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dimanche 9 août 2020

Lassitude

Lassitude. C'est le sentiment qu'on éprouve face à l'évolution du monde. 
La xième période de canicule que nous connaissons en quelques années ne semble pas nous amener, nous et ceux qui nous gouvernent, à changer radicalement de mode de vie.
L'épouvantable drame que vient de connaître Beyrouth ne nous conduira pas à réguler drastiquement un secteur chimique extrêmement puissant, toxique et dangereux. Au contraire.
Le gouvernement français vient d'annoncer qu'il allait réautoriser l'usage des néonicotinoïdes pour sauver les betteraviers dont les plants sont attaqués par la jaunisse. "Les solutions alternatives ne sont pas satisfaisantes", disent-ils. L'agriculture intensive non plus n'est pas satisfaisante. Les apiculteurs, à juste titre, crient au scandale. Les céréaliers réclament le même droit que les betteraviers. La marche arrière (qui est en fait une marche vers l'avant) est enclenchée. La nature est priée de s'adapter à la folie et à l'inconséquence humaines.
Un peu partout, en France comme en Belgique, on voit des supermarchés devenir plus super encore, étendant leur superficie. Et aussi celle de leurs parkings, le plus souvent en macadam, qui ne retient pas les eaux de pluie et renvoie la chaleur.
Nos gouvernements ont pris l'habitude de s'incliner devant le lobby des automobilistes et ne peut imaginer brider les vitesses. Sauf quand la pollution est telle que l'air, comme ces jours-ci, en devient irrespirable. On voit alors des tronçons d'autoroute limités à 70 km/h. L'intelligence voudrait qu'on limite à tout moment nos déplacements et nos vitesses. Mais quand donc nous gouvernera-t-elle?

Il est heureusement des élus qui n'entendent pas rester couchés face aux lobbies. Une série de maires se sont engagés à mettre en œuvre dans leurs villes les recommandations de la Convention citoyenne pour le climat (1). Voilà qui nous redonne (un peu d') espoir et énergie.

Note aux lecteurs de ce blog:
Blogspot a été reconfiguré. Hélas, mon ordi, conservateur, refuse de s'adapter. L'ancienne configuration reste utilisable jusqu'au 24 de ce mois. J'espère que, d'ici là, mon ordinateur se montrera  à la page.

(1) https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/07/23/nous-prenons-l-engagement-de-mettre-en-uvre-dans-nos-villes-les-propositions-de-la-convention-citoyenne-sur-le-climat_6047012_3232.html

vendredi 3 juillet 2020

Régression

On le craignait (1), il l'a fait: le président français n'est pas si grand qu'il le croit, il s'est couché devant le lobby automobile et a retiré des 149 propositions de la Convention citoyenne pour le climat celle qui consistait à abaisser à 110 km/h la vitesse maximale sur autoroute. Les Français doivent pouvoir rouler vite et pour pas cher. C'est un droit aussi inaliénable que celui des Américains à porter une arme. Un droit défendu becs et ongles par les Gilets jaunes que Macron craignait sans doute de voir repartir à l'assaut des ronds-points.
Rouler vite signifie plus d'insécurité routière, plus de morts, plus de consommation de carburant et plus de pollution. Tant pis pour l'écologie et pour la sécurité routière. La Sainte-Auto a tous les droits. La voiture individuelle reste sans conteste l'objet le plus vénéré de nos sociétés. Y toucher relève du sacrilège.

Ce 1er juillet, quarante-cinq agents du Département de l'Indre ont installé sur certains tronçons routiers des panneaux autorisant une vitesse maximale de 90 km/h plutôt que les 80 imposés partout (2). Il y a deux ans, ils avaient enlevé ces mêmes panneaux. Cette fois, ils en ont placé 400. Sachant qu'un panneau, son support et un éventuel panonceau coûte 100 euros, ce geste aux Gilets jaunes et au lobby automobile aura coûté, rien qu'en Indre, 40.000 euros. Combien à l'échelle française pour faire marche arrière et se (et nous) précipiter un peu plus vite dans le mur?
Dans le même temps, exit Edouard Philippe de son poste de premier ministre. C'est lui qui avait imposé la limitation à 80 km/h malgré les grognements, voire les hurlements des automobilistes. Emmanuel Macron aura bien du mal à nous faire croire à la moindre volonté de donner un vrai tournant écologique à son pays. On croit plus à son envie d'être réélu.

(1) (Re)lire sur ce blog "En avant, citoyens!", 28.6.2020 et "Ceux qui n'ont rien compris", 5.6.2020.
(2) "Quatre cents panneaux posés un un jour", La Nouvelle République - Indre, 2.7.2020.