Le dérèglement climatique a des effets qu'on ne soupçonnait pas. Il dérègle aussi les esprits de certains activistes qui veulent le défendre. La mode veut qu'ils projettent de la soupe sur des œuvres d'art pour dénoncer l'inaction des gouvernements dans la lutte pour sauver le climat. Cherchez le lien. Il n'y en a pas. Sauf qu'ils clament que nous devons aujourd'hui choisir entre la vie l'art et qu'ils préfèrent la première. Mais l'art, c'est la vie. Comme l'écrit Caroline Fourest (1), "depuis quand, à gauche, oppose-t-on l'art à la vie ? Comme jadis l'Eglise ou l'Empire (qui voulait décrocher les toiles de Manet), la génération offensée peut donc brûler des livres ou attaquer des œuvres d'art si la cause leur paraît juste. A force de se rendre au musée pour jeter de la purée, elle semble ignorer qu'une tradition millénaire sépare le happening du vandalisme. Qu'il existe une différence philosophique de taille entre blasphémer et briser des idoles."
Que les activistes s'en prennent aux industries polluantes, celles de l'automobile, de l'aviation, de la chimie, de l'agro-industrie, est logique, simplement logique. Mais à l'art ? Les attaques contre l'art sont le fait des régimes autoritaires. "En démocratie, écrit encore Caroline Fourest, dégrader des œuvres d'art, décrocher des portraits de présidents élus, relève d'une subversion d'opérette, douteuse et capricieuse."
(1) "L'écologie pour les nuls", Franc-Tireur, 2.11.2022.