lundi 3 août 2026

Pollueurs non payeurs

Les fleuves souffrent, eux aussi, du réchauffement climatique. Le Rhin vient d'atteindre son niveau le plus bas, du jamais vu (1). Le plus long fleuve d'Europe, le Danube, a lui aussi atteint la côte d'alerte. En juillet, son niveau a chuté des deux tiers, avec des conséquences catastrophiques. La Hongrie a dû fermer son unique réacteur nucléaire faute de pouvoir le refroidir. Il fournit 40% de la production d'électricité hongroise. Des usines ont dû réduire leur production, à cause d'un manque d'électricité. En Roumanie, une centrale nucléaire a été partiellement arrêtée. En Bulgarie, à certains endroits, le lit du Danube est totalement à sec. Le transport fluvial est évidemment mis à mal, voire impossible sur certains tronçons.

Le chemin de fer souffre également : des rails se déforment à cause des chaleurs excessives, des voies sont fermées à cause des incendies.
Comment faire de la marche ou du vélo quand les températures oscillent entre 30 et 40°C, voire plus ?
En fait, les moyens de transport les moins polluants souffrent d'un réchauffement de la planète provoqués notamment par ceux qui le sont le plus et qui, eux, continuent à fonctionner comme d'habitude. C'est le principe du pollueur non payeur et l'inverse. Les bouchons sont toujours aussi importants à l'entrée et la sortie des villes et sur la route des vacances. Et les avions toujours plus nombreux à voler. Une des nombreuses propositions issues de la Convention citoyenne sur le climat, mise sur pied par le président Macron, consistait à fixer à 110 km/h la vitesse maximale sur les autoroutes. Macron l'a balayée aussitôt. Dans les années '60, le lobby automobile avait lancé le slogan "Ma voiture, ma liberté". Il ajoute à présent : "Et après nous, les mouches". 

(1) https://www.arte.tv/fr/videos/129044-062-A/arte-journal-02-08-2026/

2 commentaires:

Bernard De Backer a dit…

Dans Le Monde de ce jour : "Peu avant le grand rendez-vous annuel de l’aéronautique mondiale, le salon de Farnborough, qui s’est tenu du 20 au 23 juillet près de Londres, Airbus a publié ses prévisions commerciales mondiales de long terme, pour la période 2026-2045. Et le résultat est frappant : selon l’avionneur, la demande planétaire d’aéronefs de transport sera massive et continue pendant vingt ans, portée par un accroissement d’une classe moyenne urbaine (+ 1,4 milliard de personnes) demandeuse de mobilité. La croissance du trafic passagers atteindrait 4 % par an et ferait plus que doubler pour dépasser 10 milliards de voyageurs dans vingt ans.Les obstacles dus aux conflits armés ou à la flambée du prix des carburants ne freineront pas le mouvement, estiment les prévisionnistes de l’entreprise. Quant à un éventuel élan de sobriété en matière de transport aérien dans le but d’atténuer les émissions de gaz à effet de serre – et par conséquent le réchauffement climatique –, l’avionneur ne l’envisage tout simplement pas." Source : "Airbus et Boeing sur la voie d’une montée en cadence industrielle record avec plus de 16 000 avions à fabriquer". Bon, il ne reste plus qu'à démentir leurs prévisions (inexistantes) sur "l'élan de sobriété en matière de transport aérien dans le but d’atténuer les émissions de gaz à effet de serre". Il faudra des canicules à répétitions, des sécheresses et récoltes menacées, des inondations catastrophiques sur un sol trop sec et artificialisé, des typhons, la fambée des prix et des assurances. On y arrivera !

Michel GUILBERT a dit…

Oui, il faudra des flambées de tout, de maisons, de jardins, de forêts, de campings, de voitures, de centres commerciaux et d'aéroports (on peut rêver !), bref, qu'il n'y ait plus rien, pour que cet être égoïste et inconscient qu'être l'être humain réagisse (ou pas).