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mardi 1 juillet 2025

Let the sunshine

L'écologie emmerde les Français. C'est ce que clament la droite et l'extrême droite. Et quantité d'élus locaux dits sans étiquette. L'Europe suffoque. Et ce n'est qu'un début. Tous les climatologues l'affirment : on va vers bien pire encore. L'absence d'écologie emmerde les Français. Et pourtant, on attendra longtemps encore avant que les mesures indispensables soient prises. La résistance au changement et la négation du problème sont les plus fortes. Même si le changement climatique est bel et bien là et s'impose durement (et durablement), que nous le voulions ou non. Il faut avoir la tête très profondément enfoncée dans le sable pour ne pas le voir. Tant de citoyens n'entendent pas pour autant modifier leurs habitudes. Sans doute seraient-ils même prêts à descendre dans la rue si on limitait leurs déplacements. Par exemple, en interdisant la circulation de véhicules certains jours, en diminuant les vitesses sur les routes, en limitant drastiquement les voyages en avion, en sortant de notre dépendance au pétrole et au charbon, en empêchant que des produits fassent le tour de la planète, etc.

Les partis de droite et d'extrême droite vomissent l'écologie et ses applications.  Ils ont reculé sur les zones à faibles émissions (avec le soutien d'un parti qui se prétend de gauche, LFI), sur le principe de zéro artificialisation des sols, ils relancent le chantier de l'A69. L'un des leurs, un certain Duplomb (ça ne s'invente pas) veut réintroduire un pesticide interdit. "LR ont même fait passer, rappelle Le Monde (1) un amendement qui impose un moratoire sur les éoliennes et le photovoltaïque, une idée longtemps portée par l’extrême droite." Et tout cela au nom du bon sens.

Il y a cinquante ans, on a connu les dimanche sans voiture. Il s'agissait alors de ne pas gaspiller l'essence qui risquait de se faire rare. Il y a cinq ans, on a connu les confinements dus au Covid-19 avec un contrôle extrêmement strict des déplacements. Il s'agissait de protéger collectivement nos vies. Aujourd'hui, la canicule nous confine dans nos maisons et personne ne propose quoi que soit pour qu'une telle situation ne se reproduise plus. Au contraire.
On en revient au même débat qu'à la période covidienne : la liberté individuelle versus la liberté collective première : celle de vivre et de laisser vivre nos enfants et nos petits-enfants. L'écologie emmerde les Français ? Les opposants aux politiques écologiques méprisent les Français.

Post-scriptum : En Belgique, c'est le président du Mouvement réformateur, parti de droite, qui réclame à présent la réouverture des mines de charbon. La volonté de Georges-Donald Bouchez de provoquer quotidiennement le débat l'amène à dire tout et n'importe quoi. 

(1) https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/06/30/a-l-assemblee-la-progression-du-front-anti-transition-ecologique_6617006_3244.html

dimanche 22 septembre 2024

Triste gauche

Au départ, il y a eu le caprice et la bêtise de cet enfant gâté de président qui a cassé son jouet en prononçant la dissolution de l'Assemblée nationale avec tous les risques que cette décision comportait.
A l'arrivée, il y a un gouvernement plus à droite avec notamment un Retailleau, incarnation de la droite catholique conservatrice, au Ministère de l'Intérieur. Une très mauvais nouvelle pour les migrants. La gauche s'en étrangle. Mais la gauche se soucie plus de sa pureté que du sort des migrants. Ses cris d'orfraie résonnent dans le vide de sa stratégie. Si tant est qu'il y en ait une. Si elle avait eu un peu de courage, un ou une des siens aurait pu occuper le Ministère de l'Intérieur et mener une autre politique d'accueil. Mais pour cela, il eût fallu discuter, négocier, composer, ce que cette gauche refuse de faire. A vouloir rester totalement à gauche, elle favorise une politique de droite. Pour qui roule-t-elle ? Pour elle-même. Pas pour celles et ceux qu'elle prétend défendre. Elle s'est rendue inaudible.

lundi 21 février 2022

Pays fatigué

Penchons-nous sur la France. Elle a le moral en berne. On la voit souffreteuse, déprimée, ronchonne. On a envie de la prendre dans ses bras et de la rassurer. De lui dire qu'elle est belle, qu'elle va mieux qu'elle ne le croit, qu'elle doit avoir confiance en ce qu'elle est et ce qu'elle peut être, et non en ce qu'elle croit avoir été.

Peut-on se permettre une suggestion ? Eric Zorglub, la Fille à papa et l'Ambassadrice du foie gras devraient écouter régulièrement Carnets de campagne (1). Ils ouvriraient leurs esprits paresseux, verraient devant eux plutôt que derrière (ce qui peut aider à imaginer l'avenir), se diraient que tout problème a sa solution (positive) et que la créativité et la solidarité sont générateurs d'énergie.
Un Français sur trois est aujourd'hui prêt à voter pour l'extrême droite à l'élection présidentielle et la candidate de la bonne vieille droite penche de ce côté, rêvant de murs et de retour à un passé mythifié et partageant la même théorie du "grand remplacement" que les extrémistes de droite.
"Même dans un pays de râleurs autoproclamés comme l'Hexagone, on s'étonne de voir le patriotisme en vogue si passéiste et si renfrogné, écrit la journaliste allemande Nadia Pantel (2). Tout le monde est tellement occupé à évoquer la grandeur passée de la France qu'on n'a plus beaucoup d'énergie à consacrer à l'avenir. Et, au lieu de se féliciter de la vitalité du pays, on parle de la France comme d'une morte. Le déclin, on n'a que ça à la bouche. Comme si tous ces sauveurs de la France étaient nécrophiles."
La droite et l'extrême droite nous vendent une France qui n'existe pas ou n'a jamais existé que dans leurs discours nostalgiques. Elles veulent oublier que, comme la plupart des pays, la France s'est construite et enrichie de migrations diverses et que toute fermeture est sclérosante et appauvrissante. "L'extrême droite aime la France comme un chien de garde aime sa courette, écrit encore Nadia Pantel. Il jappe et montre les crocs - ce qui compte, c'est que personne n'entre."

Il y a une trentaine d'années, la droite française était présentée comme "la droite la plus bête du monde". Aujourd'hui, elle est devenue la plus hargneuse et la plus rétrograde et la gauche a pris la relève côté bêtise. Elle sait comment aller au combat en étant sûre de le perdre : il suffit de se voir en sauveur exclusif. MelenChe a décidé le premier, il y a un an, de se porter candidat à la présidence, ne consultant personne d'autre que son ego qui lui indiquait qu'il était le meilleur. Les autres ont suivi, nombreux. La Primaire populaire est une initiative sans doute sympathique, mais organisée beaucoup trop tardivement qui donne l'impression de n'avoir été pensée que pour permettre à Christiane Taubira, flattée, d'ajouter sa candidature à trop d'autres. Pas tendre (mais rappelant qu'il écrit dans un journal voué à la caricature et à la satire), Philippe Lançon fait un portrait peu flatteur de ces candidats de gauche : "la vieille égocentrique à moulinets verbeux qui se la joue Ave Césaire, le Vert sans joie ni chlorophylle, le Rouge qui boit du rouge et mange de la viande rouge, la fière Hidalgo d'un parti dont je ne veux pas me rappeler le nom, le taureau de comptoir russophile et encornant les capes retournées par l'air du temps, les deux petits Zébulon du Grand Soir. Plus il y a de fous, moins on rit." (3) Tous les candidats de gauche ne dépassent pas - actuellement du moins - un score qui leur permette de rêver au second tour. Les ego sont les plus forts, mais vont tomber de haut. "La lutte des candidats moribonds de la gauche pour se placer est devenue un spectacle et la campagne continue à être dominée par la droite", constate The Guardian (4).

Il fut un temps pas si lointain où les Belges suivaient avec admiration la politique française. Aujourd'hui, elle ne fait plus rêver. Elle ressemble plutôt à un cauchemar. La France est partagée entre conservatisme, réaction, racisme et nostalgie. Et la campagne de l'élection présidentielle est devenue une parade d'ego boursouflés plutôt qu'un débat d'idées. Depuis quinze ans au moins, il semble qu'une large majorité de Français se plaigne de son président, ce roi élu dont ils attendent qu'il soit proche et distant à la fois. Mais la volonté de changement est presque inexistante : un récent sondage (5) indique que sept Français sur dix sont attachés à la Ve République, celle qui fut créée par et pour le Général. 

La France est dépressive. Quand deux Français se quittent, ils ne se disent pas au revoir, mais bon courage. En Allemagne, à quelqu'un qui part travailler on dit : bien du plaisir au travail, ou sois créatif (6). En France, on dit bon courage, comme si la vie elle même était fatigante, comme si elle était un fardeau. Allo, docteur ?

(1) "Carnets de campagne, le journal des solutions", France Inter, du lundi au vendredi, de 12h30 à 12h45.
(2) Nadia Pantel, "La France fantasmée de la droite", Süddeutsche Zeitung, 28.12.2021, in Le Courrier international, 27.1.2022.
(3) 
Philippe Lançon, "La gauche en solde", Charlie Hebdo, 9.2.2022.
(4) 
"La gauche avance vers sa chute", Le Courrier international, 27.1.2022.
(5) France Inter, Journal de 13h, 21.2.2022.
(6) Excellente séquence de "Karambolage" sur Arte qui explique comment la religion a pu influencer notre vision du travail : 
https://www.arte.tv/fr/videos/103994-007-A/karambolage/

vendredi 25 novembre 2016

Bande de casseurs

Qui pourra enrayer cette contre-révolution conservatrice et nationaliste qui se répand tel un virus? Quels arguments peuvent être invoqués (et entendus) pour entraver cette progression de ce qui apparaît comme une marche arrière à vitesse grand V?
En Pologne, en Hongrie, en Grande-Bretagne, en Turquie, en Moldavie, en France, aux Etats-Unis, en Russie, le rouleau compresseur écrase les droits politiques et sociaux.
Pour gagner des élections, se présenter comme le candidat anti-système semble très à la mode. Sans réussir à tous. Nicolas Bling Bling Sarkozy a dû comprendre que, après avoir été président de la République, ministre, parlementaire et maire, après avoir affiché tous les signes matériels de la réussite, on ne peut plus faire semblant de ne pas avoir été un membre actif et choyé de ce fameux (et indéfini) système.
Dingo Trump, lui, a réussi. Même en étant milliardaire, même en possédant un véritable empire économique et  financier, même en organisant son propre système pour échapper au fisc, même en ayant poussé dans la misère des milliers (au moins) d'Américains. Il a largement perdu le vote populaire aux élections (de plus de deux millions de voix) mais a acquis une large majorité de grands électeurs, ceux-là même qui constituent un système.
Trump est l'incarnation même d'un système. Un système qui méprise, qui écrase, qui broie, au nom de l'argent. Trump le suffisant est l'incarnation même d'un capitalisme sans foi ni loi. D'une indécence sans nom. "Le lendemain des élections, écrit Laure Murat (1), les actions des deux plus grandes compagnies gérant des prisons privées (système que Hillary Clinton voulait abolir) ont bondi. Corrections Corporations of America a pris 49% et GEO Group Prison 21%. Bienvenue à Trumpland." La directrice du Centre d'Etudes européennes et russes à l'UCLA cite ces propos du philosophe et psychanalyste français Félix Guattari: "De même que les algues mutantes et monstrueuses envahissent la lagune de Venise, de même les écrans de télévison sont saturés d'une population d'images et d'énoncés dégénérés. Une autre espèce d'algues relevant, cette fois, de l'écologie sociale consiste en cette liberté de prolifération qui est laissée à des hommes comme Donald Trump qui s'empare de quartiers entiers de New York, d'Atlantic City, etc. pour les rénover, en augmentant les loyers et refouler, par la même occasion, des dizaines de milliers de familles pauvres, dont la plupart sont condamnées à devenir homeless, l'équivalent ici des poissons morts de l'écologie." Ces phrases sont extraites de son ouvrage "Les trois écologies" qui date de 1989. Il y a vingt-sept ans. Qui peut dire qu'il ne savait pas que Donald Trump est au service du système capitaliste dans toute son horreur et son inhumanité? Qui n'imagine pas qu'avec la liberté qui lui est donnée via son statut de président son système va proliférer dans l'ensemble des Etats-Unis et bien au-delà avec les pires conséquences qu'on puisse imaginer?

En France, les deux ténors de la droite, qui s'affronteront dans les urnes dimanche, veulent changer le système. Pour éviter les questions qui le dérangent, François Fillon fustige le système des journalistes. Il en parle comme de l'Inquisition. L'homme qui s'est forgé une image caricaturale du candidat de droite considère que les analyses des journalistes à son égard sont de la caricature. Il en a assez d'assister "à un déchaînement ridicule du petit microcosme parisien qui croit tout savoir". Parce que lui, contrairement aux journalistes, connaît le peuple.
Je connais bien les Français, dit-il. j'ai entendu leur détresse. C'est pourquoi il propose de supprimer l'impôt sur la fortune et 500 000 emplois de fonctionnaires (2), d'augmenter la durée hebdomadaire du temps de travail et la TVA, de reculer l'âge de la retraite, de réserver les remboursements de sécurité sociale aux maladies graves. La France alors ira mieux. François Fillon a le talent d'un médecin dans une comédie de Molière qui recommande une longue purge pour améliorer l'état du malade. Dans quels secteurs entend-il supprimer 500 000 emplois? Dans l'enseignement, dans la police, chez les pompiers, dans les hôpitaux, à la Poste? Dans tous ces secteurs qui se plaignent déjà de manque de moyens et de personnel?
Dans quel système vit donc François Fillon? Quelle caricature se fait-il des attentes des Français? De quel système a-t-il entendu la détresse?
"Parce qu'il n'y a pas de système au singulier, personne ne peut s'arroger le qualificatif d'antisystème, écrit Guillaume Erner dans Charlie Hebdo (3). Le propre d'une société démocratique, c'est d'abriter en son sein différentes forces, sans que l'on parvienne jamais à situer le pouvoir en un lieu unique. Qui gouverne? Le peuple, les électeurs, la finance, etc. Ces différents groupe sont en concurrence pour le pouvoir, ils l'exercent en jetant leurs forces respectives dans la bataille. (...) Ce qui compte, c'est de démasquer la supercherie des antisystème. (...) Et la ruse de ces antisystème, au bout du compte, c'est de faire croire que le système existe, pour mieux le renforcer."
Finalement, l'objectif des anti-système semble bien être de casser. Casser les acquis sociaux, casser les avancées positives, casser les solidarités.

(1) http://www.marianne.net/caricature-inquisition-bouclier-anti-questions-qui-fachent-fillon-100248111.html
(2) Entendus dans un journal de France Inter ce jour, ces "Jeunes avec François Fillon" qui hurlent de joie en l'entendant dans le débat d'hier répéter qu'il veut supprimer 500 000 emplois de fonctionnaires... C'est donc réjouissant? De quel type de société rêvent ces jeunes? D'une société sans écoles publiques, sans hôpitaux publics, sans justice, sans police, sans cantonniers, sans administration? Une société privatisée où tout se paie? Quel âge ont ces jeunes? Quele idée se font-ils des rapports entre citoyens?
(3) "Contre le système, tout contre", Charlie Hebdo, 23 novembre 2016.

lundi 21 novembre 2016

Le lundi au soleil

Il y a des matins où on se lève l'esprit sombre, à l'annonce d'un Brexit ou de la victoire d'un Dingo Trump. Et puis, plus rarement, d'autres matins, où on se lève plus léger, avec le sourire.
Comme ce matin, suite à la lourde défaite, dans l'élection primaire de la droite française, de Nicolas l'indispensable. Sarkozy abandonne la politique. Il l'avait déjà annoncé il y a quatre ans et demi, suite à son échec face à François Hollande. Mais le virus fut plus fort. Sarko s'aimait trop pour ne pas revenir. Un des arts de la politique est de savoir se retirer à temps.  Et d'éviter de croire les sondeurs. L'électeur est une anguille qui vous glisse entre les estimations. A trop singer l'extrême droite, à tenir des propos qui sont l'exact contraire de ce qu'il a dit précédemment, à tenter de se faire passer - sans rire - pour le défenseur des milieux populaires face au système et aux élites, Sarko la girouette ne pouvait que dérouter (dans tous les sens du terme) les électeurs de droite. Si on y ajoute la batterie de casseroles qu'il traîne derrière lui, on comprend qu'il lui était difficile de gagner la course.
C'est le janséniste Fillon qui l'emporte largement, un vrai homme de droite, ultralibéral, conservateur, admirateur de Margaret Thatcher, favorable à un rapprochement stratégique avec la Russie. Il a bénéficié d'un soutien appuyé du mouvement "Sens commun", proche de la pseudo "Manif pour tous", il est favorable "à un vrai statut pour la femme au foyer" et a l'intention de supprimer cinq cent mille postes de fonctionnaires. Lui président, la France en bavera, mais tranquillement, sans éclat.
La situation aura le mérite d'être clair: un vrai candidat de droite, plutôt qu'un homme qui fait les yeux doux à l'extrême droite. Qu'en pense les électeurs du centre associés à la droite?
Dans sa déclaration, Nathalie Kosciusko-Morizet a affirmé que le grand perdant de cette primaire, c'est François Hollande. Pas elle, arrivée quatrième avec 2,6% des voix? Pas Sarkozy? Pas Poisson, pas Le Maire, pas Copé? Non, c'est François Hollande. 
La gauche, elle, partira à la bataille en ordre dispersé, sans vraiment y croire. La mobilisation de la droite, hier, devrait l'inciter à serrer les rangs. Mais les erreurs, les pertes de repère, les désillusions, les rancœurs, les querelles d'ego sont trop fortes. La fille à papa, elle, attend son heure. Tranquillement.
Ce matin, il y avait un joli soleil automnal. A présent, les nuages sont gris et la pluie est drue.

Post-scriptum: les réactions de la presse étrangère:
http://www.courrierinternational.com/article/vu-dailleurs-defaite-de-sarkozy-clap-de-fin-pour-le-berlusconi-francais

mercredi 18 novembre 2015

Basse politique

Honte sur la droite française qui exploite les attentats de Paris et les drames qu'ils ont suscités pour faire de la politicaillerie, sans respect pour les morts, les blessés et leurs familles et pour le traumatisme ressenti par un pays entier. Il est évident que, face à des terroristes qui partent "au combat" pour y mourir, les pouvoirs publics, de quelque pays et de quelque bord que ce soit, manquent de moyens de lutte.  Face à une situation extrêmement complexe, la droite fait semblant de croire qu'il n'y a que des solutions simples. L'auto-critique lui est étrangère et elle rend le gouvernement responsable de tout, alors qu'il est évident que les responsabilités sont d'abord du côté de Daech qui aura toujours une longueur d'avance sur les forces de l'ordre et les services de renseignement. "L'imagination criminelle des gens libres est faible comparée à celle des tueurs aliénés à une idéologie, écrit Riss. Comme si la seule liberté autorisée par leur idéologie religieuse était celle de tuer." (1)
Du côté politique, les responsabilités, tant en Belgique qu'en France pour ne prendre que ces deux exemples, sont partagées entre tous les partis qui ont exercé le pouvoir ces vingt dernières années. Qui en France a supprimé la police de proximité? Qui a fait preuve de laxisme vis-à-vis des mosquées? L'ancien président de la République. Qui peut penser que le passage en prison ne rend pas plus dangereux de petites frappes? Cette droite arrogante et agressive n'a aucune dignité, mais ses discours simplistes et populistes, qui la placent dans le sillage immédiat de l'extrême droite, sont faits pour plaire à une opinion publique effrayée. Qui pour une bonne part préferera voter pour la fille à papa et ses affidés. Les autres citoyens seront un peu plus dégoûtés de la politique.

En Belgique, certains élus, à gauche, ont préféré fermer les yeux par souci électoraliste sur certaines dérives de l'islam et sa radicalisation. A Molenbeek, on s'indigne, en partie à raison, d'être ainsi pointé comme la base du djihadisme européen, rappelant que Verviers, Vilvoorde ou Antwerpen ont aussi fourni leur part d'apprentis terroristes. Il n'en reste pas moins que des habitants de la commune bruxelloise sont liés à une série de crimes: l'assassinat du commandant Massoud, l'attentat au Musée juif, l'attaque du Thalys, etc. Un ancien chef du service de renseignement de sécurité à la DGSE (France) expliquait  hier (2) que Molenbeek "a été administrée pendant vingt ans par un maire qui a fait toute sa carrière sur le vote musulman de sa commune". Philippe Moureaux, c'est de lui qu'il s'agit, considère n'avoir aucune responsabilité dans ce qui se passe aujourd'hui: de son temps, dit-il (3), il n'y a eu à Molenbeek aucun problème de terrorisme. Mais rien ne va plus depuis trois ans que les libéraux sont au pouvoir dans sa commune, affirme-t-il avec la suffisance qu'on lui connaît.

Tant que les responsables politiques agiront en irresponsables et perdront du temps et une bonne part de leur dignité en disputes de cours de récréation, les terroristes auront tout le loisir de continuer à agir. Triste spectacle!

(1) Charlie Hebdo, 18 novembre 2015.
(2) dans l'émission "28 minutes" sur Arte, 17 novembre 20115:
http://www.arte.tv/magazine/28minutes/fr/gilles-kepel-les-annonces-de-hollande-28minutes
(3) RTBF, Journal, 15 novembre 2015, 19h30.
http://www.lemonde.fr/attaques-a-paris/article/2015/11/18/radicalisation-le-cocktail-molenbeekois_4812301_4809495.html

vendredi 3 janvier 2014

Propos ringards

Bedos a quitté la scène, mais ne se taira pas pour autant. Voilà une bonne nouvelle. Il nous annonce un blog. Me mettant (sans succès pour l'instant) à sa recherche, je tombe sur un  extrait d'une émission de Ruquier (1) qui recevait précisément le père Bedos. Celui-ci s'y fait accrocher par une certaine Natacha Polony (que je n'avais pas l'heur de connaître). Elle trouve ringard le clivage gauche-droite. La preuve, dit-elle, c'est qu'elle, journaliste, a pu travailler aussi bien au Figaro qu'à Marianne. On doit donc comprendre qu'être un mercenaire de l'information, c'est être de son temps. Tandis qu'opposer défenseurs de la répartition des richesses, de la justice sociale et des services publics et partisans de de la liberté de marché serait has been. C'est une question de génération, dit-elle. Serait-elle de la génération Marine Le Pen qui n'attend que cela? Si droite et gauche se confondent, l'extrême droite n'existe plus sous ce vocable.
On ne peut que constater, en Belgique comme en France, que certains partis n'ont plus de socialiste que le nom et sont devenus, au mieux, des partis socio-démocrates (François Hollande a été clair à ce sujet le 31 décembre). Reste que refuser par principe la différence gauche-droite et la considérer comme dépassée, c'est ouvrir une voie royale à l'extrême droite. Ces chroniqueurs qui passent leur temps sur les chaînes de télé à  se complaire à écouter l'inconsistance de leur propre discours en sont-ils conscients?

Le ringardisme français, le vrai, semble s'être coalisé. Il présente ses vœux (2). Franchement, des vœux comme ceux-là, on n'espère qu'une chose, c'est qu'ils ne se réalisent pas. Les associations réacs qui se sont constituées pour s'opposer au mariage homo sont représentées par de tristes sires et siresses qui se présentent comme des résistants. C'est à qui sera le plus sinistre. L'heure est grave et n'est pas à la rigolade. Ils vont marcher dans la rue, encore. Ils font peur. Ce qui est le plus effrayant, ce sont tous ces jeunes qui disent non au changement à un âge qui devrait être celui de toutes les audaces. Ils ont tous l'air de petits vieux acariâtres. 

(1) fred-lille.blogs.nouvelobs.com/archive/2013/04/14/video-tension-entre-guy-bedos-et-natacha-polony-dans-on-n-es.html
(2) www.rue89.com/zapnet/2014/01/02/bonne-annee-resistance-2014-mariage-tous-248734

jeudi 4 avril 2013

Médailles d'argent

Les pratiques de Jérôme Cahuzac font hurler la droite française. On ne la comprend pas. Elle devrait se réjouir de constater que ce qui fait sa principale valeur, l'argent, est ainsi vénéré par des gens qui s'affirment de gauche. Faire de l'argent à tout prix, le soustraire à l'impôt témoigne d'une attitude ultra libérale.  Chacun fait fait fait ce qui lui plaît plaît plaît. La droite laisse passer là une occasion de triompher.
L'extrême droite, elle, devrait la jouer profil bas. La famille Le Pen a, en son temps, fait sienne la donation qu'avait faite au Front national feu un industriel du ciment. Jean-Luc Mélenchon l'a rappelé (1). Les Le Pen ont eux aussi un sentiment fort pour l'argent et guère de vergogne.

(1) AFP, 4 avril 2013, 16h38
http://actu.orange.fr/politique/affaire-cahuzac-le-pg-denonce-les-aboiements-de-marine-le-pen-caniche-fidele-afp_1472786.html