vendredi 20 mars 2026

L'homme du chaos

On le savait, mais on en a maintenant la démonstration éclatante : les locataires de la Maison blanche sont une bande d'amateurs, d'incompétents, de bas du front. Pas le moindre stratège dans cette équipe, juste des mecs, des vrais, tellement sûrs d'eux-mêmes qu'ils se lancent tête baissée dans des guerres hasardeuses sans réflexion.
Piotr Smolar, correspondant du Monde à Washington, rappelle (1) que "le 13 mai 2025, lors de sa tournée dans le Golfe, le président américain, Donald Trump, prononçait un discours à Riyad dans lequel il promettait « un futur dans lequel le Moyen-Orient est défini par le commerce, et non le chaos »". Il a généré le chaos.
Visiblement le Père Ubu, en lançant sa guerre avec son compère Netanyahou, n'avait pas imaginé que l'armée iranienne résisterait autant et si longtemps, il n'avait pas pensé que le détroit d'Ormuz pourrait être bloqué par l'Iran, il n'avait pas envisagé que les pays du Golfe seraient attaqués, que les prix du pétrole et du gaz partiraient à la hausse faisant grimper l'inflation, que l'économie mondiale déraillerait, que des milliers de travailleurs par le monde seraient en difficulté, faute de carburant, d'engrais ou de plastique. Cet homme ne pense pas. Il fanfaronne. 
Le seul à tirer parti de cette guerre, c'est le tueur en série du Kremlin qui peut recommencer à vendre son pétrole et donc à financer sa guerre à lui, contre l'Ukraine. Pour le président du Conseil européen, Antonio Costa, « jusqu’à présent, il n’y [avait] qu’un seul vainqueur dans cette guerre : la Russie » (2).
"Le président américain, écrit encore Piotr Smolar, a poussé le Moyen-Orient dans un précipice à la profondeur inconnue, portant atteinte à la crédibilité de son propre pays. On ne sait quand ni sous quelle forme la guerre contre l’Iran se conclura. L’épuisement des moyens de disruption du régime pourrait changer la lecture des événements. Mais en sens inverse, le recours au terrorisme représente aussi une escalade possible, si Téhéran le décidait, en activant des cellules dormantes ou bien des sous-traitants. Le comble de l’illusion, pour Washington, consiste à croire que Donald Trump peut siffler seul la fin des hostilités, par un simple message sur Truth Social."
Voilà celui se voyait couronné du Prix Nobel de la Paix piégé par sa propre guerre. Trump comme son camarade Poutine est victime de sa prétention. Ces hommes sont tellement vaniteux qu'ils se lancent dans des guerres qu'ils pensent gagner en trois jours, sans imaginer que leur adversaire puisse leur résister.
Ils méritent le Prix Nobel du chaos.

(2) https://www.lemonde.fr/un-si-proche-orient/article/2026/03/15/poutine-est-a-ce-stade-le-grand-gagnant-de-la-guerre-de-trump-et-de-netanyahou-contre-l-iran_6671261_6116995.html
A écouter :
https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20/le-grand-entretien-du-dimanche-15-mars-2026-9392502
https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/geopolitique/geopolitique-du-vendredi-20-mars-2026-7360255

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