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lundi 26 novembre 2018

Ce surréaliste les un an. Mais pas que.

Il y a des mots et des expressions qui, pour être à la mode et utilisés à tort et à travers, en sont devenus insupportables. Surtout depuis qu'ils sont passés dans le langage quotidien de tant de journalistes.
Exemples parmi d'autres:
- Surréaliste: l'adjectif est maintenant utilisé comme synonyme d'étonnant, de surprenant, d'exceptionnel, d'étrange. On le met à toutes sauces. Sur le site du journal L'Avenir (1): "Scène surréaliste dans un magasin frontalier: les clients confinés!". Que vient faire le surréalisme dans cette situation (2)?
- Mais pas que: remplace désormais pas uniquement ou pas seulement. On sent bien qu'il manque un ou des mot(s) après mais pas que. Pas que quoi? Le terme que, nous dit le Larousse, "sert de corrélatif aux mots". On comprend par là qu'il ne peut terminer une phrase.
- Les un an: on célèbre les un an de tel évènement. Rappelons que les est un article pluriel et qu'il n'y a pas plus singulier que un. Les deux ne s'accordent pas, l'article les précède obligatoirement un pluriel. Les un an peuvent (peut?) aisément - et plus pertinemment - être remplacés par le premier anniversaire.
- Voire même: un pléonasme surutilisé depuis longtemps. Voire signifie et même
- Carrément: oui est plus bref et serait plus correctement utilisé.

(1) 25.11.2018.
(2) "Le surréalisme, selon le Larousse, est un mouvement littéraire et artistique (...) qui se dresse, au nom de la liberté, du désir et de la révolution, contre les conventions sociales, morales et logiques, et leur oppose les valeurs de l'imagination, du rêve et de l'écriture automatique, qui révèlent le fonctionnement réel de la pensée."

(Re)lire sur ce blog: "En français dans le texte", 31.10.2016.

jeudi 28 août 2014

Il ou elle

Au Jeu des Milles euros, sur France Inter, cette candidate se présente comme "pharmacien". "Vous dites pharmacien parce que la pharmacienne est l'épouse du pharmacien?", lui demande le présentateur. Elle acquiesce.
Je ne connais pas les chiffres, mais je suis prêt à parier qu'il y a aujourd'hui en France bien plus de femmes que d'hommes qui exercent le métier de pharmacien. La plupart de ces femmes vivent sans doute en couple. Comment convient-il d'appeler leur conjoint? Si on dit "monsieur le pharmacien", on laisserait entendre qu'il occupe la fonction.  "Monsieur la pharmacien" alors? Ou "Monsieur la pharmacienne"? On voit par là qu'il serait temps d'en finir avec ces appellations obsolètes qui datent de cette époque où les femmes (de la bourgeoisie) n'avaient pas d'autre activité que celle d'épouse ni d'autre fonction qu'ombre de leur mari. Il faut pour cela accepter (oui, c'est dur pour certains) qu'aujourd'hui la grande majorité des femmes travaillent et occupent des fonctions traditionnellement réservées aux hommes. Pourquoi peut-on parler d'une infirmière mais pas d'une pharmacienne?
Il convient d'appeler un chat un chat, une directrice une directrice et une pharmacienne une pharmacienne. Les Suisses, les Belges et les Québecois le font depuis longtemps. Les Français ont juste pris (ici aussi) un peu de retard.

Post-scriptum: pour tout le monde, il est bien clair que si Elisabeth II est appelée reine d'Angleterre c'est bien parce que c'est elle qui règne et pas parce qu'elle serait l'épouse du roi (comment l'appelle-t-on celui-là d'ailleurs?). Pourquoi ce qui est évident pour les reines ne le serait pas pour les pharmaciennes? Il est vrai qu'Elisabeth porte de beaux chapeaux. Peut-être les pharmaciennes devraient-elles en faire autant.

Dans le même domaine, voir aussi
www.lalibre.be/light/societe/le-petit-mot-sexiste-envers-une-pilote-de-ligne-531880cc357024dca8541746