Le premier tour des élections municipales a eu, comme toujours, son lot de surprises.
Il en est de tristes. Comme celle de l'élimination, à neuf voix près, du maire de Bélâbre, en Indre. Laurent Laroche paie cher le courage qu'il a eu de se lancer dans un projet de centre d'accueil pour demandeurs d'asile (1). L'extrême droite et quantité d'esprits chagrins et rabougris ont manifesté bruyamment leur opposition à cette ouverture de leur village à des gens en quête d'asile. Les arguments les plus stupides se sont mêlés à des insultes et même à des menaces de mort. Pour différentes raisons, le projet n'a pas abouti. Mais certains Bélâbrais en ont gardé une haine féroce contre leur maire qui se voit remplacé par un homme venu de nulle part. Le Parc naturel régional de la Brenne y perd aussi son président, qui ne fut jamais avare de son enthousiasme et de son énergie pour faire avancer cet organisme dynamique. La vie politique est cruelle et souvent injuste.
Triste destin pour Roubaix qui, selon toute vraisemblance, sera dirigé par le LFI et islamisto-compatible David Guiraud. Parachuté de sa Seine-Saint-Denis, il a mené, selon Franc-Tireur, "une campagne Gazaislamophobie qui parle de tout sauf des problèmes du coin". Sa stratégie communautariste l'a mené à 46, 64% des voix. Le roublard gagne (2). Il en est un autre qui, lui ,remplie : David Rachline, exclu du RN mais toujours d'extrême droite garde la mairie de Fréjus malgré toutes ses casseroles.
Le deuxième tour se prépare avec ses alliances, mais aussi ses refus d'alliances.
A Marseille, le candidat LFI a obtenu un score (un peu moins de 12%) loin de ses ambitions. Le maire sortant et candidat de la gauche a refusé de s'allier avec lui. Et bien lui a en a pris. Delogu a finalement jeté l'éponge. A Paris aussi, le candidat de la gauche a refusé de s'allier avec le parti du gourou Mélenchon, mais la candidate LFI se maintient. Il n'en va pas de même dans d'autres villes où la gauche et LFI s'allient pour éviter l'extrême droite. Choisir entre la peste et le choléra. Entre un parti qui tente (difficilement) de faire croire qu'il s'est dédiabolisé (3) et un mouvement qui s'est autodiabolisé.
Le deuxième tour se prépare aussi via des débats entre les deux ou trois candidats qui restent en lice. Mais nombre d'entre eux se défilent. Je ne parle qu'à mes concitoyens, affirme un maire sortant qui refuse de débattre avec son adversaire (4). La politique exige pourtant du courage. Au moins un peu. Mais il n'est pas toujours payant. L'heure est aux populistes.
(1) (Re)lire sur ce blog :
https://www.blogger.com/blog/post/edit/7279672397566866750/1391330304466317445https://www.blogger.com/blog/post/edit/7279672397566866750/2791239720598971445(2)
https://www.franc-tireur.fr/legislatives-david-guiraud-un-roublard-a-roubaix(3) "Selon une enquête de Conspiracy Watch, plus de 50 têtes de liste RN affichent des penchants conspirationnistes. 26 des 30 députés RN engagés comme têtes de liste ont relayé des propos douteux. Au total, près de 200 personnes sont exposées. Il ne s'agit pas d'accidents, c'est une manière d'être."
Franc-Tireur, 18.3.2026.
(4)
https://www.lanouvellerepublique.fr/le-blanc/c-est-absolument-hors-de-question-gilles-lherpiniere-refuse-le-debat-avant-le-second-tour-au-blanc-1773672984
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