dimanche 1 février 2026

Vladimir le Panphobe

Les négociations pour un cessez-le-feu entre la Russie et l'Ukraine se poursuivent. Mais qui peut faire confiance au tueur pathologique qu'est Poutine ? Qui peut sérieusement penser une seule seconde qu'il veut la paix ? Il ne vit que dans la guerre, qu'avec la guerre. Sa panphobie le veut ainsi (du grec pan, tout et phobos peur, horreur), elle qui provoque chez lui et son clan mafieux "un état de haine dévorante, une détestation du monde".
"La panphobie, écrit dans un texte effrayant le philosophe russo-américain Mikhaïl Epstein (1), se manifeste par une propagande en faveur de la guerre et de la violence en tant que moyens d’expansion géopolitique. Le pays est encerclé par l’ennemi de tous les côtés, disait déjà en 2014 le Premier ministre (et ancien président) Dmitri Medvedev, après l’invasion de la Crimée. C’était un record inégalé : en quelques mois à peine, le plus grand pays de la planète parvenait à s’entourer d’ennemis. Voilà la projection à laquelle mène la haine totale à l’égard du monde. Dans sa charte, l’Union de la jeunesse eurasienne, dirigée par l’idéologue Alexandre Douguine, énonce son objectif : la domination de l’humanité entière. Nous sommes un parti totalitaire de type intellectuel, orienté vers la conquête eschatologique du pouvoir planétaire. Une conquête rusée et cruelle… Car nous sommes les maîtres de la terre, nous sommes les enfants et les petits-enfants des maîtres de la terre. Des peuples et des pays nous ont vénérés, notre main s’est étendue sur la moitié du monde, et nos semelles ont foulé les montagnes et les vallées de tous les continents du globe. Nous réinstaurerons tout cela."
Le régime russe prétend combattre la nazification de l'Ukraine, mais c'est lui-même qui prend des positions délirantes et tient des propos incendiaires et suprémacistes dignes d'un Hitler.
"La panphobie, écrit encore Mikhaïl Epstein, est plus dangereuse encore que le fascisme ou le communisme. Elle est aux formes idéologiques totalitaires du XXe siècle ce que les armes nucléaires sont aux armes conventionnelles, puisqu’elle répand une haine totale – et non une haine dirigée contre une certaine classe, nation ou race –, une haine du monde en tant que tel. Elle est une soif de suprématie absolue sur le monde, une volonté d’y dicter sa loi ou bien de l’anéantir complètement. Le communisme soviétique, avec sa lutte des classes et sa haine des ennemis du peuple, n’était qu’un prologue à cette panphobie, laquelle s’est mise à croître au XXIe siècle, nourrie au terreau du ressentiment et du revanchisme."

"Il manque, selon Epstein, dans la langue politico-philosophique contemporaine le concept d’ontocide (du grec ancien on, ontos : être + cide, meurtre) – la destruction totale de tout ce qui existe, la guerre contre l’être en tant que tel. Le génocide, le zoocide, l’écocide ne sont que des manifestations partielles de l’ontocide. La haine de l’existence en tant que telle est à la base d’un certain nombre de mouvements religieux et politiques, tels que l’orthodoxie des vieux-croyants, du moins en partie, le gnosticisme, l’eurasisme, le fascisme, le ruscisme… Le monde est fondamentalement mauvais ou a été envahi par Satan et doit donc être détruit. Dans son discours au Kremlin annonçant l’annexion de quatre régions ukrainiennes, Poutine a accusé l’Occident tout entier de satanisme : la répression de la liberté prend les traits d’une “religion inversée”, d’un satanisme flagrant. À sa suite, le Conseil de sécurité russe et toute la propagande ont proclamé que l’objectif principal de l’opération spéciale n’était plus seulement la dénazification et la démilitarisation, mais aussi la désatanisation de l’Ukraine. Et cela signifiait lutter non plus contre une idéologie ou une armée, mais contre l’existence même de ce pays. L’ontocide, c’est concrètement la tactique de la terre brûlée."
Mikhaïl Epstein cite Ivan Bounine qui, en 1910 dans Le Village, posait cette question :  Y a-t-il un peuple plus féroce que le nôtre ?

L'Union européenne n'est pas à la hauteur des promesses faites, les Ukrainiens sont abandonnés à leur sort. Zelensy a eu raison de se fâcher récemment. Trump ménage son camarade Poutine pour qui il a tant d'admiration et l'armée russe n'en finit pas de bombarder l'Ukraine, y compris des objectifs civils, tout en feignant vouloir la paix. Vladimir le Panphobe, réincarnation d'Ivan le Terrible, fait planer une menace sur l'ensemble de l'Europe et nous sommeillons.

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