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lundi 26 mars 2018

Un homme debout

Ils expriment les deux facettes de l'être humain. L'un est un assassin, l'autre un héros. C'est la lâcheté et c'est le courage.
Et pourtant, il est des assassins qui passent pour des héros d'une idéologie totalitaire. Comment un Mohamed Merah qui exécuta de sang froid des enfants parce qu'ils avaient le malheur d'être juifs, des militaires parce qu'ils servaient l'Etat français, comment ce personnage abject peut-il fasciner des esprits faibles? Les djihadistes sont les révélateurs de la face sombre de l'humanité.
Un héros est celui qui n'hésite pas à risquer sa vie pour sauver celle des autres et non pour les tuer. Le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame sera à jamais un homme debout, associé aux notions de courage, de devoir, de compassion. Son nom restera dans les mémoires. Contrairement à ceux de ces hommes qui tuent lâchement et aveuglément. Ils ne seront que sinistres individus ensevelis dans des tombes anonymes.

Le jour se lève à peine
Et nous suivons à pied
La voiture qui t'emmène
Vers ta nouvelle maison 
Dit-on

On nous a prévenus
Que dessus
Il n'y aura pas ton nom

Et dans ce matin d'hiver
Où pleuvent les corbeaux
De personne 
Tu ne fus le héros

Babx, "Le déserteur" ("Une chanson inspirée par les trois lignes consacrées à l'enterrement de l'un des jeunes assassins du Bataclan, enterré dans une sépulture anonyme au cimetière de la Courneuve. Plein hiver. Cinq heures du matin. Sa mère ou son enfant lui parle.")
(extrait du superbe album Ascensions)

A lire à ce sujet: le communiqué du Printemps républicain:
https://www.facebook.com/PrintempsRepublicain/posts/875850889261166

jeudi 7 août 2014

Un manque criant

De l'intelligence et du courage. On ne peut s'empêcher de se dire que c'est ce qu'il manque pour mettre - vraiment - fin à la guerre qu'Israël mène à Gaza. N'y a-t-il donc personne au sein du gouvernement israélien qui se rende compte que cette guerre ne fera que renforcer les islamistes du Hamas et susciter de nouvelles vocations de terroristes, qu'on fait des victimes des héros et des résistants, personne qui soit capable d'entrer dans une vision dialectique de la situation? Personne qui soit capable de prendre un tout petit peu du recul nécessaire pour comprendre que, quoi qu'il arrive, il faudra bien, un jour ou l'autre, trouver une solution concertée?
Près de deux mille morts côté palestinien et un coût de reconstruction de quatre à six milliards de dollars. Tout cela pour rien. Pour que rien ne change, sinon que la haine augmente.
"On est condamnés à vivre ensemble et je le dis en un sens positif", affirme le réalisateur israélien Amos Gitaï (1). Il faudra bien trouver des accords, même imparfaits, dit-il, citant une amie de sa mère, une ex-parachutiste durant la seconde guerre mondiale: "il y a trop d'héroïsme et pas assez de courage", disait-elle.
Le courage, on l'attend aussi de la communauté internationale: elle devrait imposer des Casques bleus à Gaza, estime Jean-Paul Chagnollaud, professeur de sciences politiques (1). Mais pour cela, ajoute-il, "il faut des hommes politiques qui aient du courage".
Et de l'intelligence, a-t-on envie d'ajouter. Celle qui manque cruellement à un membre du CDV qui a écrit que "si Hitler n'a pas déporté tous les Juifs, c'est pour nous montrer pourquoi il voulait les exterminer" et qui se justifie en affirmant qu'il s'agit d'une provocation pour susciter la défense des Palestiniens (2). Pense-t-il alors qu'il faudrait appeler à supprimer les musulmans pour défendre les populations massacrées et terrorisées par les fous furieux de l'Etat islamique de l'Irak et du Levant?
Le courage et l'intelligence, c'est sans doute des femmes qu'ils viendront. Dans son dernier film, "Ana Arabia", Amos Gitaï "rend un hommage vibrant aux femmes", écrit Pierre Murat (3), "qui, au nom de sentiments qui leur servaient d'idéal, et au-delà des rebuffades et des haines, croyaient à une entente possible. Et si, à l'avenir, un espoir renaissait, il serait entre leurs mains".
Le courage et l'intelligence, on les trouvent chez les Bâtisseuses de paix (4), en France, qui tentent de rapprocher les femmes arabes, les femmes juives, les femmes musulmanes, par le dialogue et la tolérance: "apprendre à accepter l'autre afin qu'il m'accepte également".
La biologie prépare-t-elle la femme à l'ouverture vers l'autre? Delphine Horveilleur, femme rabbin en France, le pense: "la compassion n'est pas une prérogative exclusive du sexe féminin... , dit-elle, même si, me semble-t-il, rien ne l'illustre mieux qu'un événement précis de la vie d'une femme: sa grossesse, à savoir ce moment où il lui est donné de faire en elle de la place pour un autre qu'elle. Cette possibilité biologique d'accueillir l'autre, transposée au politique, est une voie à explorer dans la résolution de conflits. Il revient aux hommes et aux femmes de l'explorer" (4).
"Faire de la place en soi pour l'autre, c'est cela dont on a besoin aujourd'hui pour penser la sortie du conflit", affirme Delphine Horveilleur.

(1) Arte Journal, 6 août 2014, 19h45.
(2) www.lesoir.be/618954/article/actualite/fil-info/fil-info-belgique/2014-08-07/un-membre-du-cdv-derape-propos-des-juifs
(3) Télérama, 6 août 2014.
(4) www.batisseusesdepaix.fr
(5) Télérama, 23 juillet 2014.