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mercredi 4 mars 2026

Un homme ivre

L'ivrogne qu'est devenu le gourou de La France insoumise devrait suivre une cure de désintoxication. Mais comment faire ? Il est ivre de lui-même. Jean-Donald Mélenchon se saoule de ses propres discours, se permet toutes les outrances, sachant que ses disciples riront de la moindre de ses saillies, même les plus abjectes.
C'est le Trump français : il s'aime, se considère comme le meilleur et n'a jamais tort. Au contraire des autres. De tous les autres. Il a raison et on ne discute pas. Il est grand et visionnaire, les autres sont insignifiants.
Son grand jeu aujourd'hui consiste à jouer avec la prononciation des noms juifs. Ce fut d'abord Epstein (1), puis à présent Glucksmann (2). Sous la pression de ses proches, il a quand même esquissé quelques excuses pour ce dernier dérapage qu'il présente comme un accident.

En vrai gourou, Mélenchon se voit comme le messie : il rêve de se retrouver au second tour de la présidentielle face au candidat du RN et il est convaincu qu'il sauvera la France du risque de la voir tomber aux mains de l'extrême droite. Démoniaque, il joue avec le feu. Il est aujourd'hui tellement clivant qu'il est plus rejeté que la fille à papa Le Pen. 

"La ligne du parti doit rester infailliblement radicale et conflictuelle, sur la forme et le discours en particulier, faute de quoi LFI prendrait le risque de s’aliéner sa base électorale." C'est ce qu'affirme le politiste Rémi Lefebvre (3). "C’est la « stratégie du socle » : Jean-Luc Mélenchon repose sur un noyau dur d’électeurs de 8 % ou 9 %, attaché à la radicalité du parti. Le problème, c’est que cette stratégie constitue aussi un plafond de verre pour le mouvement : les postures radicales du leader « insoumis » nourrissent un rejet croissant, voire une détestation à son égard, que certains médias cultivent aussi. Or, dans l’optique d’une présidentielle, Jean-Luc Mélenchon doit aussi élargir sa base et capter le vote utile d’électeurs à gauche plus modérés."

Sous une allure très ouverte, LFI - que Mélenchon présente toujours comme un "mouvement gazeux" - est le parti d'un homme : Lui. Est-ce bien un parti d'ailleurs ? "Il n’a pas envie, constate encore Rémi Lefebvre,  que l’organisation soit figée. Il y a un grand flou sur les règles du jeu internes, alors que les partis politiques français sont généralement structurés de manière bureaucratique – au Parti socialiste (PS), il y a des fédérations, des conseils nationaux, des bureaux nationaux, des secrétariats nationaux… A l’inverse, LFI est un parti où le cadre organisationnel est minimal. N’importe qui peut adhérer au mouvement en quelques clics, sans avoir à payer de cotisation ; n’importe qui peut créer un groupe d’action au niveau local. Certes, depuis fin 2022, il existe des structures départementales, mais elles ont peu de pouvoir. Par ailleurs, il n’y a pas de congrès pour trancher entre différentes lignes politiques. De même, les positions hiérarchiques sont mal définies : Jean-Luc Mélenchon dirige le parti, mais n’a aucun titre, si ce n’est celui de coprésident de l’Institut La Boétie ; Manuel Bompard, lui, est « coordinateur », un statut vague. Fin 2022, LFI a mis en place une forme de direction, la « coordination des espaces », mais le processus de nomination des membres de cette coordination reste opaque."

LFI fonctionne de manière très verticale. Comme en Belgique le PTB. Un de ses députés wallons, un de plus, vient de le quitter (4). Il dénonce notamment le fonctionnement vertical du parti qui lui dicte, par exemple, "les amitiés politiques à avoir". Ou encore les positions du parti en matière de politique internationale qu'il qualifie "d'indignations sélectives". On sait ces partis très tolérants à l'égard du régime de Poutine tout comme du régime théocratique iranien. 
Comment imaginer que ces partis si peu démocratiques dans leur fonctionnement puissent, une fois au pouvoir, assurer la démocratie ? Figés dans leur fonctionnement stalinien, ils s'en méfient et n'en ont aucune pratique.

Son ivresse permanente ne permet pas à Mélenchon de voir qu'il est devenu un social-traître : il a trahi l'universalisme, la laïcité, la lutte contre l'antisémitisme, la démocratie.

(2) https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/03/02/raphael-glucksmann-estime-que-jean-luc-melenchon-qui-a-plaisante-sur-la-prononciation-de-son-nom-joue-avec-les-pires-codes-de-l-extreme-droite-et-de-l-antisemitisme_6669208_823448.html
(3) https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/02/28/remi-lefebvre-politiste-la-strategie-de-lfi-peut-fonctionner-au-premier-tour-de-la-presidentielle-mais-pas-au-second_6668656_823448.html
(4) https://www.lesoir.be/731993/article/2026-03-02/le-depute-wallon-jori-dupont-claque-la-porte-du-ptb-frappe-par-un-troisieme-gros

lundi 15 novembre 2021

Le MélenChe, un festival à lui tout seul

On ne l'arrête plus, le MélenChe. Depuis qu'il se voit en sauveur et en champion de la gauche (malgré un piètre score dans les sondages), il distribue les bons et les mauvais points autour de lui. Yannick Jadot, candidat écologiste, vient d'en recevoir de bons: "je suis très satisfait de lui parce qu’il a élargi le champ de nos idées, sur la planification écologique, sur le protectionnisme… Il avance bien” (1). Le maître est content, mais trouve cependant que cet élève peut mieux faire.
Il a mis au coin François Hollande. "Au secours, le zombie Hollande est de retour, s'écrie Mélenchon. Plus méchant que jamais, il mord tout ce qui bouge. Changez de trottoir quand il passe." (2) Comme l'écrit Charlie Hebdo, il change de trottoir quand il voit Hollande, mais traverse la rue pour bavarder avec Zemmour. 

Jean-Luc Mélenchon reste convaincu que son heure arrive: celle du grand soir. "Il y a une classe moyenne qui hésite. Elle se lève zemmourienne, puis elle déjeune jadotiste et se couche mélenchoniste", dit-il (3). Le problème, c'est que quand on se couche, en général, c'est pour dormir. Et il n'est pas sûr qu'on fasse de beaux rêves en s'endormant mélenchoniste. D'autant que l'avenir qu'il se voit a de quoi inquiéter: "si je suis élu, je me considèrerai comme un chef d'Etat latino-américain" (4). On ne sait s'il se voit en Lula, en Bolsonaro, en Maduro, en Castro ou en Peron. Ou alors en Ortega, cet ex-rebelle marxiste devenu sombre dictateur.
Et on craint effectivement que ce soit dans cette catégorie des autocrates qu'il se classe quand on lit ses déclarations sur Taïwan: " Les Chinois n'ont pas l'intention d'envahir Taïwan, mais si Taïwan se déclare indépendante, alors, il est possible, à juste titre, que la Chine trouve qu'une ligne rouge a été franchie, donc il faut trouver le moyen qu'il ne se passe rien" (5) On voit par là que le MélenChe est déjà en train de justifier l'injustifiable. Comme l'écrit Guillaume Erner, "Taïwan n'a pas à se déclarer indépendante: l'île l'est de facto. Elle a une armée, une monnaie, accorde des visas. la seule chose qui la distingue d'un pays souverain, c'est le refus chinois. A priori, entre une dictature implacable et une démocratie, le choix devrait être rapide...". Mélenchon visiblement a fait le sien. Un ami qui connaît bien Taïwan me disait qu'il y a quelques années le MélenChe avait comparé la présidente taïwanaise, élue au suffrage universel, à Marine Le Pen: elle refuse la mainmise de la Chine, donc elle est anti-communiste, donc elle est d'extrême droite. Quand les analyses politiques sont aussi simplistes, elles vous mènent au goulag.

A (re)lire sur ce blog: notamment "Merci, Jean-Luc", 20.10.2018.

(1) https://www.huffingtonpost.fr/entry/presidentielle-jean-luc-melenchon-tres-satisfait-de-yannick-jadot-enfin-presque_fr_618e2c30e4b0a96e518c4ad8
(2) Twitter, 20.10.2021, cité par Charlie Hebdo, 27.10.2021.
(3) L'Obs, 14.10.2021, cité par Charlie Hebdo, 20.10.2021.
(4) Libération, 21.10, cité par Charlie Hebdo, 27.10.2021.
(5) Guillaume Erner, "Mélenchon le mandarin", Charlie Hebdo, 27.10.2021.