lundi 7 juin 2010

Pour qui voter

Régulièrement, le sage que je suis est interpellé: pour qui me conseilles-tu de voter?, me demande-t-on. Quelqu'un de bien et d'honnête, me précise-t-on souvent.
Voici mes choix. Sur la liste Ecolo (12), vous n'en serez pas étonné. Faites confiance aux femmes.

Au Sénat,
Marie-Christine Lefebvre,
6e effective

"2010, année européenne de lutte contre la pauvreté. On ne résoudra pas la crise économique en aggravant la crise sociale. Ecolo et Groen exigent une augmentation des pensions et autres allocations sociales. Ils prônent une contribution des revenus du capital et du travail pour maintenir une sécurité sociale juste et performante.
Le dialogue permanent entre les partis verts est un atout pour trouver des solutions durables à la mutation de notre pays.
Je m'engage à apporter ma contribution pour améliorer la vie de nos enfants demain, en Belgique et sur la planète."

tél.: 0474 64 62 39 - mariechristine. lefebvre@gmail.com - http://mclefebvre.blogspot.com - www.ecolo.tournai.be


A la Chambre en Hainaut,
Ingrid Delmot,

7e effective

"L’écologie permet de faire des économies. Petits gestes tout simples contre le gaspillage ou techniques sophistiquées d’utilisation rationnelle de l’énergie. Nombreux sont les citoyens, les administrations et les entrepreneurs qui appliquent l’écologie au quotidien. Les économies potentielles sont importantes. Ecolo propose des solutions qui permettent d’allier confort de vie, respect de l’environnement et économies substantielles. Pour la planète, c’est tout bénéfice!
Ecolo peut aider administrations, entreprises et citoyens par des systèmes de tiers- investisseurs ou de partenariats public-ménages.
L'écologie: bon pour l'économie, bon pour nos économies !!!"

idelmot@gmail.com - www.ecolo.tournai.be - voir aussi http://profponchau.blogspot.com/

A la Chambre,
à Bruxelles, je voterais pour Fouad Lahssaini (1er suppléant),
dans la province de Namur, pour Philippe Defeyt, 6e suppléant,
dans la province de Liège, pour Bénédicte Heindrichs (7e suppléante) et/ou Pierre Ozer (8e suppléant),
en Brabant wallon pour Thérèse Snoy (1ère effective),
dans le Luxembourg, pour Cécile Thibaut (1ère effective).

Vous en faites ce que vous voulez. En tout cas, je voterai pour un ou une candidat(e) qui a des valeurs fortes et sait laisser ses ambitions personnelles et son ego de côté pour viser l'intérêt collectif.
"Si le public devait retenir quelque chose de mon film, ce serait peut-être que lorsqu’on va voter, mieux vaut laisser de côté sa fascination pour la face obscure des hommes de pouvoir. Les candidats qu’on trouve vraiment, profondément, ennuyeux dans la vie, voilà, c’est pour eux qu’il faut voter. " (Paolo Sorrentino, réalisateur italien, auteur de Il Divo, film consacré à Giulio Andreotti – in Télérama – 21/05/2008)
Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit: je n'ai pas dit que les candidats que je cite sont profondément ennuyeux. Ils sont honnêtes et porteurs de vraies valeurs.

Allez voter (pour un parti démocratique)! 11

Chaque jour jusqu'aux élections, une citation pour vous convaincre - s'il le fallait - d'aller voter. Et de bien voter. Sinon, ce serait trop facile.

"Au-delà d’entretenir les convictions et la fidélité de ses sympathisants convaincus - c’est son fonds de commerce – l’homme politique cherche particulièrement à séduire les franges d’électeurs qui se préoccupent peu de politique. Il est essentiel de gagner leurs suffrages alors qu’elles se montrent surtout sensibles aux personnalités, plus faciles à saisir que les idées. Moins le consommateur s’investit dans son achat, moins l’électeur s’implique dans la politique, moins il se montre critique et plus il se laisse appâter facilement. La séduction se substitue à l’argumentation du débat, à l’endoctrinement de la propagande. (…)
Dans les publicités commerciales, si un personnage est présent, c’est pour nous présenter l’objet, nous dire voilà le produit ! Ici le candidat nous dit me voilà !, il EST le produit, et tous les éléments qui l’entourent participent à sa mise en scène. Tout ce qui touche, de près ou de loin, à l’homme, ce que l’on voit de sa vie privée comme de sa vie publique, son apparence physique, ses gestes et son élocution, tout doit être mis en scène.
Avec les conseillers en communication, la forme a fini par dévorer le fond. (…) Ce sont des figures, plutôt que des idées, qui tapissent les murs des campagnes."
Gabriel Thoveron, La marchandisation de la politique

dimanche 6 juin 2010

Allez voter (pour un parti démocratique)! 10

Chaque jour jusqu'aux élections, une citation pour vous convaincre - s'il le fallait - d'aller voter. Et de bien voter. Sinon, ce serait trop facile.

"Le nationalisme d’extrême droite se caractérise par une exaltation de la nation dont les ingrédients majeurs sont la phobie de l’altérité et la peur de la décadence. Ces phobies définissent sans doute un ennemi – l’étranger – et désignent des maux à combattre – l’insécurité, le désordre, la dislocation de la famille, la baisse de la natalité, etc. -, mais ne circonscrivent pas en soi des politiques concrètes.
Pour ce faire, le nationalisme se nourrit de plusieurs ferments dont principalement le racisme et le sexisme."
Bérengère Marques-Pereira : Le désarroi démocratique – L’extrême droite en Belgique

samedi 5 juin 2010

Non, rien de rien (air connu)

Franchement, je suis content de ne plus travailler à la RTBF, cette chaîne publique qui singe le privé en coupant sauvagement ses films et émissions avec de la pub.
Hier soir, je regardais la plaisante adaptation cinématographique de Michel Deville de la pièce de Georges Feydeau "Un fil à la patte". Par deux fois (au moins) le film a été brutalement interrompu par de la pub. Je n'ai pas eu l'occasion de découvrir le nom de tous les acteurs dans le générique final. Puisque celui-ci, après quelques secondes, a été hypocritement tourné de côté pour laisser place, une fois encore, à la pub. Quand une chaîne manifeste autant de mépris tant pour les réalisateurs et acteurs que pour ses téléspectateurs, elle n'est qu'une chaîne vulgaire. Une vulgaire chaîne.

Franchement, je ne regrette pas de ne pas faire campagne cette année. Elle est morne, sans âme, sans vie. Les panneaux électoraux peinent à se remplir. Les candidats eux-mêmes n'ont pas l'air d'en vouloir. Ou même d'y croire. Des déclarations passe-partout. Des projets banals. Le président du Ps rêve d'un "fédéralisme de prospérité". Un message petit-bourgeois. Prosper Di Rupo nous promet un impôt sur les grandes fortunes le jour où la famille socialiste aura la majorité absolue. Autant dire jamais. Pourquoi ne pas en appeler à un gouvernement rassemblant toute la gauche? Si tant est qu'il y ait encore une gauche chez nous. Une campagne mollassonne. Triste comme un frigo vide.
Ce qui ne m'empêchera pas d'aller voter quand même, bien sûr.

Allez voter (pour un parti démocratique)! 9

"Quand un homme oscille entre l’être et le paraître, et quand le paraître plus que l’être lui ramène les ovations, alors il finit par perdre jusqu’au besoin de mentir, il convainc naturellement parce qu’il a lui-même dissipé ses doutes, parce qu’il adhère à ses paroles par les fibres essentielles de son être. Sans doute garde-t-il un noyau de lucidité, il sait bien qu’il ne pourra pas tenir ses promesses, mais ce savoir-là ne l’encombre aucunement tandis qu’il s’exprime à la tribune, tout occupé qu’il est de plaire à l’auditoire. Il croit en qu’il dit parce qu’il croit en ce qu’il montre, je veux dire qu’il devient son personnage, se regarde au travers des yeux de tous ces gens qui l’approuvent et l’applaudissent, et finit par se pénétrer de son rôle et de sa vocation. Il gagne en sincérité parce qu’il ajuste non ses paroles à ses croyances, mais ses croyances à ses paroles, et cette sincérité est la condition même de son leadership."
Alain Eraly : Le pouvoir enchaîné

vendredi 4 juin 2010

Allez voter (pour un parti démocratique)! 8

"Lorsque vous jugerez nécessaire de vous mettre en colère, choisissez, pour vous mettre en colère, un moment où vous ne serez pas en colère. Vous n’aurez jamais l’air mieux en colère et vous proportionnerez exactement ainsi votre colère à l’objet de votre colère, ce qui deviendrait impossible si vous étiez vraiment en colère."
Pierre Gatérat : Vade-mecum du petit homme d’Etat, Seuil, 1952

jeudi 3 juin 2010

Allez voter (pour un parti démocratique)! 7

"L’autre jour, un ponte politique était au Claridge. Quand ferez-vous quelque chose pour les loyers ? a demandé quelqu’un. Eh bien le ponte lui a répondu qu’aujourd’hui un ministre n’était le plus souvent que le commentateur de son impuissance. On l’a bien vu avec la dernière fermeture d’usine, des centaines de travailleurs sur le carreau, les larmes n’ont pas manqué et le gouvernement en a versé sa part, c’était bouleversant de voir les ministres tellement abattus, tellement défaits, si pâles qu’on avait envie de leur dire allez, remettez-vous, remontez en selle, ça ira, c’est vrai que c’est dur pour vous, mais c’est comme ça, faut tenir, on a besoin de vous."
Jean-Marie Piemme - Dialogue d’un chien avec son maître sur la nécessité de mordre ses amis

mercredi 2 juin 2010

Pauvre B

Une maison à Tournai. Sur la façade flotte en permanence un drapeau belge. A la fenêtre, un autocollant: "fier d'être belge". Et puis maintenant, sur la porte, cette annonce: "Publicités électorales: non!!! Toutes publicités électorales mises dans cette boîte ou posées sur le seuil de porte seront systématiquement jetées sur la voie publique"
Ah! C'est donc ça être belge? Y a de quoi être fier, en effet.

Allez voter (pour un parti démocratique)! 6

"Aujourd’hui, le citoyen s’engage de façon provisoire, ses choix ne sont valables que dans le moment où il les exprime. Le consentement politique est sans cesse renouvelable, limité au temps présent. Se sentir lié dans la durée par un engagement, par une opinion, c’est déjà renoncer à une part de liberté. D’où la nécessité et l’importance des sondages dans les démocraties modernes : un électeur ayant voté pour Nicolas Sarkozy le 6 mai 2007 peut très bien exprimer sa préférence pour le Parti socialiste quelques jours ou quelques semaine plus tard, et inversement. Il ne verra dans ce changement ni contradiction ni incohérence. Les notions de « peuple de gauche » ou « de droite », d’appartenance à un « camp » se dissolvent dans le libre choix du citoyen-consommateur.
Avec l’hyperindividualisme et le culte de l’immédiat qui caractérisent les sociétés postmodernes, on peut diagnostiquer la fin de la politique telle qu’elle existait jusqu’à présent. Les identités et les projets collectifs, la responsabilité sociale disparaissent au profit d’une revendication généralisée des droits individuels."
Pascal Josèphe : La société immédiate

mardi 1 juin 2010

Allez voter (pour un parti démocratique)! 5

"J’apprécie la politique, et à chaque fois que j’entends « homme politique pourri, c’est un pléonasme » et que toute la salle applaudit, j’ai envie de dire : mais sans politique, c’est la sauvagerie, le western. Elle est de plus en plus décriée, et j’ai peur qu’à la longue plus personne ne veuille en faire, sauf de vrais fous, ou des nazes. Il y en a déjà quelques-uns, je ne dis pas qu’ils sont tous parfaits. Quand les gens parlent de leurs hommes politiques, ça me fait le même effet que ces parents qui disent que leurs enfants sont nuls. Là aussi, j’ai envie de leur dire : c’est quand même toi qui les as fait tes enfants. On dit qu’on a les hommes politiques qu’on mérite, c’est pas faux… "
Agnès Jaoui, interviewée à l’occasion de la sortie de son film « Parlez-moi de la pluie », in Charlie Hebdo, 17/09/2008