Il est imbattable. Le Père Ubu ne perd jamais. Ce sont les autres qui perdent. Si son nom avait figuré sur les listes, les Républicains auraient connu "une victoire écrasante". Hélas, les candidats de son parti n'étaient pas à la hauteur. Entendez : à sa hauteur. Mais qui est capable de s'élever aussi haut sinon Lui ?
mercredi 4 novembre 2026
L'imbattable battu
dimanche 1 novembre 2026
Ces journalistes, ennemis du peuple
Il n'y a plus de presse libre en Russie. Le dictateur Poutine a achevé le journal indépendant et critique du pouvoir Novaïa Gazeta, ouvertement opposé au pouvoir russe et à la guerre que mène la Russie contre l’Ukraine. "Novaïa Gazeta cesse d’exister. (...) Les autorités russes, les services spéciaux russes ont obligé la rédaction à mettre fin à son travail", a affirmé le rédacteur en chef du journal, Sergueï Sokolov. "Désormais « sans moyens de subsistance et sous la menace constante de la répression », Novaïa Gazeta ne peut plus travailler comme il avait réussi à le faire jusque-là en près de cinq ans de guerre. « Le 9 novembre, nous éteindrons les lumières de notre maison, où nous avons vécu pendant trente ans ; nous couperons les serveurs et nous partirons, a précisé Sergueï Sokolov. Le journal n’existe plus. » (1)
"Depuis plus de trente ans, rappelle Le Monde (2), le journal de Dmitri Mouratov, Prix Nobel de la paix, enquêtait sur la corruption, les violences du pouvoir et les violations des droits humains." Et Poutine vient de l'assassiner. C'est ce qu'il fait de mieux. "Ils nous ont tués", a affirmé vendredi Dmitri Mouratov.
De son côté, le roi Mélenchon préfère s'adresser aux médias qui le vénèrent. Les autres l'insupportent. La presse traditionnelle, il la qualifie de "caste", "d’officialité" et les journalistes sont traités de "vieux croûtons", de "vieilles barbes" ou d’êtres "sinueux", "visqueux " et "menteurs" (4). Les journalistes Charlotte Belaïch et Olivier Pérou, auteurs de La Meute qui analyse le fonctionnement de LFI, sont traités de "dégénérés". En décembre 2021, Jean-Fidel Mélenchon avait fustigé France Info, du "prétendu service public" qui n'avait pas diffusé en direct et sans filtre son meeting et qui n'avait donc pas, selon lui, accompli son "devoir civique" (5). Le roi aime une presse soumise.
On voit par là que le tueur en série Poutine est un digne descendant de Staline et qu'il faut se méfier des partis fascinés par les dictateurs. Ils ne supportent pas que la presse soit libre. C'est à l'aune du respect de la liberté de la presse qu'on peut juger du caractère démocratique d'un parti et d'un candidat.
(1) https://www.lemonde.fr/international/video/2026/10/30/ils-nous-ont-tues-le-journal-independant-russe-novaia-gazeta-annonce-sa-fermeture_6803133_3210.html
(2) https://www.lemonde.fr/international/article/2026/10/30/avec-l-arret-de-novaia-gazeta-la-liberte-de-la-presse-en-russie-vit-son-chant-du-cygne_6802910_3210.html
https://www.lemonde.fr/international/article/2026/10/30/novaia-gazeta-le-comite-nobel-appelle-la-russie-a-mettre-fin-a-la-repression_6803097_3210.html
(3) https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/10/27/journalistes-brutalises-au-congres-du-rn-la-presse-doit-pouvoir-travailler-librement-alertent-44-societes-de-journalistes_6801268_823448.html
(4) https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/06/20/la-strategie-de-jean-luc-melenchon-face-aux-medias-je-choisis-ou-je-vais_6705282_823448.html
(5) (Re)lire sur ce blog : https://moeursethumeurs.blogspot.com/2021/12/france-info-soumise.html
mardi 27 octobre 2026
Faites du bruit
Le bruit médiatique rend naïf. Ce sont des partis qui fonctionnent avec un chef, qui dépendent entièrement de celui ou celle qui y exerce sa toute-puissance et qui en exclut tout membre critique par rapport au chef et à sa stratégie. LFI appartient à Mélenchon, comme le RN appartient à la famille Le Pen et comme En Marche était le parti de Macron. On n'a pas ici de projets collectifs, mais des partis construits pour satisfaire des ambitions individuelles. Il est vrai que l'élection présidentielle française se résume encore et toujours au choix d'un roi.
(2) https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/10/26/raphael-glucksmann-un-candidat-a-la-presidentielle-a-la-recherche-de-la-jeunesse-perdue_6800424_823448.html(3) https://www.tf1info.fr/politique/elections/presidentielle/sondage-lci-pour-qui-veulent-voter-les-jeunes-lors-de-l-election-presidentielle-2027-2471222.html
https://www.courrierinternational.com/article/vu-de-belgique-le-rn-n-a-meme-plus-besoin-d-etre-respectable_281568
mercredi 21 octobre 2026
Nous repenser
Il est temps de faire entrer le droit sur Internet, estime Thierry Breton dans le Grand Continent (2), un espace précisément vécu actuellement comme une zone de non-droit où l'on peut tout dire, insulter, agresser, dénoncer, pratiquer la délation, encourager la violence. "C’est à nous d’occuper cet espace informationnel. D’y faire entrer le droit, la justice et les forces de l’ordre, comme nous l’avons toujours fait dans le monde physique. Cela ne réglera pas tout. L’école, ses murs, Parcoursup, l’avenir des jeunes, leurs interrogations fondamentales et légitimes appellent d’autres réponses. Mais aucune ne tiendra sans celle-là. Nous avons une génération qui ne sait plus comment passer d’un monde à l’autre et un État qui n’a jamais appris à le faire. Réunir le monde physique et le monde informationnel, c’est le travail et la responsabilité de la classe politique dans son ensemble. Le chemin, les législations adoptées l’ont ouvert. Il faut maintenant avoir le courage de l’emprunter."
(1) https://www.courrierinternational.com/article/vu-de-belgique-violences-et-pillages-le-17-octobre-a-qui-profite-le-crime_279801
(2) https://legrandcontinent.eu/fr/2026/10/20/le-front-digital-des-emeutes-en-france/
samedi 17 octobre 2026
Effarement d'un vieux con
https://france3-regions.franceinfo.fr/nouvelle-aquitaine/haute-vienne/limoges/incendie-de-la-mairie-de-limoges-ce-soir-on-est-tous-des-limougeauds-la-ville-sous-le-choc-une-marche-des-elus-prevue-ce-dimanche-3435219.html
jeudi 15 octobre 2026
Eyeless in Gaza
Il est difficile de croire encore que Tsahal est une des armées les plus éthiques au monde. "En réalité, écrit encore Riss, Tsahal est une armée comme les autres, qui n'a aucun état d'âme quand il s'agit de détruire ses ennemis. Le mythe de l'armée exemplaire sort en charpie de ce documentaire. (...) Dans tous les conflits, les crimes de guerre sont décrits par leurs auteurs comme purement techniques, et on observe une fois de plus dans ce conflit, comme dans bien d'autres, comment l'esprit humain se fabrique des barrières mentales pour se décharger de toute responsabilité."
Les militaires qui témoignent dans le film n'apparaissent pas comme des excités, avides de sang. "On comprend vite que nous n'avons pas affaire à des fous de Dieu, à des suprémacistes ou à des va-t-en-guerre, écrit Yovan Simovic, Ce seraient plutôt des hommes et des femmes issu du même monde que les réalisateurs : pour la plupart, des membres de la classe moyenne de Tel-Aviv, éduqués et libéraux." L'un d'entre eux affirme qu'Israël commet un génocide. Les autres n'en parlent pas. Leur a-t-on posé la question ou non ? "Sur les raisons de leur engagement dans Tsahal, sur leur rapport aux exactions commises, sur leur éventuelle désillusion, le film prend soin de laisser affleurer une pluralité de trajectoires et de points de vue. (...) Mais dès qu'il s'agit de nommer ce qui se déroule à Gaza, cette diversité semble s'évanouir. (...) Peut-être cette obsession de qualifier juridiquement les massacres en cours est-elle avant tout la nôtre, celle d'Occidentaux qui cherchent encore dans les mots une manière de saisir ce qui se passe à Gaza."
(3) https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/geopolitique/geopolitique-du-vendredi-09-octobre-2026-9042298
(4) éditions des Arènes.
mardi 13 octobre 2026
Des nouvelles de la France profonde
Le village s'est scindé en deux camps antagonistes.
samedi 10 octobre 2026
La conjuration des crapules
Il était une fois deux vieilles crapules qui s'entendaient comme larrons en foire. Chacun d'eux était bouffi de prétention, convaincu d'être le meilleur stratège et de tout savoir et comprendre mieux que les autres. Ils ne supportaient que les gens qui leur mangeaient dans la main et n'avaient cependant que mépris pour eux. Tous deux détestaient la démocratie. Cette forme de gouvernement qui oblige à écouter les autres et à tenir compte de leur avis était incompatible avec leur ego.
Le premier, prénommé Vladimir, avait entrepris d'envahir le territoire de son voisin, convaincu qu'il n'en ferait qu'une bouchée en quelques heures. En quatre ans, sa guerre avait fait plus de deux millions de victimes des deux côtés, morts, blessés et disparus. Mais Vladimir ne voulait pas entrer dans des calculs sordides et insensés et estimait que plus il y avait de morts dans son camp, plus il devait y en avoir dans l'autre.
Le second, prénommé Donald, avait annoncé qu'en vingt-quatre heures il mettrait fin à ce conflit. Ce dont il s'avéra rapidement incapable. Il renonça d'ailleurs très vite à tenter de le faire. La complexité est une notion qui lui était totalement étrangère et la difficulté le rebutait. Ou les situations étaient simples ou elles n'existaient pas. Lui-même à son tour avait voulu sa guerre personnelle. Et celle-ci serait expéditive. Son adversaire fut pourtant, lui aussi, plus coriace qu'il ne l'avait pensé et il n'en vint pas à bout.
Ils ne se marièrent pas, chacun vécut chez soi, régnant sur son pré carré, mais ils eurent beaucoup d'enfants. Qui s'appelèrent Bolsonaro, Millei, Babis, Orban, Meloni, Le Pen, Rhamon, Weidel, Netanyahou, Erdogan, Saïed et tant d'autres nationalistes qui haïssent qui n'est pas comme eux.
Tous les contes ne peuvent avoir une fin heureuse. Mais, quand elle arrivera, la mort de chacune de ces deux vieilles crapules sera vue comme heureuse pour l'avenir du monde.
mercredi 7 octobre 2026
Trois ans après
Hier sur France Inter (1), Sophia Aram rappelait que l'antisémitisme avéré (et condamné) du père Le Pen ne l'avait pas empêché de se qualifier pour la présidentielle de 2002, que celui de Jean-Luc Mélenchon ne lui avait pas fait perdre un seul point de sondage après "ses jeux de mots pourris sur les patronymes juifs" (qu'aurait appréciés Le Pen père). L'humoriste en arrive à se demander "si par calcul l'antisémitisme ne serait pas devenu un argument électoral. Je ne sais pas si on en est là, mais je pense que l'explosion de la haine des juifs depuis le 7-octobre est malheureusement un sujet bien plus large que les déclarations de Bardella et l'amnésie de Marine Le Pen".
Aujourd'hui, Franc-Tireur nous apprend (2) que l'antisémitisme est désormais au programme des Verts britanniques. "À Brighton, lors de leur congrès annuel, ils ont adopté la motion «Le sionisme est un racisme », qui appelle, à terme, à la disparition d’Israël en tant qu’État juif. Ils ont aussi rejeté un amendement proposant de protéger à l’avenir les militants fréquentant des synagogues ou des organisations «sionistes», et une salle sécurisée a dû être aménagée pour les participants juifs au congrès qui se sentaient menacés." Certains militants juifs, "en larmes" ont annoncé quitter le parti. Que faire d'autre ? Ce texte a été imposé par une base radicalisée menée par un des leaders du parti, islamiste et pro-Hamas.
(1) https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/dans-la-bouche-de-sophia-aram/dans-la-bouche-de-sophia-aram-du-mardi-06-octobre-2026-2147562
(2) https://www.franc-tireur.fr/antisemitisme-langleterre-a-la-derive
(3) https://www.lemonde.fr/international/article/2026/10/06/rima-hassan-accusee-de-degradation-d-une-exposition-sur-le-7-octobre-au-parlement-europeen_6788993_3210.html
(4) https://www.franc-tireur.fr/les-amalgames-de-rima-hassan
(5) Editions Les Arènes BD, 2025.
lundi 5 octobre 2026
Celle qui n'ose pas dire les choses
Cette attente concerne également le RN et LFI si ambigus dans leur rapport à Trump et Poutine pour le premier, à Poutine pour la seconde.