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vendredi 7 juin 2013

Esprit, es-tu là?

La révocation, décidée hier par le Gouvernement wallon, de Philippe Mettens de sa fonction de bourgmestre de Flobecq ne manque pas d'intérêt. Il ne peut exercer cette fonction en même temps que celle de patron de la Politique scientifique fédérale. Sa commune ne compte quelque trois mille habitants, souligne-t-il. Sa gestion ne peut être comparée à celle d'une ville.
Des journalistes font remarquer l'iniquité de la décision. Ainsi Paul Piret (1) se demande "que pèsent le cumul du Flobecquois et ses risques face à des situations bien plus problématiques quoique intouchables? Les bourgmestres soi-disant empêchés parce que ministres ne pourront pas nous démentir", écrit-il. "Ni tel sénateur, président de parti et maïeur de la ville wallonne la plus peuplée..."
Prenons un exemple (au hasard, bien sûr): Rudy Demotte, après avoir été une douzaine d'années bourgmestre empêché de Flobecq, est maintenant bourgmestre en titre de Tournai. On appréciera la nuance: il entend bien signifier qu'il n'est en rien empêché, que ce titre il l'a et le garde. Tout double ministre-président qu'il soit, de la Région wallon et de la Communauté française, il s'occupe de mille affaires tournaisiennes, préside quantité de réunions communales, a installé son bureau de bourgmestre à l'hôtel de ville de Tournai, prend quotidiennement des décisions pour sa ville. En un mot comme en cent, il est bourgmestre et ne laissera personne lui contester et cette place et ce titre. D'ailleurs, à Tournai, il n'y a pas de bourgmestre faisant fonction, mais un échevin délégué à la fonction maïorale qui peut et même doit - monter au front sur les sujets délicats et impopulaires.
Philippe Mettens a beau jeu de dénoncer l'hypocrisie de ceux qui devraient, les premiers,  appliquer des règles utiles, censées éviter les conflits d'intérêt, mais qui les détournent outrageusement.
On voit par là que certains savent faire appliquer la loi à la lettre pour d'autres, mais refusent d'en appliquer eux-mêmes l'esprit. 

(1)"Mettens saqué, l'histoire pas bouclée", LLB, 7 juin 2013.

jeudi 23 mai 2013

Clichés

On connaît mal les gens. On s'en fait souvent une fausse idée. Certains peuvent avoir l'air très sérieux, voire austère, alors qu'ils sont de véritable boute-en-train.
Un exemple: le ministre-président de la Région wallonne. Il monte à la tribune comme en chaire de vérité. Il dit plein de choses intéressantes qui font rapidement bailler son auditoire.
Mais quand il se laisse aller à la plaisanterie, il conquiert son public.  
Il était invité à présenter Charles Michel, le président du MR, devant un parterre d'hommes d'affaires. Il lui glisse un mot à l'oreille, puis il le répète à voix plus intelligible: "il me demande, dit-il, si je suis venu avec les TEC. C'est faux, si j'étais venu en bus, je serais en retard" (1). 
Les chauffeurs de bus apprécieront l'humour du Premier wallon. Rudy Demotte s'habille en sweat-shirt rouge quand il se rend à la Maison du Peuple. Il pense en café du commerce quand il parle aux libéraux. Connaît-on plus joyeux drille?

(1) JT de la RTBF, 23 mai, 19h30.

vendredi 22 février 2013

Vu du donjon

Il était une fois un marquisat où la vie était bien tranquille. Le marquis qui le régentait en avait pris, sans devoir batailler, le fief principal. Les bourgeois en chemise lui en avaient remis les clés dès qu'il s'était présenté aux portes de la ville. Les échevins et les prévôts étendaient au sol leur cape sur son passage pour lui éviter les passages boueux et les ornières pavées. Il avait imposé la paix des braves dans l'ensemble du marquisat. Les années s'annonçaient ronronnantes. Les sujets étaient presque réjouis.
Or voici qu'un baronnet nouveau qui aimait en découdre voulut faire de sa ville nouvellement conquise le fief de sa baronnie, celle du Val de Dendre. "Ralliez-vous à mon panache jaune et mauve", clama-t-il, "le marquisat nous ignore, nous les petits, nous les obscurs, nous les sans-grade". Le chevalier d'une bourgade campagnarde le soutint aussitôt. Il avait été l'écuyer du Marquis et l'écuage lui avait été pénible. Aussi ne dédaignait-il pas de lui tailler des croupières, en divisant en deux son marquisat.
Le Grand Sénéchal s'offusqua, en appelant à l'union sacrée du marquisat. "Il faut le garder en l'Etat, disait-il, sous la coupe de notre seul suzerain. Je serai plutôt de Motte que de Val. Le marquis est notre petit prince. Nous ne voulons pas de baronnies."
Mais d'autres chevaliers déjà prenaient fait et cause pour le baronnet.
Le feu couvait.

voir
www.rtl.be/info/belgique/societe/982526/le-bourgmestre-d-ath-met-le-feu-au-ps-en-wallonie-picarde
www.lavenir.net/article/detail.aspxarticleid=DMF20130221_00272084&postcode=7800

mardi 5 février 2013

Insatiables

C'est plus fort qu'eux. Ils ne peuvent s'en empêcher. Ils sont insatiables. Un mandat ne leur suffit pas. Deux est un minimum. Et s'ils peuvent en avoir plus, c'est mieux encore. Qui les prendrait au sérieux, qui les reconnaîtrait comme des gens de pouvoir s'ils ne détenaient plusieurs mandats? Mais qu'on se rassure, ce n'est pas la soif de pouvoir qui les guide, c'est le bien de leur chère commune. Une commune sait que si elle est dirigée par un ministre, même soi disant empêché, ou au moins par un parlementaire, elle profitera de la manne céleste.
Paul Magnette, cet homme nouveau, est une bénédiction pour Charleroi qui revient de loin. C'est l'homme providentiel. Il avait été clair avant les élections: s'il devenait bourgmestre, il quitterait son poste de ministre. Charleroi mérite bien un bourgmestre qui s'engage pour son redressement. Il l'a fait, il a démissionné du Gouvernement fédéral, mais pour aussitôt redevenir aussi sénateur et, en plus, président du Ps. Ce qui, on en convient, n'est pas une sinécure. Ses échevins doivent, eux, exercer leur fonction à temps plein. Et sa partenaire CDH, Véronique Salvi, a été priée d'en faire autant: elle a dû quitter son siège de députée wallonne pour devenir échevine à temps plein. "Paul Magnette avait bien fait figurer ce décumul dans les exigences posées à l'entrée du CDH au sein de la tripartite carolo", écrit LLB (1). Faites ce que je dis, pas ce que je fais. Il est vrai que les grands hommes ont des droits que n'ont pas les plus petits.
A Flobecq, le sémillant bourgmestre Philippe Mettens ne peut cumuler cette fonction avec celle de haut fonctionnaire. Il est directeur de la Politique scientifique fédérale. Mais il refuse de choisir. Ce à quoi l'oblige pourtant le décret "bonne gouvernance" adopté par le Parlement wallon en octobre 2010. Ses concitoyens l'ont élu, explique-t-il, il se doit donc assumer son rôle de maïeur. Faut-il croire qu'il ignorait l'existence de ce décret avant de se présenter aux élections? Les électeurs ont bon dos. 
A Ans, le bourgmestre Stéphane Moreau était dans le même cas. Il ne l'est plus. Il dirigeait le Tecteo Group, une puissante intercommunale (trois milliards d'euros, deux mille employés). Il est maintenant CEO de la SA Tecteo Services, "une filiale privée détenue à 99% par la maison-mère et qui décide de tout: le concept d'intercommunale a été vidé de sa substance", explique Marie-Cécile Royen dans le Vif (2). Il peut donc ainsi cumuler sans (trop) en avoir l'air. "Cette astuce lui permet  de cumuler un poste de bourgmestre avec, dans les faits, la direction d'une importante entreprise publique aux ramifications multiples, ce qu'interdit le décret wallon sur la démocratie locale", poursuit la journaliste.
A Tournai, Rudy Demotte "ne lâche rien". On le sait, l'appellation de "bourgmestre empêché" n'est pas pour lui, il préfère (et impose) celle de "bourgmestre en titre". Dans les faits il est donc bourgmestre et ministre-président. Le premier des Wallons s'assied donc sans complexe sur le décret wallon sur la démocratie locale. Les pavés de rues de Tournai se soulèvent après le gel? C'est la chargée de communication du bourgmestre empêché de titre qui explique ce que va faire la ville (3). On voit par là qu'il sait déléguer.
Dans la série "nos hommes admirables", c'était "la démocratie, c'est si beau quand c'est bien fait".

P.S.: ah, tiens, au fait! Ces quatre hommes appartiennent à un parti qui se qualifie de socialiste. Un hasard assurément.


(1) LLB, 2 février 2013.
(2) Le Vif, 25 janvier 2013.
(3) LLB, 1er février 2013.

jeudi 17 janvier 2013

Bourgmestres même pas empêchés de titre

- Ne m'appelez pas "bourgmestre empêché", l'appellation est connotée négativement. Dites plutôt "bourgmestre en titre". C'est plus positif et c'est la réalité.
- Bien, Majesté, Monsieur le Marquis, Monsieur le Baron (1), lui répond une presse aux ordres. C'est vous qui voyez.
L'appellation "bourgmestre empêché" tend ainsi à disparaître. Récemment, le JT de la RTBF revenait sur la présentation des voeux du "bourgmestre en titre", le seul, le vrai, de Mons. Entendez le seigneur Di Rupo.
La Libre Belgique de ce jour relate les débats au Conseil communal de Tournai et évoque une déclaration du "bourgmestre en titre" de Tournai, Rudy Demotte. Lequel invite ce vendredi les personnalités tournaisiennes à sa remise de voeux. L'invitation est sobrement signée par lui, "bourgmestre de Tournai".
On voit par là qu'il faut en finir (2) avec cette interdiction de cumul du mandat de ministre avec celui de bourgmestre et cesser d'importuner ces braves gens qui ont le don d'ubiquité. Et qui sont indispensables là où ils sont: au gouvernement, à la tête de leur commune et partout où ils peuvent être utiles au fonctionnement de la démocratie. Qu'on cesse enfin d'empêcher d'agir ces hommes dévoués.

(1) biffez la mention inutile.
(2) d'ailleurs, eux - dans les faits - en ont fini.

dimanche 6 janvier 2013

Vos beaux yeux, Marquis, d'amour mourir me font

On ne devrait jamais partir en vacances à la jonction de deux années. De l'une à l'autre, on a la faiblesse d'espérer un changement. On est fatalement déçu. On quitte la Wapi (cette magnifique Wallonie picarde que l'Europe entière - voire le monde - nous envie) fin 2012. On la retrouve début 2013. On constate que la féodalité se porte toujours aussi bien. A Tournai, le Marquis de Motte a prononcé ses voeux (1). Il espère le meilleur et il y croit comme chaque année, mais estime - répliquant à Bart de Leeuw van De Wever en Vlaanderen - que "le confédéralisme est un piège à cons". Sa phrase n'entrera pas plus dans l'Histoire que celle qu'il a paraphrasée: "le confédéralisme, c'est le fédéralisme des cons", avait déclaré bien avant lui quelqu'un d'autre (2). Après cette saillie forte, Rudy Ier attend des applaudissements qui n'arrivent pas. En grand professionnel, il enchaîne, sous le regard admiratif de ses courtisans réunis en la Halle aux Draps à Tournai. Ils sont nombreux. Très. Au point qu'il sont innombrables. Mais qu'importe pour lui? Il a tenu à saluer chacun personnellement. Il embrasse chacun et chacune d'entre eux. Peut-être l'an prochain les embrassera-t-il sur la bouche, à la soviétique. En attendant, nous assistons là à un grand moment d'autodémocratie. Une communion entre un chef et celles et ceux qui l'ont fait. C'est si beau à voir. Si émouvant. On est sûr que toujours ses chaussures seront bien cirées. C'est la marque du marquis.

(1) JT de la RTBF, 6 janvier 2012, 19h30.
(2) Mais qui donc?

mardi 4 décembre 2012

Premiers communiants

Les conseils communaux nouveaux sont comme le Beaujolais pareillement qualifié. Un peu rêches, toujours un peu décevants, avec un goût écœurant de banane. Ils se sont mis en place hier dans toutes les communes de Wallonie.
Une nouvelle règle est apparue: ils peuvent être désormais présidés par un autre conseiller que le bourgmestre. Il s'agit de faire mieux vivre la démocratie. Le Conseil communal est le législatif, le collège l'exécutif. Il n'est pas normal que les deux se confondent et que le bourgmestre arbitre des débats au centre desquels il se trouve. Très peu de conseils communaux wallons ont choisi de fonctionner de la sorte. C'est que "les bourgmestres sont souvent jaloux de cette prérogative" de présider les débats, affirme Paul Furlan, ministre wallon des Pouvoirs locaux (1).
Prenons deux exemples au hasard, à Thuin et à Tournai. A Thuin, les débats du conseil seront arbitrés par le "bourgmestre en titre". Il s'appelle Paul Furlan. C'est une vraie surprise. A Tournai, ils le seront par Rudy Demotte, ministre-président de la Région wallonne et "bourgmestre en titre" de Tournai. En voilà une autre. No Télé le présente d'ailleurs sous cette fonction de "bourgmestre en titre" (2), même si elle n'existe pas (3). Mais le Napoléon de la Wallonie picarde entend bien qu'on l'appelle de la sorte. D'autant qu'il "communie avec la ville" qu'il a conquise. Même si sa victoire ne fut pas à la hauteur de ses espérances: 7.000 voix alors qu'il en espérait le double. Ce ne fut pas Waterloo, mais ce ne fut pas non plus Arcole ou Austerlitz. "Je dois prouver que je suis présent dans la ville", déclare celui qui n'entend pas être bourgmestre empêché, même si c'est ce qu'exige une loi qui n'arrivera pas à contraindre ses ambitions. Pour ce faire, il animera les débats du conseil communal, "ce vivier de la démocratie". Le rédacteur en chef de No Télé interroge Paul-Olivier Delannoy, "l'échevin délégué à la fonction de bourgmestre" (celui qui n'est donc pas bourgmestre faisant fonction, une fonction inenvisageable pour Rudy Ier qui n'aime que le soleil): "si le roi vient à Tournai, c'est Rudy Demotte qui le recevra; s'il y a une explosion dans le zoning de Marquain, c'est vous qui allez en correctionnelle....?" Autrement dit: à lui les honneurs, à vous les emmerdes. Polo, en bon petit soldat, acquiesce. Il affirme même qu'il s'en réjouit, qu'il l'a toujours voulu ainsi. On voit par là que Rudy Demotte est un artiste. Peu lui chaut les diminutions des subventions à la création théâtrale, c'est un créatif inné. Du grand art. Avec les applaudissements du public et d'une partie de la presse. Et des rappels?

(1) Matin Première, la Première (RTBF radio), 3 décembre 2012.
(2) No Télé, 4 décembre 2012.
(3) lire "Pêcheurs empêchés" (13.10.2012) et "Le bal des hypocrites" (12.11.2012).

lundi 12 novembre 2012

Le bal des hypocrites

Ca y est, le Collège communal de Tournai est formé. Rudy Demotte l'a présenté à la presse. Rudy Demotte? N'est-il pas bourgmestre empêché? Certes, mais il est quand même bourgmestre en titre, une fonction qui n'existe pas (1), mais à laquelle il tient beaucoup (2). Il n'y aura d'ailleurs pas, à Tournai, de bourgmestre faisant fonction. Il n'aime pas non plus cette appellation. Il y aura un "échevin délégué à la fonction de bourgmestre". On est prié de ne pas rire. Il n'y a d'ailleurs pas de quoi. L'interdiction de cumul entre la fonction de ministre et celle de bourgmestre est totalement pervertie par le Coq wallon picard. Il signale également qu'il présidera les débats en conseil communal et qu'il occupera le bureau de bourgmestre (3). Les choses sont claires: il a été élu bourgmestre, il le sera envers et contre l'esprit de la loi. Celui qui apparaissait, voici quinze ans, aux yeux de plusieurs militants socialistes, comme un rénovateur, apportant la démocratie au sein du Ps, n'est finalement qu'un conservateur de plus. Il devrait se méfier, le pouvoir rend fou. Il pourrait être atteint. 
A Thuin, c'est d'échevin empêché qu'il s'agira, Mais "c'est à une autre hauteur qu'il y a de quoi s'énerver, écrit la Libre (4): sur l'hypocrisie voulant que des ministres se présentent aux communales sans intention de quitter leur gouvernement, puis qu'ils restent les vrais patrons dans leur commune en laissant penser l'inverse... Une situation qui prend un relief particulier dans le cas thudinien où le ministre en question, Paul Furlan (PS), a en charge la tutelle des communes wallonnes!"

Pendant ce temps-là, la collègue de Demotte et Furlan, Fadila Laanan, Ministre de la Culture, désigne au poste de président du CSA, son chef de cabinet adjoint (5). Un conseil comme le CSA a pour fonction de rendre des avis en toute indépendance par rapport à l'Exécutif. "Le CSA est l'autorité administrative indépendante chargée de la régulation du secteur audiovisuel de la Fédération Wallonie-Bruxelles."(6) On se sent pleinement rassuré quant au respect de cette indépendance! 
On l'est tout autant par rapport à la CRAT, autre instance indépendante, chargée, elle, de rendre des avis dans le domaine de l'aménagement du territoire: elle a pour vice-présidente une membre du Cabinet Demotte, en l'occurrence Josiane Pimpurniaux, qui est aussi en charge - quelle coïncidence! - des questions d'aménagement du territoire dans ce même cabinet (7). O tempora, ô mores!

Tout petit déjà, c'est fou comme tout me foutait le dégoût.
Alain Souchon

(1) (re)lire "Pêcheurs empêchés" sur ce blog, 13 octobre 2012.
(2) (re)lire "Le petit déjeuner des gens de terrain" sur ce blog, 17 octobre 2012.
(3) L'Avenir, 12 novembre 2012.
(4) LLB, 12 novembre 2012.
(5) LLB, 9 novembre 2012.
(6) www.csa.be
(7) http://demotte.wallonie.be/equipe

mercredi 24 octobre 2012

Mise au vert

Le triple ministre-président de la Wallonie, de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Wallonie picarde a conquis de haute lutte l'hôtel de ville de Tournai. Il a eu besoin de se reposer. Qui n'en aurait besoin? Il se montre ici sur son compte Facebook. On le voit apaisé. Mieux: ressourcé. Tellement détendu qu'il ne se rend pas compte qu'un paparazzi l'a surpris.
http://twitter.com/MathLOFF/status/260109498163810304/photo/1/large
A propos de cette même photo, on peut écouter le "Café serré" de Thomas Gunzig:
http://www.rtbf.be/info/emissions/article_cafe-serre?id=7862053

mercredi 17 octobre 2012

Le petit déjeuner des gens de terrain

Connaissez-vous le terrain, savez-vous comment vivent les gens? Si, comme moi, vous n'êtes pas bourgmestre, vous ne devez pas savoir grand chose de la réalité. Les députés wallons et fédéraux sont dans le même cas : ils ne peuvent être dans le concret s'ils ne sont pas, en même temps, bourgmestre ou échevin. C'est ce qu'on retiendra du "petit déjeuner des bourgmestres", organisé par No Télé sur son plateau ce lundi matin, lendemain de veille. Les uns et les autres se réjouissaient. Clovis Demotte avait presque la larme à l'œil:  c'est, dit-il, "une histoire d'amour qui se noue entre Tournai et moi".

Les abonnés à Cumul + étaient quelques-uns sur le plateau. Ils ont défendu le cumul du mandat de bourgmestre avec celui de parlementaire. Olivier Saint-Amand, nouveau bourgmestre d'Enghien, démissionnera de son mandat de député wallon pour se consacrer à temps plein à sa ville. Ainsi le veulent les statuts d'Ecolo. Ainsi le voudront aussi, dès 2014, les nouvelles dispositions adoptées par le Parlement wallon.
Ses collègues respectent sa décision, mais défendent leur double casquette, estimant que, quand on est bourgmestre, on connaît le terrain local. "On a les mains dans le cambouis", déclare Rudy Demotte, qui, même avec des gants, ne salira pas les siennes, puisque, ministre, il ne peut assurer la fonction de bourgmestre qu'il briguait et a acquise. Il demande d'ailleurs qu'on le considère comme un "bourgmestre en titre" et non comme un "bourgmestre empêché" (1). "Je n'ai aucune leçon à recevoir", déclare celui que les Flamands surnomment "le petit prof" (sa réplique préférée quand il est à court d'arguments). Il en profite pour dénoncer le sectarisme des écolos. Démontrant par là combien il est foncièrement libéral : chacun fait fait fait c'qui lui plaît plaît plaît.
Le cumul n'est pas un problème, la démocratie a toujours raison, estime le député-bourgmestre de Frasnes, Jean-Luc Crucke : les électeurs sont prévenus, ils acceptent le cumul en connaissance de cause.
Ils le réclament même, surenchérit Christian Brotcorne, député-bourgmestre de Leuze : voyez comme Ath a été transfiguré grâce au statut de Guy Spitaels.
Olivier Saint-Amand a beau jeu de demander si cette situation est "juste" et de faire remarquer qu'à ce compte-là le Parlement wallon devrait compter 262 élus, soit un représentant par commune, et de rappeler (visiblement, il le faut) que le rôle d'un député n'est pas de favoriser sa commune. "Pas de procès d'intention", lui rétorque Demotte, qui confond intention et action, puisqu'il reconnaît aussitôt avoir favorisé, quand il était ministre de la Culture, son ex-commune de Flobecq, mais pour soutenir des projets qui le méritaient. Bon sang, mais c'est bien sûr (2)!

Mais peut-on réellement et matériellement assumer les deux fonctions ?, demandent les journalistes de No Télé. Le bourgmestre de Péruwelz, Daniel Westrade, affirme occuper sa fonction à temps plein et exiger de ses échevins qu'ils consacrent, au minimum, un mi-temps à la leur. "Un bourgmestre doit être présent dans sa commune le plus souvent possible. Etre disponible", estime le nouveau maïeur de Beloeil, Luc Vansaingele. "Il faut parfois travailler quinze heures par jour pour la commune", assure son collègue de Mont de l'Enclus, Jean-Pierre Bourdeaud'hui.
En tout cas, au moins un mi-temps pour une commune comme Silly, estime Christian Leclercq, son bourgmestre. Pierre Wacquier assure consacrer quarante à cinquante heures par semaine à sa commune de Brunehaut. Il estime qu'il est alors sur le terrain, dans le concret, mais qu'il pouvait ainsi, quand il était député wallon, faire remonter au parlement les avis des citoyens.
On voit par là que pour nombre de députés-bourgmestres le contact avec le terrain ne peut s'opérer que via un poste de maïeur, qu'ils n'imaginent pas qu'on puisse être "dans la vraie vie", en militant dans l'associatif, en rencontrant des citoyens à travers des réunions, des échanges divers. On voit aussi par là qu'il doit rester bien peu de temps aux députés-bourgmestres pour assumer leurs responsabilités à Namur, s'ils assument déjà plus qu'un temps plein dans leur commune (3).
De toute façon, même si on n'est pas en même temps député, on peut toujours compter sur "Rudy" pour défendre des dossiers voisins, assure Bernard Bauwens, bourgmestre d'Antoing. Finalement, où est le problème ? Finalement, c'est vrai, la Wallonie est en train de changer. La preuve, c'est que tout le monde le dit. Et c'est sûrement grâce aux cumulards. Les remerciera-t-on jamais assez ?
Il y avait, ce lundi matin, sur le plateau de No Télé, une odeur d'hypocrisie et de vieille culture politique. Les notables entre eux se protégeaient. Etait-on en 2012 ou en 1982 ? En Wallonie picarde ou en Hainaut occidental ?

Note: quand des journalistes, peu avant le 14 octobre, interrogeaient Rudy Demotte sur son "débarquement" à Tournai, celui-ci répondait que c'était là  sa ville depuis toujours, son jardin, que c'est là qu'il a toujours milité, toujours tenu ses réunions, que son fils y va à l'école, etc. Au lendemain des élections, commentant son score personnel, visiblement en-deçà de ses espérances, il estimait que 7000 voix, ce n'est pas mal "pour un primo-arrivant" (4). Demotte est donc un primo-arrivant de longue date.

(1) lire le billet "Pêcheurs empêchés" sur cette perversion dont se réclame le nouveau "bourgmestre en titre" de Tournai.
(2) voir mon interpellation de Rudy Demotte au Parlement de la Communauté française en 2002 sur les étonnants subsides dont ont alors bénéficié Flobecq et la Région des Collines.
(3) lire ou relire sur ce blog les billets "Discussion sur le bout de gras" (29.06.12) - "Les gens indispensables" (08.03.12) - "Abonnés à Cumul+" (28.10.11) - "Synergétiques cumuls" (23.10.10) - "Cumulet par monts et par vaux" (27.08.10).
(4) le Soir, 15 octobre 2012.

mardi 16 octobre 2012

Gratitude et renvoi d'ascenseur (et merci pour tout)


"Ce jeudi 30 août 2012, le Gouvernement wallon, présidé par Rudy DEMOTTE, a approuvé l'octroi d'une subvention de 750.000 € à l'asbl Vertefeuille. Ce montant est octroyé en vue de réaliser une extension d'un centre d'accueil de jour de 15 places, ainsi que pour la mise en place de 15 lits de court séjour à la maison de repos La Vertefeuille.
Marc Gillieaux, Directeur général
Jean-Marie Brooms, président du Conseil d'Administration"


Affiché sur la porte d'entrée de la résidence-service "La Vertefeuille" à Tournai deux-trois semaines avant les élections communales.
Rudy Demotte était venu y manger fin août avec les pensionnaires à qui il avait serré la main.  Comme il est gentil!


samedi 13 octobre 2012

Pêcheurs empêchés

A la pêche aux voix, je veux bien aller, maman! C'est ce que chantent quelques aspirants bourgmestres qui se présentent aux élections, avec toutes les chances de gagner le poste de maïeur, mais sans intention de l'occuper, puisqu'ils entendent bien rester ministres.
En Italie, ils ne pourraient le faire. Pour se présenter aux élections communales, ils devraient d'abord démissionner de leur fonction précédente. Le "bourgmestre empêché" est une spécialité belge, une perversion de notre système démocratique. "Le sens d'une élection, c'est de se faire élire, rappelle dans la Libre (1) Vincent de Coorebyter, directeur du CRISP, et un élu devrait normalement siéger là où il a été élu. Ce ne sera pas le cas. Et cela crée incontestablement un malaise." Il propose dès lors soit de contraindre les élus qui ont obtenu deux mandats à n'en choisir qu'un, soit d'interdire à un responsable politique déjà élu d'être candidat à une élection s'il n'a pas d'abord démissionné (une deuxième solution qui lui paraît excessive). V. de Coorebyter estime aussi que le choix du "bourgmestre faisant fonction" ne peut être laissé souverainement au champion en voix. Ce devrait automatiquement le deuxième en voix de préférence sur sa liste.
Aujourd'hui, le "bourgmestre empêché" préfère se présenter comme "bourgmestre en titre", "une appellation inventée de toutes pièces, écrit François Brabant dans le Vif (2), qui ne se retrouve dans aucun texte de loi... mais qui s'est imposée dans les faits". Qui doute une seule seconde qu'Elio Di Rupo ne continue, contre l'esprit de la loi, à diriger sa ville de Mons? Qui pense que Rudy Demotte, empêché, ne gouvernera pas la Ville de Tournai où il a d'ailleurs déjà placé ses hommes? "Cette ambivalence est jugée perverse par plusieurs élus, qui demandent un durcissement de la législation", écrit encore F. Brabant. "Bourgmestre en titre, ça veut dire quoi?, demande le sénateur Ecolo Marcel Cheron. Cela veut dire que, de manière occulte, on est toujours là. Ce glissement sémantique est un abus de sens, il s'apparente à une tromperie. On serait bien inspiré d'en revenir à la lettre et à l'esprit de la loi", dit-il (2).
D'autant qu'entre "l'empêché-bourgmestre en titre" et "le faisant fonction" les rapports sont parfois vite conflictuels. Car ou le premier nomme un homme ou une femme de paille sur lequel il a toute autorité, ou il nomme un homme ou une femme d'envergure, mais qui n'acceptera pas longtemps de ne pouvoir gérer que les basses besognes. En témoigne, par exemple, la rupture entre Demotte et Mettens à Flobecq.
Mais...vanitas vanitatum, et omnia vanitas. L'homme politique (certains d'entre eux en tout cas) a besoin de plusieurs mandats pour sentir fort et l'être plus encore.

                                        *                                     *                                 *

Christian Massy ne restera pas dans les annales tournaisiennes comme un bourgmestre fort. Il se confesse dans la Libre (3). Affaibli par l'affaire Singa (du nom de ce joueur de foot à qui il avait fait faire de faux papiers), il avait décidé de ne plus se présenter aux élections. Mais c'est l'exécutif  socialiste tournaisien (dont le président est un certain Demotte) qui annonça l'information. "Avoir laissé apparaître que c'était l'exécutif de l'USC qui m'a poussé à ne plus être candidat, que c'était une sanction du PS, je n'ai pas du tout apprécié, dit-il. C'est faux, et particulièrement humiliant!". Et peu après, Demotte évoquait publiquement les regrets du maïeur vis-à-vis de l'employée communale impliquée dans l'affaire. Nouveau coup de poignard dans le dos: "j'ai ressenti une grande frustration, une grande injustice, car ce n'étaient pas mes propos". Christian Massy avoue avoir été de ceux qui ont participé au parachutage à Tournai de Rudy Demotte. On sent entre les lignes - allez savoir pourquoi - un certain regret.

                                        *                                     *                                 *

Mon billet précédent '"En nu onze hit-parade met Rrrrrrudy - (55 raisons de voter pour Rudy Demotte") recueille un certain succès. En termes d'audience en tout cas. Personne cependant ne s'aventure à laisser une réaction sur le blog. Il faut croire que la discrétion en la matière est bonne conseillère et que chacun a d'excellentes raisons de ne pas se fâcher avec le Petit Marquis. Je le comprends parfaitement.
Reste que je reçois de nombreux messages personnels, qui m'incitent à continuer à partager mes réflexions; qui s'interrogent sur ce pouvoir qui rend fou; qui me proposent bien d'autres raisons aux cinquante-cinq que j'ai recueillies; qui constatent que le Ps est décidément le parti le plus moderne qui soit: qu'importe le fond, pourvu qu'on ait la com'; qui estiment qu'il faut à toute force éviter qu'un parti ait la majorité absolue; qui pensent que quand un politique est capable de se déguiser autant dans le cadre de ses fonctions, c'est qu'il joue la comédie, mêle le vrai au faux, entretient l'illusion.



                                        *                                     *                                 *

L'électeur est le maître du jeu. Dit-on.


(1) LLB, 12 octobre 2012.
(2) Le Vif, 28 septembre 2012.
(3) LLB, 12 octobre 2012.

mercredi 10 octobre 2012

En nu onze hit-parade met Rrrrrrrudy *

Cinquante-cinq raisons de voter pour Rudy Demotte

Il est candidat bourgmestre, mais il l'assure: même élu, il n'exercera pas la fonction, puisqu'il entend lui préférer celles de ministres-présidents.
Le voilà donc, comme le souligne la presse, "candidat bourgmestre empêché".
Mais pourquoi donc est-il finalement candidat? On se le demande. Mais pourquoi donc tant d'électeurs tournaisiens s'apprêtent-ils à voter pour un candidat qui ne respectera pas leurs votes? On s'interroge.
Voici - à partir d'un sondage organisé auprès de moi-même ces dernières années - cinquante-cinq raisons de voter pour Rudy Demotte aux élections communales à Tournai:

1. Parce qu'il a l'air gentil.
2. Parce qu'il a l'air intelligent.
3. Parce qu'on le voit beaucoup à la télé.
4. Parce que ça tombe sous le sens.
5. Parce qu'il ne boit jamais d'alcool.
6. Parce qu'il sait se contrôler.
7. Parce qu'il aime surtout les débats quand tout le monde est d'accord avec lui.
8. Parce qu'on ne peut pas ne pas être d'accord avec lui, puisqu'il est toujours d'accord avec nous.
9. Parce qu'il a beaucoup joué au ni oui ni non quand il était jeune.
10. Parce qu'on peut faire autre chose en l'écoutant parler.
11. Parce que même quand il n'a rien à dire il le dit bien.
12. Parce qu'il parle avec des mots choisis.
13. Parce que, consubstantiellement, c'est un homme de consensus et que dans ce pays divisé on en a bien besoin.
14. Parce que, parlant du Centre sportif de haut niveau de la Communauté française, qui ne verra jamais le jour, il peut dire "il n'a pas été abandonné, il a été judicieusement choisi" (RTBF, la Première).
15. Parce qu'il est comme les autres, mais qu'il s'efforce d'être différent.
16. Parce que le mot componction a l'air d'avoir été inventé rien que pour lui.
17. Parce qu'il a tout compris mieux que les autres et qu'il a la gentillesse de nous l'expliquer.
18. Parce qu'il arrive à faire croire aux gens de gauche qu'il en est et aux gens de droite qu'il n'en est pas (de gauche).
19. Parce que certains journalistes l'appellent Monsieur Antivagues, d'autres Le Petit Marquis. (Le Vif, 2 mars 2012)que les Flamands l'appellent Le petit prof.
20. Parce qu'il aime autant le social que le capital.
21. Parce qu'il emmenait ses enfants, petits, dans les bureaux de vote "pour leur faire partager ces grands moments de la démocratie" (voir No Télé à chaque élection).
22. Parce que si ça ne fait pas de bien, au moins ça ne fera pas de mal.
23. Parce qu'il est un peu plus chaleureux que Guy Spitaels.
24. Parce qu'il préfère une Wallonie qui gagne à une Wallonie qui perd.
25. Parce qu'il est capable de s'habiller en maillot jaune de la Wallonie (qui gagne) pour annoncer l'arrivée du Tour de France à Tournai (http://rudydemotte.info/b/?p=2347).
26. Parce qu'il est capable de porter un sweat-shirt rouge quand il se rend à la Maison du Peuple.
27. Parce qu'aux fêtes de Wallonie il est capable de porter un petit chapeau et de souffler dans un mirliton (LLB, 19 septembre 2011).
28. Parce qu'il n'hésite pas à s'habiller en chef coq (wallon) et à se faire filmer en train de préparer "symboliquement" un mezzé pour accueillir ses invités grecs aux Fêtes de Wallonie (www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20120911_021).
29. Parce qu'il est comme nous: il aime bricoler (Nord Eclair, 6 septembre 2010).
30. Parce qu'il publie dans la presse de jolis poèmes à l'occasion de la fête des mères (Nord Eclair, 9 mai 2010) (1).
31. Parce qu'il pense que ça ira mieux demain.
32. Parce qu'on sent que ça lui ferait tellement plaisir.
33. Parce qu'il est le petit père de la Wallonie picarde.
34. Parce qu'il cultive les organismes génériquement modifiés: grâce à lui, on ne doit plus dire Hainaut occidental, mais Wallonie picarde; on ne doit plus dire Région wallonne, mais Wallonie; on ne doit plus dire Communauté française, mais Fédération Wallonie-Bruxelles; et que tout cela c'est quand même un sacré progrès.
35. Parce qu'il ne faudrait quand même pas que le Ps de Wapdoowap ait changé pour rien (et pour lui) ses règles qui autorisent désormais le cumul de mandats (Le Vif, 3 février 2012).
36. Parce que Tournai avait besoin d'un sauveur et qu'il a le sens du sacrifice.
37. Parce qu'il n'a pas attendu d'être élu bourgmestre pour prendre des décisions en tant que tel (LLB, 1er septembre 2011).
38. Parce qu'il sait prendre des décisions difficiles "en période sereine", par exemple, au lendemain des élections, quand il a été réélu (même s'il n'avait plus le droit de prendre de telles décisions) (LLB, 13 avril 2011).
39. Parce qu'il a su peser le pour et le contre avant d'autoriser la F.N. à vendre des armes à la Libye de Kadhafi (Le Vif, 12 juin 2009).
40. Parce que, pour défendre les aéroports wallons, il s'oppose à la taxe sur les billets d'avions demandée par le Fédéral (LLB, 6 novembre 2008), mais qu'il en "appelle à une révolution copernicienne", face aux grands enjeux du temps", notamment le "défi énergétique" (Le Vif).
41. Parce qu'il n'hésite pas à donner du travail à ses proches, comme son cousin par alliance Philippe Mettens, son bourgmestre faisant fonction à Flobecq (2)  (Vif, 4 mai 2012).
42. Parce qu'il est vraiment généreux et n'hésite pas à laisser une petite enveloppe à des associations ou institutions auxquelles il peut faire plaisir.
43. Parce que c'est un "ascète ambitieux", qui "n'hésite pas à donner des coups en usant d'un langage agressif", qui "se soucie de positiver les choses, quitte à enjoliver ou à tordre la vérité des faits" (Vif, 30 septembre 2011).
44. Parce qu'il est capable de comprendre "l'intempérance et la colère" de syndicalistes à l'égard de son parti (JT No Télé, 9 janvier 2012).
45. Parce que peu de lettres différencient Don Quichotte, héros picaresque, de Don Demotte, héraut picardesque.
46. Parce que "une phrase de Rudy Demotte, comme beaucoup d'autres phrases de Rudy Demotte, a l'air de vouloir dire quelque chose, mais veut en réalité dire autre chose" (Thomas Gunzig, Le café serré, Matin Première, 7 mars 2012).
47. Parce qu'il a "un regard tendre pour Tournai" (Le Vif, 31 août 2012), "un bijou à redorer" (Télémoustique, 26 janvier 2011) .
48. Parce que, dans une savante confusion, il adore mettre tout le monde autour de la table et au service de sa campagne, comme à Tournai début septembre, en réunissant "collègues ministres, camarades tournaisiens et conseillers" (LLB, 6 septembre 2012).
49. Parce qu'il est facétieux: pour amuser les journalistes, il n'hésite pas à parler dans un pommeau de douche qu'il utilise comme un téléphone (L'Avenir, 14 septembre 2012).
50. Parce qu'il est champion de parachutisme et de la com'.
51. Parce qu'il sait prendre de son précieux temps de double ministre-président pour dîner avec des pensionnaires de maisons de repos de Tournai (comme à la Verte-Feuille fin août 2012).
52. Parce qu'il est l'homme providentiel pour ceux qui sont en manque de héros, de père et d'irrationnel.
53. Parce que c'est un magicien (3) .
54. Parce qu'il s'agit d'une simple formalité: à un moment donné il faut quand même bien légaliser une situation de fait.
55. Parce que, consubstantiellement, il a le sens de l'abnégation: il va se faire élire bourgmestre pour aussitôt céder sa place à un autre (qu'il choisira lui-même).

Voilà donc cinquante-cinq raisons de voter Demotte.
Reste à en trouver une bonne.

* les Snuls

(1) " Maman, mère, source de lumière et de bonheur. Elle est notre premier sourire, notre premier mot, notre première caresse, notre premier baiser. Joyeuse fête à toutes les mamans."
(2) "je l'ai beaucoup aidé: il est devenu mon attaché parlementaire à la sortie de l'université, ensuite mon chef de cabinet adjoint alors qu'il n'avait aucune expérience. Je me suis battu aussi pour qu'il devienne chef de cabinet du ministre de la Politique scientifique." (Vif, 4 mai 2012)
(3) un terme qui est - aussi - synonyme d'illusionniste.

Sur les "bourgmestres empêchés", écoutez le "Café serré" de Thomas Gunzig de ce mercredi 10 octobre:
 www.rtbf.be/info/emissions/article_le-cafe-serre?id=7853245

jeudi 8 mars 2012

Les gens indispensables

Il y a des gens dont il est absolument impossible de se passer. Sans eux, le monde s'arrêterait de tourner. Ils sont au four et au moulin.
Prenons, par exemple, notre premier ministre. Allez savoir pourquoi, on imagine Elio Di Rupo assez occupé. Mais il briguera à nouveau, en octobre, le poste de bourgmestre de la Ville de Mons. Il ne pourra véritablement, et surtout officiellement, exercer la fonction, en plus de celle de premier ministre. Mais qu'on se rassure, nous dit sa porte-parole, il se consacrera à 100% à sa ville. On suppose qu'il en donnera au moins tout autant au Gouvernement fédéral. C'est Monsieur 200%. Il fait mieux que le footballeur entendu vendredi dernier (sur la Première) qui affirmait: "je suis 100%".
D'autres que lui seront dans le même cas. Un exemple (au hasard): Rudy Demotte. Le double ministre-président du Gouvernement wallon et de celui de la Communauté française (1), on le sait, joue les parachutistes et brigue le maïorat tournaisien. Il veut redonner tout son lustre à cette ville qu'il aime tant. Pour pouvoir être candidat, il a fait changer les règles internes au Ps de Wallonie picarde (un modèle du genre, nous dit-on) qui interdisait le cumul de mandats. Mais dans le même temps, le Parlement wallon agit en sens contraire et interdit ces mêmes cumuls. Pas totalement cependant. Il y aura des privilégiés: les gros scoreurs (politique et football ont décidément bien des traits communs) pourront s'abonner à Cumul +. Un quart des députés wallons pourront en même temps être bourgmestre, échevin ou président de CPAS. Les heureux élus seront ceux qui auront obtenu le meilleur taux de pénétration, entendez par là le plus grand nombre de voix obtenues par rapport au nombre d'électeurs (2). Bref, les champions seront avantagés.
Une fois élus, ces gens indispensables ne pourront cependant pas être à la fois membre d'un exécutif communal et d'un gouvernement. Qu'à cela ne tienne, ils désigneront un bourgmestre faisant fonction qui fera ce qu'on lui dit de faire et tiendra la place au chaud pour son bourgmestre hélas empêché.
Des communes comme Mons et Tournai l'auraient-elles pas besoin d'un vrai bourgmestre à temps plein, légitimement élu à ce poste?
S'ils veulent voir Rudy Demotte occuper réellement le siège de bourgmestre, les Tournaisiens, non militants socialistes, savent ce qui leur reste à faire: ne pas voter pour Demotte. Vu sa popularité, il sera bien sûr élu au Conseil communal, et largement, par les militants socialistes. Mais si son taux de pénétration est plus faible, il devra choisir entre deux sièges. Et on peut parier qu'il choisira d'être bourgmestre. Sa nouvelle ville lui tient tellement à cœur.

(1) Il ne sera pas ici question de Fédération Wallonie-Bruxelles, xième nom, déjà contesté au sein même de son propre Gouvernement, de la Communauté française, cette appellation-ci étant celle qu'indique la Constitution belge (art.2).
(2) lire "La Wallonie choie les gros cumulards", in Le Vif, 3 février 2012

jeudi 2 février 2012

MR comme Mort de Rire*

Les ambassadeurs - plus exactement délégués et conseillers - de ce qu'il est à présent convenu d'appeler, jusqu'à nouvel ordre (c'est le cas de le dire), Fédération Wallonie-Bruxelles devront désomais être recrutés sur concours. Pour éviter les nominations de copains. Il y aura des exceptions. On suppose qu'elles doivent confirmer la règle. Les exceptions stipulent que des Hauts Représentants (on appréciera les majuscules) pourront être désignés "en raison de circonstances spécifiques et liées à une situation politique et/ou géographique ou en raison de circonstances particulières liées au poste ou encore en raison de l'importance stratégique du poste liée à la politique gouvernementale (...) eu égard à la spécificité de postes ouverts et en raison des circonstances" (1). Bref, il y aura toujours des opportunités pour des copains. Rudy Demotte nous l'explique posément. En d'autres termes, il est vrai (2).
Le chef de groupe MR au Parlement wallon, Willy Borsus, vitupère: c'est inacceptable, dit-il, de laisser à la porte ouverte à des désignations partisanes. La RTBF rappelle les nominations de William Ancion et de Catherine Brahy (CDH) et celle de Jean-Pol Baras (PS). Et encore celle de Pierre Hazette qui fut Ministre de l'Enseignement secondaire de 1999 à 2004. Il est MR. Willy Borsus s'empresse de préciser qu'il ne s'en prend pas aux personnes, que c'est une question de principe. Cela va sans dire. Il ne faut jamais s'en prendre aux personnes. Tout comme il ne faut jamais laisser passer une occasion de se taire. Après, il est trop tard.

* ou Mine de Rien

(1) LLB, 2 février 2012
(2) JT de la RTBF, 2 février 2012

vendredi 16 décembre 2011

Maximes pour grands hommes

Jamais contents. Ces écolos ne sont jamais contents. Rudy Demotte annonce-t-il "un don" de 15.000 euros pour remettre en état trois géants tournaisiens? Ils râlent. Marie-Christine Lefebvre, cheffe de groupe Ecolo au Conseil communal tournaisien, estime que le ministre-président wallon confond les rôles. "En annonçant qu'il apportera des subventions à Tournai, Rudy Demotte se place hors cadre d'une élection communale, dit-elle, où l'on doit débattre d'un projet pour le futur de Tournai" (1). Elle invite le candidat bourgmestre de Tournai à cesser sa distribution de cadeaux: "qu'il décroche sa hotte de Père Noël et la range au placard, du moins lors de manifestations publiques". Ce disant, elle "ose exprimer ce que des élus de la majorité PS-CDH murmurent", écrit Laurent Dupuis, qui rappelle les épisodes de Rudy le maillot jaune (2) et de Rudy présentant le plan communal cyclable de Tournai (3). On pourrait y ajouter l'épisode de Rudy le meunier de Thimougies (4). Rudy Demotte se rend compte combien il est difficile d'être compris quand on est si gentil. Et il découvre ainsi tout doucement la culture de la ville où il s'est auto-parachuté et quasi auto-proclamé bourgmestre. "Faites du bien à ein baudet, i vous quie au nez", dit-on à Tournai. On y dit aussi: "él' bourgémète i f'ra pus facilemint nettier vo rigole si i-est d'vo ruache" (5). On dit aussi que nul n'est prophète en son pays. Un humoriste prétendait que "nul névropathe en son pays" (6).

Pendant ce temps-là, les Montois peuvent être rassurés: leur bourgmestre en titre, même s'il sera "empêché" maintenant qu'il est premier ministre, continuera à rester bourgmestre: "le contact est quotidien avec le Collège", assure Juliette Pécry, porte-parole du Collège communal (1). Et Marc Barvay, bourgmestre faisant fonction, confirme que Elio Di Rupo "continuera de lancer ou maintenir les impulsions pour les grands dossiers. Elio n'abandonne pas Mons. Ce serait mal le connaître!". Qui en doutait? Pas ceux qui croient en la Providence et aux hommes providentiels. Uniquement ceux qui pensent que les cimetières sont peuplés de gens indispensables.

(1) LLB, 13 décembre 2011
(2) voir le billet "L'arrivée du tour", 31 octobre 2011
(3) voir le billet "Des villes à vivre", 10 décembre 2011
(4) voir le billet "Monsieur Bricolage", 1er septembre 2011
(5) le bourgmestre fera plus facilement nettoyer votre rigole s'il habite votre ruelle (extrait des "Maximes èd' Pépère Hinri" de Paul Mahieu (Hors-Cadre, Scribande).
(6) si je me souviens bien, c'était un dessinateur du magazine Pilote (Matin, quel journal!).

vendredi 25 novembre 2011

Schizophrénie

Régulièrement, les bourgmestres de ce qu'il faut (1) maintenant appeler la Wallonie picarde se réunissent. Sous la présidence de celui d'entre eux qui n'est plus bourgmestre (2), à savoir Rudy Demotte, petit père de cette même Wapi chérie (3). Ce fut encore le cas ce samedi 19 novembre. Ces maïeurs ont décidé d'envoyer au Gouvernement wallon une note dans laquelle ils contestent le rôle qu'ils doivent jouer en matière foncière dans le cadre de la définition des noyaux d'habitat telle qu'adoptée en septembre par le Gouvernement wallon (4). Rudy Demotte est d'accord avec eux, il les soutient. Il va donc, en tant que ministre-président de la Région wallonne, recevoir la lettre qu'il s'écrira à lui-même. Dans laquelle il pourra lire qu'il n'est pas d'accord avec ce qu'il a décidé. S'il la lit en réunion de gouvernement, sera-t-il d'accord avec la position de celui-ci ou avec celle de ses presque collègues bourgmestres de la Wapi chérie? On voit par là que le cumul des mandats conduit à des déchirements. Mais aussi que les contradictions n'ont jamais tué personne. On veut bien prendre les paris.

(1) sous peine de se faire rappeler à l'ordre, par courrier, par Rudy De Eerste lui-même.
(2) même s'il joue, avec l'aide de la presse d'ailleurs, à celui qui l'est à nouveau: exemple parmi d'autres, suite aux violences nocturnes à Tournai, Nord Eclair s'empresse d'interroger sur cette question Rudy Demotte, qui n'est - que l'on sache - ni bourgmestre de Tournai, ni membre du Conseil communal, ni commissaire de poice, ni Ministre de l'Intérieur.
(3) désormais, c'est l'appellation choisie et retenue ici-même pour désigner cette région que la terre entière nous envie.
(4) LLB, 21 novembre 2011

lundi 31 octobre 2011

L'arrivée du Tour

Liège va accueillir le départ du Tour de France 2012. Tournai une arrivée. Pour la modique somme de 90.000 euros (1). Une année électorale vaut bien une grand messe. Le peuple a besoin, en ces temps difficiles et incertains, de se réjouir. Et rien de telle qu'une grande fête de l'industrie pharmaceutique pour le distraire.
Pour l'occasion, le déjà bourgmestre de Tournai a coiffé une belle casquette de coureur et revêtu le maillot jaune et rouge de la Fédération Wallonie-Bruxelles (plus Wallonie que Bruxelles d'ailleurs). Une Fédération sponsorisée (à moins que ce ne soit son ministre-président ou le futur bourgmestre qui le soit, on a du mal à s'y retrouver) par Kia, le Crédit agricole et le Lotto. La politique, le sport, le show et l'argent se mélangent. C'est sans doute ce qui s'appelle faire consensus.

(1) Y.B., "Une vitrine sportive onéreuse", LLB, 4 août 2011

jeudi 1 septembre 2011

Monsieur Bricolage

Il l'explique à qui veut l'entendre (et de préférence aux journalistes): le soir, lorsqu'il revient de son harassante journée de travail de double ministre-président, il adore enfiler son bleu de travail et se lancer dans des travaux de plomberie ou d'électricité. Il faut croire qu'il en a déjà fini avec la rénovation de sa maison à Tournai, car voilà qu'il s'est lancé un nouveau défi: reconstruire le moulin à vent de Thimougies. Son effondrement un soir de tempête en 2008 (on parle ici du moulin) a désolé les habitants de ce petit village de l'entité tournaisienne. Ils ont créé une "Fondation Moulin de Thimougies", espérant qu'un jour ses ailes tourneront à nouveau là-haut sur la colline. Le ministre Lutgen, en charge du Patrimoine et de la Ruralité, s'était dit désolé: il ne pouvait rien faire, le moulin ayant été déclassé.
Mais le déjà-bourgmestre-de-Tournai-avant-même-les-élections
-après-tout-à-quoi-ça-sert en a décidé autrement et agi à sa manière. Elle est très personnelle. Rudy Demotte a bricolé un budget: le ministre Furlan, en charge du Tourisme, a - de manière totalement spontanée, comme on peut s'en douter - décidé de libérer 300 000 euros et la Ville de Tournai mettra le reste, on parle de 100 000 euros. C'est ce qu'a annoncé Demotte (1). Le problème, c'est que la majorité tournaisienne n'a jamais décidé de mettre la main à la poche. Elle n'a d'ailleurs pas été sollicitée en ce sens par la Fondation. Rudy Demotte a juste oublié qu'il n'est pas encore bourgmestre de Tournai (2). Il a décidé seul. Le consensualiste qu'il est a juste oublié de consulter les autorités concernées. Il a décidé à leur place. Il ne peut s'agir que d'un oubli. Ou d'une erreur de calendrier. Le sien indique déjà 2013. "Zut! Je me suis encore trompé d'année", a-t-il dû se dire. Comment lui en vouloir? Il sait que tout fait farine au moulin et le bleu de travail est sa tenue de campagne préférée.

En attendant, sa Wallonie picarde avance, quoi qu'en disent et en aient dit les pisse-vinaigre. Nord Eclair, le journal qui la célèbre un peu plus chaque jour, nous annonce que "ça y est la Wallonie picarde a sa pomme" (3). L'évènement est d'importance. Il s'agira de la "Transparente de Lesdain". Peut-on se permettre une suggestion? On passe à côté d'une occasion: on aurait pu la baptiser non pas "pomme de reinette", mais "pomme Wapi".
Nord Eclair consacre aussi une page aux "femmes tueuses de Wallonie picarde" (4). On voit par là que la Wallonie picarde regorge de talents et que le journal a de la ressource. Peut-on, sans mettre en doute ses capacités créatives, lui suggérer d'autres dossiers? Par exemple, les plus grands pédophiles de la Wapi, les plus beaux accidents de la route en Wapi, les crimes les plus atroces en Wapi, les cons de Wapi, les pires articles de Nord Eclair (édition spéciale). Vos propositions sont les bienvenues.

(1) lire "Demotte agace", par Laurent Dupuis, dans LLB de ce 1er septembre
(2) lire aussi sur ce blog "Un homme heureux", billet du 6 juin 2011
(3) Nord Eclair, 25 août 2011
(4) Nord Eclair, 31 août 2011

mardi 23 août 2011

Célérité de l'Histoire

L'Histoire va trop vite. Certains n'arrivent pas à la suivre. Parfois, ils ne sont pas encore au bout de leur mandat que déjà elle les rattrape.
En 2004, c'est-à-dire il y a peu, Mouammar Kadhafi était reçu à Bruxelles, par Romano Prodi alors Président du Conseil européen, par Guy Verhofstadt, Premier Ministre belge, par Herman De Croo, Président de la Chambre (la vidéo de promotion de la Chambre en témoignait encore récemment (1) - peut-être en témoigne-t-elle encore cette heure?), par des hommes d'affaires. Le terroriste numéro un s'était assagi, disait-on. Il s'était racheté une conduite. Il était à nouveau fréquentable. On pouvait faire des affaires avec lui. Il n'y avait donc pas de raison que d'autres en face à notre place.
Fin 2007, c'était avant-hier, le tout frais émoulu président français Sarkozy recevait le leader libyen. Celui-ci planta sa tente dans les jardins de l'Elysée et multiplia les parades et les caprices: balade en bateau sur la Seine, visite du Louvre et du château de Versailles, chasse en forêt de Rambouillet (2). Sarko en fut humilié.
Juin 2009, c'était hier, le Premier wallon, Rudy Demotte, décidait "dans la sérénité", au lendemain des élections régionales, d'accorder à la Fabrique Nationale d'armes de Herstal une licence de vente d'armes à l'armée libyenne (3).
Et voilà qu'aujourd'hui, le partenaire d'hier est jeté comme un malpropre, pire poursuivi comme un assassin, par sa propre population. Lui qui en était le guide suprême. On voit par là qu'il ne faut espérer aucune gratitude et qu'il convient de se laver les mains plusieurs fois.

(1) voir le Vif, 12 août 2011
(2) lire ou relire à ce propos ce qu'en dit Patrick Rambaud dans "Deuxième chronique du règne de Nicolas Ier". Un extrait, pour le plaisir: " Dès lors, Mouammar se consacra au désordre, il figura le Mal, ses manières piquaient insultaient même, et il devint aussi fin à nuire qu'à se faire des ennemis; son commerce sembla insupportable par son autorité brutale, ses humeurs, sa malice, avec un air de supériorité qui faisait vomir et révoltait en même temps.
Le sobriquet de Cruel était justifié par ses actes." (p. 14)
(3) voir sur ce blog le billet "Wallonie, terre d'écueil" du 19 février 2011