Voilà plus de douze ans, pour ses partisans, Abdoulaye Wade représentait l'espoir de changement au Sénégal. "Sopi!", criaient les jeunes dans les rues. Ce qui signifie "changement" en ouolof. En mars 2000, Wade est devenu président de la république. Douze ans plus tard, l'incarnation du changement n'entend plus rien changer. Il y a un âge pour tout. A 85 ans, il termine son second mandat et a bien l'intention d'en effectuer, au moins, un de plus. Ce qui est contraire à la Constitution. Il s'accroche, mais plus personne ne veut de lui. On lui demande de partir. Et même de dégager. On voit par là qu'incarner le changement est une fonction très difficile. Tout comme d'incarner la révolution. Le Colonel Kadhafi en sait quelque chose. Du moins, l'a-t-il su, un moment.
Affichage des articles dont le libellé est Kadhafi. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Kadhafi. Afficher tous les articles
mercredi 1 février 2012
mardi 23 août 2011
Célérité de l'Histoire
L'Histoire va trop vite. Certains n'arrivent pas à la suivre. Parfois, ils ne sont pas encore au bout de leur mandat que déjà elle les rattrape.
En 2004, c'est-à-dire il y a peu, Mouammar Kadhafi était reçu à Bruxelles, par Romano Prodi alors Président du Conseil européen, par Guy Verhofstadt, Premier Ministre belge, par Herman De Croo, Président de la Chambre (la vidéo de promotion de la Chambre en témoignait encore récemment (1) - peut-être en témoigne-t-elle encore cette heure?), par des hommes d'affaires. Le terroriste numéro un s'était assagi, disait-on. Il s'était racheté une conduite. Il était à nouveau fréquentable. On pouvait faire des affaires avec lui. Il n'y avait donc pas de raison que d'autres en face à notre place.
Fin 2007, c'était avant-hier, le tout frais émoulu président français Sarkozy recevait le leader libyen. Celui-ci planta sa tente dans les jardins de l'Elysée et multiplia les parades et les caprices: balade en bateau sur la Seine, visite du Louvre et du château de Versailles, chasse en forêt de Rambouillet (2). Sarko en fut humilié.
Juin 2009, c'était hier, le Premier wallon, Rudy Demotte, décidait "dans la sérénité", au lendemain des élections régionales, d'accorder à la Fabrique Nationale d'armes de Herstal une licence de vente d'armes à l'armée libyenne (3).
Et voilà qu'aujourd'hui, le partenaire d'hier est jeté comme un malpropre, pire poursuivi comme un assassin, par sa propre population. Lui qui en était le guide suprême. On voit par là qu'il ne faut espérer aucune gratitude et qu'il convient de se laver les mains plusieurs fois.
En 2004, c'est-à-dire il y a peu, Mouammar Kadhafi était reçu à Bruxelles, par Romano Prodi alors Président du Conseil européen, par Guy Verhofstadt, Premier Ministre belge, par Herman De Croo, Président de la Chambre (la vidéo de promotion de la Chambre en témoignait encore récemment (1) - peut-être en témoigne-t-elle encore cette heure?), par des hommes d'affaires. Le terroriste numéro un s'était assagi, disait-on. Il s'était racheté une conduite. Il était à nouveau fréquentable. On pouvait faire des affaires avec lui. Il n'y avait donc pas de raison que d'autres en face à notre place.
Fin 2007, c'était avant-hier, le tout frais émoulu président français Sarkozy recevait le leader libyen. Celui-ci planta sa tente dans les jardins de l'Elysée et multiplia les parades et les caprices: balade en bateau sur la Seine, visite du Louvre et du château de Versailles, chasse en forêt de Rambouillet (2). Sarko en fut humilié.
Juin 2009, c'était hier, le Premier wallon, Rudy Demotte, décidait "dans la sérénité", au lendemain des élections régionales, d'accorder à la Fabrique Nationale d'armes de Herstal une licence de vente d'armes à l'armée libyenne (3).
Et voilà qu'aujourd'hui, le partenaire d'hier est jeté comme un malpropre, pire poursuivi comme un assassin, par sa propre population. Lui qui en était le guide suprême. On voit par là qu'il ne faut espérer aucune gratitude et qu'il convient de se laver les mains plusieurs fois.
(1) voir le Vif, 12 août 2011
(2) lire ou relire à ce propos ce qu'en dit Patrick Rambaud dans "Deuxième chronique du règne de Nicolas Ier". Un extrait, pour le plaisir: " Dès lors, Mouammar se consacra au désordre, il figura le Mal, ses manières piquaient insultaient même, et il devint aussi fin à nuire qu'à se faire des ennemis; son commerce sembla insupportable par son autorité brutale, ses humeurs, sa malice, avec un air de supériorité qui faisait vomir et révoltait en même temps.
Le sobriquet de Cruel était justifié par ses actes." (p. 14)
(3) voir sur ce blog le billet "Wallonie, terre d'écueil" du 19 février 2011
jeudi 24 février 2011
Une surprise
Il n'est jamais bon d'avoir pour guide un aveugle. Même - et surtout - s'il est suprême. Les Libyens le savent depuis longtemps et tentent - une fois encore, une fois qu'ils espèrent être la bonne - de s'en débarrasser. Le guide résiste, fait tirer sur ses compatriotes, les menace de "boucheries". C'est dire s'il aime son peuple. Il n'a plus aucune retenue, il en eut peu dans sa vie, mais cette fois il est clair qu'il a tout épuisé. Il éructe, crache sa haine, exprime sa folie. Il n'est pas président, dit-il. Il ne peut donc démissionner, lui qui est l'incarnation de la révolution. La révolution, c'est la sienne, elle date de 1969. Il en est propriétaire et il ne peut y avoir de révolution contre la révolution. Aujourd'hui, il vient d'affirmer que les Libyens qui par (centaines de ?) milliers s'opposent à lui sont drogués, manipulés par Ben Laden. Il prend les Libyens et la communauté internationale pour des demeurés. On en rirait si la situation n'était aussi dramatique.
Beaucoup de chefs d'Etat et de marchands d'armes sont aujourd'hui surpris, ils ignoraient que le Colonel Kadhafi était un fou furieux. Il est toujours bon de s'informer. En recevant ce président terroriste, en lui vendant des armes, en faisant semblant de croire qu'il s'était assagi, en lui donnant du crédit, en lui baisant la main même, ils ont écrasé un peu plus le peuple libyen. Celui-ci a compris qu'il ne devait rien attendre ni de l'Occident si prompt à donner des leçons de démocratie, ni de soi-disant révolutionnaires anti-américains. Le pétrole, les affaires et les alliances passent avant la population. Résumons-nous: l'hypocrisie se porte mieux que le peuple libyen.
P.S.: la règlementation sur les ventes d'armes par la FN de Herstal va être améliorée. Mais n'attendez pas des Wallons qu'ils soient plus éthiques que le reste de l'Europe, ce serait "idiot". C'est ce qui ressort des propos du premier wallon au JT de la RTBF ce soir. Voilà pourqwé no 'stons fîrs etc.
Beaucoup de chefs d'Etat et de marchands d'armes sont aujourd'hui surpris, ils ignoraient que le Colonel Kadhafi était un fou furieux. Il est toujours bon de s'informer. En recevant ce président terroriste, en lui vendant des armes, en faisant semblant de croire qu'il s'était assagi, en lui donnant du crédit, en lui baisant la main même, ils ont écrasé un peu plus le peuple libyen. Celui-ci a compris qu'il ne devait rien attendre ni de l'Occident si prompt à donner des leçons de démocratie, ni de soi-disant révolutionnaires anti-américains. Le pétrole, les affaires et les alliances passent avant la population. Résumons-nous: l'hypocrisie se porte mieux que le peuple libyen.
P.S.: la règlementation sur les ventes d'armes par la FN de Herstal va être améliorée. Mais n'attendez pas des Wallons qu'ils soient plus éthiques que le reste de l'Europe, ce serait "idiot". C'est ce qui ressort des propos du premier wallon au JT de la RTBF ce soir. Voilà pourqwé no 'stons fîrs etc.
Inscription à :
Articles (Atom)