jeudi 28 février 2008

LA RTBF nous prend pour des cons

La publicité est plus triomphante et plus présente que jamais. Elle est capable de débarquer, pas gênée, sans crier gare, au beau milieu des émissions, même celles du service public, en télé comme en radio (La Semaine infernale ou le Jeu des Dictionnaires, par exemple). Autrefois, elle était placée avant ou après les émissions. Maintenant, elle surgit en leur milieu. Et plus personne ne s’en étonne ni ne s’en offusque. Il y a quelques années, des voix s’étaient élevées pour protester contre les interruptions publicitaires que la RTBF voulait introduire dans les coupures « naturelles » (!) des séries. (Les coupures sont qualifiées de naturelles dans la mesure où un passage au noir se fait très naturellement au beau milieu d’une scène pour qu’un spot publicitaire s’y glisse le plus naturellement du monde...). Déjà, on sentait bien que les responsables de la RTBF nous prenaient pour des cons.
Ce jeudi soir, je restais scotché devant « Le papillon noir », un téléfilm que diffusait la RTBF. Au départ, j’avais l’intention de ne regarder que la première demie-heure, en attendant que débute « Envoyé Spécial » sur France 2. Mais j’ai laissé passer l’heure, incapable de décrocher de cette fiction à l’intérieur même de laquelle il est impossible de distinguer fiction et réalité. Et puis, Cantona y est assez impressionnant dans ce rôle de vagabond peut-être psychopathe. Et peut-être pas. Et puis voilà que ce thriller bien construit est interrompu brutalement (le mot n’est pas trop fort) par une page de pub. Sur une chaîne de service public ! (peut-être faut-il dire « sévices publics » désormais ?). Je me suis dit : les cons, ils ont réussi à me faire décrocher. Je ne connaîtrai pas la fin de l’histoire. Je suis passé sur « Envoyé Spécial » et un excellent reportage de Caroline Fourest: "Hymen, le poids des traditions". Merci la pub !
Pour une fois, je me demande si Ego 1er, roi des Français, n'a pas raison, quand il appelle à la suppression de la pub sur les chaînes publiques. A quoi joue donc le service public ? A ressembler au privé ? A transformer ses téléspectateurs en consommateurs ? Et que fait le CSA ? Y a quelqu’un ?

Post-scriptum : en général, en télé, je zappe les pubs systématiquement, ou au moins je coupe le son, ou alors j’arrive à ne pas les voir ni les entendre. Mais je dois avouer qu’il y a une (et une seule) pub que j’aime bien : c’est celle pour Spa Reine, "l’eau qui purifie". Il y en a trois versions. A chaque fois, un verre de Spa est balancé à la figure d’un(e) gros(se) con(ne). C’est la seule pub, à ma connaissance, qui fasse du bien.

samedi 5 janvier 2008

Les roquets d'Internet

S’il y a bien un truc qui m’énerve sur le net et les blogs, ce sont les pseudos, les « courageux anonymes », ces gens qui ont un avis sur tout et sur rien, mais n’ont pas le courage de signer de leur nom. Ils ont toujours tout compris mieux et plus vite que les autres et ça les rend agressifs qu’on ne pense pas comme eux. Ils voyagent sur les blogs qui leur passent sous le clavier pour le faire savoir. Ils sont capables de s’exprimer trois fois, dix fois sur le même sujet. On a parfois l’impression d’entendre des chiens japper ou des corbeaux croasser.
Quand le Soir a annoncé sur son site l’assassinat de Bénazir Bhutto, il s’est tout de suite trouvé un courageux anonyme pour reprocher au Soir d’annoncer l’info une heure après Libé. Et un autre pour dire que Mme Bhutto l’avait bien cherché et qu’il n’y avait pas de quoi en faire toute une histoire.
L’annulation du Paris-Dakar provoque, toujours sur le site du Soir (mais j’imagine que c’est pareil sur bien d’autres), un tsunami de bêtises édifiantes. C’est sidérant ! Quel est l’intérêt de ces espaces de parole ? C’est pire que le dernier des cafés du Commerce avant la fermeture au milieu de la nuit. Tous ces gens sont-ils saoûls pour tenir de tels propos? Saoûls d'eux-mêmes sans doute...
La démocratie du web est un leurre. Aujourd’hui, le premier imbécile venu prend la plume pour (tenter de) faire entendre ses opinions, en fait, en général, ce qui lui passe par la tête à l'instant même. Le problème, bien souvent, c’est qu’il ne s’agit pas ici de communication. Le courageux anonyme vomit ce qu’il a à dire, dans son jargon mal torché, sans se soucier de savoir s’il est compris. Et le plus souvent, effectivement, il ne l'est pas. Quantité de textes sont écrits dans un français très approximatif, sans souci de l'orthographe ni de la ponctuation. Je ne commnique pas, j'éructe!
Jean-Louis Murat a une réputation de misanthrope. Voilà sans doute pourquoi je l'apprécie. Cette réputation est justifiée et expliquée :
« Je déteste la démocratie d’Internet. Je faisais une émission de radio en France, il y avait un message d’insulte qui arrivait toutes les trois secondes, signé Jojo, signé Bébert… A chaque fois, ça me fait penser à 1942, ils envoient des messages comme ils envoyaient des messages de dénonciation à la Kommandantur. Il y a une goinfrerie d’internautes hypercapitaliste qui fait fondre les glaces au Pôle Nord. Je ne supporte pas cette goinfrerie des internautes qui, au nom de la liberté, se goinfrent. Et la goinfrerie, c’est ce qui nous tue. Je déteste l’autosatisfaction de l’homme libre occidental qui me paraît être une salope égoïste. Dans ce sens-là, je suis bien Baudelairien : pour lui, le progrès c’était le paganisme des imbéciles. » (Jean-Louis Murat, Rif-Raf, novembre 2007)
Comme en écho, Sean Penn dit: "J'aime l'humanité, mais j'ai un problème avec l'humain." (Le Vif/L'Express, 04.01.2008).
Ceci dit, Internet reste un outil extraodinaire d'ouverture sur le monde, de mise en lien, de dialogue, d'échanges. Mais, pour cela, il faut avoir l'envie de se parler...
Vous l'avez compris, vos réactions et réflexions sont les bienvenues, signées de votre nom…

(A propos, ne passez pas à côté du dernier Jean-Louis Murat, remarquable: "Charles et Léo - Les fleurs du mal" (textes de Baudelaire, musiques de Ferré, arrangements et interprétation de Murat)

samedi 8 décembre 2007

La révolution petite-bourgeoise est en marche... arrière

Il y a quelques jours, deux architectes, Eric Marchal et Quentin Wilbaux, présentaient aux habitants du quartier du Pic-au-Vent, à la sortie de Tournai, leur projet d'habitat groupé passif, soit 36 logements dont la contigüité même permet de travailler à une conception passive de ces habitations. La construction y est conçue pour répondre aux défis d'aujourd'hui: des besoins en chauffage quasi inexistants, la récupération et le traitement des eaux de pluie, une vision plus collective qu'individuelle de l'extérieur. Le coût annoncé de ces habitations économes s'avère particulièrement intéressant.
Le concept même a séduit tant les politiques et l'administration que les entrepreneurs en bâtiment. Mais pas les voisins qui ont sorti leurs fourches...
La presse nous apprend en effet que les futurs voisins sont venus à la réunion en très grand nombre, armés de fausses informations, d'a priori et de rumeurs difficilement démontables par les auteurs de projet eux-mêmes, tant l'ambiance n'était pas au dialogue, malgré les tentatives de médiation de l'animateur engagé dans ce but par les auteurs de projet.

Les attaques les plus délirantes et les plus inattendues ont surgi:
- il s'agira d'un ghetto de gens partageant la même philosophie, alors que les 80 maisons du quartier voisin constituent un "ensemble pluraliste" (sic);
- les enfants de ces habitations vont rouler à mobylette;
- l'accroissement du nombre de voitures va forcément engendrer des accidents;
- rien ne garantit que les nouveaux habitants se conduiront de manière civique;
- pourquoi ces nouveaux habitants paieraient-ils leur énergie moins chère que leurs voisins?
- il y aura des fêtes toutes les nuits dans la salle des fêtes des nouvelles habitations;
- j'ai payé cher ma maison, laissez-moi tranquille!
Bref, des arguments sidérants qui pourraient laisser croire que François L'Embrouille et ses complices avaient pris place dans la salle pour pertuber les architectes. Mais il n'y avait pas plus de caméra invisible qu'il n'y a de salle des fêtes dans le projet.

Cette attitude ahurissante, mesquine, égoïste et agressive (biffez les mentions inutiles s'il échet...) me rappelle un débat auquel j'ai participé il y a quelques années à Celles.
A l'époque, un promoteur envisageait d'implanter trois ou quatre éoliennes dans la campagne celloise. Les riverains (certains habitant parfois à quelques kilomètres du lieu d'implantation prévu) s'opposaient fermement à ce projet. Ecolo avait décidé d'organiser un débat sur les éoliennes et, bien au-delà, sur la nécessité d'investir dans les énergies alternatives et de modifier nos modes de vie. José Daras, Ministre de l'Energie, y avait participé, de même que la '"facilitatrice éolienne" et un représentant du bureau chargé de l'étude de ce projet.
Les arguments des opposants cellois étaient du même tonneau que ceux des piqués-au-vent: pourquoi certains auraient-ils le droit de s'approprier le paysage? pourquoi accepterions-nous un projet qui ne nous fera pas gagner d'argent? les éoliennes font du bruit, tuent les oiseaux, provoquent des migraines, ne sont pas belles... L'agressivité était incroyable, le dialogue quasi impossible. C'est là qu'à la suite du débat, un homme est venu me trouver pour me dire, pointant son index sur ma poitrine: "vous, quand vous étiez présentateur télé, je vous aimais bien, mais aujourd'hui, je vous déteste!" Sur le moment, j'ai éclaté de rire. Mais il y avait de quoi pleurer face à ce repli petit bourgeois et surtout à cette absence sidérale de la notion même de raison. On était dans l'émotion pure, dans le délire. La notion d'hystérie collective prenait tout son sens. Il n'était plus possible de raisonner, d'échanger des arguments "sensés".

A Celles comme au Pic-au-Vent, les opposants s'affirment bien sûr totalement favorables au principe même de ces projets. Bien sûr, disent-ils, il faut lutter contre le réchauffement climatique! Bien sûr, il faut investir dans les énergies climatiques, dans l'éco-construction! Bien sûr qu'elle est importante la conférence de Bali! Mais du balai! Pas de ça, près de chez moi. Dégagez! Vous dérangez mon petit confort. Il faut sans doute que tout change, mais pas que ça me dérange!
Le changement fait peur. Le collectif fait peur. Les enfants font peur (c'est qu'ils risquent fort de devenir des jeunes un jour!).
Ailleurs, ce sont des riverains qui s'opposent à une crèche près de chez eux: vous imaginez ces voitures qui vont s'arrêter pour déposer et reprendre les enfants! Certains voisins dénonçaient déjà les cris d'enfants dans le jardin...
Ailleurs encore, ce sont des riverains qui s'opposent à un casse-vitesse devant chez eux, à un arrêt de bus, à un panneau de prévention signalant l'école.
On n'est pas seulement dans la peur. On est dans le nombrilisme exacerbé. Dans l'individualisme forcené. Ce sont des gens de murs, de clôtures. Ce qui compte, c'est moi, ma tranquillité, ma petite maison quatre façades, mon petit garage, mon petit jardin, mon petit esprit. Ces gens-là se reconnaissent à des signes distinctifs: des panneaux "propriété privée" ou "ici, c'est moi qui monte la garde".
Ils ne se rendent évidemment pas compte qu'eux aussi se sont appropriés le paysage avec leurs maisons, leurs garages, leurs hangars. Ils ne se demandent pas si eux aussi auraient dû donner des gages de civisme à leurs voisins avant de s'installer dans un quartier. Ils ne se posent pas la question de l'empreinte écologique de leur maison quatre-façades, un mode de construction qui ne devrait plus être autorisé aujourd'hui.
Ils se retirent de la société, à l'abri de leurs murs, ne les quittent pour que pour les défendre. Même si ceux-ci ne sont pas menacés.
Ce sont les nimbies *.
Dans une carte blanche (publiée dans la Libre Belgique du 2 novembre 2007), Jean-François Viot, auteur dramatique et citoyen de la commune de Gesves, distingue les Nimbies et les Nin Biesses: il dénonce les "revendications partiales et les arguments partiels" des Nimbies, "arguments régulièrement déformés, amplifiés, arrangés". Les Nin Biesses, dit-il, "sans céder à la panique ou à l'égoïsme, choisissent sereinement de défendre la cause qui leur paraît, en humanistes, la plus juste. Ils se souviennent que le monde ne leur est que prêté, qu'ils ne sont eux-mêmes à peine plus que cet arbre ou cette fleur qu'ils admirent. Et ils en concluent: "please, in my backyard!"

*Nimby: Not In My BackYard: pas dans le fond de mon jardin

dimanche 25 novembre 2007

Les contes de fée, tous comptes faits...

"Etre bon prince: faire preuve de générosité, de bienveillance, de tolérance" (le Petit Robert)

Le Courrier de l'Escaut de ce 24 novembre nous apprend que le "trésor" découvert dans le bollewerk du château d'Antoing sera propriété du prince de Ligne.
Vingt-cinq pièces d’or avaient été trouvées par des guides touristiques de la Ville, enfouies dans une contremarche d’un escalier à l’abandon. La loi précise, dans le code civil, qu'en cas de découverte d'un trésor sur le terrain d'autrui, ce trésor se partage en parts égales entre son inventeur (le découvreur) et le propriétaire.
Mais ici à Antoing, monsieur le prince, dans sa grande bonté, n'accorde qu'une pièce à chacun des cinq inventeurs, se gardant pour sa bourse personnelle les vingts pièces d'or restantes. Pour qui sait calculer, 50/50, c'est une proportion qui vous a des allures d'équilibre démocratique inacceptable. Tandis que 80/20, voilà une proportion qui laisse chacun à sa place. Il faut dire que monsieur a ses frais, nous dit le journal: il doit restaurer sa toiture (noblesse oblige!) et ce trésor est une aubaine qu'il n'entend pas laisser passer. Et qu'importe la loi, elle n'est de toute façon faite que pour les manants. Arrière, marauds! Les guides touristiques avaient fait part de leur découverte en toute honnêteté au châtelain. Mais face à sa menace de déposer le dossier auprès de ses avocats et sous la pression du bourgmestre qui craint de voir le château fermé au public, les guides ont décidé de laisser tomber leurs prétentions à leur part (l)égale du trésor. Et tant pis pour la famille antoinienne dans le besoin à qui - noble attitude ! - ils avaient décidé de donner leur part.

A l'heure où le même prince entend créer sur 350 hectares de ses terres un "centre européen des sports de glisse", au mépris du réchauffement climatique et de toutes les politiques de préservation de l'environnement et d'économies d'eau et d'énergie, il apparaît qu'il ne faut décidément pas croire aux princes charmants: ils se sont transformés en princes marchands.
L'autre leçon à tirer, c'est que Monseigneur Picsou, prince de Glisse (avec un petit "de" comme dans denier) continue à régner en monarque absolu sur Antoing, le bourgmestre n'hésitant pas à s’habiller en laquais pour lui venir en aide.

L'histoire n'a en tout cas pas de quoi rassurer tous ceux qui, d'une manière ou d'une autre, suivent le dossier du "centre de glisse": pour sa souverainissimité, seul compte l'argent et les lois ne sont que roupies de sansonnet!

Filippo de Terre

P.S. : L’anecdote nous amène à imaginer une alternative au projet de centre de glisse : le « site aux trésors » accueillerait des chercheurs qui, pour la somme de 30 €, pourraient fouiller le domaine pendant une période de deux heures. En cas de découverte du trésor, les inventeurs récupéreraient leur mise de 30 €, laissant le reste du butin aux actionnaires.

jeudi 8 novembre 2007

La conjuration des imbéciles *

Ils ont voté, et puis après? (comme disait Ferré) Après, les affaires continuent. Leterme, qui a perdu énormément de crédit, même en Flandre, est toujours missionnaire, chargé de former un gouvernement au plus vite. Et les francophones outrés du MR et du CDH ne se sont donné d'autre choix que de le faire lanterner un peu.
Leterme s'est montré ces derniers jours plus fuyant que jamais, n'assumant rien, ne communiquant pas, coursant les journalistes. Même s'il est un jour premier ministre, il ne sera jamais réellement reconnu à cette fonction par les Francophones.
Si la Belgique se retrouve aujourd'hui divisée comme jamais elle ne le fut, c'est que ce pays est aujourd'hui bloqué, depuis 150 jours, par des champions flamands uniquement obnubilés par les élections régionales de 2009, uniquement soucieux de reprendre des voix au Vlaams Blok. De Wever le pâle borné connaît aujourd'hui son heure de gloire, lui qui rêve toutes les nuits de la fin de la Belgique. Leterme et lui ont fait la preuve tant de leur incapacité intellectuelle que de leur absence de volonté de négocier, de travailler à des compromis, de trouver des solutions acceptables par tous. L'attitude entêtée du CDV/ NVA est hallucinante. Mais des bulldozers sont-ils capables de mener une stratégie?
Le vote d'hier touche à la symbolique, c'est un message aux électeurs nationalistes flamands. Il est clair que BHV ne sera pas scindé demain, et que le pays ne va pas voler en éclats du fait de cette gifle. Mais la Belgique dans son ensemble en sort affaiblie.
Le vote de ce 7 novembre, c'est le triomphe de la faiblesse. De l'incapacité à faire de la politique. Le triomphe du nationalisme le plus borné, celui des populistes et des fascistes du Blok qui ont réussi à occuper tout le champ politique. Le compromis à la belge a pris des coups et on entend aujourd'hui certaines voix flamandes revendiquer fièrement le droit du plus fort, sans souci des minorités. Ce serait donc cela la (leur) démocratie?
Heureusement, il est d'autres propos plus sensés. Au JT de la mi-journée de la RTBF, ce 8 novembre, Luc Vanderkeelen, éditorialiste de Het Laatste Nieuws déclarait que "avoir le courage d'être modéré dans ce pays est le seul moyen pour la Belgique d'en finir avec ce conflit". Et il faut souligner l'attitude courageuse de la députée écologiste Tinne Van der Straete qui s'est abstenue sur cette loi, seule contre l'équipe de la honte qui ne l'a même pas laissée s'exprimer. Ces attitudes et ces déclarations sont rassurantes. Elles nous permettent, même si certains ont perdu la tête, de ne pas perdre le nord!

Au-delà du cas belge, sommes-nous aujourd'hui dans une ère de recul de la diversité culturelle? On ne peut imaginer qu'un jour la Belgique s'engage dans un scénario tragique à la yougoslave ou à la libanaise. Mais on ne peut que s'inquiéter des rêves de certains d'une ceinture linguistiquement pure (een zuiver taalgordel?) autour de Bruxelles...


* La conjuration des imbéciles est le titre d'un roman jubilatoire de John Kennedy Toole (10/18 n°2010).
Son héros, Ignatius Reilly, a beau être un immense producteur de flatulences, d'éructations, d'esbroufe, de mépris et d'invectives, il n'en reste pas moins plus sympathique que les tristes héros de ce 7 novembre.

vendredi 12 octobre 2007

Le pays de l'accueil

Le village calabrais de Riace s'est donné pour surnom "pays de l'accueil". Ici cohabitent Italiens, Kurdes, Erythréens, Afghans... Un reportage au JT de France 2 ce jeudi soir nous apprend que le maire de ce petit village lutte à sa manière à la fois contre l'exode rural et pour l'accueil de réfugiés. Ceux-ci sont logés par la commune et reçoivent en outre une aide financière. Plusieurs d'entre eux ont ouvert des ateliers d'artisanat. Interrogé, un villageois originaire du village considère qu'il n'est que normal d'accueillir des gens qui ont dû fuir leur pays parce qu'ils y étaient en danger. Les réfugiés sont une chance pour nos villages qui se vidaient, dit le maire... Chez nous, en Belgique, les négociateurs de "l'orange bleue" estiment que l'immigration est "ressentie comme une menace par la société" et entendent donc la limiter. Comme l'écrit Dorothée Klein dans l'éditorial du Vif/L'Express (12.10.07), "il faut se rendre à l'évidence : la peur et l'opportunisme l'ont emporté sur les préoccupations humanitaires". Elle rappelle que de plus en plus d'Etats européens veulent sélectionner les "bons" immigrés", ceux qui seront rentables pour nos économies. Y a bon(s) immigrés! Le nord va donc puiser au sud les bras et les cerveaux qui lui seront utiles, au mépris du développement même du sud. Dans Charlie Hebdo (26.09.07), Philippe Val dénonce lui aussi l'immigration choisie, chère au gouvernement Sarkozy et rappelle que "tous les démographes, tous les économistes, ainsi que les rapports de l'ONU le soulignent : l'Europe et la France auront dans la génération qui vient un besoin vital de l'immigration. Contrairement au fantasme caressé par la droite, plus jamais le Blanc européen ne fera assez d'enfants pour assurer sa puissance démographique. Son avenir est dans l'intégration, le mélange, le métissage, et la conversion de ceux qu'il accueille à la culture démocratique." Mais, dit-il, comment imaginer que les immigrés "choisis" vont accourir chez nous alors qu'on va prélever leur ADN pour décider de qui, dans leur entourage, peut ou non les accompagner, alors qu'ils savent qu'ils seront moins payés que les autres, qu'ils vivront des tas de tracas administratifs, etc. ? Cessons d'avoir peur des immigrés et surtout de participer à l'entretien de cette peur. Ce qui revient à donner raison aux discours stupides et haineux de l'extrême-droite. Considérons, dans ce monde ouvert, qu'il n'est que normal que des hommes et des femmes recherchent bien-être et sécurité, ailleurs que chez eux où ils sont en danger, pour leur appartenance ethnique, leurs idées ou simplement parce qu'ils n'arrivent pas à nourrir leurs enfants. Il y a urgence à repenser autrement l'immigration. A la considérer non comme la peste, mais, comme à Riace, comme une chance partagée !

jeudi 11 octobre 2007

Pour rester critique et éveillé

Quelques choix de lecture (et d'écoute) pour ne pas penser unique...

- le site de ProChoix: www.prochoix.org
"ProChoix est une revue d'investigation, de réflexion et d'analyse au service de la défense des libertés individuelles menacées par l'essentialisme, le racisme, l'intégrisme et toute idéologie totalitaire ou anti-choix."

- le blog de Caroline Fourest: carolinefourest.canalblog.com
C. Fourest est journaliste à Charlie Hebdo et à ProChoix.

- le site de Rue89: rue89.com
"Notre ambition: inventer un média qui marie journalisme professionnel et culture de l'Internet.
Créé par des journalistes, dont plusieurs sont issus de Libération, ce site se concentre sur les sujets qui font parler, jaser, débattre, dans tous les domaines, de la politique au sport, en passant par les nouvelles technologies, la culture ou l'environnement. Nous rêvons que Rue89 devienne peu à peu le point de référence obligé pour tous ceux qui ne veulent pas se contenter de "consommer" l'information et se passionnent pour la confrontation d'idées.
Le site est ouvert sur le reste du monde. Il ne se contente pas de critiquer, il est toujours à la recherche de solutions et se propose d'aider à leur mise en oeuvre (rubrique "Passage à l'acte"). Il fait une large place à la photo et à la vidéo.
Son contenu repose sur le travail en commun de trois cercles:
► Une rédaction, composée de journalistes expérimentés et de jeunes reporters: elle assure l'organisation du contenu du site et une bonne partie de sa production.
► Un cercle de spécialistes, de passionnés et de témoins qui apportent leurs regards et leurs lumières sur l'actualité.
► Le troisième cercle est celui des internautes eux-mêmes, qui participent à la vie de Rue89 par leur commentaires mais aussi en soumettant des articles, des liens vers d'autres sites, des photos et des vidéos. La rue est à vous!"

- le blog de Mohamed Sifaoui: www.mohamed-sifaoui.com
M. Sifaoui est journaliste, écrivain et réalisateur. Son blog publie "les opinions d'un musulman laïque et démocrate qui refuse la compromission avec l'islamisme".

- la chronique de Paul Hermant sur la Première (RTBF radio) chaque matin du lundi au vendredi, vers 7h17.
Le billet quotidien d'un observateur au regard parfois amusé, parfois acéré. Toujours juste.

- Charlie Hebdo (chez tous les bons libraires, chaque mercredi en France, plus souvent le jeudi en Belgique)
L'actualité et des réflexions en textes et en dessins. Des railleurs indispensables. Des journalistes qui décodent.

- Philippe Val : Traité de savoir survivre par temps obscurs (Grasset, 2007)
Le rédacteur en chef de Charlie se demande si l'aventure humaine touche à sa fin, si l'homme du XXIe siècle agit librement, si l'athéisme est tabou, si les singes sont fascistes...

- Normand Baillargeon: Petit cours d'autodéfense intellectuelle (Instinct de Liberté, Lux Editeur 2006)

jeudi 27 septembre 2007

J'ai acheté des plantes à Mooieoog

On a beaucoup parlé de la décision prise fin août 2006 par la Commune de Merchtem, au nord de Bruxelles, d'interdire aux enfants des écoles communales de s'exprimer dans la cour de récréation dans une autre langue que le Néerlandais. Big Brother is watching you, kinderen! Le malheureux gamin francophone qui aurait le malheur de parler dans sa langue maternelle à sa soeur ou à son copain risque la retenue, voire le renvoi. C'est "schild and vriend" en plus soft!
La Commune de Merchtem fait fort en la matière, puisqu'elle avait même voulu interdire aux commerçants de vendre leurs produits sur les marchés dans une autre langue que le néerlandais.
Dimanche dernier, j'ai visité le salon du jardin dans le parc du château de Beloeil. En terre dite wallonne, où les habitants parlent français. L'organisateur, flamand, avait bien fait les choses. Au bord de l'étang et au milieu des charmilles, son salon ne manquait pas de style et la centaine de commerçants présents offrait une belle palette de plantes rares, d'arbustes, de buis taillés, de mobilier de jardin ou de bains d'extérieur. La moitié d'entre eux venait de Flandre, l'autre moitié se partageait entre wallons, bruxellois, français et hollandais. On y parlait donc autant le français que le néerlandais, l'essentiel étant de se comprendre. Parmi les néerlandophones, nombreux étaient ceux qui n'avaient pas pris la peine de modifier les petits panneaux de présentation de leurs produits pour signifier que roze signifie rose, buksboom buis ou bol bulbe. Et alors? Y eut-il des grincements de dents, des indignations, des évocations de la loi du talion? Pas que je sache. Les amateurs de fleurs aiment les fleurs, qu'elles s'appellent tulipes ou tulps.
Les autorités communales de Merchtem jouent un jeu dangereux: bien sûr l'ostracisme peut mener aisément à la purification. Mais leur attitude est surtout stupide et, si l'on n'était en Belgique, pays d'arrangements, leur décision pourrait se retourner contre leurs propres commerçants.
Elle est d'autant plus stupide que cette interdiction d'usage d'une autre langue que le néerlandais a peu de chances d'être respectée, même par les flamands, car qui parle encore Néerlandais en Flandre? C'est la question que posait Jan De Troyer, rédacteur en chef de TV Brussel dans une carte blanche publiée par La Libre Belgique récemment (voir le billet België Blues). Les parlers sous-régionaux reprennent le dessus... Quelle langue est-on donc censée parler à Merchtem: het néerlandais "pur" of le patois local? Le repli sur soi montre vite l'étroitesse de ses limites.

mercredi 26 septembre 2007

PS: on ne se refait pas...

La Libre Belgique de ce jour nous apprend qu'Evelyne Lentzen, présidente du CSA depuis dix ans, ne serait pas reconduite dans ses fonctions par le Gouvernement de la Communauté française (entendez: par le Boulevard de l'Empereur, qui n'a jamais si bien porté son nom). On lui ne reproche pas son incompétence. Au contraire. C'est plutôt sa compétence qui lui vaudrait de perdre cette fonction.
Il y a quelques jours (le 22 septembre précisément), la même Libre Belgique rapportait les propos élogieux de Wolfgang Closs, directeur de l'Observatoire européen de l'audiovisuel: " le CSA de la Communauté française jouit d'une excellente réputation au niveau européen", déclarait-il à l'occasion du dixième anniversaire du CSA. Et LLB d'ajouter: "Joli compliment pour un organe de régulation qui a dû se battre pour obtenir les moyens humains et financiers à hauteur de ses missions."

Pour rappel, le Conseil Supérieur de l'Audovisuel "est chargé de la régulation du secteur de la radiodiffusion en Communauté française de Belgique. Ses missions sont principalement de contrôler le respect des obligations :
• des éditeurs de services (RTBF, télévisions locales, télévisions et radios privées) ;
• des distributeurs de services (câblodistributeurs, Belgacom, Be TV, Proximus, Mobistar, …) ;
• des opérateurs de réseaux (câblodistributeurs, Belgacom, RTBF, …).
Le CSA est composé de deux Collèges : une instance d’avis (Collège d’avis) chargée de rendre des avis sur toute question relative à l’audiovisuel et une instance décisionnelle (Collège d’autorisation et de contrôle) chargée :
• d’attribuer les autorisations d’émettre aux télévisions et radios privées établies en Communauté française ;
• de contrôler le respect des obligations des éditeurs de services, distributeurs de services et opérateurs de réseaux ;
• de sanctionner les infractions à ces obligations." (voir www.csa.be)

Le CSA n'a pas manqué, à plus d'une reprise ces dernières années, de rappeler à ces opérateurs leurs obligations et de les mettre devant leurs responsabilités. Pierre-François Lovens (dans LLB du 22.09.07) considére le CSA comme "mature et respecté", mais ajoutait "même si le monde politique francophone et certains opérateurs peinent encore à tirer tous les enseignements d'une autorité administrative indépendante".
Quelques jours plus tard, le même journaliste nous apprend donc que les enseignements sont tirés: le PS (parti dont Mme Lentzen porte pourtant l'étiquette) ne supporte pas l'indépendance et la rigueur dont a pu faire preuve la présidente, tout au long de ses deux mandats. Elle sera donc "débarquée" du CSA. A l'heure où la pub est de plus envahissante dans les programmes radio et télé, même de la RTBF et des télévisions locales, et où son influence sur les grilles de programmes et son intrusion au coeur même des émissions posent de graves questions, l'annonce de cette probable décision (qui serait imminente) a de quoi inquiéter. L'indépendance a des limites que n'ont pas les lois du marché.
Evelyne Lentzen sera sans doute remplacée par un ancien porte-parole d'Elio Di Rupo, conseiller du centre d'études du PS.
PS, avec un S comme soviétique, comme suffisant, comme subjectif ou comme... socialibéral?

Wallonie, paradis des beaufs?

La Cellule de Développement Territorial, mise sur pied par le Ministre wallon à la même fonction, André Antoine, a six dossiers prioritaires sur le feu. Parmi ceux-ci, des jonctions d'autoroutes qualifiées de "chaînons manquants" et des accès aux aéroports régionaux. Pour soutenir le développement durable, on a vu projets plus novateurs! Mais pas en Wallonie visiblement. Les deux seuls projets privés retenus comme prioritaires sont le projet de technopôle moto à Elouges et le projet de "centre européen des sports de glisse" à Maubray.
L'avenir de la Wallonie repose donc sur la moto et sur le ski...
Le promoteur intelligent aura vite compris que le Gouvernement wallon l'accueillera au champagne s'il vient le trouver avec un projet de terrain de quad, de 4x4 ou de 8x8!

Si ces deux projets ont retenu toute l'attention du Gouvernement wallon, c'est qu'ils "seraient" créateurs de centaines d'emplois: la moto en générerait 300, la glisse 400. Et on ne vous parle là que des emplois directs. Le sport comme solution au chômage wallon. Evidemment, aucun de ces chiffres n'est justifié par les promoteurs qui les avancent. Au contraire.

La moto à l'entrée des Hauts Pays
Les habitants des villages de Thulin, Hainin, Elouges et Boussu-Bois se mobilisent contre l'implantation d'un circuit de sports moteurs.
"Ce projet mégalo, expliquent-ils, consiste à transformer plus de 50 ha de terres agricoles en une sorte de Francorchamps bis dédié à la moto et doté d'une piste asphaltée de 4,1 km pour permettre aux passionnés d'y faire joujou sept jours sur sept, de mars à octobre. Le prétexte utilisé est l'annonce tapageuse de la création de 300 emplois (excusez du peu !). Nous nous sommes rendus sur les circuits du nord de la France et nous avons étudié la chose, c'est du pipeau. Le potentiel de création d'emploi par rapport à ce qu'il y a sur le zoning voisin de Dour serait en fait de l'ordre de la dizaine dans le meilleur des cas. Une disproportion énorme avec le gaspillage d'argent, de terrain et de qualité de vie des villages de Elouges, Thulin, Hainin (1500 habitants dans un rayon de 1000 m!)..."
Le circuit accueillerait des compétitions de moto les week-ends entre mars et octobre. Mais qu'on se rassure (!): l'investissement serait rentabilisé durant toute l'année, puisque les voitures prendraient le relais en hiver.
Interpellé au Parlement wallon, le Ministre de l'Economie, Jean-Claude Marcourt, a reconnu que le chiffre de 300 emplois pourrait finalement n'être que de... 8!
Le Ministre Antoine, toujours au Parlement, a affirmé - sans rire - que ce projet avait notamment pour objectif de "faire progresser la cohésion sociale et valoriser le capital social wallon, s'inscrire dans une perspective d'amélioration continue du cadre de vie; assurer un développement social équilibré."
"Heureusement, disent les opposants, le projet ne semble plus avoir autant le vent en poupe qu'à son annonce fin 2004. KYOTO parvient tout de même à remuer (un peu) certaines consciences !!! Pourtant la menace est de taille et n'est toujours pas écartée."
Le projet de révision de plan de secteur (procédure lancée en janvier 2005) a en effet été adopté le 19 juillet dernier par le Gouvernement Wallon. Les citoyens auront 45 jours pour donner enfin leur avis lors de l'enquête publique, attendue pour les semaines à venir.

Les riverains dénoncent les incohérences de ce projet avec toutes les politiques d'amélioration du cadre et de la qualité de vie. Eux qui, à raison, ne peuvent tondre leur pelouse le dimanche, entendraient à longueur de week-end des tondeuses puissance 100 accélérer et décélérer à proximité de chez eux. Ils se sont organisés en créant l'asbl " Un Circuit ? Non merci ! " dès 2005. Et ont lancé sur leur site (www.uncircuitnonmerci.be) une pétition on-line. Ils espèrent ainsi enterrer un projet qui s'oppose frontalement à la notion de développement durable, quoi qu'en dise André Antoine dans ses sophismes que ne renierait aucun jésuite.

Le ski sur les Plaines de l'Escaut
A Maubray dans l'entité d'Antoing, le prince de Ligne envisage de créer, sur une superficie totalement démesurée de 350 ha, un "centre européen des sports de glisse". Au départ d'une tour de 65 mètres de haut dominant le Grand Large, les skieurs pourront s'élancer sur deux pistes de.. 200 mètres de long. Le bonheur est dans le pré, sur poudreuse artificielle bien sûr. Ces sportifs en chambre pourront également s'ébattre dans un stade de glace, une piscine tropicale ou encore sur une rivière qualifiée de sauvage. Le caractère dépassé et ridicule du projet semblait avoir, au départ, échappé au Gouvernement wallon qui a mis en chantier la procédure de révision du plan de secteur pour ce "projet novateur, unique au monde".
Peu à peu, le Gouvernement, lisant le rapport de l'étude d'incidences sur l'environnement (réalisé par le bureau d'études Planeco), l'avis défavorable de la CRAT, celui du Parc Naturel des Plaines de l'Escaut (B), du Parc Naturel régional Scarpe-Escaut (F), les critiques de centaines de riverains, d'écologistes et de naturalistes, peu à peu donc le Gouvernement semble prendre conscience du caractère gaspilleur en eau, en énergie et en espaces naturels de ce projet. Le promoteur a déjà été chargé de revoir sa copie, mais semblerait cependant avoir beaucoup de difficultés à comprendre les messages qui lui sont adressés et persisterait dans le maintien de toutes ses activités gaspilleuses, polluantes et destructrices de calme et de nature.
Le Gouvernement wallon, visiblement mal à l'aise, n'en finit pas de reporter sa décision.
Au niveau sous-régional, le Conseil de Développement de la Wallonie Picarde (c'est de ce nom nettement plus vendeur (?) qu'a été rebaptisé le Hainaut Occidental) a décidé de se pencher sur le projet fin octobre en auditionnant les différents acteurs: promoteurs (jusqu'ici très taiseux), opposants (jusqu'ici très actifs), communes, parcs naturels, IDETA, etc. On ne peut qu'espérer que les pilotes de la Wallonie Picarde diront leur opposition à ce projet totalement antinomique à toute politique de développement durable, notion sur laquelle ils entendent fonder leur sous-région. Faute de quoi, leur Wallonie Picarde devrait plus pertinemment s'appeler Alpes Occidentales, comme le suggèrent les opposants qui rappellent l'existence du centre Ice Mountain à Comines (dans l'ouest du HO), le projet Snow Games à Lessines (à l'est) et ce dernier projet à Maubray (au centre). La neige artificielle sera-t-elle le ciment de la Wallonie Picarde?
Voir le site de la Coordination Internationale des Alpes Occidentales: www.c-i-a-o.eu

Demain la chasse?
Si le Gouvernement wallon veut poursuivre dans sa vocation de soutien aux projets de beauf, on peut, par exemple, lui suggérer de concrétiser une idée qu'avait lancée l'ineffable José Happart, voici quelques années alors qu'il était Ministre de l'Agriculture et de la Ruralité. Visitant la réserve naturelle des Marais d'Harchies, seule zone "Ramsar"* de Wallonie, il avait suggéré d'y créer une école de pêche. Peut-être pourrait-on aussi envisager d'ouvrir les réserves naturelles à la chasse et les sentiers pédestres aux quads...
En attendant, l'avenir wallon, s'appuyant sur la F1, la moto et le ski, s'annonce enfin rayonnant.
Voilà poukwé no s'tons firs d'iess wallons!
Michel Guilbert

* La convention de Ramsar protège les zones humides d'une grande richesse naturelle. Il s'agit d'un label international.