Affichage des articles dont le libellé est Arte. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Arte. Afficher tous les articles

mercredi 12 septembre 2018

Les Rêves brisés de l'entre-deux-guerres

Remarquable série entamée hier soir sur Arte: 1918-1939: Les rêves brisés de l'entre-deux-guerres.
Superbement réalisée à partir de documents d'époque (films, photos, lettres) et de scènes de fiction, elle suit le destin de treize personnes à travers l'Europe, de Paris à Vladivostok, de Madrid à Stockholm. Elles ont des positions politiques parfois totalement opposées, mais toutes espéraient au sortir de la première guerre mondiale que cette horreur permettrait d'arriver à un monde meilleur. Et toutes déchantent. Le Traité de Versailles n'aura pas été un traité de paix, mais un moyen pour les pays vainqueurs de se partager un peu plus le monde. Et l'Europe n'est que ruines sur lesquelles règnent pauvreté, inflation, mouvements sociaux désespérés, nationalismes exacerbés, rejet de l'étranger. Les rêves de vie meilleure, de solidarité, de respect, de paix n'auront pas tenu longtemps.
Comme l'écrit Télérama, "une série instructive à voir à quelques mois d'élections dans une Europe dont les rêves de paix démocratique ne cessent, eux aussi, de se briser" (1). 
La série se poursuit ces mercredi et jeudi à partir de 20h50. A voir aussi sur  Arte +7: https://www.arte.tv/fr/videos/067244-001-A/1918-1939-les-reves-brises-de-l-entre-deux-guerres-1-8/

(1) Gilles Heuré, Télérama, 5.9.2018.

jeudi 22 septembre 2016

Si ça continue, ça va cesser

Que fait l'homme de 2016? Il bougonne, il grogne, il râle, il peste, il tempête. En un mot, il n'est pas content et en dix il le dit.
Hier soir, Arte diffusait en direct (1) depuis la Scala de Milan une représentation de "La Flûte enchantée" de Mozart par l'Académie du Teatro alla Scala, c'est-à-dire de jeunes chanteurs et musiciens. Adam Fischer assurait la direction de cet orchestre de jeunes et Peter Stein la mise en scène. L'ensemble avait beaucoup de charme et de fraîcheur. et permettait à ces jeunes de faire là leurs premières armes et d'exprimer leur talent. Mais ainsi ne le voyaient pas les quelques téléspectateurs d'Arte qui ont posté des commentaires sur son site dès les premières minutes de la représentation: l'un trouve que "ils chantent faux et c'est moche", un autre estimait que "c'est pathétique", un autre encore se demandait ce qu'est cette histoire et pourquoi Arte la programme. On comprend la déception de ces téléspectateurs: les histoires d'opéra sont souvent étranges et pourquoi donc ces jeunes prometteurs ne s'appellent-ils pas Luciano Pavarotti, La Callas ou Cecila Bartoli? Comment peut-on programmer des débutants qu'on ne connaît même pas?
Dans la commune bruxelloise d'Uccle, un horodateur a été installé sur la rue même. C''est une erreur et on peut en rire tant la situation est grotesque (2). Mais des citoyens n'ont pas le cœur à rire: c'est, font-ils remarquer, qu'on perd là une place de parking. L'homme de 2016 ne peut plus se garer. Alors, il est "sous le choc", il se met en colère et entend lancer sans plus attendre une pétition.
L'homme de 2016 adore les pétitions, il en a toujours une sous le bras: il est contre la venue d'Eric Zemmour et contre celle d'un centre d'accueil de migrants, il est contre le nouveau plan de circulation de Lille et contre "le système politique actuel" (3). Mais il est heureusement pour qu'on rejoue la finale de l'Euro 2016 et surtout pour le retour de la bière à l'ENSAPL. On respire. L'homme de 2016 a gardé le sens des priorités. D'autant que les bénéfices de la vente de la bière dans cette école permettent de "soutenir des projets culturels". L'homme de 2016 est cultivé.

(1) http://concert.arte.tv/fr/la-flute-enchantee-de-mozart-par-lacademie-du-teatro-alla-scala
(2) http://www.lalibre.be/regions/bruxelles/uccle-un-horodateur-installe-par-erreur-en-pleine-rue-57e3709dcd70633d4457dd6e
(3) http://www.mesopinions.com/petition/a-la-une

samedi 22 octobre 2011

Signes de vie

Rentrant d'un concert à Bruxelles, on est surpris de constater qu'on est le 22 octobre et que le monde, à première vue, est toujours entier. La fin du monde n'a donc pas eu lieu, contrairement à ce qu'affirmait un prédicateur américain. On ne sait plus à qui faire confiance.
Sur Arte, on "tombe" sur "Berceuses" (1), un "documentaire", c'est tout ce que nous annonce le programme télé qui ne se soucie pas des programmes nocturnes.
Johann Feindt et Tamara Trampe interrogent des Berlinois, de là ou d'ailleurs, sur leur enfance. Vécue ou volée. Celle d'un musicien né de parents sourds, celle d'un Tchétchène, éternel déraciné, prêt à repartir sans valise, celle d'un homme né en prison, celle d'une femme qui apprend aux autres à respirer et à chanter, celle de tant d'autres croisés au hasard. L'enfance d'une petite fille d'aujourd'hui qui trouve ridicules ces adultes - et sa mère en particulier - qui ne savent pas faire la différence entre ce qui se dit et ne se dit pas, qui aimerait tant que ce garçon de son âge comprenne combien elle l'aime, sans avoir à le lui dire.
Après tous ces partages d' émotions, allez savoir pourquoi, on est encore plus content que la fin du monde ait été reportée à une date ultérieure.

(1) à revoir sur
http://videos.arte.tv/fr/videos/berceuses-4205862.html

mercredi 7 janvier 2009

Ces religions conquérantes

Par manque de temps, je n'ai pas pu commenter immédiatement le remarquable et courageux théma qu'Arte a consacré, le 9 décembre, aux menaces sur la laïcité en France et en Europe.
J'y viens enfin. Avec quelques extraits et commentaires.

Le premier documentaire commençait avec le cas de ce Français d'origine musulmane, athée, qui avait demandé à être incinéré après sa mort. Le tribunal a donné raison à son ex-épouse qui prétendait qu'il était musulman. Au grand dam de sa fille, il est enterré dans le cimetière musulman de Lille. Elle n'a pas pu prouver qu'il était athée! Donc, forcément, en fonction de ses origines, il est considéré comme musulman...!

Les élus politiques n'osent pas s'opposer aux poussées religieuses. "La crainte de ne pas apparaître comme complaisant, libéral, peut rapporter des voix", déclare un élu roubaisien.

"C'est Dieu qui guérit, le médecin ne fait que soigner", déclare un rabbin.

Les revendications des groupes religieux s'additionnent: piscines séparées hommes - femmes, nourriture adaptée dans les écoles, tenues vestimentaires, contenus des cours, etc. Et le rabbin qui obtenu une victoire s'empresse de l'annoncer à son collègue imam pour qu'il en réclame encore plus. Dans les écoles de Lyon, suite aux pressions de certains parents et même d'enfants de l'école élémentaire, les menus sont désormais végétariens, histoire de mettre tout le monde d'accord (?). Michèle Viannes: "on est dans le compassionnel. Céder, c'est accepter que les musulmans soient soumis à un groupe politique."

A l'hôpital, les cas d'attitudes violentes se multiplient: pas question qu'un médecin homme s'approche d'une femme même en souffrance. "Dès qu'on cède, on met le doigt dans l'engrenage", dit un médecin.
Et pendant ce temps, Tariq Ramadan déclare au congrès de l'UOIF que la lapidation des femmes adultères est une sentence juste, qui garantit la sécurité familiale.

L'émission suivante revient sur le combat des chrétiens intégristes pour faire inscrire dans la constitution européenne l'héritage judéo-chrétien. Sarko Ier reçoit Ben XVI: "les racines de la France sont essentiellement chrétiennes, on ne peut les arracher. Et l'instituteur ne remplacera jamais le curé pour faire la différence entre le bien et le mal."
Qui donc répliquait: "sous prétexte qu'on a des racines, on ne pourrait jamais devenir arbre"?
A Bruxelles, des fonctionnaires se retrouvent dans une chapelle pour prier ensemble pour que Dieu inspire la politique européenne.

François Bayrou: "qu'est-ce qui vous reste comme liberté quand les pouvoirs religieux et politique sont les mêmes?"
Denis Tillinac, journaliste, très proche de Chirac: "en France, on est en terre d'anti-chrétienté."

Dans le débat qui suit, Elisabeth Badinter dénonce ces politiques qui ont peur des fanatiques et qui négocient nos libertés. La journaliste allemande (d'origine musulmane) qui discute avec elle se dit prête à écrire un livre expliquant qu'elle n'a jamais voulu vivre dans un pays musulman et que ce livre s'intitulera "Adieu, l'Europe" si l'Europe continue à céder à la bêtise. "Tout cela n'a rien à voir avec la liberté religieuse ou la tolérance, dit-elle. Ce sont des gens qui utilisent la peur pour faire passer leur vision de la société." Le problème, c'est la majorité silencieuse qui permet un dangereux changement de nos sociétés.
"L'islamophobie? C'est expression d'un esprit critique, dit Elisabeth Badinter, pas une charge contre les musulmans." Il faut pouvoir se dégager de la prison dans laquelle les islamistes veulent enfermer les musulmans.
Les obscurantistes nous tirent en arrière, vers... l'obscurantisme.

Dans sa conclusion, le présentateur parle de "cette époque un peu bizarre"...