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mardi 17 décembre 2024

Jammerlijk

Pauvre homme ! On le plaint amèrement. Alors que son train était à Vilvoorde, ce voyageur de la NMBS (la SNCB en néerlandais) a été salué par un Goeiemorgen ! Bonjour ! prononcé par l'accompagnateur du train. La convivialité ne colle pas toujours avec les règles belges. Et les règles linguistiques belges veulent, depuis une loi du 18 juillet 1966, que les annonces dans les trains soient toujours faites dans la langue de la région où se trouve le train. Or Vilvoorde se trouve en Région flamande. Le voyageur a donc déposé plainte. (1) Ce bonjour francophone a profondément heurté ce pauvre homme. Peut-être sa journée en a-t-elle été totalement perturbée. 
Se plaint-il quand en gare de Lille, ville d'un pays où la seule langue officielle est le français, les informations à destination des voyageurs flamands sont faites en néerlandais ? (2)

Me revient un billet écrit il y a bien longtemps (3) :
"Dans le train Mouscron - Bruxelles, lors de ses (seuls) arrêts à Herseaux, Tournai, Leuze et Ath, les annonces aux voyageurs se font en français. Mais dès l'entrée en terre bruxelloise (et sans que le train ne se soit arrêté depuis Ath), le chef de train devient bilingue. Au cas, peut-être, où de clandestins néerlandophones auraient investi le train lors de son passage en gare de Hal (où il ne s'arrête pas). Que faut-il en conclure ? Que le voyageur flamand qui aurait embarqué en gare francophone n'a qu'à comprendre le français ? Et qu'il n'a droit à sa langue natale que quand celle-ci correspond avec le sol ? Que c'est la loi du sol qui prime? Il faut surtout en conclure que le ridicule n'a jamais empêché les trains de rouler et que la Belgique est un pays qui pratique d'étranges rites, vides de sens. C'était ma rubrique Avec la SNCB, gagnez un voyage en absurdie." 

(3) https://moeursethumeurs.blogspot.com/1996/05/petite-chronique-periscopique.html

jeudi 29 décembre 2016

En train de perdre la tête

Les conditions atmosphériques que nous connaissons ces dernières semaines augmentent la pollution. Et donc les risques pour la santé des personnes les plus fragiles. En cause: le chauffage et les véhicules à moteur thermique. Une solution: prendre le train. Mais à quel prix? L'humoriste Mathieu Madenian raconte, dans Charlie Hebdo de cette semaine, qu'il a dû débourser deux cents euros pour se rendre en TGV à Perpignan à Noël. C'est qu'il y a de la demande en période de fêtes, donc le service public, avec la logique du privé, augmente ses prix. Pour le même trajet, on doit pouvoir trouver un vol, via une compagnie low cost, à un prix (scandaleusement) dix fois moins cher.
En Belgique, la SNCB envisage de supprimer les accompagnateurs de train. Seul de ses agents à bord: le conducteur. Tant pis pour les personnes âgées qui éprouvent des difficultés à monter dans le train ou à en descendre, tant pis pour l'insécurité qui règne sur certaines lignes, tant pis pour la nécessité d'une présence rassurante. 
On se le demande: pour les intérêts de qui travaillent les responsables de nos sociétés de chemin de fer?

lundi 20 décembre 2010

Patinage

La neige est un révélateur. Sur son blanc manteau (comme dit la télé locale qui parle comme un instituteur d'autrefois), tout se voit. Notamment les absurdités de notre système.
Les camions se retrouvent à l'arrêt, leurs chauffeurs sont mécontents. On apprend qu'en dix ans le nombre de camions sur les routes belges a augmenté de 20%. Le nombre de kilomètres parcourus par les poids lourds a augmenté de 40% en quelques années. (1) Les responsables politiques nous disaient haut et fort qu'il fallait inverser la tendance. Encore raté.
Ce dimanche, 20.000 vols (vingt mille, oui) devaient parcourir le ciel européen. Seuls (!) 6500 d'entre eux ont pu être effectués. (2) Des voyageurs se retrouvent bloqués par milliers dans des aéroports où ils n'avaient pas prévu de se trouver. Leur situation n'est pas drôle. Mais pas plus inattendue que celle des camionneurs. La météo avait annoncé de fortes chutes de neige et d'énormes difficultés de circulation. Mais l'homme est fort, il est tout puissant même. Il allait pouvoir rouler ou voler malgré le temps. Encore raté. Comme il ne peut s'en prendre au ciel, il peste sur le sol et ceux qui sont chargés de dégager les routes recouvertes par une neige aussi abondante qu'opiniâtre.
Quand un volcan islandais avait perturbé une bonne partie de la circulation aérienne, on pouvait - si l'on était naïf ou démesurément optimiste - penser que l'on allait changer de manière de se déplacer. Mais rien ne peut arrêter l'homme du XXIe siècle quand il a besoin de bouger. C'est plus fort que lui. Sauf quand il tombe sur plus fort que lui. La neige, par exemple, ou un volcan. Bref, la nature qu'il n'a pas totalement domptée. Alors, l'homme du XXIe siècle n'est pas content. Il peut même aller jusqu'à se fâcher.


Ceci dit, j'ai pris le train ce dimanche pour aller voir l'expo Tati à Gand, deux trains à l'aller, deux au retour. Ils étaient à l'heure, parfois même à l'avance. Et le personnel était charmant.


(1) JT RTBF, 18.12.2010
(2) JT RTBF, 19.12.2010

mercredi 15 décembre 2010

Un goût de voyage

Je n'ai jamais épousé aucune thèse de complot. Mais ici franchement, je doute. La CIA ne serait-elle pas derrière la déglingue à laquelle nous assistons? Ou Al-Qaida? Ou l'ETA, les FARC, que sais-je encore? Je parle ici de l'état de nos transports en commun. Un de mes frères a fait le pari de se passer de voiture. Il souffre, peste, déplore les trains en retard, supprimés, détournés, les voyageurs de la STIB abandonnés sur le pavé bruxellois. Et la désinvolture avec laquelle les sociétés de transport en commun traitent leurs usagers. Un jour, ce sont les feuilles mortes qui expliquent la pagaille, un autre la neige, un accident, un conducteur qui n'a pas su se lever, une panne, un vol de câbles, une défectuosité de la locomotive, la présence sur la voie d'un train en détresse... (1) On voit par là que les motifs d'excuses ne manquent pas. A chaque jour suffit le sien.
A Tournai, les autorités communales ont repensé le parking dans toute la ville, pour éviter les voitures-ventouses. Sage décision. Sauf qu'elles n'ont pas pris en compte les navetteurs, à présent obligés de se garer au diable vauvert - ce qui, on en conviendra, est fort loin - pour ensuite rejoindre la gare. Voudrait-on les décourager de ne plus prendre le train qu'on ne s'y prendrait pas autrement.
L'utilisation des TEC reste une pratique mystérieuse. Début de cette année, j'avais acheté à Tournai une carte de dix voyages que j'ai utilisée sans problème entre la gare de Namur et Jambes. Impossible par contre d'en faire usage, plus récemment, dans un bus des TEC à Charleroi pour me rendre de la gare au Musée de la Photographie à Marchienne. "Pas grave", s'est contenté de me dire le chauffeur. Entre chez moi et la petite ville voisine, la carte ne fonctionne pas non plus. Mais cette fois le chauffeur s'est montré inquiétant par rapport à cette carte qu'il dit ne pas connaître: "ne la montrez surtout pas aux inspecteurs, vous auriez des ennuis", a-t-il dit. Depuis, je la cache soigneusement. Je n'ai plus de raison d'aller à Jambes, mais je me sens obligé d'y retourner pour ne pas perdre le bénéfice de cette carte.
En 2010, on a enregistré en Belgique une hausse de 15% de nouvelles immatriculations (2). L'industrie automobile aurait-elle ourdi un complot? Les dirigeants des services de transport en commun seraient-ils tous actionnaires des grandes marques de voitures? La paranoïa me guette. Je reste chez moi. Je ne dors plus.

(1) voir blog.pierreguilbert.be
(2) JT RTBF, 14.12.2010

mercredi 25 novembre 2009

D'affables voisins

Hier soir en gare de Lille. Une annonce au micro nous signale que "en raison de problèmes rencontrés sur un réseau étranger, le train de Liège aura un retard indéterminé". La même annonce est ensuite répétée en néerlandais. Les informations se succèdent, toujours en français et aussitôt en néerlandais : 5 minutes, puis 10 minutes d'attente. Elles sont exprimées oralement, mais aussi indiquées sur le panneau d'affichage des départs. Finalement, les voyageurs apprennent que le train attendu n'arrivera jamais. La SNCF leur présente ses excuses.
Il y a entre la SNCF et la SNCB deux différences:
1. l'information circule côté français, les voyageurs sont considérés comme des clients et informés des problèmes. En Belgique, trop souvent, ils ont l'impression d'être des otages qui ne savent rien de ce qui les attend.
2. les voyageurs néerlandophones sont des clients comme les autres. Ils ont droit à des informations dans leur langue. En Belgique, la langue parlée est fonction de la commune où on se trouve, pas des clients. A Bruxelles, les annonces se font dans les deux langues. A Namur, Mons ou Tournai, en français uniquement. A Kortrijk ou Gent, en néerlandais uniquement. Prochainement sera ouverte une ligne directe Tournai - Kortrijk. Les annonces se feront-elles dans les deux langues?

La pratique de la monolangue n'est pas une spécificité de la SNCB. Les indications routières sont du même tonneau : à Tournai, on vous indique la direction de Courtrai, de Gand ou de Renaix. Du côté flamand, les villes wallonnes n'existent que dans leur traduction néerlandaise. Même le nom de Lille est traduit, devenant Rijsel. Et tant pis pour les Lillois ou les automobilistes en transit qui ignorent qu'un nom signifie l'autre et qu'ils roulent en Absurdistan. Seules les communes bilingues affichent le nom des villes dans les deux langues.
Par contre, le long des autoroutes du nord de la France, Gand est également indiqué Gent.
On peut reprocher bien des choses aux Français, leur nombrilisme, leur chauvinisme. Mais on saluera leur ouverture sur les régions voisines. Une attitude de courtoisie à cent lieues de l'attitude mesquine qui prévaut en Belgique. Petit pays...