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jeudi 1 décembre 2022

Enfin !

Mieux vaut tard que jamais, mais ne boudons pas notre plaisir de voir les Diables rouges enfin boycotter la Coupe du monde et quitter le Qatar, sa charia, son mépris pour les droits de l'homme, son exploitation des travailleurs et ses stades climatisés. Reste à espérer que toutes les équipes feront de même en perdant tous leurs matches. C'est pour la bonne cause. Un moment de honte est vite remplacé par le sentiment de dignité. Encore bravo, les gars !

Sur ce blog : "C'est la fête", 15.11.2022.

mardi 10 juillet 2018

Transe nationale

Les Belges sont décidément de drôles d'oiseaux. Sont-il en manque de nation?
Traversant vendredi dernier (avant le match Brésil - Belgique donc) une partie de la France du fin fond de la région Centre jusque Paris, par ce qui pourrait ressembler à un chemin des écoliers, avant de rejoindre par autoroute Valenciennes, puis la frontière belge à Brunehaut, on y voit tout au plus cinq drapeaux français en soutien aux Bleus.
Effectuant à peine dix kilomètres en Belgique, on ne pourrait compter les drapeaux belges et les images des Diables rouges sur les façades, les voitures, les commerces. Cent cinquante au moins. Peut-être le double. Ce n'est plus de la ferveur, c'est de l'idolâtrie. 
En Belgique, la fête nationale est très peu fêtée et ceux qui connaissent l'air et les paroles de la Brabançonne, l'hymne national, ne doivent pas être plus nombreux qu'une équipe de football. Mais quand l'équipe nationale belge gagne, c'est tout un pays qui entre en transe.
Qu'est-ce qui explique un tel engouement? Le sentiment d'être un petit Etat, voire un Etat petit, et d'exister via son équipe de foot? L'impression (illusoire) d'appartenir - enfin - à un pays uni? Le soutien à une équipe multicolore dont les joueurs ont des origines diverses?
Les Belges qui se sont longtemps moqué du chauvinisme français sont, depuis plusieurs années, passés maîtres en la matière. Leurs cocoricos sont bien plus tonitruants que ceux des Français.
Bien sûr, ne le boudons pas, c'est aussi le plaisir de faire la fête avec des amis, avec les voisins, avec des inconnus qui partagent la même passion, vivent les mêmes émotions, se (sou)lèvent à la même seconde. 
Mais quand même - j'assume le rôle du schtroumpf grognon - comment peut-on autant s'identifier à des millionnaires en short? Parce que tout le monde a, un jour ou l'autre, joué au football?
Il y a au moins une raison de se réjouir de ce sentiment national(iste), c'est qu'il doit faire grogner Bart De Wever et sa NVA. Et rien que ça - au-delà de leur talent - me rend sympathiques les Diables rouges.

(Re)lire sur ce blog
- "Boire et déboires", 6 juillet 2014;
- "Footfootfootfootfootfootfootfootfootfoot", 11 juin 2016;
- "Much a do about nothing", 2 juin 2016;
- "Qatar bouillu, coupe du monde footue"; 27 mai 2015;
- "Les djihadistes du Standard", 27 janvier 2015;
- "Un modèle mal footu", 20 novembre 2014;
- "Ne pas déranger", 28 avril 2014;
- et d'autres encore.

dimanche 6 juillet 2014

Boire et déboires

Le Français est chauvin, le Belge ne cesse de le dire. Lui ne l'est pas. Mais alors pas du tout, il en est convaincu. 
Quittant pour quelques jours la France, à la veille du match de foot opposant les Bleus à l'Allemagne, je n'y vois guère de drapeaux aux couleurs nationales arborés aux fenêtres. Arrivant en Belgique, à Tournai plus précisément, je n'y compte pas les centaines, les milliers de drapeaux affichés aux fenêtres et aux murs des maisons, accrochés aux voitures, à leurs rétroviseurs, les gens vêtus de rouge-jaune-noir. L'hystérie collective a gagné le pays. Les journaux ne parlent que de foot, que de cette équipe nationale qui enthousiasme le pays et ira, c'est sûr, jusqu'en finale. Si pas au-delà. Le monde a dû s'arrêter de tourner. La presse n'a plus ni espace ni temps pour aborder d'autres sujets. On voit par là que le Belge est un supporteur comme les autres, chauvin, nationaliste, sûr que son équipe est la meilleure.

Ce samedi à 18h, à l'heure de la rencontre opposant les équipes belge et argentine, je sors en ville. Elle n'est qu'une clameur.  Les supporteurs en retard se pressent vers la grand-place, où se donne la grand messe. Ailleurs, les rues sont vides, d'un calme inhabituel à cette heure. Derrière des fenêtres, on entend parfois les commentaires du journaliste de la RTBF, on devine des gens vêtus aux couleurs nationales. La police a mobilisé ses chevaux qui frappent le pavé de leurs sabots. Autour des poubelles s'entassent des canettes de Jupiler. Les rues sentent l'urine. Les homme savent pourquoi. Déjà, la rumeur de la foule s'est adoucie. La Belgique est menée au score. "A la chanson wallonne", à Saint-Piat, l'amertume a gagné les verres. Dans un café du quartier de Sainte Marguerite, Che Guevara ne parvient pas à motiver la petite dizaine de supporteurs qui regardent la télé d'un œil déçu: "hasta la victoria siempre", dit-il. On sait quel camp il soutient.
Aux terrasses des cafés, des supporteurs trop sensibles au stress, boivent une bière, loin des écrans. Au café "Le Paradis", on espère un miracle. Mais c'est Messi et non les Diables qui y fait la loi. La fête est finie. C'est trop injuste. On était pourtant les meilleurs. "Chuis trop zaraf", dit un jeune au bord des larmes. La pluie tombe drue, nettoyant les trottoirs et les coins de porte. Une écharpe aux couleurs belges dérive lentement sur l'Escaut.

vendredi 24 août 2012

L'animal qui sommeille en nous

Qui dit fauchage tardif dit aussi accumulation de déchets dans les herbes des bords de route. C'est le cas le long de cette voirie qui borde l'Escaut. Un récent fauchage a mis en lumière et en miettes quantité de papiers sur des centaines de mètres, des canettes broyées ou écrasées, des bouteilles en plastique. Un peu plus loin, sur une borne électrique, un graffiti affirme que "la politique ne sert à rien". On ne peut qu'approuver. Les politiques auront beau mener des campagnes de sensibilisation au respect de l'environnement et mettre en place des centres de tri des déchets, si l'homme a décidé de rester un animal sale et grossier, la politique ne pourra pas grand chose.

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Durant cet été, des scouts flamands ont hissé le drapeau flamand au-dessus de leur camp établi en Wallonie. Quel scandale, quelle provocation, dénoncent les braves gens du coin, relayés par la presse. On mesure l'évolution des esprits dans cette Belgique qui se déchire. On a toujours vu, aussi loin qu'on s'en souvienne, les scouts flamands arborer leur lion. C'était un repère qui permettait aux scouts wallons d'identifier le camp à "virer" la nuit prochaine. Entendez par là qu'on retirait, le plus discrètement possible, les piquets, pour que les tentes s'effondrent. Puis, on s'encourait en riant sous cape. Quelques nuits plus tard, les Flamands se vengeaient de la même manière. C'était un jeu. Aujourd'hui, on fait des gorges chaudes d'un drapeau.

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Les Diables Rouges ne connaissent pas les paroles de la Brabançonne, c'est un scandale, estiment certains supporteurs. Leur entraîneur rétorque que ce qu'on leur demande c'est de jouer au football, pas d'étudier l'hymne national. Mais combien de Belges connaissent l'hymne national? Et tant mieux sans doute. Les hymnes et les drapeaux, comme les religions trop souvent, sont des outils d'affirmation du bon droit et de la vérité. La Marseillaise est un chant de va-t-en-guerre: "formons nos bataillons, qu'un sang impur abreuve nos sillons". Laissons les Diables Rouges apprendre à jouer au foot.

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Un conseiller régional français était en vacances en Tunisie, à Bizerte, sa ville d'origine. Il s'est fait tabasser par des islamistes parce que sa femme et sa fille de douze ans portaient une tenue de vacancier.
Inacceptable pour quelque cinquante salafistes qui l'ont frappé à coups de poings, de pieds et de bâtons. Il faut reconnaître qu'ils avaient des raisons d'être énervés. Ils venaient de manifester à la clôture du Festival culturel de Bizerte. Organiser des activités culturelles face à des intégristes, c'est comme agiter une muleta face à un taureau. De la provocation. 

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C'est ainsi que les hommes vivent. Mais où sont donc leurs baisers qui sont censés me suivre?