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lundi 29 mai 2023

Le prix de la liberté

Libre enfin ! Le travailleur humanitaire belge Olivier Vandecasteele a été libéré vendredi dernier après 455 jours de détention en Iran. Officiellement accusé d’espionnage, il avait été condamné à 40 ans de prison et à une punition de 74 coups de fouet (1). En réalité, il était otage du régime iranien qui est arrivé à ses fins en l'échangeant contre l'un des ses diplomates, Assadolah Assadi, qui avait été condamné en 2018 en  Belgique à 20 ans de prison pour un projet d'attentat contre un rassemblement de l’opposition iranienne à Villejuif, près de Paris. 
La libération d'Olivier Vandecasteele est évidemment une excellente nouvelle, d'autant qu'on a pu craindre qu'il ne sorte jamais vivant de l'enfer dans lequel l'avaient plongé les fous de Dieu, mais elle se teinte d'amertume du fait précisément de cet échange entre un innocent et un terroriste. Et c'est tout le problème de ces échanges, pièges tendus aux démocraties par des régimes dictatoriaux contre lesquels ne peuvent rien ou si peu les défenseurs du droit et de justice. Ces Etats voyous s'en moquent, connaissent notre impuissance et ne cesseront de nous adresser des bras d'honneur. On ne peut les présenter comme sans foi ni loi. Leur foi aveugle (en un dieu, en leur nationalisme ou en tout cas en eux-mêmes) leur permet les lois les plus iniques. 

(1) (Re)lire sur ce blog "Etat voyou", 14.12.2022
 https://www.blogger.com/blog/post/edit/7279672397566866750/7058406552239157049

dimanche 26 février 2023

Les affreux et leur dieu

Plusieurs femmes iraniennes ont été libérées ces derniers temps par le régime chiite (1).
Yasaman Aryani a été libérée le 16 février dernier. Le 8 mars 2019, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, elle avait eu le culot de distribuer des fleurs blanches dans le métro de Téhéran à plusieurs Iraniennes. Et elle l'avait fait en ôtant son voile. Un acte insupportable pour les barbus iraniens et qui l'a conduite en prison. « Propagande contre le régime », selon eux, mais aussi « incitation à la corruption et la prostitution ». Elle aura donc passé près de quatre ans en prison pour un  acte qui serait considéré comme sympathique dans toute société normale mais qui est vu inadmissible par les fous furieux de Dieu qui font régner la terreur en Iran.
La chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah, détenue depuis juin 2019 dans la prison d’Evin à Téhéran, pour « atteinte à la sécurité nationale », a également été libérée. De même que Armita Abbasi, 21 ans, qui aura passé plus de 100 jours en Iran, accusée notamment d’avoir été « leadeure des manifestations ». Dans cette même prison, était détenu un groupe de prisonnières politiques iraniennes : Saba Kordafshari, militante contre les lois sur le port du voile obligatoire, et Fariba Asadi, Aliyeh Motallebzadeh, Parastoo Moini et sa mère Zahra Safaei, Gelareh Abbasi ainsi que Shohreh Hosseini. Les sept femmes ont été libérées en même temps, le 8 février.
"Ces bonnes nouvelles, écrit Amnesty International, surviennent dans un contexte où la répression se poursuit en Iran. De nombreuses personnes continuent d’être emprisonnées et risquent la peine de mort pour avoir participé au soulèvement qui secoue le pays depuis septembre 2022. Nous sommes aux côtés de la population iranienne et saluons à nouveau leur courage. Nous continuerons de porter haut et fort leur message : « Femme, vie, liberté ». "

Restent en prison des centaines d'opposants condamnés pour les motifs les plus délirants. Et quelques hommes ont été exécutés pour s'être opposés au pouvoir.
Restent aussi en prison des otages étrangers, tous accusés des pires actes. Parmi eux Oliver Vandecasteele, travailleur humanitaire belge, condamné à 40 ans de prison et 74 coups de fouet pour "espionnage". Il  survit comme il peut, de moins en moins, amaigri, affaibli, méconnaissable après une année passée dans les geôles iraniennes. Plusieurs rassemblements ont lieu aujourd'hui en Belgique et en France pour réclamer sa libération immédiate. (2)

Cette répression brutale et sanguinaire est menée par des affreux qui ne savent pas ce que signifie le mot humanitaire et qui se réclament de Dieu. Que fait-il ce dieu ? Comment laissent-ils faire ses soi-disants représentants ? Est-ce qu'il n'aime pas les femmes lui aussi ? Est-ce qu'il déteste l'humanité ? Est-ce qu'il exècre la liberté ? Qui peut encore croire en lui ? Il a toutes les apparences du diable.

(1) https://www.amnesty.fr/liberte-d-expression/actualites/iran-bonne-nouvelle-plusieurs-femmes-liberees-de-prison?utm_source=newshebdo&utm_medium=email
(2) A lire : https://www.pierreguilbert.be/was-wo/ - https://www.pierreguilbert.be/les-photos/

mercredi 14 décembre 2022

Etat voyou

C'est un régime totalitaire de la pire espèce. Même si tout régime totalitaire fait par définition partie des pires. Les sinistres barbus qui dirigent depuis quarante-trois ans l'Iran emprisonnent, torturent et tuent leur propre population parce qu'elle refuse aujourd'hui de marcher au pas, parce que les femmes veulent tomber le voile qui fait d'elles des êtres de second rang, parce que les Iraniens et les Iraniennes veulent pouvoir espérer de la lumière et simplement vivre libres.
Cet Etat théocratique vit de la haine, la haine des femmes, la haine de la liberté d'expression, de pensée, de réunion, de la liberté de danser, d'écouter de la musique, la haine de la vie. Un régime aussi mortifère, aussi fermé, aussi sinistre n'a pu tenir que par la terreur et la brutalité. Tout un programme. 
"Le régime islamique est mort, affirme la dessinatrice et réalisatrice Marjane Satrapi. C'est aujourd'hui un cadavre puant et encombrant." (1) Mais le moribond fait encore d'immenses dégâts et ne rendra vraisemblablement son dernier soupir qu'à l'issue d'un bain de sang.
Deux jeunes manifestants ont déjà été exécutés par pendaison. Au moins une douzaine de personnes ont été condamnées à mort.
Un humanitaire belge, Olivier Vandecasteele, qui a travaillé six ans en Iran vient d'être condamné à vingt-huit ans de prison sans que personne ne sache pourquoi. Simplement parce que ce régime ne règne que par la terreur. Détenu depuis février dans des conditions innommables, cet homme de 41 ans a entamé une grève de la faim qui met en jeu sa survie. Une pétition (2) appelle les autorités belges à tenter l'impossible pour le sauver.

Aujourd'hui, les barbus iraniens livrent des drones à l'armée russe pour massacrer la population ukrainienne et demande en retour à la Russie des équipements anti-émeutes et des conseillers pour les aider à réprimer leur population qui veut vivre libre (1). Les chacals savent s'allier quand il s'agit de semer la terreur.

Lorsqu'on parle de la souveraineté d'un pays, s'agit-il de la souveraineté du peuple ou de celle d'une oligarchie qui réprime le peuple ? A l'heure de la mondialisation, il est temps de réviser certains concepts. La souveraineté des Etats n'a de sens que si elle ne s'oppose pas de façon flagrante au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Le peuple iranien veut se débarrasser de ce régime et cela ne sera possible que si vous, dirigeants occidentaux, cessez pendant quelque temps de lui fournir les ballons d'oxygène que sont les relations économiques, politiques et diplomatiques. L'immense majorité des Iraniens pense que vous devez déclarer une guerre sans armes au régime ; une guerre avant tout médiatique. Tôt ou tard, aujourd'hui, dans les mois ou les années à venir, vous serez obligés de boycotter le régime politiquement, diplomatiquement et économiquement. 
Chahdortt Djavann en 2009 ("Ne négociez pas avec le régime iranien - Lettre ouverte aux dirigeants occidentaux", Flammarion).

(1) Le Courrier international, 8.12.2022.
(2) https://www.change.org/p/freeoliviervandecasteele?signed=true

(Re)lire sur ce blog :
- "Femmes - Vie - Liberté", 23.10.2022 ;
- "Mahsa Amini", 21.9.2022 ;
- "Comment dit-on hypocrisie en persan ?", 16.8.2022 ;
- "Rushdie et les sombres crapules", 14.8.2022 ;
- "Contre la barbarie", 18.8.2010.