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mercredi 15 octobre 2014

Humour noir (et brun)

Certains Flamands ne cessent de le dire: les deux principales communautés de Belgique ont des cultures trop différentes pour qu'existe une cohabitation harmonieuse entre elles. Donc, mieux vaut divorcer, estiment-ils. On a longtemps pu considérer cette analyse comme abusive, prétexte à leurs discours séparatistes. Mais nous voilà forcés de constater qu'ils ont raison. Nous n'avons pas le même humour.
Le gouvernement fédéral est à peine formé qu'un de ses secrétaires d'Etat, le NVA Théo Francken, se fait rudement secouer par l'opposition. Il faut dire qu'aller célébrer, même à l'occasion de ses negentig jaren, un ancien collabo des nazis, membre actif - en son temps - du VNV et co-fondateur de la milice fasciste VMO, ne donne pas de vous une image de démocrate. Surtout si, dans la foulée, ressortent des courriels que le même Francken a envoyés, en 2007, conviant des amis à une réunion "pour signer les grandes lignes de la gestion (et surtout de la fin) de notre pays". Il avait menacé ceux qui seraient trop bavards sur l'existence de cette réunion d' "une balle ou d'une petite nuit avec Christian Duthoit" (une personnalité homosexuelle connue en Flandre, nous dit-on). L'organisatrice de cette réunion: une "amicale", présidée par Francken et baptisée VNV (pour Vlaamse-Nationale Vriendenkring), les mêmes initiales que le groupement collabo créé par des nationalistes flamands pendant la Seconde guerre mondiale.
Mais tout cela, ce n'était que des messages "au ton ironique", nous dit aujourd'hui celui qui vient d'être nommé (pour combien de temps encore?) secrétaire d'Etat. Bref, vouloir mettre fin à la Belgique, créer une association qui fait référence à la collaboration et surtout menacer de mort des "amis", c'est de l'humour. Avouons qu'il nous a échappé.
Mais franchement qu'est-ce que Charles Michel a été faire dans cette galère? 

Lire l'intéressante analyse de Guido Fonteyn:  http://www.lalibre.be/debats/ripostes/la-n-va-est-elle-un-parti-d-extreme-droite-543d730d35706c7176894662

www.lalibre.be/actu/politique-belge/polemiques-autour-de-jan-jambon-et-theo-francken-des-foutaises-francophones-selon-bart-de-wever-543d78813570102e508f6f26#media_1

www.lesoir.be/680703/article/actualite/belgique/elections-2014/federales/2014-10-15/affaire-francken-des-foutaises-pour-bart-wever#

http://www.lalibre.be/actu/politique-belge/le-leader-socialiste-au-pe-exprime-sa-vive-preoccupation-sur-les-cas-francken-et-jambon-543e55be3570102e508f8c8b

lundi 30 avril 2012

Authentiquement simplets

"Le 1er mai est une fête authentiquement libérale", affirme Charles Michel, président du M.R. (1). On peut réécrire l'Histoire, on n'y changera rien. Si les travailleurs fêtent le travail le 1er mai, c'est en souvenir de la réussite du combat des syndicats américains qui, le 1er mai 1886, obtenaient, de haute lutte, la journée de huit heures pour 200.000 travailleurs. D'autres travailleurs ont continué à se battre pour bénéficier des mêmes droits. Le 3 mai 1886, la police tuait trois manifestants à Chicago.
Cinq ans plus tard, le 1er mai 1891, lors d'une manifestation à Fourmies, dans le Nord de la France, l'armée tirait à bout portant sur la foule. Bilan: dix morts, dont huit avaient moins de vingt-et-un ans.
On voit par là que Charles Michel, quand il veut récupérer la Fête du Travail, confond 1er avril et 1er mai et perd une occasion de se taire. On serait libéral, on se ferait discret.
Nicolas Sarkozy est dans le même état d'esprit. Son premier mai sera la fête "du vrai travail". "Le vrai travailleur, c'est celui qui a construit toute sa vie sans rien demander à personne", explique Sarkozy. Sarkozy exhorte aussi ses supporteurs: "aidez-moi, j'ai besoin de vous". On voit par là que Nicolas Sarkozy ne répond à sa définition et n'est pas un vrai travailleur. Juste un "assisté".

(1) Le Soir, 30 avril 2012