ce ne sont pas les désastres eux-mêmes qui trancheront car il n’y a pas d’effet mécanique univoque des catastrophes sur le monde social. Les conséquences sociales des catastrophes dépendent des modes de production et d’échange, des inégalités et de la stratification sociale, des processus électoraux, des mouvements sociaux et des mobilisations, des organisations, des instruments d’action publique, des pratiques individuelles et collectives, des catégories de l’entendement des acteurs et des cadres qui les organisent, bref des institutions sociales qui structurent nos vies. Ces institutions ne se modifient qu’au prix d’un travail politique long et difficile. Ne comptons pas sur les seules vertus providentielles des catastrophes. Elles ne nous sauveront pas."
En juin aussi, le journaliste de Libération Jean Quatremer a, lui, été victime de cyberharcèlement pour avoir publié une fresque de l’artiste italien AleXsandro Palombo représentant Hitler avec un keffieh et un brassard « HATE » pour dénoncer l’antisémitisme. Les justes n'ont pas réussi à la comprendre. Ou ont fait semblant de comprendre l'inverse de ce qu'elle voulait dire. Jean Quatremer a dû leur expliquer (5) que ce dessin ne dénonçait pas les Palestiniens, "mais ceux qui instrumentalisent leurs souffrances pour afficher leur haine des Juifs, israéliens ou non". Mais ces harcèlements portent toujours leurs fruits véreux : "prenant prétexte de cette polémique, rapporte-t-il, une fonctionnaire du ministère de la Transition écologique, dont dépend le « cycle supérieur du développement durable », a annulé ma conférence du 9 juin, par crainte que ma présence ne cause des troubles. Elle portait pourtant sur la résistance de l’administration communautaire à la remise en cause du « Green Deal »... Motivée par mon combat contre l’antisémitisme, cette décision a été prise par une administration tétanisée par la violence des LFistes et la peur des polémiques ! "
L'écrivain italien Erri De Luca a osé le pire (3) : "une distinction devenue presque impossible à gauche : se dire « sioniste », pour lui, ce n’est pas adouber Nétanyahou, ni justifier Gaza, c’est reconnaître « le droit d’Israël à exister ». Il a même ajouté : « Le sionisme n’est pas l’expansionnisme qui le trahit.» Dans le même mouvement, il déclare refuser le mot « génocide », car il tient aux définitions précises." Résultat : voilà cet homme profondément ancré à gauche excommunié par une partie de la gauche italienne pour avoir blasphémé. Les purs sont très religieux, ils ont fixé l'orthodoxie de leurs opinions et ceux qui y dérogent ont droit à l'Inquisition.
(1) https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/07/20/barbara-butch-et-son-avocate-l-antisionisme-invoque-n-a-ete-a-grenoble-que-le-vetement-de-l-antisemitisme_6727479_3232.html
(2) https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/07/22/concert-interrompu-de-barbara-butch-300-personnalites-dont-alain-chabat-et-les-freres-dardenne-signent-une-tribune-de-soutien-a-la-dj_6729446_3224.html?search-type=classic&ise_click_rank=3
(3) David Medioni, "Sioniste”, le mot-bûcher", Franc-Tireur, 3.6.2026.
(4) https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/06/09/le-boycott-culturel-du-realisateur-israelien-nadav-lapid-est-une-faillite-intellectuelle_6700117_3232.html
https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/06/08/inviter-un-artiste-dans-un-festival-n-est-pas-l-eriger-en-ambassadeur-culturel-plus-de-350-personnalites-en-soutien-au-cineaste-israelien-nadav-lapid_6699625_3232.html
(5) Michaël Prazan, "Bloqué, attaqué, annulé": entretien avec Jean Quatremer, Franc-Tireur, 17.6.2026.
(1) Dans le HuffPost, 8.7.2026, cité par Charlie Hebdo, 15.7.2026.
On aurait dû écouter George Sand.
La forêt meurt. Non pas à petit feu, mais à grands feux. Et avec elle, toute la flore et toute la faune qui y sont liées. Mais ces morts par incendies ne suffisent pas. Il en faut plus.
Résumons-nous : l'homme est une bête nuisible. Surtout ses sous-espèces milliardaires et chasseurs.
(1) https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/07/15/belettes-renards-etourneaux-la-liste-des-especes-susceptibles-d-occasionner-des-degats-renouvelee-malgre-les-critiques_6723531_3244.html
(2) https://www.lpo.fr/qui-sommes-nous/toutes-nos-actualites/articles/actus-2026/consultation-publique-mobilisons-nous-massivement-contre-le-classement-esod?utm_source=Sarbacane&utm_medium=email&utm_campaign=Consultation%20ESOD%202026
(3) https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/07/14/rechauffement-climatique-la-vie-tres-carbonee-des-plus-fortunes_6723300_3244.html
"On a toujours fait comme ça" est la phrase que j'ai le plus souvent entendue dans ma brève expérience de conseiller municipal et communautaire. Devrait-on changer nos habitudes et nos pratiques parce que le climat change ? On ne peut imaginer prendre moins sa voiture, on l'a toujours utilisée plusieurs fois par jour pour le moindre déplacement. On a toujours fait comme ça. On ne va quand même pas cesser de prendre l'avion une, deux ou trois fois par an, parce que, tu comprends, on a besoin de soleil. On a toujours fait comme ça. On doit pouvoir désormais prendre l'avion régulièrement pour aller vers le nord parce que, tu comprends, on a besoin d'air frais. On ne va quand même pas cesser de commander des produits chinois de mauvaise qualité transportés à travers les mers dans des centaines de milliers de conteneurs. Parce que, tu comprends, on n'en trouve pas à des prix pareils chez nous. On a toujours fait comme ça.
Yamina Saheb, autrice du GIEC, adresse une lettre au président Macron, répercutée par Avaaz (à signer - 4 ) : "Cette canicule n'est pas une fatalité météorologique. Elle est la conséquence directe et mesurée de votre décision de nous enfermer dans le capital fossile. Nous l'avions écrit, noir sur blanc, dans les rapports du GIEC (IPCC). Vous le saviez. Nous le savions tous. Ce qui nous accable aujourd'hui n'est pas une surprise : c'est un rendez-vous que vous, avec d'autres responsables politiques, avez choisi de ne pas honorer. Et que proposez-vous face à cela ? De nous adapter à une France devenue fournaise, comme si l'on pouvait s'adapter sans fin à un monde que vous vous obstinez à rendre invivable. (...) Je vous demande d'agir enfin à la hauteur des enjeux, à commencer par mettre un terme à toutes les subventions publiques directes ou indirectes aux énergies fossiles dans notre pays. Demain, il sera déjà trop tard."
(1) https://www.lanouvellerepublique.fr/indre-et-loire/commune/pont-de-ruan/rallycross-de-touraine-davy-jeanney-triomphe-devant-julien-febreau-deception-pour-damien-meunier-1783887513
(2) https://cultureauto.fr/dragster/
(3) https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/07/12/nous-sommes-coinces-dans-une-dystopie-climatique-un-scenario-de-comedie-noire-ou-le-grotesque-le-dispute-a-la-farce-orwellienne_6722848_3232.html
(4) https://secure.avaaz.org/campaign/fr/arretez_les_subventions_aux_energies_fossiles_loc/?baluBfb&v=175517&cl=22782269031&_checksum=fb2197f394450a9e42dc626f7b8012d18c6a8f588e5959cc27a7dc2b47101ece&utm_source=email&utm_medium=blast_email&utm_campaign=175517&email_id=019f54e9c90871d98f04b9dd727fbf13
N'en déplaise aux esprits simplistes, la climatisation ne résoudra pas tout et ne sera d'aucune aide à la nature. Après les mouches. S'il en reste.
(1) Marta Zaraska, "Les animaux déboussolés par les vagues de chaleur", The Knowable Magazine, 19.5.2026, in Courrier international, 2.7.2026.
(2) https://www.lanouvellerepublique.fr/indre/reagissons-avant-qu-il-soit-trop-tard-alors-que-des-incendies-ravagent-la-brenne-le-president-du-parc-naturel-pointe-les-reserves-de-chasse-1783607387
(3) https://www.lanouvellerepublique.fr/indre/commune/saint-michel-en-brenne/nous-sommes-completement-demunis-le-desarroi-et-la-frustration-face-aux-feux-qui-menacent-la-biodiversite-en-brenne-1783616957