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jeudi 29 décembre 2016

En train de perdre la tête

Les conditions atmosphériques que nous connaissons ces dernières semaines augmentent la pollution. Et donc les risques pour la santé des personnes les plus fragiles. En cause: le chauffage et les véhicules à moteur thermique. Une solution: prendre le train. Mais à quel prix? L'humoriste Mathieu Madenian raconte, dans Charlie Hebdo de cette semaine, qu'il a dû débourser deux cents euros pour se rendre en TGV à Perpignan à Noël. C'est qu'il y a de la demande en période de fêtes, donc le service public, avec la logique du privé, augmente ses prix. Pour le même trajet, on doit pouvoir trouver un vol, via une compagnie low cost, à un prix (scandaleusement) dix fois moins cher.
En Belgique, la SNCB envisage de supprimer les accompagnateurs de train. Seul de ses agents à bord: le conducteur. Tant pis pour les personnes âgées qui éprouvent des difficultés à monter dans le train ou à en descendre, tant pis pour l'insécurité qui règne sur certaines lignes, tant pis pour la nécessité d'une présence rassurante. 
On se le demande: pour les intérêts de qui travaillent les responsables de nos sociétés de chemin de fer?

mercredi 25 novembre 2009

D'affables voisins

Hier soir en gare de Lille. Une annonce au micro nous signale que "en raison de problèmes rencontrés sur un réseau étranger, le train de Liège aura un retard indéterminé". La même annonce est ensuite répétée en néerlandais. Les informations se succèdent, toujours en français et aussitôt en néerlandais : 5 minutes, puis 10 minutes d'attente. Elles sont exprimées oralement, mais aussi indiquées sur le panneau d'affichage des départs. Finalement, les voyageurs apprennent que le train attendu n'arrivera jamais. La SNCF leur présente ses excuses.
Il y a entre la SNCF et la SNCB deux différences:
1. l'information circule côté français, les voyageurs sont considérés comme des clients et informés des problèmes. En Belgique, trop souvent, ils ont l'impression d'être des otages qui ne savent rien de ce qui les attend.
2. les voyageurs néerlandophones sont des clients comme les autres. Ils ont droit à des informations dans leur langue. En Belgique, la langue parlée est fonction de la commune où on se trouve, pas des clients. A Bruxelles, les annonces se font dans les deux langues. A Namur, Mons ou Tournai, en français uniquement. A Kortrijk ou Gent, en néerlandais uniquement. Prochainement sera ouverte une ligne directe Tournai - Kortrijk. Les annonces se feront-elles dans les deux langues?

La pratique de la monolangue n'est pas une spécificité de la SNCB. Les indications routières sont du même tonneau : à Tournai, on vous indique la direction de Courtrai, de Gand ou de Renaix. Du côté flamand, les villes wallonnes n'existent que dans leur traduction néerlandaise. Même le nom de Lille est traduit, devenant Rijsel. Et tant pis pour les Lillois ou les automobilistes en transit qui ignorent qu'un nom signifie l'autre et qu'ils roulent en Absurdistan. Seules les communes bilingues affichent le nom des villes dans les deux langues.
Par contre, le long des autoroutes du nord de la France, Gand est également indiqué Gent.
On peut reprocher bien des choses aux Français, leur nombrilisme, leur chauvinisme. Mais on saluera leur ouverture sur les régions voisines. Une attitude de courtoisie à cent lieues de l'attitude mesquine qui prévaut en Belgique. Petit pays...