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mercredi 19 mars 2025

Ubu s'en va-t-en guerre

« Nous mesurerons notre succès non seulement par les batailles que nous gagnerons, mais aussi par les guerres que nous empêcherons, et peut-être plus important encore, par les guerres que nous ne commencerons pas ». Voilà ce qu'avait affirmé Ubu Trump le 20 janvier dernier, lors de son investiture. Il ne veut pas de guerre, mais il en fait quand même. Les récents et scandaleux bombardements à Gaza  qui ont fait plus de 430 morts ont été opérés avec son accord. Les premiers responsables en sont le Premier ministre Netanyahou et son nouveau chef de guerre, mais le président américain a clairement marqué son accord à cet épisode sanglant.
Avant cela, il avait ordonné, rappelle Pierre Haski (1), "l’action militaire la plus importante de son deuxième mandat : des bombardements massifs des zones tenues par les rebelles Houthis au Yémen. Et à travers les Houthis, il menace explicitement leur parrain, l’Iran". Cette attaque, rapporte l'éditorialiste de France Inter, "a provoqué de gros dégâts dans le port d’Hodeida ou en détruisant une centrale électrique à Sanaa, la capitale, faisant plus de 50 morts, selon un bilan des Houthis. Mais il a accompagné ce bombardement d’une mise en garde sur son réseau social : « Chaque nouveau tir des Houthis sera désormais considéré comme ayant été tiré par les armes et le leadership de l’Iran. L’Iran sera responsable et en subira les conséquences, qui seront sévères »." Bref, il est prêt à entrer en guerre avec l'Iran s'il le faut.
On voit par là que le roi de toutes les Amériques doit abandonner son grand rêve : être couronné du Prix Nobel de la Paix. Souvent homme varie. Surtout lui.

lundi 21 mars 2011

Women in black

C'est une photo couleurs, mais elle a l'air en noir en blanc. Plutôt en noir qu'en blanc, en fait. On y devine, plus qu'on y voit, une vingtaine de femmes. Et s'agit-il vraiment de femmes? On est face à une masse noire. Des femmes bâchées, l'une ou l'autre porte une casquette de style base-ball par-dessus sa tenue noire. Ici ou là, très rarement, on aperçoit, en regardant bien, un oeil, là où le niqab (ou la burqa?) laisse une toute petite place à la vie, à l'existence. La photo est publiée en double page de la Libre Belgique du 11 mars dernier. Elle a été prise par Muhammed Muheisen pour Associated Press. Que nous dit-elle? Que des femmes manifestent: "down with Ali", dit le calicot de l'une d'elles. La légende nous explique que "à Saana, au Yémen, un groupe de femmes manifeste pour la démission du président Ali Abdullah Saleh". On se demande ce qu'elles réclament: le départ du président, c'est clair. Mais exigent-elles le droit de se balader en niqab ou au contraire celui de le jeter aux orties et de se montrer, de s'afficher? On a du mal de ressentir de l'empathie avec cette masse noire et informe. Au milieu d'elles, une petite fille avec une robe blanche et des pois roses, cachée par un parapluie blanc. Comme un espoir. On aimerait que la vie revienne.