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samedi 4 juillet 2026

Encore une victime de la canicule

On ne sait plus à qui faire confiance. Les fausses nouvelles sont partout. Fake news ! Fake news ! Fake news !, répond le Père Ubu américain à tous ceux qui critiquent si promptement le meilleur président que les Etats-Unis aient jamais eu la chance d'avoir. Cet envoyé de Dieu transforme en or tout ce qu'il touche.
Et voilà que même les thermomètres mentent. Ces deux derniers jours, ils seraient montés à quasiment 40 °C à New York, Philadelphie et Washington et la nuit ils ne descendraient pas en-dessous de 29°C.
"Si de forts orages étaient attendus dans l’Etat de New York, vendredi soir, écrit Le Monde (1), les températures devraient rester très élevées, plus au sud, tout au long du week-end. Les autorités ont ainsi décalé le début des festivités à Washington, pour les 250 ans de la Déclaration d’indépendance. Le public était incité à l’origine à venir dès 13 heures, afin de participer à la grande foire sur le National Mall, censée représenter les cinquante Etats américains (avec un succès mitigé pour le moment). Mais les portes n’ouvriront finalement qu’à 17 heures, pour éviter les coups de chaud, sur cette immense esplanade peu ombragée : la météo prévoyait 38 °C et des orages en fin d’après midi. Un autre événement, prévu jeudi, à Philadelphie, la ville où fut signée la Déclaration en 1776, a été annulé à cause de la canicule."
Décidément, les ennemis du Donald ne reculent devant rien pour faire échouer ce qu'il entreprend avec tant de talent. Et ils n'ont aucun respect : ils s'attaquent même aux magnifiques festivités que ce magnifique président organise pour célébrer la meilleure période de ces deux cinquante ans : celle où il préside ces Etats-Unis qui décidément ne le méritent pas. Ses opposants ont même déréglé la météo.
Si j'aurais su, j'aurais pas venu, a-t-il déclaré.

(1) https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/07/04/aux-etats-unis-une-canicule-exceptionnelle-perturbe-les-250-ans-de-l-independance-et-la-coupe-du-monde-de-football_6720594_3244.html

vendredi 26 juin 2026

Idées peu fraîches

Ayons confiance. Ça ira mieux demain. C'est-à-dire dans un an. Quand le gamin bling-bling qui n'a jamais travaillé ou la fille à papa qui n'est pas non plus une grande bosseuse sera à l'Elysée.
Il y aura toujours des canicules. De plus en plus nombreuses et de plus en plus chaudes. Mais ce ne sera pas grave parce que tous les bâtiments seront climatisés. C'est la solution du RN (1) : un grand plan de climatisation avec un système de prêt à taux à zéro (et une budgétisation des plus floues, mais on ne peut leur en vouloir :  leurs bureaux ne sont pas climatisés, ils ont du mal à se concentrer). La climatisation rendra la vie plus facile à 40°C. Peut-on espérer des rues climatisées, des champs climatisés, des chantiers, tous les espaces publics ? Et que fait-on pour diminuer cette courbe dangereuse des températures ?
Le RN n'a jamais aimé les scientifiques, nombre de ses élus ont longtemps critiqué ou moqué les rapports d'un GIEC qui perd son temps à faire peur aux braves gens et à les empêcher de vivre librement. Mais désormais il compte sur eux pour trouver des solutions. Sur eux, sur le génie français, sur l'immense capacité à la résilience des Français. Marine Le Pen et Jean-Philippe Tanguy. l'ont encore répété récemment. Des solutions, on en trouvera. D'ailleurs, c'est ce que le RN dit depuis toujours : on trouvera des solutions techniques. Dormez en paix, braves gens. Mais plus personne ne dort en paix.

Pour le reste, rien. Ou plutôt une politique à la Trump : casser les outils. "Aussi limité et nébuleux soit-il, écrit Le Monde, le « plan climatisation » – et le prêt à taux zéro dont il ferait partie – constitue l’unique effort consenti par le RN dans la lutte contre le réchauffement climatique. Bien plus précises sont les saignées promises en la matière, énumérées et chiffrées lors du contre-budget établi à l’automne 2025. Au menu, notamment : 10 milliards d’économies dans la rénovation énergétique avec la fin de MaPrimeRénov’ et l’affectation au budget général des certificats d’économie d’énergie ; marges de manœuvre des collectivités ratiboisée par la suppression du fonds vert (« hors dépenses pour inondations et feux de forêts ») et la baisse radicale de leurs dotations par l’Etat ; coupe d’un tiers des subventions des associations environnementales ; disparition d’opérateurs et d’agences de l’Etat comme les agences de l’eau, l’Ademe ou l’Office français de la biodiversité."

De plus en plus de départements manquent d'eau. Et nous ne sommes qu'en juin. Où trouvera-t-on de l'eau ? La climatisation, même si elle est désormais indispensable pour survivre dans de trop nombreux logements, va augmenter un peu plus encore les consommations d'eau. Le génie français sera-t-il capable de dessaler l'eau de mer à moindre coût ? De transformer en eau l'air chaud ou la terre ou le sable ? 

Il ne se passera rien pour lutter fermement contre le réchauffement climatique. Dès la fin de cette période-ci de canicule, on passera à autre chose. On attend d'un candidat de gauche qu'il prenne des positions courageuses, qu'il propose un programme radical et audacieux capable de bouleverser du tout au tout notre mode vie et pas avec des mesurettes qui se contentent de rendre la situation à peine moins insupportable. Mais la majorité des électeurs n'acceptera jamais que soient remis en question leur confort et leurs habitudes. Ont-ils des enfants, des petits-enfants, ces électeurs ?

"Je suis dans le constat d'un suicide, déclarait récemment (2) le jardinier et paysagiste Gilles Deleuze (c'était peu avant la période caniculaire actuelle), bizarrement non partagé par l'humanité, mais fabriqué, organisé par elle, sous la pression des lobbies. Du fric ou rien. Il faut faire de l'argent, donc on fait. Tant pis si on meurt à cause de ça. Et on le fait. Tout le monde le fait." Les dirigeants ne sont pas là, dit-il encore pour améliorer la vie, mais le pouvoir d'achat. 

Post-scriptum : l'analyse lucide et glaçante de Jean-Marc Jancovici :
https://www.youtube.com/watch?v=MoCpLYi2v60

(2) https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-midis-de-culture/gilles-clement-jardinier-pour-le-livre-un-jardin-pour-l-eternite-9952684

jeudi 18 juin 2026

Ces canicules qui nous laissent froids

Combien de périodes de canicule faudra-t-il encore ? Combien d'incendies, d'inondations, de typhons, combien de drames, combien de morts chez nous, en Afrique, en Asie, partout dans le monde, avant que - enfin - nous décidions de changer radicalement notre mode de vie ?
Nous l'avons fait, contraints et forcés, pour sauver nos vies et celles des autres lors de l'épidémie de Covid-19. Mais nous sommes incapables de prendre moins la voiture ou l'avion, de rouler moins vite, de consommer moins, d'abandonner le pétrole et le gaz. Au contraire, le trafic aérien mondial n'a jamais été aussi important. Nos gouvernements nous rappellent que nous devons économiser l'eau, penser à nous hydrater et appellent les écoles à déplacer les horaires d'examens à des périodes moins torrides. Et les communes se disputent pour accueillir des data centers très gourmands en eau, en énergie et en terres agricoles. Les vraies mesures à prendre, on les connaît, mais elles restent dans les placards des ministères (1). Qui en voudrait ? 

Ici, dans le Centre de la France, les incendies dans les champs se multiplient en cette période de moissons. Et des céréaliers se désespèrent : leurs productions sont de plus en plus faibles du fait de la sècheresse. C'est toute la société qui vacille avec ces canicules exceptionnelles (comme les désignent à chaque fois les médias) et les plus fragiles sont ceux qui en paient le plus grand prix. En 2025, la part de mortalité attribuable aux fortes chaleurs était plus importante dans les départements où le taux de pauvreté était le plus élevé, relève Oxfam dans un rapport publié aujourd'hui.  "La France fait face à une urgence sanitaire, mais la plupart des gens regardent ailleurs", souligne, dans Le Monde (2), Robin Ehl, chargé de plaidoyer pour Oxfam France. Un paradoxe, alors que « les impacts du changement climatique concernent tout le monde". L'an dernier, la part de mortalité attribuable aux fortes chaleurs était 31 % plus élevée dans les 10 départements présentant le taux de pauvreté le plus élevé par rapport aux 10 départements ayant le taux de pauvreté le plus faible. "Le climat rend (...) la population de plus en plus malade, à un moment où le système de santé français est déjà mis à mal", constate Le Monde
Mais qu'on se rassure : à la prochaine canicule exceptionnelle, on change tout.

(2) https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/06/18/l-impact-du-changement-climatique-sur-la-sante-est-plus-lourd-pour-les-populations-les-plus-pauvres-denonce-l-ong-oxfam_6704490_3244.html

mardi 1 juillet 2025

Let the sunshine

L'écologie emmerde les Français. C'est ce que clament la droite et l'extrême droite. Et quantité d'élus locaux dits sans étiquette. L'Europe suffoque. Et ce n'est qu'un début. Tous les climatologues l'affirment : on va vers bien pire encore. L'absence d'écologie emmerde les Français. Et pourtant, on attendra longtemps encore avant que les mesures indispensables soient prises. La résistance au changement et la négation du problème sont les plus fortes. Même si le changement climatique est bel et bien là et s'impose durement (et durablement), que nous le voulions ou non. Il faut avoir la tête très profondément enfoncée dans le sable pour ne pas le voir. Tant de citoyens n'entendent pas pour autant modifier leurs habitudes. Sans doute seraient-ils même prêts à descendre dans la rue si on limitait leurs déplacements. Par exemple, en interdisant la circulation de véhicules certains jours, en diminuant les vitesses sur les routes, en limitant drastiquement les voyages en avion, en sortant de notre dépendance au pétrole et au charbon, en empêchant que des produits fassent le tour de la planète, etc.

Les partis de droite et d'extrême droite vomissent l'écologie et ses applications.  Ils ont reculé sur les zones à faibles émissions (avec le soutien d'un parti qui se prétend de gauche, LFI), sur le principe de zéro artificialisation des sols, ils relancent le chantier de l'A69. L'un des leurs, un certain Duplomb (ça ne s'invente pas) veut réintroduire un pesticide interdit. "LR ont même fait passer, rappelle Le Monde (1) un amendement qui impose un moratoire sur les éoliennes et le photovoltaïque, une idée longtemps portée par l’extrême droite." Et tout cela au nom du bon sens.

Il y a cinquante ans, on a connu les dimanche sans voiture. Il s'agissait alors de ne pas gaspiller l'essence qui risquait de se faire rare. Il y a cinq ans, on a connu les confinements dus au Covid-19 avec un contrôle extrêmement strict des déplacements. Il s'agissait de protéger collectivement nos vies. Aujourd'hui, la canicule nous confine dans nos maisons et personne ne propose quoi que soit pour qu'une telle situation ne se reproduise plus. Au contraire.
On en revient au même débat qu'à la période covidienne : la liberté individuelle versus la liberté collective première : celle de vivre et de laisser vivre nos enfants et nos petits-enfants. L'écologie emmerde les Français ? Les opposants aux politiques écologiques méprisent les Français.

Post-scriptum : En Belgique, c'est le président du Mouvement réformateur, parti de droite, qui réclame à présent la réouverture des mines de charbon. La volonté de Georges-Donald Bouchez de provoquer quotidiennement le débat l'amène à dire tout et n'importe quoi. 

(1) https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/06/30/a-l-assemblee-la-progression-du-front-anti-transition-ecologique_6617006_3244.html