Elle est condamnée et alors ? La confirmation de sa condamnation en appel ne l'empêche pas de réaffirmer sa candidature à l'élection présidentielle. Et donc d'imaginer pouvoir, sans honte, diriger la république en ayant été condamnée pour avoir détourné de l'argent public. On a connu candidats plus probes. "Quelle crédibilité accorder à son discours sur la loi, l’ordre et la morale, si sa condamnation dans une affaire de détournement de fonds publics devait être définitive ?", interroge El Païs (3). "Les Français auront le dernier mot", affirme-t-elle en fière populiste. Comprenez : pas la justice. Comme le disait un journaliste, quand il y a eu un cambriolage, le cambrioleur est condamnée par la justice et tout le monde applaudit, le RN en premier ; quand il y a eu des faits de terrorisme, la justice a raison de condamner les terroristes ; mais si le RN est condamné pour détournement de fonds, c'est tout à coup la justice qui a tort et qui rend un jugement politique. Marine Le Pen a régulièrement affirmé que toute personne condamnée par la justice devrait être interdite d'élection. Toute personne sauf elle qui est au-dessus des lois. Comment imaginer la France dirigée par une présidente aussi trumpiste ?
Se pourvoyant en cassation, les peines sont suspendues, elle ne fera donc pas campagne sous bracelet électronique. Du moins au début. La Cour de cassation annonce sa décision pour janvier 2027. "Le risque, constate Le Monde (2), est évidemment que la Cour de cassation, qui ne juge que le droit, confirme la condamnation. Il resterait, dans ce cas, à Marine Le Pen à purger un an de bracelet électronique, une peine qui courrait jusqu’en 2028." Sa campagne s'interromprait brutalement. Elle sait qu'elle prend un risque, mais sa prétention est la plus forte. Elle fonce ainsi dans le brouillard pleins feux, s'exposant aux critiques de ses adversaires qui auront beau jeu de dénoncer en elle une délinquante. La Le Pen prend le risque de s'aveugler (si ce n'est déjà fait) et d'entrer dans un mur. On n'en portera pas le deuil ici (4).
Post-scriptum :
La candidature de la fille à papa va de soi : qu'il s'appelle Front national ou Rassemblement national, ce parti est l'affaire de la famille Le Pen. Fin de la semaine dernière, le RN a choisi sa directrice de la communication pour la présidentielle : Nolwenn Olivier. Elle est la fille du conseiller de MLP Philippe Olivier et de sa sœur Marie-Caroline et l'ex-compagne de Jordan Bardella. Comme l'écrit Franc-Tireur (5), "Marine Le Pen place une proche au cœur du réacteur de campagne, gardant ainsi la main sur le récit, le programme et l’organigramme. (...) Bardella est averti : le business et le pouvoir restent en famille."
(1) https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2026/07/07/proces-en-appel-de-marine-le-pen-retrouvez-les-peines-prononcees-contre-tous-les-prevenus-dans-l-affaire-des-assistants-parlementaires-du-fn_6721484_4355770.html
(2) https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/07/08/jugement-en-appel-de-marine-le-pen-des-faits-graves-des-peines-legeres_6721556_823448.html
(3) https://www.courrierinternational.com/article/vu-de-l-etranger-marine-le-pen-annonce-maintenir-sa-candidature-a-l-election-presidentielle-2027_247371
(4) A (re)lire sur ce blog : https://moeursethumeurs.blogspot.com/2022/04/ets-le-pen-magouilles-en-tout-genre.html
(5) Franc-Tireur, L'œil de Sire, 8.7.2026.
1 commentaire:
La France dont je suis ne donnera jamais les clefs de la baraque à ce genre d'escroc condamné à de la prison ferme pour détournement de fonds publics.
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