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vendredi 16 décembre 2022

Ces trucs écolos

C'est un festival dynamique et enthousiasmant consacré à la nature et à l'environnement, avec des rencontres, des débats avec des invités qui viennent parfois de loin, des films, des expositions, un salon du livre nature, des animations nature, un marché bio, des concerts, etc. Il s'intitule Chapitre Nature et existe - ou plutôt existait - depuis des années dans la petite ville du Blanc à la frontière entre Berry et Poitou. Mais la nouvelle majorité qui dirige la ville n'en veut plus et affirme qu'elle n'a pas besoin de ces trucs écolos.
Avons-nous besoin de trucs écolos ? Devons-nous nous empêcher de rouler vite dans des voitures polluantes, devons-nous produire et consommer bio, devons-nous cesser de nous chauffer au charbon ou au fuel, devons-nous refuser d'assister à de palpitants matchs de foot joués dans des stades climatisés ? Bref, devons-nous nous emmerder à changer de mode de vie, à nous poser des questions sur notre avenir et nos responsabilités par rapport à l'avenir de la planète et de l'humanité ? Non, bien sûr. Le maire du Blanc a raison : continuons, insouciants, la fête et après nous les mouches. 
A deux pas de là, à Lignac, où on ne peut pas discuter d'éoliennes, où on refuse de réfléchir à la transition écologique avec les citoyens et où on ne veut pas d'un label bio (même si 24% de la superficie agricole de la commune est exploitée en bio), on sait se mobiliser pour la fête du foot industriel. Trois panneaux à chaque coin de rue nous invitent à assister à la finale à la salle des fêtes. Du pain et des jeux. Nous n'avons pas quitté l'Antiquité. Tout va bien. On crèvera avec le sourire.

La commune d'Argenton-sur-Creuse, plus responsable - oserait-on dire plus intelligente ? - accueillera Chapitre Nature. Ouf !

lundi 25 février 2019

Parlons pesticides

Rencontre avec Paul François,
Un paysan contre Monsanto, président de l’association Phyto-victimes



Vendredi 1er mars à 19h30 à la salle des fêtes de Lignac (36)
Organisation : Mairie de Lignac

Si l’usage des pesticides est à présent interdit aux particuliers, il reste cependant autorisé aux professionnels. Non sans risque pour la santé des riverains et, en premier lieu, des agriculteurs, viticulteurs et jardiniers professionnels.
Gravement intoxiqué en 2004 par un produit de la firme Monsanto, Paul François, agriculteur en Charente, a porté plainte contre Monsanto et gagné en 2012 et en 2015. Mais le combat judiciaire n’est pas terminé : en 2017, la Cour de Cassation a renvoyé l’affaire devant la Cour d’appel, estimant que le fondement ne serait pas le bon, à savoir non pas défaut d’information sur la dangerosité du produit, mais plutôt produit défectueux. Paul François est donc retourné affronter Monsanto au tribunal de Lyon le 3 février dernier. Les délibérés seront rendus le 11 avril.
Pratiquant une agriculture intensive conventionnelle, il n’aurait jamais imaginé que ces pesticides qui lui facilitaient la vie allaient aussi la détruire. Aujourd’hui, il a converti l’intégralité de son exploitation en bio, il croit à une agriculture performante respectueuse de l’environnement et du social. Il préside l’association Phyto-victimes qui vient en aide aux professionnels victimes des pesticides.
A l’initiative de la mairie, Paul François viendra à Lignac (36) le vendredi 1er mars à 19h30 (salle des fêtes, place de Lignac) témoigner de ce qu’il vit, de son combat contre les pesticides, de la manière dont il voit l’agriculture de demain. 

mardi 17 février 2015

La fable du loup et du rap

Les chasseurs sont des hommes comme les autres. C'est pourquoi quand vous en apercevez deux avec leurs gilets fluos, dans un fossé sur le bord de la départementale, vous levez le pied. Pour passer à 50 km/h, guère plus. Mais voilà que leur chien se jette sous vos roues, comme sur un vulgaire faisan. Vous freinez pile, évitant de peu le canidé. Les chasseurs vous insultent aussitôt (1). Ils pourraient vous remercier d'avoir épargné leur chien qu'ils ne savent pas maîtriser, mais non, c'est vous qui avez tort. Alors que les chasseurs ont toujours raison.
Un exemple: ils demandent au Ministère de l'Environnement de classer comme "nuisibles" toute une série d'animaux, mais sont déjà convaincus que leur liste sera attaquée "par les Associations nationales dites de protection de la nature qui bénéficient de subventions du même ministère qui rédige cet arrêté" (2). Les chasseurs sont des malins, ils ont tout compris: "c'est peut-être pour ça que nos dirigeants souffrent de calvitie... à force de marcher sur la tête", disent-ils. Que font les coiffeurs? Leur activité est menacée par la marche inversée des ministres.
Et que se passe-t-il alors que les capilliculteurs doivent fermer boutique? "Pendant ce temps, les fouines détruisent l'isolation dans les maisons, les oiseaux qui nichent dans les arbres creux; les pies et les geais s'occupent des nids de mésanges, de pinsons et de chardonnet (sic)... Et que dire du loup?", s'interroge avec un sens de l'à-propos qui lui est propre la Société communale de chasse de Lignac (Indre) (2). Voilà une question qu'on avait oublié de se poser, tant on est préoccupé par l'avenir des salons de coiffure. Et on a bien tort, car il y a de quoi être inquiet. "Le loup, protégé par la convention de Berne, auteur, cette année, de 8 attaques sur les troupeaux et qui est en train d'envahir la France en se déplaçant de 150 kms par an. Sachant que les attaques ont été recensées dans le Cantal et l'Aveyron, nous aurons des loups dans moins de 10 ans."
On comprend par là que les chasseurs ont le sens de la métaphore. Le loup, c'est évidemment l'extrême droite qui étend son emprise dans l'est et le sud de la France. Les chasseurs ont raison de nous mettre en garde. Il faut rejeter le Front national et plutôt voter pour les Verts (ce que laisse entendre leur souci des petits oiseaux). Remerciera-t-on assez les chasseurs pour leur vigilance?
Mais le loup n'est rien encore. Il y a bien pire que lui, la situation est alarmante, poursuit la Société communale de chasse de Lignac: "dans quelques années, les canadairs auront remplacés les brebis et les enfants s'endormiront en écoutant du rap plutôt que la chèvre de Monsieur Seguin". Ce qui amène les chasseurs à se poser cette question pleine de bon sens: "et qui paie la note de tout cela: le contribuable".
Et là, brutalement, la lumière se fait dans nos esprits: ainsi donc, c'est nous, braves contribuables qui payons la note du loup, des canadairs et du rap. Je crois que vous en serez d'accord (comme disait Charb), il faut qu'on cesse de nous prendre pour des pigeons et si ça continue, ça va cesser. Mais, au fond, que fait la police? A-t-elle autant de clairvoyance que les chasseurs? On se le demande.

(1) à l'entrée de Rosnay, ce 16 février après-midi.
(2) "Lignac.com", bulletin municipal, 2015.