La politique, un peu partout, est lamentable. La planète se réchauffe à une vitesse ahurissante, les êtres humains suffoquent, certains meurent, mais personne ne semble vouloir remettre fondamentalement en cause l'économie et la croissance, nos habitudes et notre confort, responsables de ce réchauffement désormais incontrôlable. La vie - humaine, animale, végétale - compte beaucoup moins que les cours de la bourse. La biodiversité s'appauvrit chaque jour. En France, 11.000 hectares ont déjà brûlé cette année et on ne parle que de moyens de lutte contre les incendies et adaptation au réchauffement. On cherche des moyens d'amoindrir les conséquences, pas de supprimer les causes.
Le dérèglement climatique contribuera à 700 000 morts prématurées dans le monde d'ici à 2030, prévoyait une étude publiée en mai 2022, citée par The Christian Science Monitor (1). Les morts devraient être plus nombreux encore : cette étude, qui date donc de quatre ans, n'imaginait sans doute une telle accélération de la catastrophe en cours. Catastrophe mondiale : "ce que vit la France est une réalité bien connue dans de nombreuses régions du monde, en particulier dans le Sud global."
La France est en feu et les candidats à l'élection présidentielle se bousculent sans que, jusqu'à présent, aucun ne mette en priorité absolue la lutte contre le réchauffement climatique et donc la sauvegarde de l'humanité et de la biodiversité. Le Rassemblement national a longtemps critiqué et mis en doute les rapports du GIEC et ses appels à changer de logiciel. S'il reconnaît quelques maladresses, il affirme à présent - comment faire autrement sans se moquer du monde ? - que le réchauffement climatique est une réalité. Mais il a la solution : la climatisation. "La croisade de Marine Le Pen pour la climatisation est grossière et illogique, constate The Local (2). Elle s'empare d'un sujet sur lequel l'extrême droite fait preuve de confusion et de lâcheté, et elle le retourne contre la gauche et les élites."
Plutôt que de réaffirmer qu'ils ont vu clair depuis leurs débuts et qu'il n'y a maintenant plus d'autre alternative que de sortir de toute urgence des énergies fossiles, une partie des Verts ne trouvent rien d'autre à faire que des courbettes indécentes devant le lider maximo. Mélenchon sera candidat, donc il faut le soutenir, malgré toutes les casseroles que traîne le personnage, malgré le rejet qu'il suscite et l'intérêt peu évident que son mouvement gazeux porte à l'environnement. Tous derrière le pire de la gauche puisqu'il affirme qu'il est le meilleur. Il ne faut pas diviser la gauche, affirme Sandrine Rousseau qui de ce fait soutient le PDG de La France Insoumise qui a multiplié les invectives, les insultes et les phrases assassines à l'égard du reste de la gauche.
Evidemment, il n'y aura pas de sauveur, ni en France, ni ailleurs. C'est collectivement et au niveau international que doivent être prises des décisions radicales. Au niveau de l'Union européenne, de l'Union africaine, de l'ONU et de toutes ses instances.
"S'il y a des solutions immédiates à mettre en place, écrit encore The Christian Science Monitor, (en particulier pour permettre aux populations de se rafraîchir, il y a surtout de grandes actions de longue haleine à lancer, comme la réduction de la dépendance aux combustibles fossiles. Peut-être est-ce ainsi, au pied du mur (de chaleur), quand même les politiques les plus indifférents dégoulinent de sueur, que les pays trouvent l'élan pour agir ?". Jusqu'à présent, il semble que la canicule les rendent plus mous encore.
(1) Colette Davidson, "Dans la fournaise, ma semaine de doutes", The Christian Science Monitor, 24.6.2026, in Courrier international, 2.7.2026.
(2) Shania Mintchev, "Nous ne devons pas laisser la clim à la droite", Courrier international, 2.7.2026.
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