jeudi 23 juillet 2026

La peur des purs

Ils font peur, tellement sûrs d'être du bon côté de l'Histoire, dans le droit chemin, dans le juste, dans la pureté. Ils se permettent toutes les outrances, les insultes, les pires agressions vis-à-vis de ceux qui sont de l'autre côté. Du mauvais. La pureté n'a pas de prix. Elle exige des sacrifices, des exécutions publiques.
Pour eux, tous les Juifs sont comptables des actes du gouvernement Netanyahou. Ils sont les premiers à hurler à l'amalgame s'ils entendent qu'on demande aux musulmans de condamner les actes criminels commis au nom de leur dieu, mais eux ont le droit de pratiquer tous les amalgames, même les plus simplistes et plus répugnants.

Récemment, c'est la DJ Barbara Butch qui a été leur cible. Au sens propre : alors qu'elle se produisait en concert à Grenoble, des militants pro-palestiniens lui ont balancé du gravier, des cartons, des plastiques, des liquides et même des bouteilles en verre (1). On ne sait en quoi le sort des Palestiniens pourrait être amélioré par de tels actes. Mais qu'importe. Ils sont du côté du bon droit. Le droit d'être bêtes, violents et contre-productifs par rapport à leur combat pourtant partagé par ceux qu'ils agressent. Barbara Butch, pour eux, n'est qu'une "sale sioniste" qui a eu le grand tort de soutenir la loi Yadan qui entendait "lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme".
Les purs ne sont pas antisémites, ils sont anti-sionistes, affirment ces Tartuffe la main sur le cœur.
"Lorsque « sioniste » ne désigne plus une doctrine qu’on discute mais une personne, qu’il devient même une injure, « sale sioniste », le mot n’est plus un argument : il est un stigmate, affirment Barbara Butch et son avocate Audrey Msellati. Lorsque le visage d’une femme juive est barré d’une croix ou maculé de sang, devant un drapeau arc-en-ciel frappé de l’étoile de David, on ne conteste plus : on essentialise. On ne débat plus ce qu’elle pense – ou ce qu’on lui prête ; on décrète ce qu’elle est : comptable et coupable d’une guerre, comme si être juive obligeait à en répondre."
De nombreux artistes ont affirmé leur soutien à Barbara Butch dans une tribune titrée « Agresser une DJ juive ne libérera pas la Palestine » (2) : "Barbara Butch n’est pas attaquée pour ses œuvres, ses prises de parole ou ses actes. Elle est visée à travers des imaginaires antisémites et LGBTphobes dont l’histoire est ancienne. (...) La défense des droits du peuple palestinien est un combat urgent, légitime et nécessaire. Mais elle ne saurait justifier la diffusion d’accusations infondées visant une personne en raison de son identité ou de supposées appartenances, ou même de ses opinions."

Tous les Juifs sont critiquables selon les purs. Même ceux qui critiquent vertement le gouvernement Netanyahou et soutiennent la création d'un Etat palestinien sont condamnables. Parce que coupables d'être Juifs. Choisis ton camp, celui du bien, des justes, des purs. 
"Malgré des positions très équilibrées sur le conflit Hamas-Israël", le dessinateur Johann Sfar a été, lui aussi récemment, victime de ces gens de bien si agressifs, rapporte Franc-Tireur (3). "Invité du festival littéraire Oh les beaux jours! pour une lecture de Terre de sang, le temps du désespoir (Les Arènes), récit nourri de rencontres en Israël et en Palestine, il est visé par une affiche pondue par Cultures en lutte 13 sous ce titre : « Sionistes hors de notre ville ». L’auteur, qui dessine les fractures juives, arabes, françaises, méditerranéennes, du Chat du rabbin aux colères d’après le 7-Octobre, est réduit à une étiquette bonne pour le bannissement." Seuls ceux qui sont dans le camp du bien ont droit aux beaux jours. 

Des musiciens classiques israéliens ont également été boycottés, de même que le cinéaste israélien Nadav Lapid empêché de participer, en juin dernier, au jury du Festival de cinéma international de Marseille, à cause de pressions, de menaces de retrait, d'appels au boycott venant d’activistes anti-israéliens (4). "Que le plus grand artiste dissident israélien, œuvrant inlassablement à dénoncer les dérives fascistes et colonialistes de son gouvernement, ses faillites morales criminelles, dans des films primés dans le monde entier, soit amené à se retirer d’un festival français doit nous alerter et nous mobiliser au-delà de cette aberration, déplorent de nombreux artistes qui l'ont soutenu. Face à ce boycott, ils dénoncent une faillite intellectuelle, "une impasse intellectuelle qu’il faut arriver à dépasser collectivement".
Les purs sont demandeurs de pureté. Chacun doit rester dans son camp et ne peut en soutenir deux à la fois, sinon le monde est incompréhensible pour eux. 

En juin aussi, le journaliste de Libération Jean Quatremer a, lui, été victime de cyberharcèlement pour avoir publié une fresque de l’artiste italien AleXsandro Palombo représentant Hitler avec un keffieh et un brassard « HATE » pour dénoncer l’antisémitisme. Les justes n'ont pas réussi à la comprendre. Ou ont fait semblant de comprendre l'inverse de ce qu'elle voulait dire. Jean Quatremer a dû leur expliquer (5) que ce dessin ne dénonçait pas les Palestiniens, "mais ceux qui instrumentalisent leurs souffrances pour afficher leur haine des Juifs, israéliens ou non". Mais ces harcèlements portent toujours leurs fruits véreux : "prenant prétexte de cette polémique, rapporte-t-il, une fonctionnaire du ministère de la Transition écologique, dont dépend le « cycle supérieur du développement durable », a annulé ma conférence du 9 juin, par crainte que ma présence ne cause des troubles. Elle portait pourtant sur la résistance de l’administration communautaire à la remise en cause du « Green Deal »... Motivée par mon combat contre l’antisémitisme, cette décision a été prise par une administration tétanisée par la violence des LFistes et la peur des polémiques ! "

L'écrivain italien Erri De Luca a osé le pire (3) :  "une distinction devenue presque impossible à gauche : se dire « sioniste », pour lui, ce n’est pas adouber Nétanyahou, ni justifier Gaza, c’est reconnaître « le droit d’Israël à exister ». Il a même ajouté : « Le sionisme n’est pas l’expansionnisme qui le trahit.» Dans le même mouvement, il déclare refuser le mot « génocide », car il tient aux définitions précises." Résultat : voilà cet homme profondément ancré à gauche excommunié par une partie de la gauche italienne pour avoir blasphémé. Les purs sont très religieux, ils ont fixé l'orthodoxie de leurs opinions et ceux qui y dérogent ont droit à l'Inquisition.

Ils hurlent à la moindre censure, mais l'imposent contre ceux qui ne pensent pas ou ne sont pas comme eux. Cette censure-là est noble, ils la revendiquent, sont convaincus qu'elle les grandit. Alors qu'elle en fait en réalité de petits êtres rabougris et agressifs, qui préfèrent les menaces et l'exclusion à un débat qu'ils sont incapables de mener et les obligerait à développer des nuances qui leur échappent totalement .
La censure et l'exclusion sont affaire de pureté. Les purs adorent épurer. Ils sont là pour cela. 
On voit par là que l'impureté et le métissage ne manquent pas de vertu.

(1) https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/07/20/barbara-butch-et-son-avocate-l-antisionisme-invoque-n-a-ete-a-grenoble-que-le-vetement-de-l-antisemitisme_6727479_3232.html
(2) https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/07/22/concert-interrompu-de-barbara-butch-300-personnalites-dont-alain-chabat-et-les-freres-dardenne-signent-une-tribune-de-soutien-a-la-dj_6729446_3224.html?search-type=classic&ise_click_rank=3
(3) David Medioni, "Sioniste”, le mot-bûcher", Franc-Tireur, 3.6.2026.
(4) https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/06/09/le-boycott-culturel-du-realisateur-israelien-nadav-lapid-est-une-faillite-intellectuelle_6700117_3232.html
https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/06/08/inviter-un-artiste-dans-un-festival-n-est-pas-l-eriger-en-ambassadeur-culturel-plus-de-350-personnalites-en-soutien-au-cineaste-israelien-nadav-lapid_6699625_3232.html
(5) Michaël Prazan, "Bloqué, attaqué, annulé": entretien avec Jean Quatremer, Franc-Tireur, 17.6.2026.

lundi 20 juillet 2026

Conséquences de la canicule

Le réchauffement climatique n'est qu'une vaste blague, a toujours clamé le bouffon qui se prend pour le roi des Amériques et du Groenland. Des incendies occasionnés par des canicules de plus en plus fréquentes et élevées et des sécheresses de plus en plus longues se multiplient partout à travers la planète. Les fumées des incendies qui ravagent les forêts canadiennes rendent la vie suffocante et même dangereuse pour des centaines de milliers, voire des millions de personnes, notamment les New-Yorkais. Impossible d'échapper à leurs conséquences et donc de les ignorer. Seul Dingo Ier peut le faire. Il tourne en boucle : il revient encore et toujours sur l'élection présidentielle de 2020 qui lui aurait été volée. Le voilà à présent qui accuse la Chine de l'avoir fait perdre et d'avoir fait gagner Joe Biden. Il n'apporte évidemment aucune preuve, comme chaque fois qu'il porte une accusation. Il n'a évoqué ni le réchauffement climatique (il n'existe pas), ni le pouvoir d'achat qui s'effondre, ni la guerre d'Iran dans laquelle il s'empêtre. Il en revient encore et toujours à cette défaite qui lui reste à ce point en travers de la gorge qu'il ne peut parler d'autre chose. Sauf d'une modification du système électoral qui lui garantirait, à lui et au Parti républicain de remporter toutes les élections (1). 
Le Père Ubu ne veut voir qu'une seule tête : la sienne. Il a raison : il n'en est de meilleure.
Récemment, il vantait les mérites du porte-avions Abraham Lincoln ("parmi les plus beaux du monde") qui a abattu les 111 missiles qui le visaient et qui avaient été tirés "par la république islamique du Japon". Il ferait bien de s'inquiéter du réchauffement climatique : elle a des effets perturbants sur les capacités cognitives du grand homme. 

(1) Dans le HuffPost, 8.7.2026, cité par Charlie Hebdo, 15.7.2026.

vendredi 17 juillet 2026

Démission d'homme

On aurait dû écouter George Sand.

La forêt de Fontainebleau n'est pas seulement belle par sa végétation ; le terrain y a des mouvements d'une grâce ou d'une élégance extrêmes. Ses entassement de roches offrent à chaque pas un décor magnifique, austère ou délicieux. Mais ces ravissantes clairières, ces chaos surprenants, ces sables mélancoliques deviendraient navrants, peut-être vulgaires s'ils étaient dénudés. Les sciences naturelles aussi ont le droit de protester contre la destruction des plantes basses que ferait bientôt disparaître le dessèchement de l'atmosphère avec la chute des grands végétaux. (...)
Il y a un grand péril en la demeure, c'est que les appétits de l'homme sont devenus des besoins impérieux que rien n'enchaîne, et que si ces besoins ne s'imposent pas, dans un temps donné, une certaine limite, il n'y aura plus de proportion entre la demande de l'homme et la production de la planète. (...)
En attendant que l'humanité s'éclaire et se ravise, gardons nos forêts, respectons nos grands arbres. (...)  Quand la terre sera dévastée et mutilée, nos productions et nos idées seront à l'avenant des choses pauvres et laides qui frapperont nos yeux à toute heure. Les idées rétrécies réfléchissent sur les sentiments qui s'appauvrissent et se faussent. L'homme a besoin de l'Eden pour horizon. Je sais bien que beaucoup disent : "Après nous la fin du monde !" C'est le plus hideux et le plus funeste blasphème que l'homme puisse proférer. C'est la formule de sa démission d'homme, car c'est la rupture du lien qui unit les générations et qui les rend solidaires les unes des autres.

George Sand, "Impressions et souvenirs", paru dans Le Temps, 13.11.1872, texte publié en soutien à ses amis artistes qui s'étaient mobilisés pour défendre la forêt de Fontainebleau. L'Etat français voulait alors supprimer  13298 chênes et 4828 hêtres centenaires pour y substituer l’exploitation du pin jugé plus rentable.
(in "Sand - Ecrits sur la nature - présentation par Patrick Scheyder", éd. Le Pommier, 2022)

A lire :

mercredi 15 juillet 2026

Bêtes nuisibles

La forêt meurt. Non pas à petit feu, mais à grands feux. Et avec elle, toute la flore et toute la faune qui y sont liées. Mais ces morts par incendies ne suffisent pas. Il en faut plus. 

Le Gouvernement français s'apprête à renouveler sa liste "d’espèces susceptibles d’occasionner des dégâts". Ne dites plus nuisibles, dites ESOD. La belette, la fouine, la martre, le renard, le corbeau freux, la corneille noire, la pie bavarde, le geai des chênes et l’étourneau sansonnet sont classés de la sorte. C'est que ces méchants animaux nous dérangent de janvier à décembre. Ils peuvent dès lors "être éliminés par des tirs, du piégeage et du déterrage tout au long de l’année, même en dehors des périodes de chasse", nous explique Le Monde (1). Les scientifiques, les organisations environnementales et l'inspection générale de l'environnement contestent ces destructions, mais le gouvernement n'a d'oreilles, comme il l'a toujours fait, que pour les chasseurs, tout puissants en France, qui aiment s'amuser tout au long de l'année et refusent toute restriction à leur passion aussi viandarde que virile. Le Moyen-Age a la vie longue.
Cette règlementation n'existe dans aucun autre pays de la planète, rappelle Le Monde. Il faut croire que ces espèces sont particulièrement dangereuses en France. C'est pourquoi chaque année, environ 1,7 million de renards, de mustélidés et de corvidés y sont tués. A la grande satisfaction de la Fédération nationale des chasseurs (qui met un bémol cependant : la liste est trop courte). Et la colère des associations de défense de la nature qui mettent en avant les services rendus par ces espèces : "les renards consomment des campagnols qui ravagent certaines cultures, les geais des chênes contribuent à la régénération des forêts en disséminant des glands. Une étude récente montre aussi que les renards et les fouines pourraient contribuer à réguler la chenille processionnaire du pin, qui pose des risques pour la santé humaine et des animaux domestiques. « Nous sommes dans une procédure à charge contre ces espèces, avec un procureur mais pas d’avocat », regrette Dominique Py", spécialiste des questions de chasse au sein de France Nature Environnement.
Une consultation publique est ouverte à ce sujet jusqu'au 30 juillet (2).

L'état de la planète, aujourd'hui en surchauffe totale, et l'effondrement de la biodiversité désignent pourtant une espèce non pas susceptible d’occasionner des dégâts, mais occasionnant réellement des dégâts irréversibles : l'être humain. Voilà - qui oserait le contester ? - l'espèce réellement nuisible pour l'environnement. Sans doute faudrait-il l'éradiquer.
Dans cette espèce il en est une sous-classe qui prend plaisir à détruire tout ce qui l'entoure : celle des ultra riches. Leurs yachts, leurs jets privés, leurs fusées émettent des quantités astronomiques de CO2. "Un superyacht de milliardaire émet de l’ordre de 7 000 tonnes de CO₂ par an, constate Lucas Chancel (professeur d’économie à Sciences Po et codirecteur du Laboratoire sur les inégalités mondiales à l’École d’économie de Paris) dans Le Monde (3), alors que les émissions moyennes d’un Français sont de 8 tonnes. Les jets privés viennent gonfler le total : ceux d’Elon Musk en auraient brûlé 5 500 en 2023, ceux de Jeff Bezos 2 900. S’y ajoutent les fusées : un vol suborbital émet de l’ordre de 100 tonnes de CO₂ par passager et par heure. Une personne issue du milliard le plus pauvre de la planète n’atteint pas ce niveau sur une vie entière." Mais quel serait l'intérêt d'être milliardaire si on ne pouvait en permanence faire un bras d'honneur à ceux qui ne le sont pas ? Extrait du sixième rapport du GIEC : "Les individus ayant un statut socio-économique élevé contribuent de manière disproportionnée aux émissions et ont le plus grand potentiel de réduction des émissions, notamment en tant que citoyens, investisseurs, consommateurs, modèles et professionnels." Polluer est un plaisir et doit le rester. "L’empreinte carbone des plus fortunés se mesure aussi par le portefeuille des propriétaires. Le 1 % le plus riche de la planète (soit 50 millions d’adultes) concentre 15 % des émissions de CO₂ liées à la consommation, et plus de 40 % de celles liées au capital."

Résumons-nous : l'homme est une bête nuisible. Surtout ses sous-espèces milliardaires et chasseurs. 

(1) https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/07/15/belettes-renards-etourneaux-la-liste-des-especes-susceptibles-d-occasionner-des-degats-renouvelee-malgre-les-critiques_6723531_3244.html
(2) https://www.lpo.fr/qui-sommes-nous/toutes-nos-actualites/articles/actus-2026/consultation-publique-mobilisons-nous-massivement-contre-le-classement-esod?utm_source=Sarbacane&utm_medium=email&utm_campaign=Consultation%20ESOD%202026
(3) https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/07/14/rechauffement-climatique-la-vie-tres-carbonee-des-plus-fortunes_6723300_3244.html

lundi 13 juillet 2026

La politique du pire

Les titres se téléscopent dans la presse régionale, apparemment sans que ça ne pose question. Sans que soient pointées du doigt certaines de nos aberrations, toutes ces activités insensées qui devraient appartenir au passé. Au milieu de nombreux articles relatant des incendies, on lit qu'un rallyecross de voitures a eu lieu ce dimanche, devant 5 000 spectateurs. "Sur une piste mi-terre mi-asphalte rapidement asséchée par la chaleur, la poussière voltigeait, les moteurs chauffaient et les pilotes suffoquaient", constate la Nouvelle république (1). Une semaine auparavant, on avait appris qu'une course de dragsters avait dû être annulée en dernière minute à cause d'un incendie à proximité. Le dragster est "la machine la plus violente jamais créée pour rouler sur quatre roues", aux accélérations fulgurantes, qui dégage "des flammes géantes, des vibrations monstrueuses, avec des pneus qui se déforment totalement ; chaque départ ressemble à une explosion contrôlée" (2).
On continue à jouer comme si la situation était normale, on continue à consommer allègrement de l'essence, à polluer, à participer à l'augmentation du réchauffement climatique comme s'il n'existait pas.

"On a toujours fait comme ça" est la phrase que j'ai le plus souvent entendue dans ma brève expérience de conseiller municipal et communautaire. Devrait-on changer nos habitudes et nos pratiques parce que le climat change ? On ne peut imaginer prendre moins sa voiture, on l'a toujours utilisée plusieurs fois par jour pour le moindre déplacement. On a toujours fait comme ça. On ne va quand même pas cesser de prendre l'avion une, deux ou trois fois par an, parce que, tu comprends, on a besoin de soleil. On a toujours fait comme ça. On doit pouvoir désormais prendre l'avion régulièrement pour aller vers le nord parce que, tu comprends, on a besoin d'air frais. On ne va quand même pas cesser de commander des produits chinois de mauvaise qualité transportés à travers les mers dans des centaines de milliers de conteneurs. Parce que, tu comprends, on n'en trouve pas à des prix pareils chez nous. On a toujours fait comme ça.

Mais le climat, lui, n'a jamais fait comme ça. Donc, l'intelligence humaine (la naturelle, pas l'artificielle) voudrait qu'on change. Tout. Nos modes de pensée, nos modes de production, de consommation, de déplacement, de logement. Mais la résistance au changement est lourde. Et puis sommes-nous intelligents ? Avons-nous le souci du bien commun ? De l'avenir ? Bien sûr, il faut prendre de toute urgence des mesures pour s'adapter à ce climat brûlant. Mais il faut aussi - et enfin - changer radicalement nos pratiques pour empêcher que ce réchauffement climatique (que nous avons refusé de combattre) cesse d'augmenter plus encore. 
On s'est bien amusé, on a beaucoup joué. Il serait temps que l'être humain accepte de devenir enfin adulte, envisage l'avenir, le sien, mais surtout celui des générations suivantes qui va être infernal.
Mais les (ir)responsable politiques aiment que leurs électeurs restent des enfants, qu'ils continuent à s'amuser. Pas question de les priver de leurs jouets. 
"Au-delà des polémiques sur la climatisation ou sur le bilan des morts, écrit le journaliste Stéphane Foucart dans Le Monde (3), le débat politique semble se tenir dans un monde parallèle. La simple mise en regard des conséquences de la canicule avec les projets structurants de l’exécutif liés au climat produit un choc de sidération et d’irréalité. Nous ne sommes plus seulement coincés dans une dystopie climatique, mais aussi dans un scénario de comédie noire, où le grotesque le dispute à la farce orwellienne."
Des centaines de milliers de personnes, des millions sans doute, souffrent de la canicule dans leur logement de location. Et que fait le gouvernement ? Le 24 juin dernier, il a déposé "un projet de loi qui doit remettre 700 000 passoires thermiques sur le marché locatif".
On attend des architectes et des urbanistes qu'ils adaptent le bâti, les villes et les territoires à un climat qui s'affole. Et que fait le gouvernement ? Il dissout le groupement d’intérêt public Europe des projets architecturaux et urbains, chargé de piloter plus de 200 projets de recherche dans ces domaines.
Le fonds vert, destiné à financer l’adaptation des collectivités territoriales, a été amputé des deux tiers.
En 2022, le président Macron a lancé un ambitieux plan de reboisement : « Planter 1 milliard d’arbres en dix ans » et, pour ce faire, il subventionne les coupes rases sur de vieilles forêts diversifiées et leur remplacement par des quasi-monocultures de résineux, hautement inflammables. "Un peu partout en France, de l’argent public contribue à vulnérabiliser les territoires au risque d’incendie", écrit encore Stéphane Foucart. Et, chaque année, malgré les grands discours, 20 000 kilomètres de haies sont rasés.
Les élevages hors-sol continuent à être favorisés et connaissent une surmortalité telle que les équarisseurs n'arrivent plus à suivre. L'agriculture biologique, elle, est loin de connaître le même soutien. Au contraire. Les surfaces cultivées en bio sont en diminution en France et "Paris s’oppose à la Commission européenne pour que les aides à l’agriculture biologique ne soient pas inscrites dans la prochaine politique agricole commune".
Et le sénat participe de la même politique hors-sol : "devant le constat d’une pénurie rampante de la ressource hydrique, ses élus ont ainsi voté sans trembler, le 3 juillet, la destruction pure et simple des principes qui fondent les instances de la démocratie locale de l’eau, au bénéfice de quelques irrigants".
Voilà donc un gouvernement, un président et un sénat qui nous mènent, de manière totalement consciente, d'une situation extrêmement grave à une situation désespérée. Les lobbies l'emportent sur le sort de la population et de la nature. Difficile pour tous ces (ir)responsables d'affirmer qu'ils gèrent le pays en bons pères de familles. Quel père de famille sacrifierait ainsi ses enfants ? Les experts annoncent que les dégâts que causera ce climat devenu fou se chiffreront en milliards d'euros chaque année. 

Yamina Saheb, autrice du GIEC, adresse une lettre au président Macron, répercutée par Avaaz (à signer - 4 ) : "Cette canicule n'est pas une fatalité météorologique. Elle est la conséquence directe et mesurée de votre décision de nous enfermer dans le capital fossile. Nous l'avions écrit, noir sur blanc, dans les rapports du GIEC (IPCC). Vous le saviez. Nous le savions tous. Ce qui nous accable aujourd'hui n'est pas une surprise : c'est un rendez-vous que vous, avec d'autres responsables politiques, avez choisi de ne pas honorer. Et que proposez-vous face à cela ? De nous adapter à une France devenue fournaise, comme si l'on pouvait s'adapter sans fin à un monde que vous vous obstinez à rendre invivable. (...) Je vous demande d'agir enfin à la hauteur des enjeux, à commencer par mettre un terme à toutes les subventions publiques directes ou indirectes aux énergies fossiles dans notre pays. Demain, il sera déjà trop tard."

(1) https://www.lanouvellerepublique.fr/indre-et-loire/commune/pont-de-ruan/rallycross-de-touraine-davy-jeanney-triomphe-devant-julien-febreau-deception-pour-damien-meunier-1783887513
(2) https://cultureauto.fr/dragster/
(3) https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/07/12/nous-sommes-coinces-dans-une-dystopie-climatique-un-scenario-de-comedie-noire-ou-le-grotesque-le-dispute-a-la-farce-orwellienne_6722848_3232.html
(4) https://secure.avaaz.org/campaign/fr/arretez_les_subventions_aux_energies_fossiles_loc/?baluBfb&v=175517&cl=22782269031&_checksum=fb2197f394450a9e42dc626f7b8012d18c6a8f588e5959cc27a7dc2b47101ece&utm_source=email&utm_medium=blast_email&utm_campaign=175517&email_id=019f54e9c90871d98f04b9dd727fbf13

vendredi 10 juillet 2026

C'est la nature qu'on assassine

On n'entend plus les oiseaux. Juste le loriot tôt le matin. Ils ont autre chose à faire que chanter. Ils consacrent aussi moins de temps à chercher une nourriture et une eau qui se font rares. Ils cherchent à survivre, ailes et bec grands ouverts pour essayer de dissiper la chaleur. Plus assez alertes pour se nourrir ou échapper aux prédateurs, que la chaleur rend plus agressifs, ils voient leurs chances de survie dégringoler.
Les rivières se meurent et avec elles la faune et la flore qui y sont liées : poissons, crustacés, insectes, oiseaux, plantes. Mais qui s'en soucie ? 
Et pourtant... "Avec des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes à cause du dérèglement climatique, écrit The Knowable Magazine (1), les troubles cognitifs observés dans tout le règne animal pourraient avoir des répercussions sur l'ensemble des écosystèmes et fragiliser davantage des espèces déjà en difficulté. Si les pollinisateurs ne savent plus quelles fleurs butiner, la flore sauvage et les cultures en pâtiront." Les animaux sont comme nous : un cerveau en surchauffe et c'est tout le système nerveux qui fonctionne mal, avec des répercussions potentielles sur la perception, la mémoire et l'apprentissage. "Dans les écoles sans climatisation, lorsque le thermomètre monte d'à peine 0,5°C sur une année scolaire, les résultats des élèves baissent de 1%. Alors, quand il monte de 5 degrés... Il en va de même dans la nature : "si les insectes oublient quelles fleurs ils pollinisent (chez les bourdons, il s'agit notamment des tomates et des myrtilles) ou bien comment rapporter du nectar à leur colonie, les insectes en pâtiront, mais aussi les cultures humaines", prévient la chercheuse Emily Baird. 

Dans le Parc naturel régional de la Brenne, 700 hectares, sur 1.000 impactés - ont brulé. "Les dangers sont multiples, même si on peine encore à les mesurer, alarme Laura Beau, responsable scientifique de la réserve naturelle de Chérine. La mortalité des bêtes augmente fortement, aussi bien dans les bois, dans les prairies, dans les haies. Nous avons vu des sangliers partir en courant face à la fumée. Les cistudes [tortues caractéristiques de la Brenne] sont encore en période de ponte : les œufs enterrés sous la surface ne sont pas protégés des flammes ni de la chaleur. Des étangs avec les roselières ont également brûlé, sauf que les oiseaux paludicoles s’y reproduisent, et que les plus jeunes n’ont pas encore appris à voler. Là je ne parle que du feu mais ces espèces souffrent déjà beaucoup. La biodiversité est impactée par le changement climatique, la réduction des habitats ou l’arrivée d’espèces exotiques envahissantes. Donc nous sommes face à une catastrophe pour certaines espèces."
Le président du PNR déplore de voir "des paysages et des écosystèmes totalement détruits en quelques heures" et pose des questions : "Au-delà de la canicule, on doit se poser la bonne question sur l’enfrichement de la Brenne au détriment des paysages ouverts agricoles. Aujourd’hui, beaucoup de zones sont réservées à la chasse et s’enfrichent. Doit-on continuer à développer ces réserves de chasse qui favorisent des incendies de cette ampleur ?". 

N'en déplaise aux esprits simplistes, la climatisation ne résoudra pas tout et ne sera d'aucune aide à la nature. Après les mouches. S'il en reste.

(1) Marta Zaraska, "Les animaux déboussolés par les vagues de chaleur", The Knowable Magazine, 19.5.2026, in Courrier international, 2.7.2026.
(2) https://www.lanouvellerepublique.fr/indre/reagissons-avant-qu-il-soit-trop-tard-alors-que-des-incendies-ravagent-la-brenne-le-president-du-parc-naturel-pointe-les-reserves-de-chasse-1783607387
(3) https://www.lanouvellerepublique.fr/indre/commune/saint-michel-en-brenne/nous-sommes-completement-demunis-le-desarroi-et-la-frustration-face-aux-feux-qui-menacent-la-biodiversite-en-brenne-1783616957

mercredi 8 juillet 2026

Et alors ?

Le Rassemblement national a changé de slogan. C'est désormais "Tête haute, mains sales". Voilà la fille à papa condamnée par la Cour d'appel pour détournement de fonds publics et complicité de ce délit. Au total, ils sont vingt-cinq membres du RN - le plus souvent élus et dirigeants - à avoir été condamnés : douze rejugés hier en appel et treize autres qui avaient aussi été condamnés en première instance mais n'avaient pas fait appel (1).
Même si les peines sont finalement relativement légères, estime Le Monde (2), "l’arrêt de la cour est (...) sévère, il insiste sur « la violation de la confiance que les électeurs sont fondés à placer dans chacun de leurs représentants » ; Marine Le Pen, présidente du parti à partir de 2011, avait, de ce fait, « une obligation de probité particulièrement exigeante » ; et si son père, Jean-Marie Le Pen, a été « l’instigateur » d’« une organisation » qui a permis de détourner 2,8 millions d’euros du Parlement européen, sa fille « y a adhéré et l’a perpétué »".

Elle est condamnée et alors ? La confirmation de sa condamnation en appel ne l'empêche pas de réaffirmer sa candidature à l'élection présidentielle. Et donc d'imaginer pouvoir, sans honte, diriger la république en ayant été condamnée pour avoir détourné de l'argent public. On a connu candidats plus probes. "Quelle crédibilité accorder à son discours sur la loi, l’ordre et la morale, si sa condamnation dans une affaire de détournement de fonds publics devait être définitive ?", interroge El Païs (3). "Les Français auront le dernier mot", affirme-t-elle en fière populiste. Comprenez : pas la justice. Comme le disait  un journaliste, quand il y a eu un cambriolage, le cambrioleur est condamnée par la justice et tout le monde applaudit, le RN en premier ; quand il y a eu des faits de terrorisme, la justice a raison de condamner les terroristes ; mais si le RN est condamné pour détournement de fonds, c'est tout à coup la justice qui a tort et qui rend un jugement politique. Marine Le Pen a régulièrement affirmé que toute personne condamnée par la justice devrait être interdite d'élection. Toute personne sauf elle qui est au-dessus des lois. Comment imaginer la France dirigée par une présidente aussi trumpiste ?

Se pourvoyant en cassation, les peines sont suspendues, elle ne fera donc pas campagne sous bracelet électronique. Du moins au début. La Cour de cassation annonce sa décision pour janvier 2027. "Le risque, constate Le Monde (2), est évidemment que la Cour de cassation, qui ne juge que le droit, confirme la condamnation. Il resterait, dans ce cas, à Marine Le Pen à purger un an de bracelet électronique, une peine qui courrait jusqu’en 2028." Sa campagne s'interromprait brutalement. Elle sait qu'elle prend un risque, mais sa prétention est la plus forte. Elle fonce ainsi dans le brouillard pleins feux, s'exposant aux critiques de ses adversaires qui auront beau jeu de dénoncer en elle une délinquante. La Le Pen prend le risque de s'aveugler (si ce n'est déjà fait) et d'entrer dans un mur. On n'en portera pas le deuil ici (4).

Post-scriptum : 
La candidature de la fille à papa va de soi : qu'il s'appelle Front national ou Rassemblement national, ce parti est l'affaire de la famille Le Pen. Fin de la semaine dernière, le RN a choisi sa directrice de la communication pour la présidentielle : Nolwenn Olivier. Elle est la fille du conseiller de MLP Philippe Olivier et de sa sœur Marie-Caroline et l'ex-compagne de Jordan Bardella. Comme l'écrit Franc-Tireur (5), "Marine Le Pen place une proche au cœur du réacteur de campagne, gardant ainsi la main sur le récit, le programme et l’organigramme. (...) Bardella est averti : le business et le pouvoir restent en famille."

(1) https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2026/07/07/proces-en-appel-de-marine-le-pen-retrouvez-les-peines-prononcees-contre-tous-les-prevenus-dans-l-affaire-des-assistants-parlementaires-du-fn_6721484_4355770.html
(2) https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/07/08/jugement-en-appel-de-marine-le-pen-des-faits-graves-des-peines-legeres_6721556_823448.html
(3) https://www.courrierinternational.com/article/vu-de-l-etranger-marine-le-pen-annonce-maintenir-sa-candidature-a-l-election-presidentielle-2027_247371
(4) A (re)lire sur ce blog : https://moeursethumeurs.blogspot.com/2022/04/ets-le-pen-magouilles-en-tout-genre.html
(5) Franc-Tireur, L'œil de Sire, 8.7.2026.




mardi 7 juillet 2026

Mollesse de l'urgence

La politique, un peu partout, est lamentable. La planète se réchauffe à une vitesse ahurissante, les êtres humains suffoquent, certains meurent, mais personne ne semble vouloir remettre fondamentalement en cause l'économie et la croissance, nos habitudes et notre confort, responsables de ce réchauffement désormais incontrôlable. La vie - humaine, animale, végétale - compte beaucoup moins que les cours de la bourse. La biodiversité s'appauvrit chaque jour. En France, 11.000 hectares ont déjà brûlé cette année et on ne parle que de moyens de lutte contre les incendies et adaptation au réchauffement. On cherche des moyens d'amoindrir les conséquences, pas de supprimer les causes.
Le dérèglement climatique contribuera à 700 000 morts prématurées dans le monde d'ici à 2030, prévoyait une étude publiée en mai 2022, citée par The Christian Science Monitor (1). Les morts devraient être plus nombreux encore : cette étude, qui date donc de quatre ans, n'imaginait sans doute une telle accélération de la catastrophe en cours. Catastrophe mondiale : "ce que vit la France est une réalité bien connue dans de nombreuses régions du monde, en particulier dans le Sud global."

La France est en feu et les candidats à l'élection présidentielle se bousculent sans que, jusqu'à présent, aucun ne mette en priorité absolue la lutte contre le réchauffement climatique et donc la sauvegarde de l'humanité et de la biodiversité. Le Rassemblement national a longtemps critiqué et mis en doute les rapports du GIEC et ses appels à changer de logiciel. S'il reconnaît quelques maladresses, il affirme à présent - comment faire autrement sans se moquer du monde ? - que le réchauffement climatique est une réalité. Mais il a la solution : la climatisation. "La croisade de Marine Le Pen pour la climatisation est grossière et illogique, constate The Local (2). Elle s'empare d'un sujet sur lequel l'extrême droite fait preuve de confusion et de lâcheté, et elle le retourne contre la gauche et les élites."
Plutôt que de réaffirmer qu'ils ont vu clair depuis leurs débuts et qu'il n'y a maintenant plus d'autre alternative que de sortir de toute urgence des énergies fossiles, une partie des Verts ne trouvent rien d'autre à faire que des courbettes indécentes devant le lider maximo. Mélenchon sera candidat, donc il faut le soutenir, malgré toutes les casseroles que traîne le personnage, malgré le rejet qu'il suscite et l'intérêt peu évident que son mouvement gazeux porte à l'environnement. Tous derrière le pire de la gauche puisqu'il affirme qu'il est le meilleur. Il ne faut pas diviser la gauche, affirme Sandrine Rousseau qui de ce fait soutient le PDG de La France Insoumise qui a multiplié les invectives, les insultes et les phrases assassines à l'égard du reste de la gauche.
Evidemment, il n'y aura pas de sauveur, ni en France, ni ailleurs. C'est collectivement et au niveau international que doivent être prises des décisions radicales. Au niveau de l'Union européenne, de l'Union africaine, de l'ONU et de toutes ses instances.
"S'il y a des solutions immédiates à mettre en place, écrit encore The Christian Science Monitor, (en particulier pour permettre aux populations de se rafraîchir,  il y a surtout de grandes actions de longue haleine à lancer, comme la réduction de la dépendance aux combustibles fossiles. Peut-être est-ce ainsi, au pied du mur (de chaleur), quand même les politiques les plus indifférents dégoulinent de sueur, que les pays trouvent l'élan pour agir ?". Jusqu'à présent, il semble que la canicule les rendent plus mous encore.

(1) Colette Davidson, "Dans la fournaise, ma semaine de doutes", The Christian Science Monitor, 24.6.2026, in Courrier international, 2.7.2026.
(2) Shania Mintchev, "Nous ne devons pas laisser la clim à la droite", Courrier international, 2.7.2026.

lundi 6 juillet 2026

No rules

Le Père Ubu américain a-t-il décidé que l'équipe étatsunienne allait gagner la Coupe du Monde de football ? Il fait en tout cas changer les règles pour la favoriser. Les règles du foot (comme du reste), c'est lui qui les édicte. Un joueur américain, suite à un carton rouge, était empêché de jouer son prochain match. Mais le Donald ne l'entend pas de cette oreille (de l'autre non plus, il n'entend rien) : il a demandé au président de la FIFA de l'autoriser à jouer (1). Gianni Infantino, dont on ne compte plus les courbettes devant Dingo Ier, a obéi, le petit doigt sur la couture du pantalon.
Peut-être, s'ils devaient se qualifier, les joueurs américains seront-ils ensuite autorisés à marquer un but de la main. Et s'ils accèdent à la finale, elle sera arbitrée par le Père Ubu. Après tout, voilà longtemps qu'il a compris que le ridicule ne tue pas. 

Les cons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît. (Michel Audiard)

(1) https://www.lemonde.fr/sport/article/2026/07/05/la-suspension-de-l-attaquant-folarin-balogun-levee-par-la-fifa-a-la-veille-du-huitieme-de-finale-des-etats-unis-donald-trump-applaudit_6720916_3242.html

samedi 4 juillet 2026

Encore une victime de la canicule

On ne sait plus à qui faire confiance. Les fausses nouvelles sont partout. Fake news ! Fake news ! Fake news !, répond le Père Ubu américain à tous ceux qui critiquent si promptement le meilleur président que les Etats-Unis aient jamais eu la chance d'avoir. Cet envoyé de Dieu transforme en or tout ce qu'il touche.
Et voilà que même les thermomètres mentent. Ces deux derniers jours, ils seraient montés à quasiment 40 °C à New York, Philadelphie et Washington et la nuit ils ne descendraient pas en-dessous de 29°C.
"Si de forts orages étaient attendus dans l’Etat de New York, vendredi soir, écrit Le Monde (1), les températures devraient rester très élevées, plus au sud, tout au long du week-end. Les autorités ont ainsi décalé le début des festivités à Washington, pour les 250 ans de la Déclaration d’indépendance. Le public était incité à l’origine à venir dès 13 heures, afin de participer à la grande foire sur le National Mall, censée représenter les cinquante Etats américains (avec un succès mitigé pour le moment). Mais les portes n’ouvriront finalement qu’à 17 heures, pour éviter les coups de chaud, sur cette immense esplanade peu ombragée : la météo prévoyait 38 °C et des orages en fin d’après midi. Un autre événement, prévu jeudi, à Philadelphie, la ville où fut signée la Déclaration en 1776, a été annulé à cause de la canicule."
Décidément, les ennemis du Donald ne reculent devant rien pour faire échouer ce qu'il entreprend avec tant de talent. Et ils n'ont aucun respect : ils s'attaquent même aux magnifiques festivités que ce magnifique président organise pour célébrer la meilleure période de ces deux cinquante ans : celle où il préside ces Etats-Unis qui décidément ne le méritent pas. Ses opposants ont même déréglé la météo.
Si j'aurais su, j'aurais pas venu, a-t-il déclaré.

(1) https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/07/04/aux-etats-unis-une-canicule-exceptionnelle-perturbe-les-250-ans-de-l-independance-et-la-coupe-du-monde-de-football_6720594_3244.html