Il était une fois deux vieilles crapules qui s'entendaient comme larrons en foire. Chacun d'eux était bouffi de prétention, convaincu d'être le meilleur stratège et de tout savoir et comprendre mieux que les autres. Ils ne supportaient que les gens qui leur mangeaient dans la main et n'avaient cependant que mépris pour eux. Tous deux détestaient la démocratie. Cette forme de gouvernement qui oblige à écouter les autres et à tenir compte de leur avis était incompatible avec leur ego.
Le premier, prénommé Vladimir, avait entrepris d'envahir le territoire de son voisin, convaincu qu'il n'en ferait qu'une bouchée en quelques heures. En quatre ans, sa guerre avait fait plus de deux millions de victimes des deux côtés, morts, blessés et disparus. Mais Vladimir ne voulait pas entrer dans des calculs sordides et insensés et estimait que plus il y avait de morts dans son camp, plus il devait y en avoir dans l'autre.
Le second, prénommé Donald, avait annoncé qu'en vingt-quatre heures il mettrait fin à ce conflit. Ce dont il s'avéra rapidement incapable. Il renonça d'ailleurs très vite à tenter de le faire. La complexité est une notion qui lui était totalement étrangère et la difficulté le rebutait. Ou les situations étaient simples ou elles n'existaient pas. Lui-même à son tour avait voulu sa guerre personnelle. Et celle-ci serait expéditive. Son adversaire fut pourtant, lui aussi, plus coriace qu'il ne l'avait pensé et il n'en vint pas à bout.
Ils ne se marièrent pas, chacun vécut chez soi, régnant sur son pré carré, mais ils eurent beaucoup d'enfants. Qui s'appelèrent Bolsonaro, Millei, Babis, Orban, Meloni, Le Pen, Rhamon, Weidel, Netanyahou, Erdogan, Saïed et tant d'autres nationalistes qui haïssent qui n'est pas comme eux.
Tous les contes ne peuvent avoir une fin heureuse. Mais, quand elle arrivera, la mort de chacune de ces deux vieilles crapules sera vue comme heureuse pour l'avenir du monde.
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