Combien de périodes de canicule faudra-t-il encore ? Combien d'incendies, d'inondations, de typhons, combien de drames, combien de morts chez nous, en Afrique, en Asie, partout dans le monde, avant que - enfin - nous décidions de changer radicalement notre mode de vie ?
Nous l'avons fait, contraints et forcés, pour sauver nos vies et celles des autres lors de l'épidémie de Covid-19. Mais nous sommes incapables de prendre moins la voiture ou l'avion, de rouler moins vite, de consommer moins, d'abandonner le pétrole et le gaz. Au contraire, le trafic aérien mondial n'a jamais été aussi important. Nos gouvernements nous rappellent que nous devons économiser l'eau, penser à nous hydrater et appellent les écoles à déplacer les horaires d'examens à des périodes moins torrides. Et les communes se disputent pour accueillir des data centers très gourmands en eau, en énergie et en terres agricoles. Les vraies mesures à prendre, on les connaît, mais elles restent dans les placards des ministères (1). Qui en voudrait ?
Ici, dans le Centre de la France, les incendies dans les champs se multiplient en cette période de moissons. Et des céréaliers se désespèrent : leurs productions sont de plus en plus faibles du fait de la sècheresse. C'est toute la société qui vacille avec ces canicules exceptionnelles (comme les désignent à chaque fois les médias) et les plus fragiles sont ceux qui en paient le plus grand prix. En 2025, la part de mortalité attribuable aux fortes chaleurs était plus importante dans les départements où le taux de pauvreté était le plus élevé, relève Oxfam dans un rapport publié aujourd'hui. "La France fait face à une urgence sanitaire, mais la plupart des gens regardent ailleurs", souligne, dans Le Monde (2), Robin Ehl, chargé de plaidoyer pour Oxfam France. Un paradoxe, alors que « les impacts du changement climatique concernent tout le monde". L'an dernier, la part de mortalité attribuable aux fortes chaleurs était 31 % plus élevée dans les 10 départements présentant le taux de pauvreté le plus élevé par rapport aux 10 départements ayant le taux de pauvreté le plus faible. "Le climat rend (...) la population de plus en plus malade, à un moment où le système de santé français est déjà mis à mal", constate Le Monde.
Mais qu'on se rassure : à la prochaine canicule exceptionnelle, on change tout.
(2) https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/06/18/l-impact-du-changement-climatique-sur-la-sante-est-plus-lourd-pour-les-populations-les-plus-pauvres-denonce-l-ong-oxfam_6704490_3244.html
1 commentaire:
Cher Michel, je t'envoie ce commentaire au petit matin, tant la chaleur m'empêche de dormir (23 ° la nuit). Et je suis pourtant bien loti (malgré des fenêtres d'un seul côté qui m'empêchent de faire un courant d'air). Dans Le Monde, je lis un reportage sur la situation d'un homme âgé qui vit dans un "studio" de 16 m2 à Paris sous des toits de zinc, et sans ascenseur j'imagine. Et puis les travailleurs du bâtiment en Inde (45 ° la journée, 30° la nuit), etc. Comme le Titanic (très bonne reconstitution sur Arte), nous fonçons droit sur la catastrophe avec les classes inférieures, au spatial comme au. social, et les soutiers de la salle des machines qui seront sacrifiés. Et le déni continue, malgré les +1,5 degrés en 2030 au lieu de 2100. En Sicile, la sécheresse est dévastatrice comme le montre un autre reportage sur Arte. Même chez des personnes a priori sensibles, mais qui continuent de prendre l'avion. Ou celles du "après moi le déluge". Les "points de bascule" sont atteints les uns après les autres et nous approchons du point de non-retour. C'est ce que me disait une voisine, veuve d'un météorologue bruxellois qui l'annonçait depuis un demi siècle. C'est consternant.
Enregistrer un commentaire