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jeudi 3 mai 2018

Noir, c'est noir

Ils sont d'extrême gauche, d'ultra gauche disent certains, mais ont des méthodes d'ultra droite, des méthodes de fascistes. Habillés comme des paramilitaires et courageusement masqués, les Blacks Blocs volent leur manifestation du 1er mai aux syndicats, cassent, démolissent, incendient, sans souci des travailleurs des entreprises dont ils mettent à mal l'outil de travail, ni des clients, ni des occupants des étages supérieurs des immeubles dans lesquels ils balancent des cocktails Molotov. Leurs dégradations de l'espace public auront un coût notamment pour les services publics, donc pour nous tous.
Que défendent-ils? Que réclament-ils? On n'en sait rien. Ils semblent avoir le même programme que la fille à papa Le Pen: démolir. Mais eux, c'est matériellement. Que veulent-ils construire? Ils n'expriment (ou alors elles m'ont échappé) aucune revendication. Il paraît qu'ils sont en colère. Contre quoi? Contre qui? C'est une "violence légitime", affirme Poutou le boutefeu.
"Go vegan" a écrit l'un d'eux sur la vitrine explosée du McDo saccagé. Pour affirmer leur refus de la violence contre  les animaux, ils usent de violence et terrorisent les clients. On a évidemment le droit de critiquer, de contester les symboles du capitalisme, mais cette violence organisée a un air années '30 en Allemagne et dessert totalement leurs combats. Rendant impossible la moindre sympathie pour eux. Au contraire.

https://www.huffingtonpost.fr/2018/05/01/manifestation-du-1er-mai-2018-qui-sont-les-black-blocs-responsables-des-debordements-a-paris_a_23424702/?utm_hp_ref=fr-homepage
Voir le dessin de Kroll:
http://plus.lesoir.be/154343/article/2018-05-02/le-kroll-du-jour-sur-les-violences-paris-lors-du-1er-mai

jeudi 1 mai 2014

Fête du travail

Cette journée de lutte qu'est le 1er mai, historique pour les travailleurs et leurs syndicats, a été récupérée par les uns et les autres.

Par les PS de tous pays qui (se) rappellent ce jour-là qu'ils sont socialistes.
Par la droite, MR en Belgique ou UMP en France, qui déteste laisser la rue et les meetings au PS.
Par l'extrême droite aussi qui rend ce jour-là hommage à une jeune fille qui entendit des voix (1). On a vu aujourd'hui un vieil homme et sa fifille lui rendre un hommage attendri à Paris (2). L'image pourrait être touchante si eux aussi n'entendaient des voix, obscurantistes et dont ils se font l'écho.


Le 1er mai est à tout le monde, nous dira-t-on. C'est vrai. On peut toujours essayer de réécrire l'Histoire, ce dont certains partis se sont fait une spécialité, on ne la changera pas.

Rappelons, principalement à nos amis français qui sont nombreux à s'interroger ("ça se fête ailleurs qu'en France le 1er mai?"), que le 1er mai est une fête internationale du travail, qu'elle est née aux Etats-Unis, qu'elle était ardemment célébrée dans tout le bloc soviétique, qu'en Italie on l'appelait "la Pâques des ouvriers" (3).

(1) Une fois encore, le FN se trompe. Jeanne d'Arc, c'est - selon le calendrier - le 30 mai qu'elle se fête.
(2) www.lalibre.be/actu/international/le-fn-annonce-20-000-participants-a-son-defile-5362180e357061b5339f64d5
(3) 
rue89.nouvelobs.com/rue89-presidentielle/2012/04/30/les-tentatives-de-recuperation-du-1er-mai-nont-jamais-marche-231687


mardi 1 mai 2012

Travaillez, prenez de la peine, c'est le fond qui manque le plus

Mais à qui donc appartient la Fête du Travail? On se le demande. Si on suit le JT de la RTBF (1), c'est aux partis politiques: socialistes et libéraux se la disputent (voir le billet d'hier). Les syndicats sont aux abonnés, quasi, absents. La parole est tout d'abord à Thierry Giet, président d'un Ps mou de chez mous, avant tout soucieux d'assurer sa première place de francophone belge, en gérant comme il peut le système capitaliste, qui lui convient, globalement, assez bien. Que le Ps soit, à un certain niveau, proche des travailleurs, on peut l'admettre. Même s'il y a, largement, matière à débat. Mais que le MR revendique un quelconque lien avec la Fête du Travail, alors là, on ne peut être plus dans le culot, la suffisance, le mépris et la morgue. N'empêche: c'est bien de la sorte que le JT de la RTBF s'ouvre. Parlant des syndicats, il se contente de citer une déclaration d'Anne Demelenne de la FGTB. Apparemment, la CSC n'a pas manifesté aujourd'hui. Il n'en est en tout cas pas question. Si les partis politiques l'emportent au culot, la RTBF gagne en "tronquage" de l'information. Où sont la place et la parole des travailleurs?
En France, on le sait, le F Haine, depuis des années, a tenté de transformer le 1er mai en Fête de la FFFFFFFFFRRRRRRRRAAAAAAAAAAANNNce. Entendez par là la France Rance. Ca marche assez bien. Au point que certains manifestants semblent penser que c'est le FN qui est à l'origine du 1er mai, reprochant à Sarko de tenter de le récupérer (2). Nicolas Sarkozy ne récupère rien, il attaque. Voilà que, rassembleur (3), il s'en prend aux syndicats qui feraient mieux de laisser tomber les drapeaux rouges pour se saisir du drapeau de la France. 
Allez, c'était la Fête du Travail. Vivement celle du capitalisme, que les travailleurs soient à la fête.

(1) JT de la RTBF, 1er mai 2012
(2) JT de France 2, 1er avril 2012
(3) Lui qui n' a cessé de tenter de diviser les Français, s'attaquant aux sans-papiers, aux étrangers, aux musulmans, aux Roms, aux fonctionnaires, aux magistrats, aux enseignants, aux journalistes, aux syndicalistes et on en oublie.

lundi 30 avril 2012

Authentiquement simplets

"Le 1er mai est une fête authentiquement libérale", affirme Charles Michel, président du M.R. (1). On peut réécrire l'Histoire, on n'y changera rien. Si les travailleurs fêtent le travail le 1er mai, c'est en souvenir de la réussite du combat des syndicats américains qui, le 1er mai 1886, obtenaient, de haute lutte, la journée de huit heures pour 200.000 travailleurs. D'autres travailleurs ont continué à se battre pour bénéficier des mêmes droits. Le 3 mai 1886, la police tuait trois manifestants à Chicago.
Cinq ans plus tard, le 1er mai 1891, lors d'une manifestation à Fourmies, dans le Nord de la France, l'armée tirait à bout portant sur la foule. Bilan: dix morts, dont huit avaient moins de vingt-et-un ans.
On voit par là que Charles Michel, quand il veut récupérer la Fête du Travail, confond 1er avril et 1er mai et perd une occasion de se taire. On serait libéral, on se ferait discret.
Nicolas Sarkozy est dans le même état d'esprit. Son premier mai sera la fête "du vrai travail". "Le vrai travailleur, c'est celui qui a construit toute sa vie sans rien demander à personne", explique Sarkozy. Sarkozy exhorte aussi ses supporteurs: "aidez-moi, j'ai besoin de vous". On voit par là que Nicolas Sarkozy ne répond à sa définition et n'est pas un vrai travailleur. Juste un "assisté".

(1) Le Soir, 30 avril 2012

lundi 2 mai 2011

Zapping

Dimanche 1er mai, en voiture. A 18h, on quitte le superbe album Chamber Music de Ballaké Sissoko et Vincent Segal pour écouter les informations sur la Première. On sait déjà qui on va entendre et ce qu'il va dire. On n'est pas déçu. C'est bien sûr Elio Di Rupo qui parle: "la droite, comme disait Karl Marx". On rit. On repasse aussitôt sur le cd. On sait que chaque premier mai, le Ps est à gauche et est même capable de devenir marxiste. Et chaque 2 mai, il se remet à soutenir le moindre promoteur venu, même s'il débarque avec des projets absurdes, dépassés, injurieux pour la planète. On se dit que ce devrait être le 1er mai tous les jours.
Le soir, au JT, on ne peut s'empêcher de sourire, un peu navré, en voyant tous ces notables chanter l'Internationale, le poing levé. Vous reprendrez bien un petit four, une coupe de champagne?
Le MR fait tout autant sourire dans sa tentative de récupérer la fête du travail. Jodoigne a été élue, depuis des années maintenant, capitale wallonne du travail. Le bleu domine, même si les cravates ont remplacé les sarraus. On retrouve Monteverdi sur Arte.
Et le 2 mai, on est content d'être le lendemain.