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lundi 20 juillet 2026

Conséquences de la canicule

Le réchauffement climatique n'est qu'une vaste blague, a toujours clamé le bouffon qui se prend pour le roi des Amériques et du Groenland. Des incendies occasionnés par des canicules de plus en plus fréquentes et élevées et des sécheresses de plus en plus longues se multiplient partout à travers la planète. Les fumées des incendies qui ravagent les forêts canadiennes rendent la vie suffocante et même dangereuse pour des centaines de milliers, voire des millions de personnes, notamment les New-Yorkais. Impossible d'échapper à leurs conséquences et donc de les ignorer. Seul Dingo Ier peut le faire. Il tourne en boucle : il revient encore et toujours sur l'élection présidentielle de 2020 qui lui aurait été volée. Le voilà à présent qui accuse la Chine de l'avoir fait perdre et d'avoir fait gagner Joe Biden. Il n'apporte évidemment aucune preuve, comme chaque fois qu'il porte une accusation. Il n'a évoqué ni le réchauffement climatique (il n'existe pas), ni le pouvoir d'achat qui s'effondre, ni la guerre d'Iran dans laquelle il s'empêtre. Il en revient encore et toujours à cette défaite qui lui reste à ce point en travers de la gorge qu'il ne peut parler d'autre chose. Sauf d'une modification du système électoral qui lui garantirait, à lui et au Parti républicain de remporter toutes les élections (1). 
Le Père Ubu ne veut voir qu'une seule tête : la sienne. Il a raison : il n'en est de meilleure.
Récemment, il vantait les mérites du porte-avions Abraham Lincoln ("parmi les plus beaux du monde") qui a abattu les 111 missiles qui le visaient et qui avaient été tirés "par la république islamique du Japon". Il ferait bien de s'inquiéter du réchauffement climatique : elle a des effets perturbants sur les capacités cognitives du grand homme. 

(1) Dans le HuffPost, 8.7.2026, cité par Charlie Hebdo, 15.7.2026.

lundi 6 juillet 2026

No rules

Le Père Ubu américain a-t-il décidé que l'équipe étatsunienne allait gagner la Coupe du Monde de football ? Il fait en tout cas changer les règles pour la favoriser. Les règles du foot (comme du reste), c'est lui qui les édicte. Un joueur américain, suite à un carton rouge, était empêché de jouer son prochain match. Mais le Donald ne l'entend pas de cette oreille (de l'autre non plus, il n'entend rien) : il a demandé au président de la FIFA de l'autoriser à jouer (1). Gianni Infantino, dont on ne compte plus les courbettes devant Dingo Ier, a obéi, le petit doigt sur la couture du pantalon.
Peut-être, s'ils devaient se qualifier, les joueurs américains seront-ils ensuite autorisés à marquer un but de la main. Et s'ils accèdent à la finale, elle sera arbitrée par le Père Ubu. Après tout, voilà longtemps qu'il a compris que le ridicule ne tue pas. 

Les cons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît. (Michel Audiard)

(1) https://www.lemonde.fr/sport/article/2026/07/05/la-suspension-de-l-attaquant-folarin-balogun-levee-par-la-fifa-a-la-veille-du-huitieme-de-finale-des-etats-unis-donald-trump-applaudit_6720916_3242.html

samedi 4 juillet 2026

Encore une victime de la canicule

On ne sait plus à qui faire confiance. Les fausses nouvelles sont partout. Fake news ! Fake news ! Fake news !, répond le Père Ubu américain à tous ceux qui critiquent si promptement le meilleur président que les Etats-Unis aient jamais eu la chance d'avoir. Cet envoyé de Dieu transforme en or tout ce qu'il touche.
Et voilà que même les thermomètres mentent. Ces deux derniers jours, ils seraient montés à quasiment 40 °C à New York, Philadelphie et Washington et la nuit ils ne descendraient pas en-dessous de 29°C.
"Si de forts orages étaient attendus dans l’Etat de New York, vendredi soir, écrit Le Monde (1), les températures devraient rester très élevées, plus au sud, tout au long du week-end. Les autorités ont ainsi décalé le début des festivités à Washington, pour les 250 ans de la Déclaration d’indépendance. Le public était incité à l’origine à venir dès 13 heures, afin de participer à la grande foire sur le National Mall, censée représenter les cinquante Etats américains (avec un succès mitigé pour le moment). Mais les portes n’ouvriront finalement qu’à 17 heures, pour éviter les coups de chaud, sur cette immense esplanade peu ombragée : la météo prévoyait 38 °C et des orages en fin d’après midi. Un autre événement, prévu jeudi, à Philadelphie, la ville où fut signée la Déclaration en 1776, a été annulé à cause de la canicule."
Décidément, les ennemis du Donald ne reculent devant rien pour faire échouer ce qu'il entreprend avec tant de talent. Et ils n'ont aucun respect : ils s'attaquent même aux magnifiques festivités que ce magnifique président organise pour célébrer la meilleure période de ces deux cinquante ans : celle où il préside ces Etats-Unis qui décidément ne le méritent pas. Ses opposants ont même déréglé la météo.
Si j'aurais su, j'aurais pas venu, a-t-il déclaré.

(1) https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/07/04/aux-etats-unis-une-canicule-exceptionnelle-perturbe-les-250-ans-de-l-independance-et-la-coupe-du-monde-de-football_6720594_3244.html

mardi 16 juin 2026

Fiascoman

Donald le Sourd déteste les Européens. Plus encore depuis qu'ils avaient refusé de le suivre dans sa guerre insensée contre l'Iran. Il aurait voulu que l'OTAN l'accompagne dans cette folie (une de plus) dans laquelle il s'était lancé inconsidérément. S'ils les avaient écoutés, il n'en serait pas où il en est aujourd'hui : face à une défaite. A quoi a servi cette guerre ? A fermer le détroit d'Ormuz, à faire grimper partout dans le monde le coût du pétrole, à fragiliser l'économie mondiale, à causer des milliers de morts, essentiellement des civils, et à renforcer le régime totalitaire des mollahs (1). Don le Prétentieux, tout comme son ami Poutine en Ukraine, a totalement sous-estimé son adversaire : il allait n'en faire qu'une bouchée et il s'est cassé les dents.

Toute cette folie pour revenir onze ans en arrière, à un accord que Trump vomissait : "il faut d’abord constater, écrit Dorothée Schmid, chercheuse à l’Institut français des relations internationales (2), que l’accord annoncé le 14 juin explore les mêmes voies que l’accord intérimaire obtenu en 2015 par les efforts conjoints de Barack Obama et de ses homologues russe, chinois et européens (Allemagne, France, Royaume-Uni). Donald Trump a cassé ce qu’il qualifiait de « pire deal de l’histoire » en 2018, en plongeant les Européens dans l’inconnu ; les relations n’ont cessé par la suite de se tendre avec la Russie et la Chine, rendant très difficile tout retour en arrière."
Et il y a eu cette guerre menée contre l'Iran conjointement par les Etats-Unis et Israël dont voilà le résultat : nul. "Mais si chacun des trois régimes se croit vainqueur, les vrais vaincus sont pour le moment les Iraniens victimes à la fois de l’impitoyable répression du régime et des bombardements américains, le million de civils chassés de leurs terres au Liban sud, dont les villages sont réduits en cendre par l’armée israélienne, et les dizaines de milliers de morts causés par les opérations israéliennes à Gaza. C’est le premier enseignement important : alors que les sociétés du Moyen-Orient expriment clairement depuis des années leur fatigue de la guerre, les civils subissent en premier, durablement, et sans aucune contrepartie humanitaire décente, les retombées des conflits."

Comment dit-on fiasco en américain ? Le Père Ubu devrait faire profil bas au G7. Mais on peut parier qu'il va, comme d'habitude, jouer les fiers-à-bras. Il réussit tout ce qu'il entreprend. A l'exception de tout ce qu'il rate.

(1) https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/06/15/guerre-en-iran-le-prix-de-l-aveuglement-de-donald-trump_6703186_3232.html
(2) https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/06/16/accord-etats-unis-iran-au-moyen-orient-les-parametres-bougent-de-facon-spectaculaire_6703533_3232.html
P.S. : A lire : 
https://www.courrierinternational.com/article/opinion-le-president-trump-a-perdu-la-guerre-en-iran-l-editorial-du-new-york-times_245261

jeudi 28 mai 2026

Vantards et méprisants

Poutine et Trump sont à la fois très différents et très semblables. Le froid serpent russe et l'imprévisible bouffon américain ont bien des points communs. Dont celui de prendre leurs compatriotes pour des cons. Tous deux n'entendent que ce qu'ils exigent qu'on leur dise. Ils veulent entendre et faire entendre que les guerres qu'ils ont entreprises sont des victoires malgré leurs échecs.

Le média russe Dos’e a révélé un plan élaboré en février par l’Administration présidentielle russe (1) : une série d’arguments pour donner à la population russe une image positive de la « victoire » au cas où  un accord de paix serait conclu avec l’Ukraine.
"La paix obtenue par Poutine est une immense victoire", peut-on lire dans ce document. "Poutine a fait plier l’Occident. Nous avons fait échouer les plans occidentaux destinés à étendre et prolonger le conflit. Une victoire sur qui  ? Sur l’impérialisme international et le globalisme. Ce n’est pas le nationalisme ukrainien que nous avons vaincu, mais un adversaire autrement important, rusé et puissant  : le front occidental. Une victoire pour quoi  ? Pour la défense de nos compatriotes  : le peuple russe du Donbass. C’est un résultat remarquable : la Russie a défendu les Russes ; elle a démontré qu’elle n’abandonnait pas les siens. Elle a forgé un bouclier pour mettre à l’abri les russophones de toute l’Ukraine. La Russie est vainqueure ; sa victoire lui rapporte." Cette prétendue victoire lui rapporterait des territoires, des populations et des ressources naturelles, charbon, terres rares, terres agricoles, ainsi qu'un accès terrestre à la Crimée. "La Russie a ainsi conquis le littoral de la mer d’Azov dans sa totalité, ce qui représente de nouvelles stations balnéaires et espaces de loisir pour des millions de Russes." Une guerre pour de nouvelles stations balnéaires, voilà qui valait bien des centaines de milliers de morts et de blessés ! Et tout ceci grâce à l’armée russe, "la plus opérationnelle du monde".
En réalité, analyse Guillaume Lancereau dans Le Grand continent (1), ce document "confirme d’abord que les responsables du Kremlin sont conscients de la position russe actuelle. Les exigences territoriales sont revues à la baisse  : elles ne concernent plus que les régions de Donetsk et Louhansk ainsi que les territoires de Kherson et Zaporijjia jusqu’à la ligne de front ; les troupes russes se retireraient même des régions de Soumy et de Kharkiv. Les auteurs de cette présentation expliquent qu’« il faut savoir s’arrêter à temps », autrement dit, avant que les fissures qu’ils constatent dans les sphères économique et sociale du pays ne conduisent à son effondrement. La poursuite d’une guerre d’usure coûterait en effet énormément à la Russie pour un gain assez maigre. La présentation évoque même une « victoire à la Pyrrhus » en cas d’entêtement militaire."

Pendant ce temps, Trump fait ce qu'il fait le mieux : se vanter. Dans un document qui décrit la stratégie de contre-terrorisme de son administration, le Père Ubu américain, écrit Jean-Yves Camus (2), "s'attribue la gloire d'avoir terminé la guerre à Gaza, où il aurait ramené la prospérité et la sécurité en commençant à démanteler le Hamas". Trump assure aussi "avoir porté des coups à l'Iran qui vont l'empêcher d'obtenir l'arme nucléaire". En avant-propos de ce document, le Donald "se présente en sauveur qui, en un an, a transformé l'Amérique faible, en faillite, défaite et humiliée en nation forte aux frontières sûres, respectée partout dans le monde".  
La vantardise de ces (ir)responsables politiques est sans limite. Leur mépris pour leurs compatriotes l'est tout autant.

(2) Jean-Yves Camus, "Contre-terrorisme - La nouvelle bouillie stratégique américaine", Charlie Hebdo, 20.5.2026.

mercredi 15 avril 2026

La Maison flanche

On l'a déjà écrit ici : Trump est un génie. Pour débloquer le détroit d'Ormuz, il organise son blocus. Qui d'autre que lui pouvait y avoir une idée aussi lumineuse ?
Le 5 avril, il éructait sur son réseau dit social à l'adresse du gouvernement iranien : "Ouvrez le putain de détroit, bande de bâtards cinglés, ou vous allez vivre en enfer". Deux jours plus tard, il n'était pas calmé : "Une civilisation entière mourra ce soir pour ne plus jamais renaître". (1)
Entretemps, le 6 avril, sur X (2), il annonçait ses projets au Venezuela : "Aucun problème à apprendre l'espagnol rapidement. Cela ne me prendra pas beaucoup de temps. J'ai des facilités pour les langues et j'irai au Venezuela. Je me présenterai à la présidence". 
Plus récemment, le Père Ubu a publié une image artificielle de lui en Christ apposant ses mains sur un malade, entouré de personnes l'admirant et survolé d'avions de chasse et de parachutistes. Face au tollé venant de sa base, il s'est défendu, tout en supprimant l'image :  "Ce n’était pas une représentation (de moi en Christ), mais je pensais qu’il s’agissait de moi en tant que médecin. Et cela avait trait à la Croix-Rouge – en tant que bénévole de la Croix-Rouge, une organisation que nous soutenons ; il n’y a que les fake news pour inventer une histoire pareille." (3) Les fake news, c'est lui qui les produit (comme chaque jour), en laissant entendre qu'il serait médecin, bénévole de la Croix-Rouge ou que ce va-t-en-guerre aurait pour objectif de soigner qui que ce soit. De qui s'est-il jamais soucié ? De combien de morts est-t-il déjà responsable ?
Le pape Léon XIV l'a appelé à changer son fusil d'épaule : "Assez avec l’idolâtrie de soi-même et de l’argent ! Assez avec la démonstration de force ! Assez avec la guerre ! La véritable force se manifeste dans le service de la vie." (...) "Il est temps de faire la paix ! Asseyez-vous à la table du dialogue et de la médiation, et non à la table où se planifie le réarmement et où se décident des actions meurtrières !" 
Ubu ne pouvait évidemment pas laisser passer un tel message : il estime que le pape est "faible face au crime et désastreux en politique étrangère". Le pape n'a pas le droit de le critiquer, mais l'inverse n'est évidemment pas vrai. "Je ne veux pas d’un pape qui juge acceptable que l’Iran détienne l’arme nucléaire. Je ne veux pas d’un pape qui s’indigne que l’Amérique ait attaqué le Venezuela (…). Et je ne veux pas d’un pape qui se permette de critiquer le président des Etats-Unis." (...) "Il est grand temps que Léon reprenne ses esprits en tant que pape, qu’il fasse preuve de bon sens, qu’il cesse de courtiser la gauche radicale et qu’il se consacre à sa véritable vocation : être un grand pape, et non un politicien."
Ce grand catholique qu'est le vice-président Vance estime que le pape doit se préoccuper uniquement de morale et pas de politique. Faut-il en conclure que la politique n'a rien à voir avec la morale ?
Les appels à la destitution de Trump se multiplient. Y a-t-il un psychiatre à la Maison blanche ?

(1) https://www.courrierinternational.com/article/etats-unis-les-menaces-apocalyptiques-de-trump-suscitent-un-tolle-et-des-appels-a-le-demettre_242696
https://www.lemonde.fr/international/article/2026/04/07/le-president-des-etats-unis-est-un-fou-l-escalade-verbale-de-donald-trump-alimente-les-interrogations-sur-sa-sante-mentale_6677941_3210.html
(2) Cité par Charlie Hebdo, 15.4.2026.
(3) https://www.lemonde.fr/international/article/2026/04/14/attaques-contre-le-pape-photomontage-en-christ-donald-trump-ouvre-une-crise-avec-les-catholiques-americains-et-choque-sa-base_6679871_3210.html?search-type=classic&ise_click_rank=2
https://www.lemonde.fr/international/article/2026/04/13/le-pape-leon-xiv-premier-opposant-a-la-guerre-de-donald-trump_6679662_3210.html
A lire aussi :
https://www.courrierinternational.com/article/etats-unis-donald-trump-est-il-definitivement-fou_242905

lundi 30 mars 2026

Voie sans issue

Comment le Père Ubu va-t-il se sortir de cette guerre qu'il a voulue - entraîné, estiment certains, par son compère Netanyahou - et dont il ne sait comment se dépêtrer ? 
Il a quatre scénarios qu'envisage Le Courrier international (1). Ils sont tous mauvais.
Il y a le dialogue. C'est ce que Trump dit avoir entamé sans qu'on sache avec qui. Mais on sait que ni lui ni ses sbires ne savent ce qu'est une négociation. Ils entendent imposer leurs conditions et refusent celles de l'adversaire.
Il y a le retrait. C'est l'option "la plus trumpienne", selon The Economist. Pour (tenter de) sauver les élections de novembre, le va-t-en-guerre pourrait affirmer péremptoirement (comme il sait si bien le faire) que ses objectifs sont atteints. Comme il est resté flou sur ceux-ci depuis le début de ce conflit, il pourrait "faire passer une campagne sans issue pour une victoire décisive". Mais un arrêt immédiat de la guerre sans avoir mis en échec le régime iranien "consacrerait une victoire stratégique majeure pour Téhéran", écrit L'Orient-Le Jour.
Il y a le maintien du cap. Tant que le détroit d'Ormuz ne sera pas libéré, les Etats-Unis et Israël pourraient poursuivre leurs frappes. C'est apparemment l'option soutenue par Nétanyahou et certains à Washington.
Enfin, il y a l'escalade. Trump pourrait faire frapper les centrales électriques iraniennes et lancer des opérations commandos notamment sur l'île de Kharg. Mais qui dit escalade dit... escalade en face. Bien malin qui peut parier sur l'issue d'une fuite en avant.
Finalement, il est possible que "aucune de ces options ne permette de mettre fin à la guerre", pense The Economist. Tant que le détroit d'Ormuz restera fermé, Trump aura perdu. Faut-il le rouvrir par la force ou laisser la situation économique mondiale se dégrader plus encore par sa faute ? Voilà le dilemme qu'il n'avait pas prévu de devoir trancher, analyse The Daily Telegraph.

Même si les Etats-Unis et Israël trouvaient une issue à ce conflit, ils ne parviendront pas à mettre fin à la mainmise sur l'Iran des Gardiens de la révolution, constate Dawn Mena (2). "Les stratèges de Tel-Aviv et Washington sont en train de comprendre qu'ils se sont engagés, de fait, dans une guerre contre une milice dotée d'un Etat". 
Selon le site d'information arabe basé à Washington, "les Gardiens de la révolution se préparent depuis près de cinquante ans à une guerre d’usure contre un ennemi technologiquement supérieur, et ils ont complètement intégré l’état d’esprit, la mentalité et l’organisation propres à un mouvement d’insurrection. Avec les pasdarans, Israël et les États-Unis sont aujourd’hui en guerre contre la plus grande milice du monde – un réseau de réseaux pensé pour résister indéfiniment à une guerre d’usure."
Les Gardiens de la révolution forment "un État parallèle, qui fonctionne comme le réseau le plus important au sein d’un système en étoile. Autrement dit, le système combine la forme circulaire de l’organisation centralisée, chargée de transmettre l’intention stratégique, à la structure en maillage, très résiliente, qui permet aux noyaux régionaux d’agir de façon autonome". Ils ont mis en place une structure horizontale avec des cellules régionales qui disposent d'une grande liberté d'action et d'initiative, sans supervision d'un commandement central. Et les entreprises liées aux Gardiens de la révolution contrôlent la moitié de l'économie iranienne. Ils "peuvent puiser dans la manne pétrolière nationale pour financer leurs opérations de déstabilisation".
"Outre ses quelque 200 000 hommes en uniforme, le corps des Gardiens de la révolution a aussi pénétré la société civile, avec un million d’hommes et de femmes intégrés dans ce réseau paramilitaire qu’est le Bassidj sa branche chargée de la sécurité intérieure. Les Gardiens de la révolution sont un État dans l’État, avec les bassidjis comme relais répressifs disséminés dans une société iranienne hostile et en colère."
Selon Dawn Mena, même si Israël et les États-Unis poursuivaient leurs attaques pendant des mois et parvenaient à décapiter l’État iranien, "le réseau ne ferait probablement que se morceler – dans le meilleur des cas – en unités de taille plus modeste continuant à opérer dans l’ombre. Solidement ancrées dans des réseaux transnationaux, ces dernières survivraient même aux bouleversements sociopolitiques du pays – si tant est que les Iraniens descendaient à nouveau dans les rues et parvenaient à faire chuter la République islamique. Un tel scénario déboucherait hélas sur une interminable et sanglante guerre civile, à laquelle participeraient ces formations réduites, jusqu’à se rassembler officiellement dans une nouvelle structure émergente."

Bref, les Etats-Unis et Israël sont loin d'en avoir fini avec cette guerre sans doute, mais aussi et surtout avec les Gardiens de la révolution. La population iranienne aussi. Hélas. Mais Israël et les Etats-Unis se soucient-ils de celle-ci ?

(1) "Pour Donald Trump, quatre (mauvais) scénarios, Le Courrier international, 26.3.2026.
(2) Andreas Krieg, "Les pasdarans, une milice dotée d'un Etat", Dawn Mena, 18.3.2026, in Le Courrier international, 26.3.2026.
(Dawn Mena : Democracy for the Arab World Now, Middle East et North Africa, promeut les doits humains)

vendredi 20 mars 2026

L'homme du chaos

On le savait, mais on en a maintenant la démonstration éclatante : les locataires de la Maison blanche sont une bande d'amateurs, d'incompétents, de bas du front. Pas le moindre stratège dans cette équipe, juste des mecs, des vrais, tellement sûrs d'eux-mêmes qu'ils se lancent tête baissée dans des guerres hasardeuses sans réflexion.
Piotr Smolar, correspondant du Monde à Washington, rappelle (1) que "le 13 mai 2025, lors de sa tournée dans le Golfe, le président américain, Donald Trump, prononçait un discours à Riyad dans lequel il promettait « un futur dans lequel le Moyen-Orient est défini par le commerce, et non le chaos »". Il a généré le chaos.
Visiblement le Père Ubu, en lançant sa guerre avec son compère Netanyahou, n'avait pas imaginé que l'armée iranienne résisterait autant et si longtemps, il n'avait pas pensé que le détroit d'Ormuz pourrait être bloqué par l'Iran, il n'avait pas envisagé que les pays du Golfe seraient attaqués, que les prix du pétrole et du gaz partiraient à la hausse faisant grimper l'inflation, que l'économie mondiale déraillerait, que des milliers de travailleurs par le monde seraient en difficulté, faute de carburant, d'engrais ou de plastique. Cet homme ne pense pas. Il fanfaronne. 
Le seul à tirer parti de cette guerre, c'est le tueur en série du Kremlin qui peut recommencer à vendre son pétrole et donc à financer sa guerre à lui, contre l'Ukraine. Pour le président du Conseil européen, Antonio Costa, « jusqu’à présent, il n’y [avait] qu’un seul vainqueur dans cette guerre : la Russie » (2).
"Le président américain, écrit encore Piotr Smolar, a poussé le Moyen-Orient dans un précipice à la profondeur inconnue, portant atteinte à la crédibilité de son propre pays. On ne sait quand ni sous quelle forme la guerre contre l’Iran se conclura. L’épuisement des moyens de disruption du régime pourrait changer la lecture des événements. Mais en sens inverse, le recours au terrorisme représente aussi une escalade possible, si Téhéran le décidait, en activant des cellules dormantes ou bien des sous-traitants. Le comble de l’illusion, pour Washington, consiste à croire que Donald Trump peut siffler seul la fin des hostilités, par un simple message sur Truth Social."
Voilà celui se voyait couronné du Prix Nobel de la Paix piégé par sa propre guerre. Trump comme son camarade Poutine est victime de sa prétention. Ces hommes sont tellement vaniteux qu'ils se lancent dans des guerres qu'ils pensent gagner en trois jours, sans imaginer que leur adversaire puisse leur résister.
Ils méritent le Prix Nobel du chaos.

(2) https://www.lemonde.fr/un-si-proche-orient/article/2026/03/15/poutine-est-a-ce-stade-le-grand-gagnant-de-la-guerre-de-trump-et-de-netanyahou-contre-l-iran_6671261_6116995.html
A écouter :
https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20/le-grand-entretien-du-dimanche-15-mars-2026-9392502
https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/geopolitique/geopolitique-du-vendredi-20-mars-2026-7360255

dimanche 15 février 2026

Super Don

On a tort de critiquer Donald Trump. Il est bien plus qu'un président : un ange gardien. Le 5 février, il déclarait (sur X) : "Je ne dors pas dans les avions. Jamais. Je n'aime pas dormir dans les avions. J'aime regarder par le hublot pour voir si jamais il y a des missiles et des ennemis". Cet homme est admirable, il nous protège des méchants. S'il en voyait un, il lui ferait les gros yeux et le méchant, terrorisé, ferait demi-tour aussitôt avec son avion.
On s'interroge : quel âge a donc ce super-héros qui nous défend des méchants ?

(cité par Charlie Hebdo, 11.2.2026)

mardi 10 février 2026

Irresponsable

L'homme qui dirige les Etats-Unis ne pourrait même pas être candidat aux élections municipales sous l'étiquette du Rassemblement national. Trop raciste. Le parti de la famille Le Pen évite de placer sur ses listes des candidats racistes, antisémites et/ou homophobes. La (tentative de) dédiabolisation est à ce prix. En Indre, une seule liste a obtenu le label RN. De nombreux aspirants à la candidature ont été recalés pour leurs propos et leurs écrits indignes et agressifs (1). Le RN veut se donner une image angélique. Comme son président, un tout jeune homme qui n'a jamais travaillé et qui préside un parti dont le programme se résume aux propos d'un vieux croûton.  : c'était mieux avant, faut se méfier des autres, restons entre nous.
Ce garçon sans expérience court la campagne pour dédicacer son livre creux. Il "ne parle pas" (2), se contente de serrer des mains, de signer des autographes et de se faire photographier en compagnie de ses admirateurs qui lui apportent les bonbons qu'il dit aimer (3). Des admiratrices le demandent en mariage. La politique au niveau zéro.

Revenons à l'homme méprisant qui divise plus qu'il ne préside les Etats-Unis. Il  n'hésite jamais à se mettre au niveau d’un vulgaire et grossier militant raciste de MAGA ou du RN. Récemment, il a republié un clip video dans lequel on peut voir Barak et Michelle Obama en singes (4). Mais ce n'est pas lui qui l'a diffusé, se défend-il, c'est quelqu'un de son équipe. Lui, il est irresponsable. Et d'ailleurs, il n'avait pas regardé ce clip jusqu'au bout. Demain, après avoir envoyé un missile nucléaire, il nous dira que c'est par mégarde, qu'il n'avait pas lu le protocole jusqu'au bout.
Suffisant Ier a l'habitude de clips vulgaires et agressifs. Il y a quelques mois, il en avait diffusé un dans lequel depuis un avion il déversait des excréments sur des manifestants qui contestaient sa politique. Que nous disait-il avec ce clip ? Je produis de la merde. Je suis un merdeux.

Il y a un an, le jeune paon qui préside le RN déclarait : "L’élection de Trump est une bonne chose pour les Américains et je me réjouis qu’ils aient fait ce choix". N'est-il pas là en train d'applaudir un raciste ?

(2) https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/02/07/de-l-aude-a-l-herault-jordan-bardella-lance-la-campagne-municipale-du-rn-au-milieu-de-ses-fans-il-devrait-etre-candidat-meme-si-marine-est-eligible_6665829_823448.html
(3) https://www.lanouvellerepublique.fr/indre/commune/coings/marine-le-pen-et-moi-main-dans-la-main-jordan-bardella-bat-la-campagne-a-coings-dans-l-indre-1769880392
(4) https://www.lemonde.fr/international/article/2026/02/06/barack-et-michelle-obama-representes-en-singes-dans-un-montage-raciste-diffuse-par-donald-trump_6665661_3210.html

vendredi 30 janvier 2026

Monster King

Trump, le roi monstrueux, a transformé la police fédérale de l'immigration, l'ICE, en milice fasciste. Il lui a donné tous les droits, y compris celui de tuer ceux qu'il qualifie d'agitateurs, même s'ils ne font que défendre leurs droits et surtout ceux de toutes les personnes qui du seul fait de leur couleur de peau peuvent être embarquées manu militari (c'est le cas de le dire) et au passage tabassées. Même un enfant de cinq ans est suspect. A Minneapolis, la ville où en 2020 George Floyd a été tué par un policier, deux militants non violents et non armés ont été abattus à bout portant. Renée Good et Alex Pretti.
"Nous nous souviendrons des noms de ceux qui sont morts / Dans les rues de Minneapolis", chante Bruce Springsteen dans une chanson de (saine) colère et de révolte (1).

A ces deux morts, écrit Le Courrier international (2), "on peut également ajouter (...) la détention du mineur [âgé de 5 ans] Liam Conejo Ramos et d’au moins quatre autres enfants de l’État du Minnesota ; l’incarcération de plus de 70 000 personnes dans des centres détention ; la mort en garde à vue de 32 individus sur toute l’année 2025, et de six autres depuis le début de l’année 2026, dont le Cubain Geraldo Lunas Campos, 55 ans, supposé mort par homicide dans un centre du Texas."

Face au scandale qu'ont suscité ces morts et à l'immense mobilisation des rues de Minneapolis, voilà le président avec du sang sur les mains obligé de tenter de battre en retraite comme il le peut, englué dans le bourbier qu'il a lui-même créé.
"Tom Homan, le responsable de la politique migratoire de la Maison Blanche, indique Le Monde (3), a été envoyé sur place pour reprendre le contrôle des opérations et négocier avec les autorités locales. « Nous ne renonçons en aucun cas à notre mission. Nous la menons simplement de manière plus intelligente », a-t-il affirmé." Ce qui signifie que cette "mission" n'a pas été menée intelligemment. Comment aurait-elle pu l'être avec un président ignare, incompétent et brutal ?
"L’histoire, interroge Le Monde, retiendra-t-elle que la folle cavalcade qu’est la seconde présidence de Donald Trump a trébuché pour la première fois à Minneapolis-Saint Paul ? « J’exagère, mais Minneapolis est le nouveau Vietnam de l’administration américaine, sourit Igor Tchoukarine, professeur d’histoire à l’université du Minnesota. Ils ont mal choisi la ville, parce que les citoyens et les citoyennes se sont organisés, avec une vie communautaire très dynamique. Je peux vous dire que je suis émerveillé de voir à quel point les gens s’entraident, les voisins se parlent, ils sortent, il y a des assemblées. C’est peut-être la seule chose positive dans tout ce qui arrive maintenant. »"

En attendant, les habitants de Minneapolis vivent constamment dans la peur de cette milice terroriste qui ne respecte ni les écoles, ni les hôpitaux, ni les églises. Les étrangers n'osent plus sortir de chez eux, même avec des papiers en règle. Les écoles sont fermées. Les commerces ne s'ouvrent à leurs clients qu'après avoir vérifié l'absence dans le quartier de miliciens de l'ICE. Il devient impossible de circuler librement en ville. Trump est un semeur de chaos. C'est un des points communs qu'il a avec Poutine (même si celui-ci baigne dans le sang jusqu'à la taille) : n'être  qu'un brutal semeur de chaos.

(1) https://www.youtube.com/watch?v=GDaPdpwA4Iw&list=RDGDaPdpwA4Iw&start_radio=1
(2) https://www.courrierinternational.com/article/etats-unis-abolir-l-ice-le-retour-en-force-d-un-slogan-qui-divise-les-democrates_239908
(3) https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/30/comment-minneapolis-en-faisant-preuve-d-unite-s-est-transformee-en-bourbier-pour-donald-trump_6664698_3210.html

The Streets of Minneapolis (Bruce Springsteen)

Through the winter's ice and cold
Down Nicollet Avenue
A city aflame fought fire and ice
'Neath an occupier's boots
King Trump's private army from the DHS

Guns belted to their coats
Came to Minneapolis to enforce the law
Or so their story goes

Against smoke and rubber bullets
In the dawn's early light
Citizens stood for justice
Their voices ringing through the night
And there were bloody footprints
Where mercy should have stood
And two dead, left to die on snow-filled streets
Alex Pretti and Renee Good

Oh, our Minneapolis, I hear your voice
Singing through the bloody mist
We'll take our stand for this land
And the stranger in our midst
Here in our home, they killed and roamed

In the winter of '26
We'll remember the names of those who died
On the streets of Minneapolis

Trump's federal thugs beat up on
His face and his chest
Then we heard the gunshots
And Alex Pretti lay in the snow dead
Their claim was self-defense, sir
Just don't believe your eyes
It's our blood and bones
And these whistles and phones
Against Miller and Noem's dirty lies

Oh, our Minneapolis, I hear your voice
Crying through the bloody mist
We'll remember the names of those who died
On the streets of Minneapolis

Now they say they're here to uphold the law
But they trample on our rights
If your skin is black or brown, my friend
You can be questioned or deported on sight
In our chants of "ICE out now"
Our city's heart and soul persists
Through broken glass and bloody tears
On the streets of Minneapolis

Oh, our Minneapolis, I hear your voice
Singing through the bloody mist
Here in our home, they killed and roamed
In the winter of '26
We'll take our stand for this land
And the stranger in our midst
We'll remember the names of those who died
On the streets of Minneapolis

We'll remember the names of those who died
On the streets of Minneapolis

ICE out (ICE out)



A travers le froid et la glace de l'hiver
En descendant l'avenue Nicollet
Une ville en flammes a combattu le feu et la glace
Sous les bottes d'un occupant

L'armée privée du roi Trump venant du DHS
Des armes attachées à leurs manteaux
Sont venus à Minneapolis pour faire respecter la loi
Ou du moins, c'est ce qu'ils prétendent

Face à la fumée et aux balles en caoutchouc
Dans la lumière naissante de l'aube
Les citoyens se sont levés pour la justice
Leurs voix résonnant dans la nuit
Et il y avait des empreintes de pas sanglantes
Là où la miséricorde aurait dû se tenir
Et deux morts, laissés pour morts dans les rues enneigées
Alex Pretti et Renee Good

Oh, notre Minneapolis, j'entends ta voix
Chantant à travers le brouillard sanglant

Nous prendrons position pour cette terre
Et l'étranger parmi nous
Ici, dans notre maison, ils ont tué et erré
Dans l'hiver de '26
Nous nous souviendrons des noms de ceux qui sont morts
Dans les rues de Minneapolis

Les brutes fédérales de Trump ont tabassé
Son visage et sa poitrine
Puis nous avons entendu les coups de feu
Et Alex Pretti gisait mort dans la neige
Ils prétendaient agir en légitime défense, monsieur
Ne croyez simplement pas vos yeux
C'est notre sang et nos os
Et ces sifflets et téléphones
Contre les sales mensonges de Miller et Noem

Oh, notre Minneapolis, j'entends ta voix
Pleurant à travers le brouillard sanglant
Nous nous souviendrons des noms de ceux qui sont morts
Dans les rues de Minneapolis

Maintenant, ils disent qu'ils sont là pour faire respecter la loi
Mais ils piétinent nos droits
Si votre peau est noire ou brune, mon ami
Vous pouvez être interrogé ou expulsé à vue
Dans nos chants de "ICE dehors maintenant"
Le cœur et l'âme de notre ville persistent
À travers le verre brisé et les larmes sanglantes
Dans les rues de Minneapolis


Oh, notre Minneapolis, j'entends ta voix
Chantant à travers le brouillard sanglant
Ici, dans notre maison, ils ont tué et erré
Dans l'hiver de '26
Nous prendrons position pour cette terre
Et l'étranger parmi nous
Nous nous souviendrons des noms de ceux qui sont morts
Dans les rues de Minneapolis
Nous nous souviendrons des noms de ceux qui sont morts
Dans les rues de Minneapolis

ICE dehors (ICE dehors)