samedi 8 août 2026

Un saint homme

Drôle de foutoir que ce mouvement de plus en plus gazeux (et vaseux) qu'est la France qui se dit insoumise. Après avoir défendu la laïcité, le voilà qui se soumet aux religions.
Depuis longtemps maintenant, le MélenChe et ses troupes ont retourné casaque et hurlent régulièrement à l'islamophobie : on ne peut critiquer l'islam, ses règles, ses obligations sous peine d'être accusé de racisme. 
Décidément transformé en parti de culs-bénits, LFI entend à présent défendre les chrétiens. Au Conseil de Paris, le 16 juillet dernier, la députée LFI  Sophia Chikirou a fait adopter un vœu (1) contre la «christianophobie». En fait, il s'agit ici de cibler Israël, comme l'explique Yann Barte dans Franc-Tireur (2) : "Car ces actes de «christianophobie» concernent la Palestine et le Liban et sont imputés à l’État hébreu. En volant au secours des chrétiens d’Orient avec ce terme, LFI fait coup double : draguer la gauche propalestinienne et consolider au passage le terme jumeau, tout aussi contestable, d’«islamophobie». Deux mots confusionnistes qui se tiennent par la main".
Yann Barte rappelle que ce terme de christianophobie vient d’une "chapelle très à droite" : l’Agrif (Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne) de Bernard Antony (catho traditionnel et ancien eurodéputé du FN) l'a popularisé dans les années '80 "en multipliant les recours contre ce qui heurte les «sensibilités catholiques» : les dessins de Charlie Hebdo, une pièce de théâtre jugée blasphématoire, ou La Dernière Tentation du Christ de Scorsese". Il s'agissait de réhabiliter le délit de blasphème. Et voilà LFI qui utilise ce même terme équivoque piqué à l'extrême droite.

Mélenchon va-t-il voler à présent au secours des Ouïghours chinois ? "De nombreux organismes de défense des droits de l'homme estiment, rapporte la BBC (3), que la Chine a détenu plus d'un million d'entre eux contre leur gré au cours des dernières années dans un vaste réseau de ce que l'État appelle des "camps de rééducation", et en a condamné des centaines de milliers à des peines de prison."
On doute que Jean-Luc l'Œcuménique aille jusqu'à réclamer leur libération et leur droit à la liberté. Dans son programme pour la présidentielle, il veut "renforcer la coopération avec la Chine". On sait que ce pays constitue pour lui un modèle séduisant. Un lecteur de Charlie Hebdo, Vincent F., rappelait récemment (4) que "la Chine constitue cet idéal indépassable pour les ultracapitalistes, où le totalitarisme est au service d'une économe de marché sans barrières". Et il s'étonne que "un anticapitaliste autoproclamé appelle à collaborer avec l'empire du Milieu, premier émetteur de gaz à effet de serre, qui plus est..." Et il en conclut que "l'anticapitalisme et l'écologie ne sont au final que des appâte-couillons chez le boss de LFI (...), porte-flingue du libéralisme économique, doublé d'un destructeur de la planète en puissance". On peut ajouter à ce tableau  qu'il n’y a pas, selon Human Rights Watch (5), "de société civile indépendante en Chine, ni de liberté d’expression, d’association, de réunion ou de religion, et les défenseurs des droits humains et autres personnes perçues comme critiques sont persécutés par le gouvernement" et que les conditions de travail des travailleurs chinois, loin d'être idéales. Saint Jean-Luc, priez pour eux !

(1) un vœu en politique française est une demande non exécutoire d'une assemblée.
(2) Yann Barte, "Sophia Chikirou - Christianophobie, la pirouette de LFI", Franc-Tireur, 5.8.2026.
(3) https://www.bbc.com/afrique/monde-61583982
(4) "On a reçu ça", Charlie Hebdo, 29.7.2026.
(5) https://www.hrw.org/fr/world-report/2025/country-chapters/china

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