"Le monde est une triste boutique", écrivait Julos Beaucarne au lendemain de l'assassinat de sa femme. C'était il y a quarante ans. La boutique semble plus triste que jamais. Comme si elle ne pouvait rien apprendre de ses erreurs et de ses excès. Comme si elle n'avait plus en vitrine qu'agressivité et simplisme.
A quelle civilisation appartiennent tous ces hommes qui semblent incapables de s'exprimer autrement que par la violence? Quelle différence y a-t-il entre des hooligans qui cognent sur l'adversaire et des manifestants qui, sous prétexte d'opposition à la loi travail, saccagent des petits commerces ou vandalisent l'Hôpital Necker? Quelle différence y a-t-il entre des islamistes qui tuent des policiers et des manifestants antifascistes qui mettent le feu à une voiture dans laquelle se trouvent des policiers et sur laquelle ils écrivent (avec un humour qui leur est propre) "poulets grillés"? Y a-t-il une différence dans la névrose entre les assassins du Bataclan, ceux du métro à Bruxelles et celui du Pulse à Orlando?
Tous ces gens ont-ils reçu une éducation? On a l'impression que, plus que jamais, la grossièreté, l'inculture et l'agressivité font loi. Que cherchent-ils à prouver sinon leur bêtise? Sinon leur volonté d'imposer par la force leur vision des choses? Tout ces gens manquent-ils de mots, de raison, d'intelligence? Tous ces cogneurs, qu'ils soient d'extrême droite ou d'extrême gauche, nationalistes islamistes ou pseudo antifascistes, font le jeu des brutes politiques. Les Trump, Le Pen, Poutine, Orban ou Erdorgan, ces boutiquiers du rejet de l'autre, se reservent un verre en regardant la télé. Leurs arrière-boutiques sentent le rance mais leurs affaires sont florissantes.
"Il faut reboiser l'âme humaine", disait encore Julos dans le même texte.