"Les Frère russes", intéressant édito de Raphaël Enthoven dans Franc-Tireur du 12 août dernier.
"Il est fascinant, écrit-il, de voir comme les Frères musulmans et l’État russe abusent du même ressort pour faire de l’entrisme en France. Les premiers présentent le blasphème comme un racisme et la défense du voile comme un féminisme, interprètent de simples mesures administratives comme des atteintes aux libertés fondamentales, brandissent la «tolérance» chaque fois qu’un imam sanguinaire est renvoyé dans son pays et, grâce à leur alliance tactique avec la gauche des crétins, se victimisent à outrance en faisant passer toute lutte contre l’islamisme pour de « l’islamophobie d’État ». Les seconds envoient des espionnes séduire des milliardaires et mettre la main sur leur groupe de presse, mènent des campagnes d’ingérence en créant des réseaux de désinformation pour discréditer élus et candidats (comme Édouard Philippe, Raphaël Glucksmann ou Gabriel Attal), présentent toute mesure contre l’espionnage comme de la censure et, grâce à leur alliance tactique avec la droite des abrutis, font passer toute lutte contre l’espionnage russe pour de la « russophobie d’État »".
L'Etat russe a, selon toute probabilité, réussi son coup aux Etats-Unis en intervenant sournoisement, comme il peut le faire, dans la dernière campagne électorale. On connaît le résultat avec ce pantin autocrate de Trump qui détricote un peu plus chaque jour le système démocratique américain. Et on voit ce même Etat russe diffuser de fausses informations sur les candidats démocrates dans différents pays d'Europe. Les candidats populistes n'ont rien à craindre de lui (1).
lundi 17 août 2026
Lutte contre le cancer
Les islamistes comme l'Etat russe ont un ennemi : la démocratie, et un objectif : imposer leurs règles de type totalitaire. Ils avancent leurs pions en usant et abusant des règles de la démocratie et hurlent dès que celle-ci fixe des limites à la liberté d'expression. Ils savent qu'ils peuvent compter, pour les soutenir dans les démocraties, sur des élus et des partis lâches, effrayés et/ou électoralistes. Des idiots utiles qui retournent les arguments : s'ils prennent des mesures de contrôle, de limitation ou d'interdiction, les gouvernements démocratiques se voient traités de fascistes tandis que les dictateurs et les intégristes sont si pas célébrés, au moins compris et respectés.
"En vérité, constate Raphaël Enthoven, les Russes et les Frères partagent une utilisation stratégique des normes libérales qui consiste, au nom de la tolérance, à diffuser l’intolérable en vertu d’une méthode décrite par Karl Popper dès 1945 dans La Société ouverte et ses ennemis (« le paradoxe de la tolérance »). La thèse de Popper est que la tolérance ne peut pas être absolue, car une tolérance sans limites s'autodétruit en cédant le passage aux idées qui la haïssent."
Les totalitaires misent sur la tolérance de la démocratie, vue comme une faiblesse. Pour survivre, celle-ci n'a d'autre choix que s'attaquer aux cancers qui la rongent. "L’intégrisme islamique et l’illibéralisme poutinien ne sont pas des opinions, mais des cancers politiques qui brandissent la liberté pour qu’on les laisse diffuser leurs métastases."
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