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dimanche 4 novembre 2018

De l'avantage de l'herbivore

En Argentine, près de la Cordillère des Andes, des paléontologues viennent de découvrir une  nouvelle espèce de dinosaure qu'ils ont baptisée lavocatisaurus agrioensis. Ce grand gaillard tranquille de douze mètres de long était herbivore (1).
Au Pakistan, on redécouvre une vieille espèce d'homme: l'islamiste vociférant, avide de sang. L'espèce est carnivore et appelle à la mort pour un prétendu blasphème (2). Voici huit ans, Asia Bibi, chrétienne, avait été dénoncée par des voisines pour blasphème: elle aurait bu un verre d'eau tirée d'un puits réservé aux musulmans. On voit que la faute est grave, elle méritait la mort, avait alors décidé un tribunal. Il y a quelques jours, la Cour suprême du Pakistan avait décidé de l'acquitter. Huit ans de prison pour un verre d'eau, voilà qui semblait être une sentence suffisante. Mais les islamistes, aussi fous que furieux, ont manifesté durant trois jours en bloquant le pays, réclamant sa pendaison. Le gouvernement a cédé: il ne s'opposera pas à une demande de révision de la décision de la Cour suprême et a interdit à Asia Bibi de quitter le pays. Son avocat, lui, a fui, menacé de mort par les fous de Dieu (3).
Dans l'Indre, on vient de découvrir une autre espèce humaine. Tellement vorace qu'elle n'attend pas que l'animal soit mort pour le découper en morceaux. L'association L214 a rendu publiques des images de vidéosurveillance enregistrées dans l'abattoir communal du Boischaut. On y voit des animaux dépecés alors qu'ils sont encore conscients. Conscients que l'homme est un barbare (4). 
On ne regrettera pas la disparition de certaines espèces de carnivores si peu humaines. Se savent-ils sauvages, tous ces hommes qu'on a hâte de voir fossilisés?

(1) https://www.huffingtonpost.fr/2018/11/03/une-espece-de-dinosaure-herbivore-geant-decouverte-en-argentine_a_23579549/?utm_hp_ref=fr-homepage
(2) A une voisine qui estimait qu'Asia Bibi, parce qu'elle est chrétienne, avait souillé l'eau du puits en y en prélèvant de l'eau, cette dernière avait répondu: "ton prophète, c'est Mahomet. Le mien, c'est Jésus". Blasphème!, avaient hurlé les voisins. Ce qui démontre que toute religion est en elle-même blasphématoire par rapport aux autres. Affirmer qu'on croit en tel dieu, c'est blasphémer par rapport à une autre qui croit en un autre dieu. Le blasphème est la notion la plus absurde qui soit.
(3) https://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2018/11/02/acquittement-d-asia-bibi-les-islamistes-trouvent-un-accord-avec-le-gouvernement_5378272_3216.html
(4) https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/11/03/maltraitance-animale-le-ministre-de-l-agriculture-fait-fermer-provisoirement-un-abattoir-de-l-indre_5378501_3244.html


 A écouter, à propos d'Asia Bibi et du blasphème, le billet de Sophia Aram sur France Inter ce lundi 5: https://www.franceinter.fr/emissions/le-billet-de-sophia-aram/le-billet-de-sophia-aram-05-novembre-2018


dimanche 4 septembre 2016

Tartuffe en islam

Dans le fatras de mauvaises nouvelles que nous recevons chaque jour et qui nous font désespérer de ce monde, en voici une qui réjouit le cœur de l'homme: les islamistes sont des animaux comme nous tous. Depuis leurs origines, les religions se sont donné pour objectif de nous empêcher de vivre. Elles nous serinent que le corps est sale et que les relations sexuelles sont démoniaques. Et voilà que deux prêcheurs marocains, homme et femme, ont été surpris en pleine copulation et accusés d'adultère (1). La tartufferie n'empêche pas d'échapper à son destin d'humain. Il faut bien que le corps exulte, comme chantait Brel, et aucun islamiste, aucun chrétien ou juif intégriste, aucun mormon n'évitera l'enfer. Mais sans doute le tribunal: le prêcheur, marié, ne sera pas traduit en justice, au contraire de son amante, pourtant veuve. Et le port du burkini pendant l'acte sexuel n'y aurait rien changé. Toujours la femme a tort.

http://www.marianne.net/au-maroc-deux-leaders-islamistes-arretes-flagrant-delit-adultere-100245526.html

lundi 23 novembre 2015

Noirs prêches

Quelle est la responsabilité des mosquées, en Belgique comme en France, dans la radicalisation de certains jeunes? On entend depuis longtemps des imams auto-proclamés ou d'autres envoyés chez nous par l'Arabie saoudite, le Maroc ou l'Algérie, défendre une vision ahurissante de la société, tel cet imam de Brest qui prévient des enfants horrifiés: si vous écoutez de la musique, vous serez transformés en singes ou en cochons (1). Des prêches d'une bêtise rare (mais peut-être n'est-ce pas là l'adjectif le plus pertinent, hélas), déconnectée de toute réalité et de toute intelligence. Mais qui peut jurer que ces propos stupides ne sont pour rien dans l'attaque meurtrière d'une salle de concert?
L'islamologue belge Michaël Privot s'inquiète "d'un paysage musulman en Belgique plus salafisé" et de plus en plus propice aux groupes et aux discours radicaux (2): "le discours salafiste issu d'Arabie saoudite est de plus en plus prégnant", dit-il. La lecture salafiste de l'islam, conservatrice, binaire, littéraliste, si elle n'est pas toujours violente en elle-même, "est un substrat nécessaire sur lequel viennent se greffer facilement une idéologie violente, et donc ces groupes violents". Et les mosquées belges, écrit Bosco d'Otreppe dans la Libre, sont incapables d'opposer un contre-discours, mais sont surtout, ajoute l'islamologue Corinne Torrekens, "incapables de proposer de réels horizons à la jeunesse belge".
L'islam belge est financé, pour une bonne part, par l'Arabie saoudite, où il y a quelques jours un poète palestinien qui y est réfugié a été condamné à mort. Son crime: avoir renié la religion musulmane. Quelle bonne parole peuvent prêcher en Belgique des imams envoyés par semblable dictature théocratique? "Des mosquées et des imams, bien identifiés mais rarement inquiétés, ont pu y tenir des propos hostiles, tandis que des apprentis djihadistes se fondaient dans l'anonymat de quartiers échappant de fait au contrôle des autorités", écrit le Monde dans un éditorial à propos de la Belgique (3).
Aujourd'hui, une partie du monde musulman bouge. Enfin! Il y a urgence. De nombreux musulmans affirment que ces crimes ne peuvent êre commis en leur nom. Mais il est trop facile d'essayer de (faire) croire qu'il y a d'un côté des djihadistes et de l'autre de braves musulmans qui vivent tranquillement leur foi. Il y a un entre-deux marécageux, obscur et inquiétant. Il y a toutes ces tentatives d'imposer dans nos sociétés les règles ou pseudo règles de vie imposées par l'islam. Il y a ces femmes obligées de se voiler pour échapper aux insultes de petits coqs. Il y a ces prédicateurs qu'on nous présente comme modérés, tel Tariq Ramadan, coqueluche de certains intellectuels, qui prône le port du voile, justifie les châtiments corporels, la polygamie, l'interdiction des mariages mixtes, condamne l'homosexualité (4).  Il y a tous ces gens, jeunes et moins jeunes, nés dans nos pays, y éduqués, et qui crachent sur cette société dont ils profitent bien par ailleurs et qui voudraient qu'elles adoptent leurs règles. Et puis il y a cette gauche laxiste qui par électoralisme a laissé parler et agir les prêcheurs musulmans radicaux, comme elle ne le ferait pas une seconde pour des curés ou des rabbins, ceux qui sont prêts à laisser appliquer des règles totalement rétrogrades à des hommes et surtout des femmes qui ont précisément fui des pays qui les appliquent. Ceux qui défendent le voile ou, pire, la burqa, au nom d'un certain multiculturalisme qui renvoie chacun, de gré ou de force, à ses origines. "Le multiculturalisme aujourd'hui, dit l'ex-députée néerlandaise Ayaan Hirsi Ali (qui fuyant la Somalie s'est réfugiée en Europe ) (5), signifie réguler les gens en fonction de leur communauté, de leur religion et de leur culture. Très bien. Mais que fait-on des individus? Les gays, les femmes, les enfants? Ceux qui ne veulent pas suivre les lois de la communauté? Ce système est un cauchemar pour les femmes comme moi qui se sont enfuies de pays où le système les subordonne aux hommes et qui viennent dans cette société pour être égales. Soudainement, les multiculturalistes vous rappellent à l'ordre et vous disent non, pas vous! Vous, vous devez rester avec votre communauté et écouter votre père, votre frère, votre mari. On ne vous aidera pas... C'est ça l'égalité? Quand on y réfléchit, le multiculturalisme est un système purement raciste."
Il est temps que nos Etats nettoient les écuries d'Augias. Leur infection génère une maladie contagieuse. Et mortelle.

(1) "Si tu aimes la musique, écoute!", dans la série "15 minutes pour te réformer":
https://www.youtube.com/watch?v=ij3UfICpAvc
(2) La Libre Belgique, 17 novembre 2015.
(3) http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/11/23/la-belgique-une-nation-sans-etat_4815690_3232.html?utm_medium=Social&utm_source=Twitter&utm_campaign=Echobox&utm_term=Autofeed#link_time=1448283206
(4) in "Frère Tariq", Caroline Fourest, Grasset, 2004.
(5) citée par Caroline Fourest in "La tentation obscurantiste", Grasset, 2005.

dimanche 22 novembre 2015

Des bruits insupportables

Cherchez-vous un moyen de gagner votre vie? En voici un: ouvrez un commerce de chemises de cilice, de lits à clous et de verges pour se flageller. Il existe une clientèle importante pour ces produits  en ces temps d'attentats. On la trouve surtout à l'extrême gauche où certains ne cessent de répéter "c'est ma faute, c'est ma faute, c'est ma très grande faute". On ne pensait pas que cette extrême gauche était si imprégnée de culture judéo-chrétienne. Nous sommes responsables, selon ces personnes, des dérives ultra violentes de jeunes issus de l'immigration. Leur attitude assassine est compréhensible. Ce sont des victimes de notre système qui les a rejetés. Et tant pis si certains de ces jeunes semblaient parfaitement intégrés, tant pis si certains avaient un emploi ou suivaient des études, tant pis si certains vivaient ailleurs que dans des banlieues forcément abandonnées de tous. Le coupable est donc une victime. Et inversement. Ce discours simpliste, qui ne fait que donner raison aux tueurs et qui condamne les victimes, est inacceptable, insupportable, intolérable. On veut bien admetttre qu'il reste plus difficile de trouver un emploi si on s'appelle Latifa ou Ahmed plutôt que Camille ou Nicolas, que vivre dans une barre d'immeubles est moins réjouissant qu'habiter une maison au milieu d'un jardin, mais pourquoi faudrait-t-il admettre dans la foulée que pour s'en sortir il soit normal de massacrer des innocents? Pourquoi alors ne constate-t-on pas ce même type d'attitude chez les habitants de zones pavillonnaires, bien plus abandonnées que les banlieues (1), ou en zone rurale?
Cette extrême gauche écœurante, qui ne fait que justifier de prochains actes barbares, témoigne finalement de racisme: ces jeunes violents qui se réclament de l'islam sont irresponsables, rien n'est de leur faute, ils subissent et sont incapables de trouver d'autres moyens de prendre leur vie en mains que d'exercer de la violence contre les autres.
Il faut faire taire ceux qui trouvent des raisons aux assassins, dit Caroline Fourest (2), ceux qui affirment que c'est de notre faute s'ils tuent. Il faut faire taire les rengaines immorales qui arment les terroristes, "des regaines de collabo". Si la France est visée, dit-elle encore, c'est parce qu'elle est un pays libre, un pays de bons vivants.
Ceux qui trouvent de bonnes excuses à ces tueurs psychopathes et qui dédouanent l'islam de toute responsabilité n'écoutent pas les musulmans qui, depuis longtemps, exhortent l'islam à se remettre en question, tel Abdenour Bidar qui appelle l'islam à l'auto-critique: "le monstre est sorti de ton propre ventre, le cancer est dans ton propre corps" (3). Dans le magazine Marianne (4), Joseph Macé-Scaron  écrit que "le juste souci de ne pas pratiquer d'amalgames peut conduire aux pires aveuglements". Il rappelle que sont nombreux "les islamologues à en appeler à accélérer le mouvement en vue de libérer la parole du dogmatisme archaïque". Et de citer Hakim el Karoui, fondateur du club du XXIe siècle: "combattre enfin les fondamentalistes et pas seulement les djihadistes, car c'est là que se joue le combat. Ce serait le plus beau service que la France pourrait rendre à l'islam". Plus beau que de vouloir à tout prix défendre le soi disant point de vue de gens qui sont la négation de l'humanité.
De l'intelligence! De l'intelligence! De l'intelligence! D'urgence!

Post-scriptum: réponse de L. Joffrin à M. Onfray:
http://www.liberation.fr/france/2015/11/22/non-michel-onfray-le-monde-musulman-n-est-pas-daech_1415293
Post-scriptum: un ami m'envoie ceci, trouvé sur Facebook:


(1) lire Bernard Maris: "Et si on aimait la France", Grasset, 2015 (notamment pp.110-111).
(2) "Nos morts, notre légitime défense", billet diffusé sur France Culture: https://carolinefourest.wordpress.com
(3) (re)lire sur ce blog "Qui est donc responsable?", 13 janvier 2015.
(4) http://www.marianne.net/islamisme-cette-heresie-100238187.html

mardi 17 novembre 2015

Les crétins psychopathes

Jamais le dessin de Cabu n'aura été - hélas, 128 fois hélas - aussi pertinent. Mahomet doit disparaître sous ses larmes de se voir aimé par ces crétins obscurantistes qui ont, à plusieurs endroits dans Paris, tué aveuglément en criant qu'Allah est grand. Alors qu'il est minuscule, réduit en miettes par des barbares qui affirment agir en son nom.



Comment des jeunes éduqués dans nos écoles, au XXIe siècle, qui ont, selon les témoignages de certains de leurs proches, vécu une vie normale de jeunes, joué au foot, dragué des filles, bu et fumé, fait la fête, eu des espoirs, des joies et des déceptions, comment peuvent-ils se laisser ainsi fanatiser, rejoindre une secte violente et basculer dans l'abjection et la sauvagerie organisée? Quelle faiblesse d'esprit a pu les pousser à mourir en massacrant des innocents (chrétiens, athées, juifs, musulmans, agnostiques) qui avaient l'audace d'assister à un concert ou à un match de foot, de faire la fête ou de passer un bon moment avec des amis dans un restaurant? Quelle vision avaient-ils de la vie pour se muer en semeurs de mort? S'ils ont tué aveuglément, c'est qu'aveugles ils le sont. Incapables de voir les bienfaits de la société dans laquelle ils sont nés et ont vécu, incapables de se ranger du côté de la vie, incapables d'anticiper les suites qu'engendreront leur ignominie: le renforcement de l'extrême droite; la stigmatisation des musulmans; la méfiance vis-à-vis des candidats réfugiés, voire leur rejet, eux qui précisément fuient la violence des djihadistes; la libération de la parole d'imbéciles en tous genres (qui ne valent évidemment pas la peine qu'on relaie leurs délires et leurs haines). Ils veulent défendre leur pseudo Etat islamique qui prétend vouloir libérer les Syriens du joug du clan Assad. Et résultat: tout le monde va tomber sur le dos de Daech en épargnant le boucher de Damas, sept fois plus meurtrier encore. Leur bêtise est abyssale. Un professeur de psychopathologie (1) explique que nombre de ces jeunes, en recherche  d'identité, trouvent dans le djihadisme une raison d'exister. Si l'on peut dire. Puisqu'il s'agit de tuer et d'être tué à la fois, de mourir en martyr en pensant rejoindre un dieu dont ils ne savent rien. Ils sont tombés dans le piège que leur tendent les leaders islamistes qui amarrent, comme l'écrit Boualem Sansal, "la foi à la folie": celui des suicides assassins. Ils réalisent le but de la Guerre sainte, comme l'exprime encore l'écrivain algérien: "transformer d'inutiles et misérables croyants en glorieux et profitables martyrs" (2). Exister en mourant, sacré projet de vie! Et finalement, on se le demande: pourquoi tous ces islamistes - y compris et surtout leurs chefs de file - ne se font-ils pas tout de suite sauter pour rejoindre leur dieu, si cela leur fait tellement plaisir ? Voilà qui en ferait tout autant à la planète entière. N'hésitez pas, les gars, on est avec vous.
(A suivre)

La religion fait peut-être aimer Dieu mais rien n'est plus fort qu'elle 
pour faire détester l'homme et haïr l'humanité.
Boualem Sansal , 2084 - La fin du monde

(1) L'Avenir, 16 novembre 2015, p. 32
(2) Boualem Sansal , 2084 - La fin du monde, roman, Gallimard 2015

lundi 19 janvier 2015

Comment l'islam crée lui-même l'islamophobie

Naïvement, à lire le titre de l'article du Monde (1), j'ai été - un instant - juste un instant seulement - un peu rassuré. Lisant que "Les futurs imams vident leur sac", j'ai pensé que les futurs "cadres de l'islam", en formation à la grande mosquée de Paris, pleuraient sur le sort que font à l'islam les islamistes, sur les morts atroces commises en son nom.
Et c'est l'inverse. C'est pas eux, ils n'ont rien à voir là-dedans. Le Mahomet dessiné par Luz en couverture du dernier Charlie est plus empathique qu'eux. Eux n'expriment pas un regret, pas une excuse pour les crimes commis au nom du même dieu. Au contraire, ils crachent sur les morts, en n'hésitant pas à relayer les théories du complot. Un homme voit "un scénario préparé d'avance". Là, on est d'accord, mais les comploteurs ne seraient pas ceux que l'on pense selon lui, puisqu'on n'a jamais vu le visage des tueurs, ils étaient cagoulés. On voit qu'on a affaire à un fin limier. Il devrait "faire" policier, pas imam. Une femme va plus loin encore, laissant entendre que c'était là l'occasion pour le journal de se refaire une santé. Des explications qui donnent envie de vomir. D'autres ne veulent pas voir la différence entre antisémitisme et islamophobie, comme si, pour eux, ce qu'on pense était inhérent à ce qu'on est. Ils sont, selon l'expression de Sophia Aram ce matin (2), "ceux qui ne font que croire ce qu'ils pensent". Un homme voit même dans le dessin de la dernière couverture des sexes cachés. Il connaît mal l'hebdomadaire: quand dans Charlie on dessine une bite, c'est une bite. Elle n'est pas cachée, elle ose se montrer. Mais des esprits tordus en voient partout et sont donc incapables de voir "la tendresse et l'intelligence"(3) que traduit le dessin de Luz.
J'ai été formateur durant des années. Mon ambition essentielle était d'aider mes étudiants à réfléchir, de les rendre plus intelligents, plus capables de comprendre et d'agir. Pas d'en faire des autruches qui éructent avec la tête dans le sable, relaient des rumeurs stupides et injurieuses, sortent des monstruosités. Comment ces futurs imams et ceux qui les forment ne comprennent-ils pas que des propos aussi idiots et infâmes sont dommageables pour l'ensemble des musulmans? Ce ne sont pas les caricaturistes qui donnent une mauvaise image de l'islam, disait Cabu, mais ceux qui tuent en son nom. Ceux qui crachent en son nom ternissent un peu plus cette image.
Comment ne pas comprendre que cet islam-là fait peur, qu'il crée une vraie phobie? Qu'il est aussi dangereux pour les musulmans que les attaques et les raccourcis répugnants de l'extrême droite et des identitaires?
Est-ce ainsi qu'Allah est grand?

Post-scriptum: les manifestations contre les caricatures de Charlie Hebdo organisées un peu partout dans le monde musulman (comme, par exemple, en Tchétchénie) sont des caricatures de manifestations (4). De véritables insultes à la démocratie. Qui se lèvera contre elles?

(1) www.lemonde.fr/societe/article/2015/01/17/a-la-grande-mosquee-de-paris-les-futurs-imams-vident-leur-sac_4558443_3224.html
(2) www.franceinter.fr, ce 19 janvier 2015, 8h55. Excellent billet sur les rumeurs et les complots!
(3) www.liberation.fr/societe/2015/01/14/aujourd-hui-le-prophete-est-aussi-charlie_1180802
(4) France Inter, Journal, 19 janvier, 13h.

lundi 24 septembre 2012

Flexions

Mahomet a beaucoup fait parler de lui ce week-end. Dans les rues dans certains pays musulmans et sur les chaînes de télé dans nos pays. A-t-on le droit de se moquer? Les religions sont-elles intouchables? La loi doit-elle punir les blasphèmes? A partir de quand est-on dans l'irrespect? 
Il y eut aussi cette question: "à quoi sert une caricature?" "A se défouler", répondit un caricaturiste. La réponse est un peu courte. Une caricature, comme d'ailleurs un dessin, une peinture, une pièce de théâtre ou un film, sert à représenter. Et ainsi à mettre une distance entre l'objet ou le sujet représenté et nous. Cette distance permet critique et réflexion. Cette représentation, qu'elle se fasse avec sérieux ou avec un humour même corrosif, donne une perspective. "Elle permet de mettre les choses à distance afin d'entretenir un rapport avec elle. C'est dans l'entretien de ce rapport que se manifeste la liberté humaine de construire son bonheur", écrit Philippe Val (1).
Les fanascistes (2) n'aiment pas la mise à distance, ils n'aiment pas la réflexion. Ils lui préfèrent la génuflexion. Quand on a le nez au sol, on se soumet, on ne regarde rien, on ne voit pas la lumière.

(1) Traité de savoir-survivre par temps obscurs (Grasset 2007)
(2) Le terme est cité dans le film "La classe américaine - Le grand détournement" (M. Hazanavicius et D. Mézerette), contraction entre fanatiques et fascistes.


vendredi 4 novembre 2011

Quittez Facebook, rejoignez Charlie Hebdo

En lisant Le Monde (1), on découvre que le compte Facebook de Charlie Hebdo est bloqué. Motif invoqué: Charlie n'est pas une vraie personne. Tous les comptes Facebook de groupes (associations diverses, partis politiques, entreprises, etc.) vont-ils être bloqués désormais? En tous cas, ceux dont les publications présentent "des contenus graphiques, sexuellement explicites ou avec des corps trop dénudés". On voit par là que Facebook additionne à la peur l'hypocrisie.
En attendant, faute de pouvoir gérer ses pages Facebook, le compte de Charlie Hebdo est inondé de menaces islamistes et, nous dit le Monde, croule sous les milliers de messages, en français ou en arabe, "parfois très hostiles". "L'attentat (contre Charlie) démontre l'attachement des musulmans à leur foi", affirme un djihadiste sur un forum. A quelle foi? Il montre surtout la bêtise humaine, l'intolérance et l'utilisation d'une religion à des fins violentes. Mais qui sont donc ces dieux qui rendent fous furieux? On se le demande.

En attendant, on peut retrouver Charlie à nouveau en kiosque, puisque le numéro attaqué a été réimprimé, et sur le blog qu'il vient de créer: http://charliehebdo.wordpress.com/
Voilà quand même une bonne nouvelle.

(1) http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2011/11/04/
charlie-hebdo-ouvre-un-blog_1598776_3236.html#ens_id=1597236&xtor=RSS-3208

mardi 25 octobre 2011

Inquiétudes

Les Islamistes tunisiens sont modérés. C'est ce qu'on nous dit et ce qu'on appelle une antinomie. Qui dit islamisme dit instrumentalisation intégriste de l'Islam. L'intégrisme peut-il être modéré? Il est, tout simplement. Dans son simplisme et son absence de nuance, son application brute d'une doctrine et de ses règles. "L'islamisme, même à dose microscopique, détruit un pays", affirme l'écrivain algérien Boualem Sansal (1) qui sait de quoi il parle. On attend de voir, mais on a un peu de mal à croire qu'un islamisme modéré soit possible. Certains islamistes tunisiens, plusieurs centaines de Salafistes, ont manifesté récemment (2) contre la diffusion par la chaîne de télévision Nesma du dessin animé de Marjane Satrapi, Persepolis. Ils ont entraîné derrière eux quelques centaines de personnes. Ils veulent l'application de la charia, se déclarent opposés aux élections et à la démocratie. Le seul pouvoir qu'ils reconnaissent est celui de Dieu. Le leur, bien sûr. Enfin, Le, puisqu'il ne peut y en avoir d'autres. Mais Dieu étant un être immatériel, qui va exercer le pouvoir? Eh bien eux, bien sûr, auto-proclamés.
Les démocrates tunisiens sont inquiets. "Les récents évènements sanglants d’affrontements interconfessionnels en Egypte (24 morts) qui coïncident avec les « émeutes inquisitoires » en Tunisie, viennent rappeler que cela ne tient qu’à peu de choses que les révolutions arabes ne dérapent en moyenâgeuses guerres de religions", écrit Seif Soudani dans un billet qu'il faut lire (3).
Le parti islamiste Ennahada, avant même la proclamation du résultat des élections, se proclame grand vainqueur avec quelque 40% des voix. Ses dirigeants promettent de garantir "la liberté de croyance et de pensée", de préserver "les acquis de la femme", y compris sa liberté "contre toute imposition d'un style vestimentaire" et son "droit au travail" (4). Mais entre rassurantes déclarations et sombre réalité, il y a un gouffre: des femmes non voilées sont invectivées dans la rue, certaines menacées de mort, des cinémas, des universités sont envahies.
En Libye, le Conseil de transition vient d'annoncer que la charia serait appliquée, que - notamment - la polygamie serait à nouveau autorisée. Le printemps arabe donne froid dans le dos. On pense à l'Iran de 1979. Les oiseaux chantent, mais ce sont des rapaces. On espère entendre le rouge-gorge et le pic-vert.

(1) le Vif, 23 septembre 2011
(2) JT RTBF, 15 octobre 2011
(3) www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/
2011/10/11/2338-qui-est-derriere-les-
dernieres-violences-en-tunisie
(mardi 11 octobre 2011)
(4) L'Avenir, 22 octobre 2011

dimanche 9 octobre 2011

Ni Allah, ni maître! *

Si on récite bien le Coran, on reçoit des livres religieux et de l'argent. C'est ce qui est arrivé à trois enfants somaliens qui ont participé à un concours de récitation organisé par une radio. Jusque là rien d'étonnant. Ou plutôt de détonnant. C'est le troisième type de cadeau qui l'est: les deux premiers enfants ont aussi reçu une kalachnikov AK-47 et le troisième deux grenades à main (1). Les voilà prêts à la djihad.
Ces cadeaux aberrants ont-ils suscité une réaction scandalisée des islamistes? Ils ont d'autres soucis: menacer Nadia El Fani. La réalisatrice tunisienne, qui se définit comme "catholique par sa mère, musulmane par son père et athée grâce à Dieu", a eu l'outrecuidance de tourner un documentaire intitulé "Laïcité, inch'allah!", "un plaidoyer pour une Tunisie laïque, où la religion disparaîtrait de la Constitution" (2). Elle est aujourd'hui victime de menaces de mort, de montages photos dégradants, d'appels au viol de la part des fondamentalistes qui, agissant ainsi, lui donnent raison sans apparemment s'en rendre compte. Des avocats islamistes ont déposé plainte contre elle pour "atteinte au sacré". Ils n'ont pas vu le film, mais qu'importe? La gauche tunisienne se tait. Courageusement. Faisant le lit des barbus obscurantistes. Et la désolation des femmes qui, sous Bourguiba, avaient connu une Tunisie autrement respectueuse de leurs droits (3).
"Laïcité, inch'allah!" doit être programmé partout. D'urgence.

(1) LLB, L'oeil du cyclone, 1er octobre 2011
(2) Télérama, 21 septembre 2011
(3) Télérama, 14 septembre 2011
* Ni Allah, ni maître! était le premier titre du documentaire

lundi 30 novembre 2009

Minarets et patinoires

A question idiote, réponse idiote. Hélas. L'extrême droite suisse a réussi à imposer dans le débat national une question que règlent d'habitude les responsables locaux. A 57%, les Suisses ont dit non aux minarets. Des limites de la démocratie directe... Si la question avait été posée à la population en Indonésie ou en Arabie saoudite de l'autorisation de construction de clochers d'églises, je présume que la réponse aurait été identique. En ce début de siècle où priment les identités, difficile d'espérer de grandes et nobles attitudes d'ouverture. Chacun se replie sur son lopin de terroir et son nombril et l'église doit rester au milieu du village. Les minarets n'auront donc pas pignon sur rue en Suisse.
Le roi du culot en profite. Une fois de plus. Tariq Ramadan déplore la confusion entre islam et islamisme. Je suis parfaitement d'accord avec lui. Mais alors qu'il cesse précisément d'entretenir cette confusion, lui qui pratique en permanence le double langage. L'image des musulmans est ternie par les islamistes qui entendent imposer leurs règles rétrogrades. L'islamisme est clairement une utilisation politique (obscurantiste et sexiste, pour ne pas dire fascisante) de la religion. Pour les islamistes, religion et Etat se confondent et ils entendent créer des états théocratiques où la charia serait d'application. "L'islamisme est un intégrisme musulman, un fanatisme qui englobe plusieurs courants, mais c'est également l'utilisation , voire la manipulation de la religion musulmane à des fins politiques et idéologiques. L'islam est une religion, l'islamisme est une idéologie." (...) "Qualifier l'islamisme de fascisme n'est ni un abus de langage ni un dérapage."(Mohamed Sifaoui - Combattre le terrorisme islamiste) Les islamistes, on le sait, vont donc jusqu'à tuer - ou, plus courageusement, à faire tuer - souvent aveuglément - au nom de dieu.
Pour lutter à la fois contre toutes les extrêmes droites, les "locales" comme les islamistes, les musulmans démocrates - ils sont nombreux - devraient beaucoup plus se faire entendre, protester contre les fous de dieu, condamner l'idéologie salafiste. Donner une autre image de leur religion qu'ils présentent comme tolérante et tranquille. Ce que je suis prêt à croire. Sortons donc de la confusion entre islam et islamisme. Et coupons ainsi l'herbe sous le pied des extrêmistes intolérants. Quelles que soient leurs origines. Les minarets tutoieront alors les clochers.

Ceci dit, en France, la question des minarets n'en plus une, selon rue89 qui a rencontré Sadek Sellam, historien de l'Islam Contemporain et auteur de « La France et les musulmans » :
« Depuis la fin des années 90, ce n'est plus un problème. Les maires, qui gèrent la question au quotidien le savent bien, les anciens refus ont disparu. Les musulmans tiennent compte du droit de l'urbanisme et ne réclament plus de grands minarets.
Ils sont conscients de la primauté de la laïcité et font comme pour les églises qui depuis la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat de 1905 ne dépassent pas le plus grand monument de la ville. La Suisse est en retard. » (voir sur www.rue89.com: "En France, le débat sur les minarets s'est désormais apaisé" par Sophie Verney-Caillat 30/11/2009)

Personnellement, je propose que les Belges se prononcent sur la question suivante: "Faut-il interdire les patinoires à ciel ouvert?". Chaque fin d'année, elles reviennent. Toujours aussi gaspilleuses en énergie. Toujours aussi absurdes. A Bruxelles, il y a même une piste de luge, "avec de la vraie neige", nous dit le JT de la RTBF, de moins en moins avare d'une analyse intelligente.
Mon souhait? Qu'il pleuve jusqu'après les fêtes. Et qu'il fasse 20 degrés. Transformons les patinoires en piscines!

mercredi 7 janvier 2009

Ces religions conquérantes

Par manque de temps, je n'ai pas pu commenter immédiatement le remarquable et courageux théma qu'Arte a consacré, le 9 décembre, aux menaces sur la laïcité en France et en Europe.
J'y viens enfin. Avec quelques extraits et commentaires.

Le premier documentaire commençait avec le cas de ce Français d'origine musulmane, athée, qui avait demandé à être incinéré après sa mort. Le tribunal a donné raison à son ex-épouse qui prétendait qu'il était musulman. Au grand dam de sa fille, il est enterré dans le cimetière musulman de Lille. Elle n'a pas pu prouver qu'il était athée! Donc, forcément, en fonction de ses origines, il est considéré comme musulman...!

Les élus politiques n'osent pas s'opposer aux poussées religieuses. "La crainte de ne pas apparaître comme complaisant, libéral, peut rapporter des voix", déclare un élu roubaisien.

"C'est Dieu qui guérit, le médecin ne fait que soigner", déclare un rabbin.

Les revendications des groupes religieux s'additionnent: piscines séparées hommes - femmes, nourriture adaptée dans les écoles, tenues vestimentaires, contenus des cours, etc. Et le rabbin qui obtenu une victoire s'empresse de l'annoncer à son collègue imam pour qu'il en réclame encore plus. Dans les écoles de Lyon, suite aux pressions de certains parents et même d'enfants de l'école élémentaire, les menus sont désormais végétariens, histoire de mettre tout le monde d'accord (?). Michèle Viannes: "on est dans le compassionnel. Céder, c'est accepter que les musulmans soient soumis à un groupe politique."

A l'hôpital, les cas d'attitudes violentes se multiplient: pas question qu'un médecin homme s'approche d'une femme même en souffrance. "Dès qu'on cède, on met le doigt dans l'engrenage", dit un médecin.
Et pendant ce temps, Tariq Ramadan déclare au congrès de l'UOIF que la lapidation des femmes adultères est une sentence juste, qui garantit la sécurité familiale.

L'émission suivante revient sur le combat des chrétiens intégristes pour faire inscrire dans la constitution européenne l'héritage judéo-chrétien. Sarko Ier reçoit Ben XVI: "les racines de la France sont essentiellement chrétiennes, on ne peut les arracher. Et l'instituteur ne remplacera jamais le curé pour faire la différence entre le bien et le mal."
Qui donc répliquait: "sous prétexte qu'on a des racines, on ne pourrait jamais devenir arbre"?
A Bruxelles, des fonctionnaires se retrouvent dans une chapelle pour prier ensemble pour que Dieu inspire la politique européenne.

François Bayrou: "qu'est-ce qui vous reste comme liberté quand les pouvoirs religieux et politique sont les mêmes?"
Denis Tillinac, journaliste, très proche de Chirac: "en France, on est en terre d'anti-chrétienté."

Dans le débat qui suit, Elisabeth Badinter dénonce ces politiques qui ont peur des fanatiques et qui négocient nos libertés. La journaliste allemande (d'origine musulmane) qui discute avec elle se dit prête à écrire un livre expliquant qu'elle n'a jamais voulu vivre dans un pays musulman et que ce livre s'intitulera "Adieu, l'Europe" si l'Europe continue à céder à la bêtise. "Tout cela n'a rien à voir avec la liberté religieuse ou la tolérance, dit-elle. Ce sont des gens qui utilisent la peur pour faire passer leur vision de la société." Le problème, c'est la majorité silencieuse qui permet un dangereux changement de nos sociétés.
"L'islamophobie? C'est expression d'un esprit critique, dit Elisabeth Badinter, pas une charge contre les musulmans." Il faut pouvoir se dégager de la prison dans laquelle les islamistes veulent enfermer les musulmans.
Les obscurantistes nous tirent en arrière, vers... l'obscurantisme.

Dans sa conclusion, le présentateur parle de "cette époque un peu bizarre"...