En 1962, Rachel Carson publiait "Le Printemps silencieux", un livre considéré par certains comme fondateur de l’écologie moderne. Elle y dénonçait cette chimie des champs tueuse de vie, les pesticides et en particulier le DDT.
En 1972, était publié le rapport Meadows sur les limites à la croissance : il pointait les risques pour la planète et l'humanité liés à l’épuisement des ressources naturelles, à la pollution et à la surpopulation.
La même année, Pierre Fournier, qui depuis plusieurs années consacrait ses pages de Charlie Hebdo à la nécessité du combat écologiste, créait le mensuel La Gueule ouverte, le journal qui annonce la fin du monde.
En 1974, René Dumont, premier candidat écologiste à l'élection présidentielle française, faisait sensation : portant devant la caméra un verre d'eau à ses lèvres, il disait : « Nous allons bientôt manquer de l'eau, et c'est pourquoi je bois devant vous un verre d'eau précieuse puisque avant la fin du siècle, si nous continuons un tel débordement, elle manquera. » La grande majorité des spectateurs a ri.
En 1992, il y eut le Sommet de la Terre à Rio, puis celui de Kyoto, des sommets, des COP, des conférences, dont celle de Paris en 2015. Le climat devait être sauvé de toute urgence. Il allait l'être. C'était comme si c'était fait.
Sans être majoritaires, les partis verts commençaient à s'imposer dans l'opinion publique et à co-gérer de nombreux niveaux de pouvoir un peu partout.
Depuis trente ans, des scientifiques du monde entier regroupés dans le GIEC, groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, regroupe des scientifiques du monde entier tirent sans relâche la sonnette d'alarme. Dans le désert.
Puis les partis écologistes se sont effondrés un peu partout, parfois minés de l'intérieur par les ambitions personnelles ou par l'engagement dans trop de combats annexes, parfois rejetés comme des prophètes de mauvais augure.
En 2006, Yves Paccalet publiait " L'humanité disparaîtra, bon débarras !".
Et nous y voilà. Nous en sommes là. Les solutions sont sur la table depuis bien des années, mais elles ont glissé dans des tiroirs. L'écologie serait punitive. Alors que c'est le capitalisme et nos modes de vie consommateurs, dépensiers, pollueurs et gaspilleurs qui, destructeurs de vie, nous punissent chaque jour. Nous voilà la tête enfoncée dans le sable, refusant de voir et d'entendre, alors que le feu nous brûle les fesses. Nous, c'est-à-dire les gouvernements et les (ir)responables politiques, du communal à l'international, les lobbies, les entreprises, la majorité des citoyens. Nous ne voulons pas toucher à notre confort, changer nos habitudes, alors qu'elles changent à toute vitesse et que la vie est menacée partout.
Et pendant ce temps, de sinistres et stupides commentateurs, continuent à ânonner, depuis leurs studios climatisés, que le changement climatique est un bobard. Méprisant toutes celles et tous ceux qui vivent et travaillent dans des conditions de plus en plus infernales.
Les gens qui font de la politique ne comprennent pas que la terre, l'eau et l'air ont une volonté à eux. Moi, je le comprends parce que je travaille avec les éléments tous les jours. Notre gagne-pain en dépend. S'il pleut, on arrête de travailler. S'il fait 38°C dehors, nos ouvriers souffrent. Quand le sol est gelé, on ne peut pas poser de canalisations. Si nous ne nous adaptons pas à l'environnement, notre société fait faillite. (Il promena son regard sur la vaste étendue d'eau que les cristaux de sel faisaient scintiller.) C'est sûr que ce lac a une volonté bien à lui, mais il se moque complètement de la nôtre.
John Henry Tempest, entrepreneur en travaux publics, in "Refuge", Terry Tempest Williams (éd. Gallmeister, 2022)
John Henry Tempest, entrepreneur en travaux publics, in "Refuge", Terry Tempest Williams (éd. Gallmeister, 2022)
3 commentaires:
Pour ouvrir les yeux et les oreilles sur ce qui nous attend : Le monde en 2050: avec Jean Marc Jancovici. En ligne sur le net. Il y en a pour deux heures, ce qui n'est rien au regard de l'enjeu. Il faut se taper les pubs, courage. Jamais rien entendu (et vu) de plus précis et documenté. A mon petit niveau de connaissances en tous cas. Si l'on veut atteindre la neutralité carbone en 2050, il faudra réduire nos revenus par cinq. Démonstration par l'ingénieur JMJ.
Merci, Bernard. Je vais l'écouter.
https://www.demo.fonds-documentaire.fr/le-monde-en-2050-avec-jean-marc-jancovici-3095.html
Ton lien est meilleur que le mien sur You Tube. Sans pub !
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