Comment pourrait-on élire comme présidente ou président quelqu'un qui s'avère incapable d'appeler un chat un chat et une dictature une dictature ? Ce matin sur France Inter (1), Ségolène Royal a refusé de qualifier le régime d'Alger. A peine venait-elle de dire que "si on n'ose pas dire les choses, ce n'est pas de la politique" qu'elle n'osait parler d'autoritarisme à propos du régime algérien : "ce n'est pas à moi de qualifier un pays". Surprise de son intervieweur : "Vous ne pouvez pas dire qu'un régime qui a enfermé un écrivain, Boualem Sansal, qui aujourd'hui détient dans ses geôles un journaliste français, Christophe Gleizes, vous ne pouvez pas dire que c'est un régime autoritaire ?" Réponse royale : "Non, je ne peux pas le dire. Je pense qu'il y a un certain nombre de problèmes en Algérie, mais la France n'a pas un certain nombre de problèmes ?".
Ségolène Royale est la candidate du relativisme. Puisque tout n'est pas parfait en France, on ne peut rien reprocher aux autres. Rappel de Benjamin Duhamel, le journaliste : "en 2020, vous disiez que la France est un régime autoritaire, et là vous refusez de dire que l'Algérie est un régime autoritaire...". Il est l'heure du journal, on n'en saura pas plus. On comprend que pour Ségolène Royal puisque la démocratie n'est pas parfaite ici on ne peut critiquer les régimes forts. Et tant pis pour celles et ceux qui les subissent.
On attend d'un ou une candidat à la présidence de la République qu'il défende la démocratie. Ici comme partout ailleurs. Et donc de la clarté par rapport à un soutien à l'Ukraine et une opposition dure au tueur en série qu'est Poutine. Un soutien aux Ukrainiens et au peuple russe. Un soutien aux populations iranienne et afghane par rapport aux régimes islamistes qui les répriment. Un soutien aux Palestiniens qui souffrent de la vengeance sans fin du gouvernement Netanyahou et de la brutalité du Hamas. On n'attend pas de quelqu'un qui vise le poste présidentiel qu'il se taise ou qu'il nous dise qu'il faut comprendre, voire excuser les dictateurs et les crapules.
Cette attente concerne également le RN et LFI si ambigus dans leur rapport à Trump et Poutine pour le premier, à Poutine pour la seconde.
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