lundi 10 octobre 2022

Vladimir le Criminel

Le mensonge est devenu un mode de gouvernement pour les régimes brutaux. Mais sans doute l'a-t-il toujours été. Est-ce la suffisance qui rend menteur ou l'inverse ?
Donald Trump avait érigé le mensonge en vérité. Le faux, c'est le vrai et les menteurs sont ceux qui prétendent le contraire. Vladimir Poutine utilise quotidiennement des arguments du même tonneau. Le faux justifie le pire. On comprend que la vérité se situe quasiment toujours à l'opposé de ce qu'il dit et Loukachenko, son vassal, agit de la même manière. Le voilà qui annonce qu'il déploiera des forces militaires avec la Russie parce que la Lituanie et la Pologne s'apprêtent, dit-il, à attaquer son pays, la Biélorussie. Et pourquoi pas le Luxembourg ou le Lichtenstein ? Avec ces dictateurs, le ridicule tue.
Quand Poutine affirme que l'Occident veut la mort de la Russie, il faut comprendre que c'est le contraire : Poutine et sa clique détestent l'Occident et sa démocratie et rêve de les voir s'effondrer. Quand le maître du Kremlin dénonce l'Ukraine comme un Etat terroriste, il faut comprendre que c'est lui seul qui a le droit d'agir en terroriste. Ce qu'il a fait aujourd'hui, en bombardant indistinctement l'Ukraine, y compris des civils, pour se venger de l'attentat commis sur son pont de Crimée. L'agresseur se présente en victime, la formule est connue et usée, mais elle fonctionne toujours auprès d'une partie de l'opinion.

La population russe n'est cependant pas aussi crédule qu'on peut parfois le croire, estime le romancier moscovite en exil Dmitri Gloukhovski (1) : "Le régime s’est transformé en dictature. Jusqu’ici, la guerre apparaissait sur l’écran de télé comme une émission psychothérapeutique permettant de détourner l’attention des gens de leurs problèmes réels, pour rediriger leur frustration vers la sécurité nationale. La majorité ne prêtait pas attention à l’opposition. Les gens ne voyaient pas le lien direct entre le manque de liberté et le risque de devenir de la chair à canon. Maintenant, ils font le lien, même s’ils sont encore un peu dans le brouillard de la propagande". (...)
"Poutine doit recruter dans les prisons, parmi les criminels, les assassins et les violeurs. Cela suggère que la guerre n’a pas été réellement soutenue par le peuple russe, malgré les chiffres des sondages d’opinion. Les régimes autoritaires prennent le contrôle des médias et des instituts de sondage afin de simuler l’approbation des dirigeants par l’opinion. Les sondages ne comptent pas. Ce qu’il faut mesurer, c’est le soutien de la guerre dans les actes. Or, à l’exception d’une minorité agressive, très active sur les réseaux sociaux et encouragée par les propagandistes de Poutine, il n’y a pas de soutien. La plupart des gens se sont simplement cachés, et ont fait semblant que rien ne se passait."
Pour les Russes qui s'opposent à la guerre, la meilleure solution est finalement la fuite à l'étranger. ce qu'ils ont fait en masse. La population a bien compris, dit encore Dmitri Gloukhovski, que Poutine entraîne son pays dans une guerre totale. "Car cette guerre n’est pas seulement dirigée contre l’Ukraine. Elle est aussi dirigée contre la Russie, contre le peuple russe. C’est une guerre contre l’avenir de la Russie, pour maintenir en esclavage son peuple, afin que Poutine puisse maintenir son régime politique dans le sang, même après sa mort." (...)
"C’est la guerre personnelle de Poutine, pour satisfaire son propre complexe d’infériorité. Pour qu’il puisse s’inscrire comme un grand homme d’Etat dans les livres d’histoire et figurer aux côtés de Pierre le Grand, de la Grande Catherine, de Lénine et de Staline."

Il ne sera aucun de ceux-là, pas même Ivan le Terrible. Juste Vladimir l'Infâme. Peut-on espérer en finir un jour prochain avec lui ? "Avec la mobilisation, le risque de coup d’Etat devient beaucoup plus élevé, de même que le scénario d’une insurrection. Mais il ne faut pas oublier que Poutine s’y est préparé, avec tous ses flics dorlotés par le pouvoir pendant des années. Ceux-là, personne ne les envoie à la guerre, ils restent déployés dans les centres urbains. Leur rôle demeure la dispersion des manifestations. Ils ont été armés le mieux du monde – par des équipements français, soit dit en passant. Poutine n’a pas l’intention de sacrifier cette garde prétorienne."

(1) https://www.lemonde.fr/international/article/2022/10/07/les-russes-se-sentent-comme-du-gibier-face-a-un-etat-predateur-invincible_6144883_3210.html

vendredi 7 octobre 2022

Memorial, prix Nobel de la Paix

Nous étions nombreux à l'espérer, l'ONG Memorial vient de recevoir le Prix Nobel de la Paix 2022, conjointement avec le Centre pour les libertés civiles, organisation ukrainienne de défense des droits de l’homme, et avec l'avocat biélorusse et défenseur des droits de l’homme Ales Bialiatski, président de l'organisation Viasna, aujourd’hui détenu en prison dans son pays.
« Le comité Nobel norvégien souhaite honorer trois champions remarquables des droits humains, de la démocratie et de la coexistence pacifique dans les trois pays voisins : Biélorussie, Russie et Ukraine », a déclaré sa présidente Berit Reiss-Andersen.

Dans les derniers jours de 2021, la Cour suprême de Russie avait prononcé la dissolution de Memorial International, présentée par Le Monde (1) comme "l’ONG russe la plus ancienne et la plus connue pour ses travaux de recherche sur les répressions de l’époque soviétique". Elle avait été cofondée par le prix Nobel de la paix Andreï Sakharov. Le procureur Alexeï Jafiarov avait alors déclaré qu'il est évident pour la Cour suprême que " Memorial, en spéculant sur le thème de répressions au XXe siècle, crée une image mensongère de l’URSS comme Etat terroriste". Il l'accusait, en outre, de « blanchir et de réhabiliter les criminels nazis ».
"Pour de très nombreux Russes en quête d’informations sur le sort passé de leurs proches, poursuivait Le Monde, l’ONG a joué un rôle de premier plan dans la documentation de la terreur stalinienne dont ont été victimes les familles. Elle continue encore aujourd’hui à le faire, alors que ces crimes sont relativisés ou mis sous le tapis. Sa disparition est en ce sens parlante : le pouvoir russe actuel, dont les représentants revendiquent fièrement l’héritage des services de sécurité soviétiques, se débarrasse de la dernière organisation critiquant ouvertement ce legs et pointant les similitudes entre pratiques passées et présentes." 
Depuis cette dissolution, les similitudes n'ont fait que s'accentuer, mais les relever s'apparente à un crime en Russie. Le choix du comité du Prix Nobel insiste sur cette nécessité de sauvegarder la mémoire d'un peuple que voudrait effacer un régime brutal et aux abois.

Post-scriptum :
"Il y a un lien entre la justification historico-théorique de l’invasion de l’Ukraine et la dissolution de Memorial. Les deux choses sont étroitement liées", affirme l’historien Nicolas Werth, qui préside la branche française de Memorial (2).
L'attribution de ce prix Nobel lui en rappelle d'autres : les prix Nobel de littérature à Boris Pasternak
en 1958 et à Alexandre Soljenitsyne en 1970, qui avaient été vus par l’URSS comme des provocations de l’Occident collectif. "Le prix Nobel de la paix à Memorial sera vu comme tel et sera ressenti de la même manière par le pouvoir russe d’aujourd’hui. Ça ne peut que le conforter dans le fait que tout l’Occident se ligue contre lui et fait feu de tout bois, y compris via le comité du prix Nobel. Même si c’est un immense honneur et une grande joie pour ceux qui défendent Memorial, ça ne peut être vu que comme une provocation de l’ennemi par le pouvoir poutinien. D’autant que ça tombe le jour du 70ᵉ anniversaire du dirigeant suprême." 
Parlant des réactions de la population russe, Nicolas Werth estime que "au sein de la petite minorité consciente qui déjà se pose des questions, soit depuis longtemps soit depuis moins longtemps à cause de la mobilisation, oui", cette distinction peut avoir un écho. "Mais pour la masse abreuvée par la propagande, ça ne fera que renforcer le sentiment que l’Occident entier est ligué contre la Russie et lui veut du mal."
Libération constate que des voix s’élèvent en Ukraine pour s’émouvoir qu’une ONG russe et qu’un opposant bélarusse, vus comme des représentants de pays agresseurs, sont honorés en même temps qu’une ONG de Kyiv. Vous comprenez cela ?, demande le quotidien à Nicolas Werth.
"C’est un signe extrêmement fort pour montrer qu’il y a beau y avoir un pays agresseur, il y a des forces à l’intérieur de ce pays qui sont farouchement et délibérément opposées à la politique du régime poutinien. C’est un signe d’espoir, d’avenir, au regard de la tendance actuelle – qui est compréhensible mais qui est absolument mortifère – de l’Ukraine à dénoncer en bloc l’ensemble de la culture russe, à vouloir dérussifier tout le champ culturel. C’est un signal fort envoyé par le comité Nobel pour freiner cette dérive qui consiste à critiquer l’ensemble de la culture russe au-delà de Poutine. Le régime va passer mais la culture russe, la culture ukrainienne et la culture bélarusse vont rester."

Extrait du communiqué de Memorial France publié ce jour :
"En ce moment, comme toutes les organisations de la société civile en Russie, Memorial est soumis à une forte pression. Mais la mémoire et la liberté ne peuvent être interdites. Nous poursuivons donc notre travail et continuerons à le faire en toutes circonstances.
Nos pensées vont à Ales Bialiatski et aux autres prisonniers politiques dans les prisons de Russie et du Belarus, ainsi qu’à nos collègues ukrainiens qui travaillent dans des situations de guerre.
Cette récompense intervient à un moment où la Russie mène une guerre d’invasion contre l’Ukraine et où les droits et libertés en Russie même sont violés à chaque instant. Il est plus important que jamais de se rappeler la thèse formulée il y a des décennies par Andrei Sakharov : la paix, le progrès, les droits de l’homme sont trois objectifs indissociables. On ne peut pas réaliser l’un d’entre eux en négligeant les autres. Un État qui supprime les droits de l’homme sur son territoire est inévitablement une menace pour la paix."

(1) (Re)lire sur ce blog : "Que se taisent les morts", 29.12.2021
Plus d'informations sur https://memorial-france.org/, une organisation à soutenir !
(2) https://www.liberation.fr/international/europe/le-nobel-de-la-paix-2022-pour-memorial-un-signe-despoir-davenir-20221007_CLOSHRCU7ZCFNI3RL5OV24S66Q/

Chasse-neige

Les stations de sports d'hiver françaises s'adaptent un peu - un tout petit peu - au réchauffement climatique. Les remontées mécaniques seront ralenties, la production de neige artificielle sera diminuée, les dates d'ouverture reculées et de fermeture avancées (1). De modestes petits pas vers des pratiques plus intelligentes.
Dans le même temps, l'Arabie saoudite avance un peu loin dans la bêtise et le cynisme en annonçant qu'elle accueillera les Jeux panasiatiques d’hiver de 2029. On croit à une information parodique du Gorafi, mais non, l'info est bien réelle et d'autant plus idiote. Un pays connu pour son désert et ses fortes chaleurs va organiser des compétitions exclusivement pratiquées sur neige et sur glace. Les polémiques actuelles et les critiques adressées au Qatar qui accueillera dans quelques semaines les matchs de la Coupe du monde de football dans des stades climatisés indiffèrent l'Arabie saoudite qui veut prouver que rien ne lui est impossible. surtout pas le mépris pour l'avenir de la planète.
"Ces Jeux asiatiques d’hiver se dérouleront dans la province de Tabouk, frontalière de la Jordanie et baignée par la mer Rouge, explique Le Monde (2). Elle fait face au détroit de Tiran, qui la sépare de la ville égyptienne de Charm El-Cheikh. La prochaine COP27 sur le changement climatique se tiendra justement dans cette dernière en novembre. Les délégués qui s’y presseront pourront disserter à loisir sur cette parabole saoudienne. Elle illustre à la perfection la subordination systématique des enjeux environnementaux aux impératifs de puissance et de prestige."
Le Monde rappelle que l'Arabie saoudite a pour ambition d'être neutre en carbone d'ici 2060 en plantant des milliards d’arbres, en réduisant massivement ses émissions de gaz à effet de serre dès 2030 et en doublant ou presque ses zones protégées, y compris dans la province de Tabouk. "Ces objectifs louables restent manifestement compatibles, selon la logique saoudienne, avec l’affront environnemental que vont constituer la préparation et la tenue des Jeux asiatiques d’hiver. Leur organisation répond il est vrai à un objectif qui n’a rien à voir avec le sport et encore moins avec l’écologie. Il s’agit de promouvoir un projet qui tient particulièrement à cœur à l’homme fort de Riyad, le prince héritier Mohammed ben Salman, récemment promu premier ministre : la création ex nihilo dans cette province de Tabouk d’une cité futuriste, Neom. Mohammed Ben Salman, dont la réputation reste entachée par l’assassinat et le démembrement du dissident Jamal Khashoggi, tente en fait de copier, avec quelques décennies de retard, la cité la plus clinquante des Emirats arabes unis, Dubaï."
Comme l'écrit encore Le Monde, on peut comprendre - sans l'accepter - la logique d'un potentat, mais pas celle d'une organisation internationale. Quoique... Le sport, on le sait, ne fait pas de politique. Uniquement de l'argent. 

Ceci dit, on se souvient qu'à Antoing, dans la vallée de l'Escaut, il n'y a pas si longtemps - une petite vingtaine d'années - le prince de Ligne entendait créer sur ses terres des pistes de ski, un stade de glace et une rivière tropicale (3). Quasiment tous les élus du coin ont soutenu avec un enthousiasme débordant ce projet délirant. Il a fallu une forte mobilisation citoyenne pour qu'il en vienne à une conception plus économe et intelligente. 

(2) https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/10/06/des-jeux-d-hiver-saoudiens-anachoniques_6144701_3232.html
(3) (Re)lire sur ce blog "Skier à Maubray ou  surfer sur le réchauffement climatique ?", 16.4.2007 et quantité d'autres billets sur ce projet démentiel. 

jeudi 6 octobre 2022

Machinalement

C’est quand les machines nous lâchent que nous nous rendons compte à quel point nous en sommes dépendants.
Plus de dix jours sans téléphone fixe, sans Internet, sans wifi et nous voilà coincés, incapables de réserver un billet de train, de gérer nos comptes bancaires, de publier des billets ou des photos, de faire des recherches sur Internet.
Notre opérateur téléphonique, par trois fois, nous annonce l’intervention d’un technicien. Il travaille à distance et un message automatique nous signale que le problème est réglé. Mais son appareil doit être daltonien, incapable de faire la différence entre une lumière verte fixe et une lumière rouge clignotante. Un humain, même peu éveillé, la fait immédiatement. Mais les humains restent au loin. L’un d’eux cependant nous appellera ce soir, un membre de la « cellule d’experts » qui devrait essayer de débrouiller le problème (faut-il comprendre que les opérateurs qui se sont entretenus avec nous ne sont qu’ignorants ?). L’expert aura-t-il l’intelligence de nous envoyer un technicien qui viendrait sur place tenter, au moins tenter, de résoudre le problème plutôt que d’accorder une foi aveugle à des machines visiblement incapables d’en gérer d’autres ?

jeudi 29 septembre 2022

Ici et là

Les résultats des référendums organisés dans les territoires de l'est de l'Ukraine occupés par la Russie "font état, relève Le Monde (1), d’une victoire écrasante du « rattachement à la Fédération de Russie », terme retenu pour la consultation : 99 % dans la « république populaire » autoproclamée de Donetsk, 98 % dans celle de Louhansk, 93 % dans la partie contrôlée par Moscou pour la région de Zaporijia et 87 % dans celle de Kherson. Les chiffres de la participation sont à l’avenant, oscillant entre 77 % et 97 %. Sachant qu’une bonne moitié des habitants de ces régions ont choisi la fuite et l’exil, et qu’aucun recensement n’y a été conduit, cette participation « exceptionnelle » ne peut constituer un indicateur fiable des consultations."
Alors que ces référendums qui ressemblent à une (très mauvaise) blague veulent nous faire croire que l'avenir de ces Ukrainiens ne peut être que russe, les hommes russes fuient par milliers leur pays dans lequel il refuse de ne voir leur avenir que comme chair à canon.
Cherchez l'erreur. Ou l'horreur.

(1) https://www.lemonde.fr/international/article/2022/09/28/avec-des-referendums-sur-mesure-moscou-avance-vers-l-annexion-de-pans-du-territoire-ukrainien_6143504_3210.html

samedi 24 septembre 2022

Dans la tête du Tsar

Glaçant. Le récit de l'arrivée à la tête de l'Etat russe d'un officier du FSB (successeur du KGB) et de la manière brutale dont il a installé son pouvoir est glaçant.
Vadim Baranov est un personnage de fiction, mais tous les autres (Poutine, Elstine, Berezovski, Limonov, Prigogjine, Zaldostanov, etc.) sont bien réels dans « Le Mage du Kremlin », roman de Giuliano Da Empoli (1). Les experts ont vite reconnu dans Baranov la figure de Vladislav Sourkov qui fut conseiller de Vladimir Poutine pendant vingt ans et qui a disparu en 2020. Giuliano da Empoli, lui, fut conseiller de Matteo Renzi et connaît bien la Russie. Il mène une enquête imaginaire sur des faits réels. En exergue, le livre précise que "ce roman est inspiré de faits et de personnages réels, à qui l'auteur a prêté une vie privée et des propos imaginaires. Il s'agit néanmoins d'une véritable histoire russe". 

C'est Vadim Baranov qui raconte comment Poutine est devenu le Tsar, après qu'il l'ait convaincu que les Russes avaient un "besoin de verticalité".
"Poutine subit une métamorphose, enfle, devient « le Tsar », écrit Vincent Rémy dans Télérama (2), écarte les oligarques pour reprendre le contrôle des richesses du pays, galvanise le peuple en promettant de mettre fin à la désintégration de la Russie. Peu à peu, on entre dans la tête du Tsar, qu’exaspère la condescendance américaine, la perte de la Crimée, siège de la flotte militaire russe, et la « révolution orange » qui menace, par contagion, son propre pouvoir…"
On y découvre la brutalité d'un chef qui sait comment démontrer sa toute-puissance, on y croise ses terrifiants complices, on comprend pourquoi la Russie a agressé l'Ukraine. "Écrit avant l’invasion russe en Ukraine en février dernier, ce diablement romanesque Mage du Kremlin est tristement prémonitoire, énonçant que « la première règle du pouvoir est de persévérer dans les erreurs, de ne pas montrer la plus petite fissure dans le mur de l’autorité ». La fascination du chaos est omniprésente."

Après la lecture du "Mage", après être entré dans la tête du Tsar, on a peine à croire que Poutine ne soit pas prêt au pire pour se venger des erreurs qu'il a lui-même commises.

Extraits :

"S'appuyer sur les passions populaires en Russie ne sert à rien : à la fin celui qui gagne fonde toujours son pouvoir sur la Cour. C'est pourquoi le meilleur moyen est l'adulation, pas le talent, le silence, pas l'éloquence. (...) Pays de muets, pays de la belle endormie, merveilleux mais sans vie parce qu'y manque le souffle de la liberté. Aujourd'hui comme hier."

"Seul le privilège compte en Russie, la proximité du pouvoir. Tout le reste est accessoire. C'était comme ça du temps du tsar et pendant les années communistes encore plus. Le système soviétique était fondé sur le statut. L'argent ne comptait pas. Il y en avait peu en circulation et il était de toute façon inutile : personne n'aurait pensé évaluer une personne sur la base de l'argent qu'elle possédait. (...) Ce qui comptait, c'était le statut, pas le cash. Bien sûr, il s'agissait d'un piège. Le privilège est le contraire de la liberté, une forme d'esclavage plutôt."

"On n'échappe pas à son propre destin et celui des Russes est d'être gouverné par les descendants d'Ivan le Terrible. On peut inventer tout ce qu'on voudra : la révolution prolétaire, le libéralisme effréné, le résultat est toujours le même : au sommet, il y a les opritchniki, les chiens de garde du tsar. Aujourd'hui au moins un peu d'ordre est revenu, un minimum de respect. C'est déjà quelque chose, nous verrons combien de temps cela durera." 

C'est Poutine qui parle dans le roman : "Mets-toi une chose en tête, Vadia, les marchands n'ont jamais dirigé la Russie. Et tu sais pourquoi ? Parce qu'ils ne sont pas capables d'assurer les deux choses que les Russes demandent à l'Etat : l'ordre à l'intérieur et la puissance à l'extérieur."

"Il s'agissait de mobiliser toutes les ressources, tous les éléments de force de la Russie pour retrouver notre place sur la scène mondiale. Une démocratie souveraine, tel était l'objectif. Pour le réaliser, nous avions besoin d'hommes d'acier, capables d'assurer la fonction primordiale de tout Etat : être une arme de défense et d'attaque. Cette élite existait déjà. c'était les siloviki, les hommes des services de sécurité. Poutine était un des leurs. Le plus puissant, le plus avisé. Le plus dur. Mais toujours un des leurs. (...) Il les a placés un à un dans des positions de commandement. Au sommet de l'Etat, certes, mais aussi à la tête d'entreprise privées, qu'il a récupérées une à une des mains des affairistes des années quatre-vingt-dix. L'énergie, les matières premières, les transports, les communications. Les hommes de la force ont remplacé les oligarques dans tous les secteurs. C'est ainsi qu'en Russie l'Etat est redevenu la source de toute chose."

Conversation entre Berezovski (3) et Baranov.
Berezovski : "Il ne s'arrêtera jamais, n'est-ce pas ? Les gens comme lui ne le peuvent pas. C'est la première règle. Persévérer. Ne pas corriger ce qui a déjà fonctionné, mais surtout ne jamais admettre les erreurs." (...)
Baranov: "Ce n'est pas de la barbarie : ce sont les règles du jeu. La première règle du pouvoir est de persévérer dans les erreurs, de ne pas montrer la plus petite fissure dans le mur de l'autorité."

"Débarrassée de mes conjectures, la vérité apparaissait pour ce qu'elle était. L'Empire du tsar naissait de la guerre et il était logique qu'à la fin il retournât à la guerre. C'était cela la base inébranlable de notre pouvoir, son vice original. Au fond, si on y regardait de près, avions-nous jamais bougé de là ?"

"La gentillesse de l'Europe, ses lumières d'en bas qui dissimulent la cruauté du monde, le moment était venu d'y renoncer. Au fond de moi, j'avais toujours su que ce moment viendrait ; depuis la première fois que mes yeux avaient rencontré le regard du Tsar. Il n'y avait rien d'européen dans ce regard, rien de doux. Seulement la détermination d'une nécessité qui ne tolère pas d'entraves."

(1) Giuliano Da Empoli, "Le Mage du Kremlin", Gallimard, 2022.
(2)  https://www.telerama.fr/livres/le-mage-du-kremlin-3-16556746.php
(3) Boris Abramovitch Berezovsky est un homme d'affaires et homme politique russe, né à Moscou en 1946 et mort en 2013 (à 67 ans) à Ascot dans le Berkshire (Wikipedia).

mercredi 21 septembre 2022

Mahsa Amini

Dans "Islamophobie, mon œil !" (1), la politologue Djemila Benhabib (qui a dû fuir l'Algérie en 1994, pour aller vivre au Québec, puis en Belgique) dénonce l'attitude d'Unia, l'organisme interfédéral belge de promotion de l'égalité et de lutte contre les discriminations : "Concrètement, l'activisme juridique de Unia a servi à endosser les revendications du CCIB (2) qui tourne, essentiellement, autour du voile islamique et à asseoir dans l'espace public la figure de la femme voilée comme celle de LA musulmane à protéger, à visibiliser, à promouvoir." Elle pointe du doigt une école professionnelle à discrimination positive : "Dans cette institution bruxelloise de l'enseignement libre (catholique) qui a accueilli les premières enseignantes voilées, aujourd'hui, l'écrasante majorité des enseignantes musulmanes portent le voile et ce, quels que soient leurs champs de compétences disciplinaires. Par ailleurs, les non-voilées cheminent difficilement dans un climat tendu qui leur est farouchement hostile. Dans certaines classes, la majorité des élèves sont aussi voilées. Lorsque l'une d'entre elles, par exemple, a la malchance de laisser transparaître une mèche de cheveux, le rappel à l'ordre est immédiat. Systématique. Ce sont des enseignantes qui se chargent de faire appliquer ce qu'elles prétendent être la loi d'Allah : 'Arrange ton voile, c'est haram de montrer ses cheveux !'. Et gare à celles qui auraient la fâcheuse idée de se dévoiler lors d'une sortie scolaire." Ces enseignantes belges jouent le même rôle que la police des mœurs en Iran. 

En Iran, une jeune femme vient de mourir à cause de ce voile de plus en plus sacralisé chez nous. Elle s'appelait Mahsa Amini. Le 16 septembre, elle a été arrêtée par la police des mœurs dans une rue de Téhéran pour un foulard jugé « mal porté ». Visiblement tabassée par la police, elle en est morte et est devenue un symbole de la brutalité du régime iranien en particulier envers les femmes. Sa mort suscite la colère de très nombreux Iraniens et Iraniennes, Nombre d'entre elles ont arraché et même brûlé leur voile, certaines se coupent les cheveux. Un slogan se répand à travers le pays : "Femme - Vie - Liberté !". Les manifestantes et manifestants s'en prennent au régime et à ses fondements. "A commencer par le port obligatoire du voile, un dogme de la République islamique d’Iran", écrit Le Monde.

Il y a quelques jours, un article dans un journal belge laissait entendre qu'il fallait s'attendre à un assouplissement de la loi interdisant le port de la burqa en public. Chez nous, il pourrait donc être admis que des femmes soient, volontairement ou non, cachées à la vue des autres. En France aujourd'hui, tout homme soupçonné d'attitude machiste est aussitôt dénoncé sur la place publique, mais l'attitude brutale vis-à-vis des femmes des régimes théocratiques musulmans semble ignorée de la majorité des féministes borgnes. Leur silence par rapport aux Iraniennes (et aux Afghanes, aux Pakistanaises, aux Saoudiennes et à tant d'autres) est assourdissant. Ces dernières sont victimes du patriarcat le plus obscur et le plus violent. Où sont les femmes musulmanes de chez nous qui réclament de porter le voile en tous temps et en tous lieux ? Que pensent-elles de ce que vivent celles qui sont sous le joug des barbus obscurantistes ?

Djemila Benhabib : "Je continue d'être aujourd'hui le prolongement de ce que j'ai toujours été : une femme libre. Je refuse de mentir sur ce que j'ai vécu. Je sais que l'avancée des voiles islamiques, c'est le recul de la démocratie et la négation des femmes. Je sais que l'islam politique n'est pas un simple mouvement fondamentaliste, mais un mouvement politique totalitaire qui a pour visée d'engloutir le monde après avoir avalé la démocratie."

Ceux qui se mettent une muselière et qui choisissent de se taire renforcent le terrorisme.
Naguib Mahfouz (cité par D. Benhabib)

(1) éditions Kennes, 2022.
(2) Collectif contre l'islamophobie en Belgique, connu pour ses liens avec les Frères musulmans.
(3) https://www.lemonde.fr/international/article/2022/09/17/en-iran-la-mort-d-une-jeune-femme-arretee-par-la-police-des-m-urs-suscite-des-protestations_6142073_3210.html

Post-scriptum : 
Ci-dessous la position de Viv(r)e la République, mouvement citoyen, laïque et républicain.

Les iraniennes qui meurent parce qu’elles refusent de porter le voile rappellent ce que la gauche et les féministes dites intersectionnelles ont oublié : le voile est, a été et sera toujours un instrument de rabaissement et d’infériorisation de la femme. En parlant de la « liberté de porter le voile » une partie de nos leaders politiques et de nos grandes consciences intellectuelles ont servi les manipulations des islamistes tout en crachant au visage des femmes qui, comme les iraniennes, risquent leur vie pour que leur dignité humaine soit reconnue et que l’égalité en droit avec les hommes deviennent réalité.

En effet, voile n’est pas et n’a jamais été un simple vêtement. C’est un discours sur le statut de la femme, un signe qui envoie un message univoque à l’extérieur, quelles que soient les intentions de celle qui le porte. C’est un outil de contrôle social et une humiliation faite aux femmes. Le voile dit que la femme est inférieure à l’homme et que son corps, ses cheveux sont impurs et provocants.

A Viv(r)e la République nous avons toujours considéré le voile comme un instrument de soumission de la femme et nous avons toujours combattu ceux qui, par complaisance, lâcheté ou cynisme, tentent de faire passer le port du voile pour une liberté. Faire passer le port d’un symbole d’infériorité et d’impureté qui rabaisse la femme pour un combat féministe est choquant. Imaginerait-on proposer à un homme de porter volontairement des chaînes, en expliquant qu’elles ne sont pas le signe de l’esclavage mais le symbole de sa liberté de choisir la servitude ? La proposition ainsi formulée est grotesque, pourtant c’est bien ce qui est en jeu dans le cas du voile.

La femme voilée reste et restera toujours victime, consentante ou non, de ceux qui entendent dicter aux femmes ce qui est respectable et ce qui ne l’est pas.

Alors que des femmes luttent au péril de leur vie pour avoir le droit de se dévoiler en Iran, les revendications ici en Occident de porter librement le voile nous paraissent non seulement un non sens mais aussi une trahison vis à vis de celles qui sont en lutte. Le voile n’a nulle part sa place dans les pays démocratiques qui fondent leur contrat social sur l’égalité des êtres humains en droit, et assurément pas en France, pays qui a fait de l’émancipation des citoyens une des bases de la citoyenneté.

Les responsables politiques ont la charge de représenter et de défendre notre civilité. Ce qui se passe en Iran où des femmes meurent parce qu’elles osent retirer leur voile devrait rappeler à nos représentants l’immensité de leur rôle pour que vivent nos libertés. Mais pour être garant de l’égalité des femmes, encore faut-il avoir le courage d’être clair sur le refus du voile. On peut en douter et rien n’est plus instructif sur ce point que la réaction du ministre de l’éducation nationale. Celui-ci, placé face à la multiplication des incidents et aux incitations à porter le voile et des tenues islamiques à l’école, refuse de traiter le sujet et explique manquer d’informations.

Il est largement temps que nos dirigeants fassent la preuve de leur courage au service de la démocratie et de notre république laïque. Cela commence par porter un discours clair sur le voile et sur son incompatibilité avec une société politique fondée sur l’égalité en droit des êtres humains qui la constituent. Une réalité que le combat des iraniennes illustre tous les jours. Elles risquent leur vie pour cela. Il n’en est que plus insupportable de voir tous les hypocrites qui soutiennent la « liberté de porter le voile », soutenir aussi les femmes iraniennes « victimes du patriarcat » en occultant la dimension religieuse du voile et toute référence à l’islam et à l’islamisme.

dimanche 18 septembre 2022

Tontons flingueurs

Ouverture de la chasse ce week-end en France. Willy le grizzly a-t-il trouvé le temps d'y participer ? Il faudrait pour cela qu'il quitte le bistrot où il est installé et où il multiplie les propos de comptoir. Il est intarissable. Il pérore à toute heure du jour et de la nuit. Voilà maintenant qu'il vitupère (il est champion de France en la matière) contre le rapport sénatorial, publié le14 septembre, qui propose notamment « d'interdire l'alcool et l'usage de stupéfiants lors de la chasse », s'appuyant sur le fait que 9 % des accidents de chasse graves impliquent de l'alcool. "Un mec bourré sur un vélo, c'est dangereux aussi", fait remarquer avec la finesse qui est la sienne le président des chasseurs français. Que cherche-t-il à nous dire ? Qu'on a le droit de tirer bourré comme on aurait le droit de circuler dans le même état ? Un mec bourré sur un vélo est surtout dangereux pour lui-même, tandis qu'un chasseur bourré armé d'un fusil qui peut envoyer une balle à des kilomètres peut tuer sans même s'en rendre compte. 
"Une manière un peu rapide, estime le magazine Marianne (1), d'évacuer le fait qu'une munition de calibre .270, utilisée par exemple pour la chasse au chevreuil et au sanglier, est presque aussi rapide et puissante que les cartouches de 5,56, utilisés par les fusils d’assaut de l’armée française. Il ne paraît donc pas insensé de s'interroger sur les conditions dans lesquelles les chasseurs utilisent ces munitions, de surcroît s'ils sont ivres. Une facétie que la loi ne leur interdit pas aujourd'hui." Mais Willy le fat trouve "totalement exagérée" et "stigmatisante" cette proposition de réglementation de la chasse. Pour Willy, lui et les siens ont droit de vie et de mort sur les campagnes.  Il refuse de voir que la chasse "est aujourd'hui confrontée à un fort problème d'acceptabilité sociale. 84 % des Français jugent la pratique dangereuse pour eux, et 82 % réclament au moins un jour sans chasse dans la semaine, selon un sondage Ifop paru en 2018. Puisqu'un Français sur trois vit dans un territoire rural selon l'Insee, la crainte de la chasse, telle qu'elle se pratique aujourd'hui, ne relève pas d'un délire de néoruraux, comme voudraient le faire croire certains." (1) Mais Willy le Barbarin de Tarascon est incapable d'entendre les critiques et de se remettre en question. Les autres doivent le faire, mais pas les chasseurs qui ont tous les droits. Notamment de chasser tous les jours de la semaine. Des associations naturalistes avaient suggéré des dimanches et mercredis sans chasse ou encore des « distances de protection autour des zones d'habitation qui soient égales à la portée maximale des armes », mais ces demandes ont été refusées par le Sénat. Les sénateurs se contentent de préconiser de « permettre aux préfets de limiter les jours et horaires de chasse pour assurer la sécurité des personnes ». Se rangeant du côté des chasseurs, la mission sénatoriale propose de créer « un délit d’entrave au déroulement d’activités sportives ou de loisir légales », ce que revendiquent les chasseurs qui veulent faire condamner les militants qui tentent notamment d'empêcher les chasses à courre.
Mon conseil à Willy le Philistin : continuez à flinguer, au sens propre comme au figuré, comme vous le faites et on passera à 98 % d'opinions négatives sur la chasse.

Il y a mieux encore : voilà que les chasseurs demandent à l'Etat une aide financière pour racheter de nouveaux fusils. A partir de février prochain il leur sera interdit d'utiliser des balles à plomb "à moins de cent mètres de toute zone humide, permanente ou temporaire". Et qui dit changement de balle dit changement de fusil (2). 
Dès lors, voici ma liste : puisqu'il faut changer de mode d'énergie, je demande au gouvernement une voiture électrique (break de préférence - j'habite la campagne, j'ai des ballots de paille et des arbres à transporter), un vélo-cargo pour faire mes courses, un poêle à bois plus performant, une pompe à chaleur, l'isolation des mes combles et une petite éolienne dans mon jardin. Ce n'est pas grand-chose si on compare ces demandes avec les cadeaux qui ont déjà été offerts à ces assistés que sont les chasseurs. De 2017 à 2021, les aides publiques à la Fédération des chasseurs, présidée par Willy the Moocher, ont bondi de 27.000 euros à 6,3 millions (2). Il ne serait que justice que chacun d'entre nous bénéficie d'aides semblables.

Post-scriptum : à lire et surtout à écouter, la chronique de Guillaume Meurice qui a interviewé des chasseurs sur ce projet d'interdiction de l'alcool aux chasseurs. CQFD... https://www.huffingtonpost.fr/divertissement/article/cet-echange-entre-guillaume-meurice-et-des-chasseurs-est-digne-d-un-sketch-des-inconnus_208010.html

(1) https://www.marianne.net/societe/agriculture-et-ruralite/le-velo-bourre-cest-dangereux-aussi-nouvel-argument-du-patron-des-chasseurs-pour-esquiver-le-debat
(2) Charlie Hebdo, 14.9.2022. 

mardi 6 septembre 2022

L'ange de la route

Mon ange gardien s'appelle Willy. 
Willy Schraen, sans surprise, s'oppose à ceux qui pensent que, vu l'été meurtrier dont nous sortons à peine, il faudrait suspendre la chasse. Ce n'est pas aux chasseurs de s'adapter, mais à la faune. Le chasseur ne s'adapte pas. Il chasse, par tous les temps, même les temps de sécheresse et d'incendies.
Ce qui est totalement surprenant, c'est l'argument qu'invoque le président des chasseurs français pour justifier le maintien de la chasse. Il y a bientôt un an, il hurlait avec la délicatesse qu'on lui connaît : "j’en ai rien à fout' de réguler”, précisant que son truc, c'est “du plaisir dans l’acte de chasse” (1). 
Et voilà qu'aujourd'hui, il se présente comme l'ange de la route : "L'année passée, il y a eu 70.000 accidents de la route avec des animaux sauvages et 50 morts. Si on ne doit pas chasser cette année, est-ce qu'on est prêt à enterrer 1.000, 2.000 ou 3.000 Français ?" (2) Comprenons par là que Willy l'angélique régule pour nous protéger de tous ces méchants chevreuils, sangliers et autres renards qui agressent les automobilistes. Vous sortez le samedi soir  ? Au retour, embarquez Willy Schraen, il vous dégagera la route. 

(Une question que je me pose : est-ce son vrai nom, Willy Schraen, ou son nom de scène ? On a du mal à croire que ce ne soit pas un comédien. Il incarne à merveille la pire des caricatures du chasseur.)

(1) (Re)lire sur ce blog "L'élégance du sanglier", 12.11.2021.
(2) RMC, 23.8.2022, cité dans Charlie Hebdo, 31.8.2022.