(1) https://www.notele.be/it61-media167077-bernissart-pres-de-700-personnes-et-des-centaines-de-canards-en-cartons-pour-denoncer-la-chasse-aux-oiseaux-d-eau-en-france.html
(2) https://www.youtube.com/watch?v=QuGcoOJKXT8
samedi 22 août 2026
Maudits poètes
dimanche 14 septembre 2025
Une culture politique dépassée
On a parfois l'impression que la France ne serait pas ce qu'elle est si tout n'y était pas compliqué. Sauf la formation d'un gouvernement. Chaque parti a la solution : c'est à lui de le mener. Le ixième gouvernement de Macron II n'était pas encore tombé que déjà on se bousculait pour revendiquer le poste que François Bayrou se préparait à abandonner. Le Parti socialiste le réclamait parce qu'il fallait mettre la barre à gauche. Bruno Retailleau se dépêchait de s'y opposer : pas question de gouverner avec la gauche. Et voilà que dans les heures qui suivaient la chute de Bayrou, le président Macron sortait de son chapeau un de ses proches. Sébastien Lecornu est maintenant un néo-premier ministre à la tête d'un gouvernement démissionnaire avec mission pour lui d'en créer un nouveau. Gabriel Attal, ex-premier ministre (les ex-premiers de Macron pourront bientôt créer une équipe de football) avait proposé que soit nommé d'abord un négociateur, mais il était bien le seul à le souhaiter. C'est pourtant ce qui se passe dans la plupart des pays démocratiques : en général, après des élections ou après la chute d'un gouvernement, le chef de l'Etat désigne un négociateur (1) qui sera chargé de réunir autour de la table différents partis qui formeront une majorité parlementaire et se mettront d'accord sur un programme de gouvernance. Les tractations peuvent ainsi durer des semaines, voire des mois, mais finissent par accoucher d'un projet commun dans lequel chacun trouve des motifs de satisfaction, mais aussi, évidement, d'insatisfaction. Cela s'appelle un compromis. Un terme très conspué en France et pourtant inhérent à la démocratie. Un couple, une famille, une association, un groupe d'amis ne tient que par des compromis. Mais en France le président nomme d'emblée un premier ministre plutôt que d'inviter les partis à négocier.
De nouvelles élections, comme les réclament des partis et de nombreux citoyens ne changeraient vraisemblablement pas la donne si les règles ne sont pas modifiées auparavant. Par exemple, l'instauration de la proportionnelle. "La proportionnelle aurait le mérite d’obliger les responsables politiques à changer de logiciel, affirme le politiste Florent Gougou (3). Pourquoi ? Parce qu’ils sauraient, avant même que les électeurs se rendent aux urnes, que la majorité absolue ne peut pas être atteinte par un seul parti – et donc qu’il faudra, pour constituer un gouvernement, s’engager, après les élections, dans une négociation. Ce serait un changement majeur : les dirigeants ne pourraient plus proclamer, comme beaucoup le font actuellement, qu’ils gouverneront uniquement sur la base de leur propre plateforme."
La négociation oblige à plus d'humilité, à reconnaître qu'on ne détient pas la solution idéale, à accepter de lâcher du lest et à travailler avec celles et ceux qui étaient hier encore des adversaires. Ceci dit, la proportionnelle ne règle cependant pas tout. Ainsi la Région bruxelloise est toujours sans gouvernement (sinon un gouvernement en affaires courantes) depuis juin 2024, victime d'un système électoral d'une complexité absurde et de jeux politiques malsains de certains partis. Triste spectacle. Aussi.
"Tout est identité désormais. Chacun avec la sienne, prêt à anéantir celle de l'autre. (...) On vit pas ensemble en restant derrière nos ordis à insulter celui ou celle d'à côté, on survit ensemble en se disant que ce serait mieux sans les autres. C'est là où nous en sommes. Et hier, j'ai vu des hommes et des femmes politiques incapables d'aller les uns vers les autres. Ils ne font plus l'époque, ils sont le reflet de leur époque." L'humoriste Tangy Pastureau, parlant des réseaux dits sociaux au lendemain de la chute du gouvernement Bayrou (4).
(3) https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/09/12/le-chaos-gouvernemental-n-est-pas-lie-a-l-absence-de-majorite-a-l-assemblee-mais-aux-pratiques-des-responsables-politiques_6640500_3232.html
(4) https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/tanguy-pastureau-maltraite-l-info/tanguy-pastureau-maltraite-l-info-du-mardi-09-septembre-2025-6386141
vendredi 31 janvier 2025
En finir avec la nature
Quel intérêt peut bien avoir la nature ? On se le demande. Il y a beaucoup trop d'organismes pour la préserver alors qu'elle n'est d'aucune utilité. C'est ce que pensent visiblement la droite et l'extrême droite en France. Et même le centre. "Depuis plusieurs mois, écrit Le Monde (1), l’exécutif, que ce soit l’Elysée ou Matignon, a alimenté ou laissé prospérer une ambiance hostile aux opérateurs de l’Etat chargés de la protection de l’environnement et/ou de la santé."
On voit par là que l'être humain est un pauvre imbécile, qui se complait dans la répétition ad nauseam de ses erreurs.
(1) https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/01/31/ofb-anses-ademe-les-agences-environnementales-publiques-sous-le-feu-roulant-de-la-droite-et-du-gouvernement_6524553_3244.html
(2) courrier des lecteurs de L'Echo du Berry, 23.1.2025.
(3) https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/01/30/etats-unis-le-senat-valide-le-choix-de-donald-trump-pour-l-agence-americaine-de-protection-de-l-environnement_6522790_3244.html
mardi 3 septembre 2024
Devenir calife à la place du calife
https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/08/25/un-accord-de-non-censure-serait-la-seule-issue-pour-sortir-de-la-crise-politique_6293871_3232.htmlhttps://www.lemonde.fr/idees/article/2024/08/27/une-situation-politique-inedite-et-dangereuse_6296753_3232.html
https://www.lemonde.fr/politique/article/2024/09/13/coalitions-politiques-un-blocage-francais_6316608_823448.html
mardi 9 août 2022
Etrange solution miracle
En octobre 2021, les engagements français sur la réduction des déchets radioactifs en mer (pour les ramener quasiment à zéro) ont été repoussés de trente ans à... 2050 ! Elle est pourtant prévue par la Convention pour la protection de l'Atlantique nord-est. Tout bénéfice pour la France. "L'usine de La Hague a les plus forts rejets radioactifs en mer, relève David Boilley. Chaque mois, elle rejette, par exemple, autant de tritium dans la Manche que ce que l'installation de Fukushima déversera dans le Pacifique en trente ans".
(1) https://www.marianne.net/economie/economie-francaise/canicule-edf-contraint-de-reduire-la-production-de-plusieurs-de-ses-centrales-nucleaires
(2) Weronika Zarachowicz, "Atome - des centrales invulnérables ?", Télérama, 30.3.2022.
jeudi 16 juin 2022
Passion triste
lundi 21 février 2022
Pays fatigué
Penchons-nous sur la France. Elle a le moral en berne. On la voit souffreteuse, déprimée, ronchonne. On a envie de la prendre dans ses bras et de la rassurer. De lui dire qu'elle est belle, qu'elle va mieux qu'elle ne le croit, qu'elle doit avoir confiance en ce qu'elle est et ce qu'elle peut être, et non en ce qu'elle croit avoir été.
Il y a une trentaine d'années, la droite française était présentée comme "la droite la plus bête du monde". Aujourd'hui, elle est devenue la plus hargneuse et la plus rétrograde et la gauche a pris la relève côté bêtise. Elle sait comment aller au combat en étant sûre de le perdre : il suffit de se voir en sauveur exclusif. MelenChe a décidé le premier, il y a un an, de se porter candidat à la présidence, ne consultant personne d'autre que son ego qui lui indiquait qu'il était le meilleur. Les autres ont suivi, nombreux. La Primaire populaire est une initiative sans doute sympathique, mais organisée beaucoup trop tardivement qui donne l'impression de n'avoir été pensée que pour permettre à Christiane Taubira, flattée, d'ajouter sa candidature à trop d'autres. Pas tendre (mais rappelant qu'il écrit dans un journal voué à la caricature et à la satire), Philippe Lançon fait un portrait peu flatteur de ces candidats de gauche : "la vieille égocentrique à moulinets verbeux qui se la joue Ave Césaire, le Vert sans joie ni chlorophylle, le Rouge qui boit du rouge et mange de la viande rouge, la fière Hidalgo d'un parti dont je ne veux pas me rappeler le nom, le taureau de comptoir russophile et encornant les capes retournées par l'air du temps, les deux petits Zébulon du Grand Soir. Plus il y a de fous, moins on rit." (3) Tous les candidats de gauche ne dépassent pas - actuellement du moins - un score qui leur permette de rêver au second tour. Les ego sont les plus forts, mais vont tomber de haut. "La lutte des candidats moribonds de la gauche pour se placer est devenue un spectacle et la campagne continue à être dominée par la droite", constate The Guardian (4).
Il fut un temps pas si lointain où les Belges suivaient avec admiration la politique française. Aujourd'hui, elle ne fait plus rêver. Elle ressemble plutôt à un cauchemar. La France est partagée entre conservatisme, réaction, racisme et nostalgie. Et la campagne de l'élection présidentielle est devenue une parade d'ego boursouflés plutôt qu'un débat d'idées. Depuis quinze ans au moins, il semble qu'une large majorité de Français se plaigne de son président, ce roi élu dont ils attendent qu'il soit proche et distant à la fois. Mais la volonté de changement est presque inexistante : un récent sondage (5) indique que sept Français sur dix sont attachés à la Ve République, celle qui fut créée par et pour le Général.
La France est dépressive. Quand deux Français se quittent, ils ne se disent pas au revoir, mais bon courage. En Allemagne, à quelqu'un qui part travailler on dit : bien du plaisir au travail, ou sois créatif (6). En France, on dit bon courage, comme si la vie elle même était fatigante, comme si elle était un fardeau. Allo, docteur ?
(1) "Carnets de campagne, le journal des solutions", France Inter, du lundi au vendredi, de 12h30 à 12h45.
(2) Nadia Pantel, "La France fantasmée de la droite", Süddeutsche Zeitung, 28.12.2021, in Le Courrier international, 27.1.2022.
(3) Philippe Lançon, "La gauche en solde", Charlie Hebdo, 9.2.2022.
(4) "La gauche avance vers sa chute", Le Courrier international, 27.1.2022.
(5) France Inter, Journal de 13h, 21.2.2022.
(6) Excellente séquence de "Karambolage" sur Arte qui explique comment la religion a pu influencer notre vision du travail : https://www.arte.tv/fr/videos/103994-007-A/karambolage/
lundi 13 décembre 2021
Miss Foie gras 2022
A quoi tient un pays? Valérie Pécresse, la candidate de la bonne vieille droite à l'élection présidentielle, est très inquiète. Elle ne dort plus, la France est en danger. Les décisions de certains maires écolos lui font craindre le pire. Voici qu'après Strasbourg, Villeurbanne et Grenoble, c'est la ville de Lyon qui annonce qu'il n'y aura plus de foie gras dans les repas officiels. Cette absence de foie gras étouffe Valérie Pécresse. "Y aura du foie gras, parce qu'on aime le foie gras. On aime le foie gras. Je vais vous dire: si être français, c'est de ne plus avoir de sapin de Noël, c'est ne plus manger de foie gras, c'est ne plus avoir la chance d'élire Miss France, à un moment donné, la France, c'est la France et le foie gras, c'est la France." On le voit, l'heure est grave. Déjà que les Français ne portent plus de béret, ne roulent plus en 2CV et ont sensiblement diminué leur consommation de vin, que deviendra la France si ses habitants ne trouvent plus, au pied de leur sapin de Noël, Miss France les bras remplis de boîtes de foie gras ? Ce pays va à vau-l'eau.
Ce sketch peut être revu sur: https://www.france.tv/france-3/19-20-journal-national/2942171-edition-du-dimanche-12-decembre-2021.html (à +/- 12').
dimanche 12 décembre 2021
Invasion mythique
samedi 15 mai 2021
Sa vie en pays méfiant
Voici sept ans, alors que je venais de m'installer en France, j'ai rédigé un billet intitulé "Ma vie en pays grognon". C'était l'époque des manifestations des Bonnets rouges et des opposants au mariage homosexuel. Ce billet a été publié sur le site rue89 qui en a complété le titre (1). Très lu et très commenté, il a suscité son lot de réactions indignées et agressives. Aujourd'hui, c'est un journaliste néerlandais qui, après deux années et demie passées en France, fait part de son sentiment sur une France où prévaut, selon lui, un climat de suspicion (2).
Il y a deux ans, face à la cathédrale Notre-Dame de Paris en flammes, Daan Kool a recueilli les avis de plusieurs Parisiens convaincus que cet incendie n'avait rien d'accidentel. "Ce sentiment - on ne nous dit pas tout, les autorités manigancent quelque chose - était présent dans presque tous les reportages que j'ai réalisés pendant mes deux ans et demi en France." Depuis, la pandémie a augmenté la méfiance vis-à-vis des autorités; elle se manifeste continuellement. "Si le complotisme progresse à une allure inquiétante dans le monde occidental, la France y est particulièrement sujette: 43% de la population pense que les autorités et l'industrie pharmaceutique dissimulent la dangerosité des vaccins; 25% pense que les élites stimulent l'immigration pour remplacer la population autochtone; 22% pense qu'il existe un complot sioniste mondial." Bref, nombre de Français sont méfiants. 85% d'entre eux ont le sentiment que leurs dirigeants politiques ne se préoccupent pas d'eux et 72% les trouvent corrompus. C'est ce qui ressort d'un rapport publié en 2019 - avant la pandémie donc - par Sciences Po Paris qui a envisagé de renommer en baromètre de la défiance politique celui de la confiance. "On pourrait dire en quelque sorte que la méfiance envers le pouvoir est inscrite dans l'ADN national", écrit Daan Koon. Encore une fois, la vieille culture monarchique dont n'a jamais réussi à se débarrasser la France est une explication au phénomène. Selon le sociologue Luc Rouban (cité par Daan Koon), "tous les regards sont dirigés vers le haut, vers le sommet, que ce soit un roi ou un président qui s'y trouve. L'Etat, c'est le guide, c'est le chef." Les Français, constate le journaliste néerlandais, n'arrivent pas à accepter que leur pays ne soit plus qu'un acteur de taille moyenne sur la scène internationale. Ils vivent un sentiment de déclin et rêvent toujours d'une personnalité énergique qui leur ramènera leur grandeur. C'est de ce président - qui a plus de pouvoir que tout autre - que les sujets français attendent tout et son contraire, d'être un guide au-dessus de la mêlée et d'être proche d'eux. Et tout échec lui sera automatiquement attribué.
Mais les Français, constate Daan Koon, ne se méfient pas uniquement de leurs dirigeants, mais aussi de leurs concitoyens. Il rappelle une enquête menée dans les années '90 dans 82 pays à partir de la question suivante: "En règle générale, pensez-vous qu'il est possible de faire confiance aux autres ou que l'on est jamais assez méfiant?". 66% de la population suédoise déclarait faire confiance aux autres contre 21% seulement des Français. Sur l'indice de confiance aux autres, la France se situait à la 58e place, "au milieu de pays bien plus pauvres ou mis à mal par des conflits armés". Des chercheurs estiment que le système éducatif français - favorisant les performances individuelles et valorisant peu le travail collectif - serait source de méfiance. Tout autant que le corporatisme avec un système de sécurité sociale qui accorde des droits très différents aux divers corps de métier. "Conséquence, écrit Daan Koon, "les Français présupposent de manière persistante que les autres sont mieux lotis qu'eux-mêmes. (...) En France, se plaindre des supposés privilèges des autres est un sport national."
Cette méfiance, selon certains économistes (3), ne pousse pas aux risques, notamment dans le domaine économique et contribue à la rigidité du marché du travail. Elle constitue aussi un frein aux réformes et "ironiquement, aux réformes qui permettraient de renverser cette méfiance." Tel le projet du Président français de "transformer un système de retraites opaque en un régime identique pour tout le monde". La méfiance et les corporatismes ont eu sa peau.
Peut-on cependant être un peu optimiste, en constatant que la pandémie a créé de nouvelles formes de solidarité et a amené de nombreuses personnes à changer de vie? Reste que dans ce climat de suspicion des uns vis-à-vis des autres et à l'encontre des politiques, c'est la présidente du parti du rejet des autres qui tire son épingle du jeu. La fille à papa Le Pen déguisée en Kaa nous chante son air hypnotique: Aie confiance / Crois en moi / Que je puisse veiller sur toi / Fais un somme / Sans méfiance / Je suis là / Aie confiance.
(1) "Ma vie (de Belge) en pays grognon (la France)", à (re)lire sur ce blog, 5.1.2014.
(2) Daan Kroon, "Paranoïa à tous les étages", De Volkskrant, 19.2.2021, in Le Courrier international, 29.4.2021.
(3) Yann Algan et Pierre Cahuc, "Société de défiance - Comment le modèle social français s'autodétruit", CEPREMAP, éditions de la rue d’Ulm, 2007.
jeudi 5 décembre 2019
Sonner la retraite
A lire:
https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2019/12/03/le-vrai-du-faux-des-regimes-speciaux-de-retraite_6021530_4355770.html
(1) https://www.reforme-retraite.gouv.fr/participez/la-participation-citoyenne-2019/article/methode-et-calendrier
dimanche 1 juillet 2018
Voici venir juillet au pied léger
"Ma voiture, c'est ma liberté", voilà un vieux slogan totalement obsolète. Les routes, les villes, les villages même sont de plus en plus embouteillés et les riverains suffoquent sous les gaz d'échappement. Ma liberté s'arrête au pare-choc de la voiture qui me précède.
Le lobby automobile multiplie les arguments de mauvaise foi pour tenter de nous convaincre que rouler moins vite ne sert à rien. Ce lobby semble avoir des adeptes et des relais dans chaque véhicule. Et même à la tête de certains départements. Ainsi la présidente (LR) du Conseil départemental de la Creuse qui a sorti l'argument le plus sidérant des "anti-80": cette réduction de vitesse va "contribuer à l'enclavement de son département" (2) (*). On ne sait d'où vient Valérie Simonet, mais elle ne semble pas bien connaître son département: une route express (la RN145), non concernée par la limitation à 80 km/h, dessert La Souterraine, Saint-Vaury et Guéret. Et qui voudrait parcourir à 90 km/h les routes secondaires, très sinueuses, de la Creuse serait totalement suicidaire. Son président de parti, Laurent Wauquiez, parle de la nouvelle règle comme d'une "absurdité, coupée des Français". Visiblement, la présidente du Conseil départemental de la Creuse est très coupée des réalités de terrain, elle connaît mal la topographie de son département et voudrait envoyer au fossé ses habitants. Une étude de l'Observatoire national interministériel de la Sécurité routière indique d'ailleurs que les départements ayant la proportion la plus importante de tués sur les routes secondaires sont précisément - qui peut s'en étonner, sinon elle? - des départements ruraux. La Creuse fait partie de ces quelques départements où plus de 70% des tués sur les routes le sont sur des routes secondaires.
(*) Finalement, les "anti-80" et la présidente creusoise sont du même niveau que Pierre Billon quand il chantait "Même si je n'atteins jamais la Creuse". Un sommet. Dans le genre:
Même si je n'atteins jamais la Creuse
Il serait bon que l'on se creuse
Pour faire comprendre à certains
Que même si je n'atteins jamais la Creuse
Je courrai toujours la gueuse
Ma guitare nouée à mes mains
etc.
http://www.ina.fr/video/I07117141
Voir le dossier du Courrier international de cette semaine (n° 1443, 28.6.2018): "Ciao la voiture!"
(1) Cotten Seiler, "Sommes-nous proches du divorce?", The Guardian, 1.3.2018, in Le Courrier international, 28.6.2018.
(2) https://www.nouvelobs.com/societe/20180629.OBS8965/vitesse-a-80-km-h-7-questions-sur-la-nouvelle-limitation-qui-fait-polemique.html
(3) Liu Shaokun, "Les villes chinoises misent sur l'innovation", Chinadialogue, 14.5.2018, in Le Courrier international, 28.6.2018.
vendredi 12 janvier 2018
Roule, ma poule!
Bref, tous les arguments sont bons, même les plus ridicules, pour défendre son droit à conduire vite. Aucun autre droit ne semble susciter autant de passion que celui de l'automobiliste à rouler à la vitesse qui lui plaît. Chacun se proclame spécialiste en la matière.
(1) (Re)lire sur ce blog "A fond la caisse" et ses commentaires (3 décembre 2017).
(2) Cités de mémoire, entendus sur France Inter il y a quelques jours.
(3) La Montagne - Creuse, 13.1.2018.
(4) http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/01/09/pourquoi-abaisser-la-vitesse-a-80-km-h-sur-les-routes_5239333_4355770.html
(5) http://www.huffingtonpost.fr/2018/01/08/rouler-a-80-km-h-sur-les-nationales-ne-fera-pas-perdre-tant-de-temps-mais-economiser-de-largent_a_23327166/?utm_hp_ref=fr-homepage
https://www.marianne.net/societe/trafic-limitation-80-km-au-lieu-90-route-quelles-consequences-sur-l-environnement-pollution
samedi 16 septembre 2017
Le mépris
Pour vouloir le monde parlé,
Soudan, mon Soudan,
Celui d'la parole échangée,
On s'casse les dents.
Oh, oh, oh, et je rêve
Que Soudan, mon pays, soudain, se soulève...
Oh, oh,
Rêver, c'est déjà ça, c'est déjà ça.
Alain Souchon
vendredi 7 avril 2017
Lettre à Elvire et à mes amis français
Chère Elvire,
Cher-e-s ami-e-s français-es,
Quitter l'U.E. serait une catastrophe totale pour une ville comme Strasbourg qui accueille non seulement le Parlement européen mais aussi de nombreux services et organismes européens (8). Ce serait une perte pour Angers qui accueille l'Office communautaire des Variétés végétales, pour Valenciennes où siège l'Agence de l'Union européenne pour les chemins de fer.
Chère Elvire,
Cher-e-s ami-e-s français-es,
Certains experts estiment que la reine des nuisibles pourrait être élue grâce aux abstentionnistes: c'est l'absention différenciée qui pourrait la faire gagner même avec moins de 50% des voix (12). Si on veut éviter le pire, il faudra absolument aller voter, en se bouchant le nez s'il le faut. Peut-être pas pour quelqu'un qu'on apprécie, mais pour éviter la peste noire, une épidémie qu'on éradique difficilement.
Comme disent les politiques chez vous à la fin de leurs discours, vive la France ! Mais celle des Lumières ! Et vive l'Europe !
Délivrez-nous du mal. Amen et cordialement.
Michel Guilbert
Post-scriptum: une nouvelle chanson de Maxime Le Forestier, sur la France. Elle a pour titre "Vieille dame" :
http://www.huffingtonpost.fr/maxime-le-forestier/paroles-vieille-dame-maxime-le-forestier_a_22037379/?utm_hp_ref=fr-homepage
http://www.huffingtonpost.fr/2017/04/14/maxime-le-forestier-revient-avec-un-morceau-politique-sur-la-fra_a_22038662/?utm_hp_ref=fr-homepage
A lire aussi: ce patron français qui incite ses 4.500 salariés à ne surtout pas voter pour Marine Le Pen et "son programme aberrant" :
http://www.huffingtonpost.fr/2017/04/04/jean-luc-petithuguenin-a-alerte-ses-salaries-sur-les-risques-du_a_22024942/?utm_hp_ref=fr-homepage
Et cet autre chef d'entreprise qui prend aussi une position ferme contre MLP :
http://www.huffingtonpost.fr/guillaume-cairou/chef-entreprise-marine-le-pen_a_22035252/?utm_hp_ref=fr-homepage
Sur les intox des candidats sur l'U.E., lire :
http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/04/07/presidentielle-le-festival-d-intox-des-candidats-sur-l-europe-lors-du-grand-debat_5107575_4355770.html
A (re)lire sur ce blog:
"Vive l'Europe (quand même)!", 15 mars 2017 ;
"Gens honnêtes et honnêtes gens", 17 février 2017 ;
"Le sens de la famille", 31 janvier 2015 ;
"Vieilles marmites", 16 janvier 2012
et tant (trop!) de billets sur les Le Pen, leurs mensonges, leur agressivité et leurs casseroles.
(1) http://www.lemonde.fr/videos/video/2017/02/27/les-affaires-qui-menacent-marine-le-pen-en-3-minutes_5086394_1669088.html
(2) Bernard Guetta, France Inter, 21.2.2017, 8h15.
(3) "Le F.N. compte, et de loin, le plus grand pourcentage d'élus mis en examen. De 1997 à 2012, 15,7% des élus F.N. ont été mis en examen ou condamnés, contre 3,12% des élus du parti Les Républicains et 1,94% des élus P.S. Mais peu importe, c'est tout de même le F.N. qui dénonce le plus vivement la corruption de nos hommes politiques." Guillaume Erner, Charlie Hebdo, 8 février 2017.
(4) Revue de presse, France Inter, 19.2.2017 et chronique de Guillaume Meurice, "Si tu écoutes, j'annule tout", France Inter, 28.2.2017. Et aussi Nadia et Thierry Portheault, "Revenus du Front - deux anciens militants FN racontent", Grasset 2014. Et encore Claire Checcaglini, "Bienvenue au Front - journal d'une infiltrée", éd. Jacob-Duvernet 2012.
(5) "Les allégations féministes de Marine Le Pen", Causette, mars 2017, p. 24.
(6) http://www.huffingtonpost.fr/henri-weber/la-sortie-de-euro-fn-est-un-scenario-catastrophe-anti-national/?utm_hp_ref=fr-homepage
(7) https://oeilsurlefront.liberation.fr/les-intox/2017/03/30/si-une-arrivee-de-le-pen-au-pouvoir-changerait-enormement-de-choses-pour-les-europeens-en-france_1559262
(8) le Centre d'information sur les institutions européennes, l'Enterprise Europe Network, l'Antenne Media, les Centres de Documentation européenne, l'Etat-Major du Corps européen, la Fondation européenne de la Science, l'Assemblée des Régions d'Europe et d'autres institutions encore.
(9) Dépêches Notes, France Musique, 20.2.2017.
(10) France Inter, 1.3.2017, Journal de 7h.
(11) Télérama, 22 mars 2017 et
http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/03/09/a-roubaix-il-y-en-a-meme-qui-revendiquent-de-ne-pas-aller-voter-a-la-presidentielle_5091970_4854003.html
(12) http://theconversation.com/pourquoi-et-comment-marine-le-pen-peut-gagner-avec-moins-de-50-dintentions-de-vote-74994
(13) http://www.lalibre.be/actu/international/quelque-160-000-manifestants-a-barcelone-pour-l-accueil-des-refugies-en-espagne-58a88c61cd702bc31943f1b6
(14) Le Courrier international n° 1371, 9.2.2017, p. 42.