Le village calabrais de Riace s'est donné pour surnom "pays de l'accueil". Ici cohabitent Italiens, Kurdes, Erythréens, Afghans...
Un reportage au JT de France 2 ce jeudi soir nous apprend que le maire de ce petit village lutte à sa manière à la fois contre l'exode rural et pour l'accueil de réfugiés. Ceux-ci sont logés par la commune et reçoivent en outre une aide financière. Plusieurs d'entre eux ont ouvert des ateliers d'artisanat.
Interrogé, un villageois originaire du village considère qu'il n'est que normal d'accueillir des gens qui ont dû fuir leur pays parce qu'ils y étaient en danger. Les réfugiés sont une chance pour nos villages qui se vidaient, dit le maire...
Chez nous, en Belgique, les négociateurs de "l'orange bleue" estiment que l'immigration est "ressentie comme une menace par la société" et entendent donc la limiter. Comme l'écrit Dorothée Klein dans l'éditorial du Vif/L'Express (12.10.07), "il faut se rendre à l'évidence : la peur et l'opportunisme l'ont emporté sur les préoccupations humanitaires". Elle rappelle que de plus en plus d'Etats européens veulent sélectionner les "bons" immigrés", ceux qui seront rentables pour nos économies. Y a bon(s) immigrés! Le nord va donc puiser au sud les bras et les cerveaux qui lui seront utiles, au mépris du développement même du sud.
Dans Charlie Hebdo (26.09.07), Philippe Val dénonce lui aussi l'immigration choisie, chère au gouvernement Sarkozy et rappelle que "tous les démographes, tous les économistes, ainsi que les rapports de l'ONU le soulignent : l'Europe et la France auront dans la génération qui vient un besoin vital de l'immigration. Contrairement au fantasme caressé par la droite, plus jamais le Blanc européen ne fera assez d'enfants pour assurer sa puissance démographique. Son avenir est dans l'intégration, le mélange, le métissage, et la conversion de ceux qu'il accueille à la culture démocratique." Mais, dit-il, comment imaginer que les immigrés "choisis" vont accourir chez nous alors qu'on va prélever leur ADN pour décider de qui, dans leur entourage, peut ou non les accompagner, alors qu'ils savent qu'ils seront moins payés que les autres, qu'ils vivront des tas de tracas administratifs, etc. ?
Cessons d'avoir peur des immigrés et surtout de participer à l'entretien de cette peur. Ce qui revient à donner raison aux discours stupides et haineux de l'extrême-droite.
Considérons, dans ce monde ouvert, qu'il n'est que normal que des hommes et des femmes recherchent bien-être et sécurité, ailleurs que chez eux où ils sont en danger, pour leur appartenance ethnique, leurs idées ou simplement parce qu'ils n'arrivent pas à nourrir leurs enfants.
Il y a urgence à repenser autrement l'immigration. A la considérer non comme la peste, mais, comme à Riace, comme une chance partagée !
vendredi 12 octobre 2007
jeudi 11 octobre 2007
Pour rester critique et éveillé
Quelques choix de lecture (et d'écoute) pour ne pas penser unique...
- le site de ProChoix: www.prochoix.org
- le blog de Caroline Fourest: carolinefourest.canalblog.com
- le site de Rue89: rue89.com
- le blog de Mohamed Sifaoui: www.mohamed-sifaoui.com
- la chronique de Paul Hermant sur la Première (RTBF radio) chaque matin du lundi au vendredi, vers 7h17.
Le billet quotidien d'un observateur au regard parfois amusé, parfois acéré. Toujours juste.
- Charlie Hebdo (chez tous les bons libraires, chaque mercredi en France, plus souvent le jeudi en Belgique)
- Philippe Val : Traité de savoir survivre par temps obscurs (Grasset, 2007)
- le site de ProChoix: www.prochoix.org
"ProChoix est une revue d'investigation, de réflexion et d'analyse au service de la défense des libertés individuelles menacées par l'essentialisme, le racisme, l'intégrisme et toute idéologie totalitaire ou anti-choix."
- le blog de Caroline Fourest: carolinefourest.canalblog.com
C. Fourest est journaliste à Charlie Hebdo et à ProChoix.
- le site de Rue89: rue89.com
"Notre ambition: inventer un média qui marie journalisme professionnel et culture de l'Internet.
Créé par des journalistes, dont plusieurs sont issus de Libération, ce site se concentre sur les sujets qui font parler, jaser, débattre, dans tous les domaines, de la politique au sport, en passant par les nouvelles technologies, la culture ou l'environnement. Nous rêvons que Rue89 devienne peu à peu le point de référence obligé pour tous ceux qui ne veulent pas se contenter de "consommer" l'information et se passionnent pour la confrontation d'idées.
Le site est ouvert sur le reste du monde. Il ne se contente pas de critiquer, il est toujours à la recherche de solutions et se propose d'aider à leur mise en oeuvre (rubrique "Passage à l'acte"). Il fait une large place à la photo et à la vidéo.
Son contenu repose sur le travail en commun de trois cercles:
► Une rédaction, composée de journalistes expérimentés et de jeunes reporters: elle assure l'organisation du contenu du site et une bonne partie de sa production.
► Un cercle de spécialistes, de passionnés et de témoins qui apportent leurs regards et leurs lumières sur l'actualité.
► Le troisième cercle est celui des internautes eux-mêmes, qui participent à la vie de Rue89 par leur commentaires mais aussi en soumettant des articles, des liens vers d'autres sites, des photos et des vidéos. La rue est à vous!"
Créé par des journalistes, dont plusieurs sont issus de Libération, ce site se concentre sur les sujets qui font parler, jaser, débattre, dans tous les domaines, de la politique au sport, en passant par les nouvelles technologies, la culture ou l'environnement. Nous rêvons que Rue89 devienne peu à peu le point de référence obligé pour tous ceux qui ne veulent pas se contenter de "consommer" l'information et se passionnent pour la confrontation d'idées.
Le site est ouvert sur le reste du monde. Il ne se contente pas de critiquer, il est toujours à la recherche de solutions et se propose d'aider à leur mise en oeuvre (rubrique "Passage à l'acte"). Il fait une large place à la photo et à la vidéo.
Son contenu repose sur le travail en commun de trois cercles:
► Une rédaction, composée de journalistes expérimentés et de jeunes reporters: elle assure l'organisation du contenu du site et une bonne partie de sa production.
► Un cercle de spécialistes, de passionnés et de témoins qui apportent leurs regards et leurs lumières sur l'actualité.
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- le blog de Mohamed Sifaoui: www.mohamed-sifaoui.com
M. Sifaoui est journaliste, écrivain et réalisateur. Son blog publie "les opinions d'un musulman laïque et démocrate qui refuse la compromission avec l'islamisme".
- la chronique de Paul Hermant sur la Première (RTBF radio) chaque matin du lundi au vendredi, vers 7h17.
Le billet quotidien d'un observateur au regard parfois amusé, parfois acéré. Toujours juste.
- Charlie Hebdo (chez tous les bons libraires, chaque mercredi en France, plus souvent le jeudi en Belgique)
L'actualité et des réflexions en textes et en dessins. Des railleurs indispensables. Des journalistes qui décodent.
- Philippe Val : Traité de savoir survivre par temps obscurs (Grasset, 2007)
Le rédacteur en chef de Charlie se demande si l'aventure humaine touche à sa fin, si l'homme du XXIe siècle agit librement, si l'athéisme est tabou, si les singes sont fascistes...
- Normand Baillargeon: Petit cours d'autodéfense intellectuelle (Instinct de Liberté, Lux Editeur 2006)
- Normand Baillargeon: Petit cours d'autodéfense intellectuelle (Instinct de Liberté, Lux Editeur 2006)
jeudi 27 septembre 2007
J'ai acheté des plantes à Mooieoog
On a beaucoup parlé de la décision prise fin août 2006 par la Commune de Merchtem, au nord de Bruxelles, d'interdire aux enfants des écoles communales de s'exprimer dans la cour de récréation dans une autre langue que le Néerlandais. Big Brother is watching you, kinderen! Le malheureux gamin francophone qui aurait le malheur de parler dans sa langue maternelle à sa soeur ou à son copain risque la retenue, voire le renvoi. C'est "schild and vriend" en plus soft!
La Commune de Merchtem fait fort en la matière, puisqu'elle avait même voulu interdire aux commerçants de vendre leurs produits sur les marchés dans une autre langue que le néerlandais.
Dimanche dernier, j'ai visité le salon du jardin dans le parc du château de Beloeil. En terre dite wallonne, où les habitants parlent français. L'organisateur, flamand, avait bien fait les choses. Au bord de l'étang et au milieu des charmilles, son salon ne manquait pas de style et la centaine de commerçants présents offrait une belle palette de plantes rares, d'arbustes, de buis taillés, de mobilier de jardin ou de bains d'extérieur. La moitié d'entre eux venait de Flandre, l'autre moitié se partageait entre wallons, bruxellois, français et hollandais. On y parlait donc autant le français que le néerlandais, l'essentiel étant de se comprendre. Parmi les néerlandophones, nombreux étaient ceux qui n'avaient pas pris la peine de modifier les petits panneaux de présentation de leurs produits pour signifier que roze signifie rose, buksboom buis ou bol bulbe. Et alors? Y eut-il des grincements de dents, des indignations, des évocations de la loi du talion? Pas que je sache. Les amateurs de fleurs aiment les fleurs, qu'elles s'appellent tulipes ou tulps.
Les autorités communales de Merchtem jouent un jeu dangereux: bien sûr l'ostracisme peut mener aisément à la purification. Mais leur attitude est surtout stupide et, si l'on n'était en Belgique, pays d'arrangements, leur décision pourrait se retourner contre leurs propres commerçants.
Elle est d'autant plus stupide que cette interdiction d'usage d'une autre langue que le néerlandais a peu de chances d'être respectée, même par les flamands, car qui parle encore Néerlandais en Flandre? C'est la question que posait Jan De Troyer, rédacteur en chef de TV Brussel dans une carte blanche publiée par La Libre Belgique récemment (voir le billet België Blues). Les parlers sous-régionaux reprennent le dessus... Quelle langue est-on donc censée parler à Merchtem: het néerlandais "pur" of le patois local? Le repli sur soi montre vite l'étroitesse de ses limites.
La Commune de Merchtem fait fort en la matière, puisqu'elle avait même voulu interdire aux commerçants de vendre leurs produits sur les marchés dans une autre langue que le néerlandais.
Dimanche dernier, j'ai visité le salon du jardin dans le parc du château de Beloeil. En terre dite wallonne, où les habitants parlent français. L'organisateur, flamand, avait bien fait les choses. Au bord de l'étang et au milieu des charmilles, son salon ne manquait pas de style et la centaine de commerçants présents offrait une belle palette de plantes rares, d'arbustes, de buis taillés, de mobilier de jardin ou de bains d'extérieur. La moitié d'entre eux venait de Flandre, l'autre moitié se partageait entre wallons, bruxellois, français et hollandais. On y parlait donc autant le français que le néerlandais, l'essentiel étant de se comprendre. Parmi les néerlandophones, nombreux étaient ceux qui n'avaient pas pris la peine de modifier les petits panneaux de présentation de leurs produits pour signifier que roze signifie rose, buksboom buis ou bol bulbe. Et alors? Y eut-il des grincements de dents, des indignations, des évocations de la loi du talion? Pas que je sache. Les amateurs de fleurs aiment les fleurs, qu'elles s'appellent tulipes ou tulps.
Les autorités communales de Merchtem jouent un jeu dangereux: bien sûr l'ostracisme peut mener aisément à la purification. Mais leur attitude est surtout stupide et, si l'on n'était en Belgique, pays d'arrangements, leur décision pourrait se retourner contre leurs propres commerçants.
Elle est d'autant plus stupide que cette interdiction d'usage d'une autre langue que le néerlandais a peu de chances d'être respectée, même par les flamands, car qui parle encore Néerlandais en Flandre? C'est la question que posait Jan De Troyer, rédacteur en chef de TV Brussel dans une carte blanche publiée par La Libre Belgique récemment (voir le billet België Blues). Les parlers sous-régionaux reprennent le dessus... Quelle langue est-on donc censée parler à Merchtem: het néerlandais "pur" of le patois local? Le repli sur soi montre vite l'étroitesse de ses limites.
mercredi 26 septembre 2007
PS: on ne se refait pas...
La Libre Belgique de ce jour nous apprend qu'Evelyne Lentzen, présidente du CSA depuis dix ans, ne serait pas reconduite dans ses fonctions par le Gouvernement de la Communauté française (entendez: par le Boulevard de l'Empereur, qui n'a jamais si bien porté son nom). On lui ne reproche pas son incompétence. Au contraire. C'est plutôt sa compétence qui lui vaudrait de perdre cette fonction.
Il y a quelques jours (le 22 septembre précisément), la même Libre Belgique rapportait les propos élogieux de Wolfgang Closs, directeur de l'Observatoire européen de l'audiovisuel: " le CSA de la Communauté française jouit d'une excellente réputation au niveau européen", déclarait-il à l'occasion du dixième anniversaire du CSA. Et LLB d'ajouter: "Joli compliment pour un organe de régulation qui a dû se battre pour obtenir les moyens humains et financiers à hauteur de ses missions."
Pour rappel, le Conseil Supérieur de l'Audovisuel "est chargé de la régulation du secteur de la radiodiffusion en Communauté française de Belgique. Ses missions sont principalement de contrôler le respect des obligations :
• des éditeurs de services (RTBF, télévisions locales, télévisions et radios privées) ;
• des distributeurs de services (câblodistributeurs, Belgacom, Be TV, Proximus, Mobistar, …) ;
• des opérateurs de réseaux (câblodistributeurs, Belgacom, RTBF, …).
Le CSA est composé de deux Collèges : une instance d’avis (Collège d’avis) chargée de rendre des avis sur toute question relative à l’audiovisuel et une instance décisionnelle (Collège d’autorisation et de contrôle) chargée :
• d’attribuer les autorisations d’émettre aux télévisions et radios privées établies en Communauté française ;
• de contrôler le respect des obligations des éditeurs de services, distributeurs de services et opérateurs de réseaux ;
• de sanctionner les infractions à ces obligations." (voir www.csa.be)
Le CSA n'a pas manqué, à plus d'une reprise ces dernières années, de rappeler à ces opérateurs leurs obligations et de les mettre devant leurs responsabilités. Pierre-François Lovens (dans LLB du 22.09.07) considére le CSA comme "mature et respecté", mais ajoutait "même si le monde politique francophone et certains opérateurs peinent encore à tirer tous les enseignements d'une autorité administrative indépendante".
Quelques jours plus tard, le même journaliste nous apprend donc que les enseignements sont tirés: le PS (parti dont Mme Lentzen porte pourtant l'étiquette) ne supporte pas l'indépendance et la rigueur dont a pu faire preuve la présidente, tout au long de ses deux mandats. Elle sera donc "débarquée" du CSA. A l'heure où la pub est de plus envahissante dans les programmes radio et télé, même de la RTBF et des télévisions locales, et où son influence sur les grilles de programmes et son intrusion au coeur même des émissions posent de graves questions, l'annonce de cette probable décision (qui serait imminente) a de quoi inquiéter. L'indépendance a des limites que n'ont pas les lois du marché.
Evelyne Lentzen sera sans doute remplacée par un ancien porte-parole d'Elio Di Rupo, conseiller du centre d'études du PS.
PS, avec un S comme soviétique, comme suffisant, comme subjectif ou comme... socialibéral?
Il y a quelques jours (le 22 septembre précisément), la même Libre Belgique rapportait les propos élogieux de Wolfgang Closs, directeur de l'Observatoire européen de l'audiovisuel: " le CSA de la Communauté française jouit d'une excellente réputation au niveau européen", déclarait-il à l'occasion du dixième anniversaire du CSA. Et LLB d'ajouter: "Joli compliment pour un organe de régulation qui a dû se battre pour obtenir les moyens humains et financiers à hauteur de ses missions."
Pour rappel, le Conseil Supérieur de l'Audovisuel "est chargé de la régulation du secteur de la radiodiffusion en Communauté française de Belgique. Ses missions sont principalement de contrôler le respect des obligations :
• des éditeurs de services (RTBF, télévisions locales, télévisions et radios privées) ;
• des distributeurs de services (câblodistributeurs, Belgacom, Be TV, Proximus, Mobistar, …) ;
• des opérateurs de réseaux (câblodistributeurs, Belgacom, RTBF, …).
Le CSA est composé de deux Collèges : une instance d’avis (Collège d’avis) chargée de rendre des avis sur toute question relative à l’audiovisuel et une instance décisionnelle (Collège d’autorisation et de contrôle) chargée :
• d’attribuer les autorisations d’émettre aux télévisions et radios privées établies en Communauté française ;
• de contrôler le respect des obligations des éditeurs de services, distributeurs de services et opérateurs de réseaux ;
• de sanctionner les infractions à ces obligations." (voir www.csa.be)
Le CSA n'a pas manqué, à plus d'une reprise ces dernières années, de rappeler à ces opérateurs leurs obligations et de les mettre devant leurs responsabilités. Pierre-François Lovens (dans LLB du 22.09.07) considére le CSA comme "mature et respecté", mais ajoutait "même si le monde politique francophone et certains opérateurs peinent encore à tirer tous les enseignements d'une autorité administrative indépendante".
Quelques jours plus tard, le même journaliste nous apprend donc que les enseignements sont tirés: le PS (parti dont Mme Lentzen porte pourtant l'étiquette) ne supporte pas l'indépendance et la rigueur dont a pu faire preuve la présidente, tout au long de ses deux mandats. Elle sera donc "débarquée" du CSA. A l'heure où la pub est de plus envahissante dans les programmes radio et télé, même de la RTBF et des télévisions locales, et où son influence sur les grilles de programmes et son intrusion au coeur même des émissions posent de graves questions, l'annonce de cette probable décision (qui serait imminente) a de quoi inquiéter. L'indépendance a des limites que n'ont pas les lois du marché.
Evelyne Lentzen sera sans doute remplacée par un ancien porte-parole d'Elio Di Rupo, conseiller du centre d'études du PS.
PS, avec un S comme soviétique, comme suffisant, comme subjectif ou comme... socialibéral?
Wallonie, paradis des beaufs?
La Cellule de Développement Territorial, mise sur pied par le Ministre wallon à la même fonction, André Antoine, a six dossiers prioritaires sur le feu. Parmi ceux-ci, des jonctions d'autoroutes qualifiées de "chaînons manquants" et des accès aux aéroports régionaux. Pour soutenir le développement durable, on a vu projets plus novateurs! Mais pas en Wallonie visiblement. Les deux seuls projets privés retenus comme prioritaires sont le projet de technopôle moto à Elouges et le projet de "centre européen des sports de glisse" à Maubray.
L'avenir de la Wallonie repose donc sur la moto et sur le ski...
Le promoteur intelligent aura vite compris que le Gouvernement wallon l'accueillera au champagne s'il vient le trouver avec un projet de terrain de quad, de 4x4 ou de 8x8!
Si ces deux projets ont retenu toute l'attention du Gouvernement wallon, c'est qu'ils "seraient" créateurs de centaines d'emplois: la moto en générerait 300, la glisse 400. Et on ne vous parle là que des emplois directs. Le sport comme solution au chômage wallon. Evidemment, aucun de ces chiffres n'est justifié par les promoteurs qui les avancent. Au contraire.L'avenir de la Wallonie repose donc sur la moto et sur le ski...
Le promoteur intelligent aura vite compris que le Gouvernement wallon l'accueillera au champagne s'il vient le trouver avec un projet de terrain de quad, de 4x4 ou de 8x8!
La moto à l'entrée des Hauts Pays
Les habitants des villages de Thulin, Hainin, Elouges et Boussu-Bois se mobilisent contre l'implantation d'un circuit de sports moteurs.
"Ce projet mégalo, expliquent-ils, consiste à transformer plus de 50 ha de terres agricoles en une sorte de Francorchamps bis dédié à la moto et doté d'une piste asphaltée de 4,1 km pour permettre aux passionnés d'y faire joujou sept jours sur sept, de mars à octobre. Le prétexte utilisé est l'annonce tapageuse de la création de 300 emplois (excusez du peu !). Nous nous sommes rendus sur les circuits du nord de la France et nous avons étudié la chose, c'est du pipeau. Le potentiel de création d'emploi par rapport à ce qu'il y a sur le zoning voisin de Dour serait en fait de l'ordre de la dizaine dans le meilleur des cas. Une disproportion énorme avec le gaspillage d'argent, de terrain et de qualité de vie des villages de Elouges, Thulin, Hainin (1500 habitants dans un rayon de 1000 m!)..."
Le circuit accueillerait des compétitions de moto les week-ends entre mars et octobre. Mais qu'on se rassure (!): l'investissement serait rentabilisé durant toute l'année, puisque les voitures prendraient le relais en hiver.
Interpellé au Parlement wallon, le Ministre de l'Economie, Jean-Claude Marcourt, a reconnu que le chiffre de 300 emplois pourrait finalement n'être que de... 8!
Le Ministre Antoine, toujours au Parlement, a affirmé - sans rire - que ce projet avait notamment pour objectif de "faire progresser la cohésion sociale et valoriser le capital social wallon, s'inscrire dans une perspective d'amélioration continue du cadre de vie; assurer un développement social équilibré."
"Heureusement, disent les opposants, le projet ne semble plus avoir autant le vent en poupe qu'à son annonce fin 2004. KYOTO parvient tout de même à remuer (un peu) certaines consciences !!! Pourtant la menace est de taille et n'est toujours pas écartée."
Le projet de révision de plan de secteur (procédure lancée en janvier 2005) a en effet été adopté le 19 juillet dernier par le Gouvernement Wallon. Les citoyens auront 45 jours pour donner enfin leur avis lors de l'enquête publique, attendue pour les semaines à venir.
Les riverains dénoncent les incohérences de ce projet avec toutes les politiques d'amélioration du cadre et de la qualité de vie. Eux qui, à raison, ne peuvent tondre leur pelouse le dimanche, entendraient à longueur de week-end des tondeuses puissance 100 accélérer et décélérer à proximité de chez eux. Ils se sont organisés en créant l'asbl " Un Circuit ? Non merci ! " dès 2005. Et ont lancé sur leur site (www.uncircuitnonmerci.be) une pétition on-line. Ils espèrent ainsi enterrer un projet qui s'oppose frontalement à la notion de développement durable, quoi qu'en dise André Antoine dans ses sophismes que ne renierait aucun jésuite.
Le ski sur les Plaines de l'Escaut
A Maubray dans l'entité d'Antoing, le prince de Ligne envisage de créer, sur une superficie totalement démesurée de 350 ha, un "centre européen des sports de glisse". Au départ d'une tour de 65 mètres de haut dominant le Grand Large, les skieurs pourront s'élancer sur deux pistes de.. 200 mètres de long. Le bonheur est dans le pré, sur poudreuse artificielle bien sûr. Ces sportifs en chambre pourront également s'ébattre dans un stade de glace, une piscine tropicale ou encore sur une rivière qualifiée de sauvage. Le caractère dépassé et ridicule du projet semblait avoir, au départ, échappé au Gouvernement wallon qui a mis en chantier la procédure de révision du plan de secteur pour ce "projet novateur, unique au monde".
Peu à peu, le Gouvernement, lisant le rapport de l'étude d'incidences sur l'environnement (réalisé par le bureau d'études Planeco), l'avis défavorable de la CRAT, celui du Parc Naturel des Plaines de l'Escaut (B), du Parc Naturel régional Scarpe-Escaut (F), les critiques de centaines de riverains, d'écologistes et de naturalistes, peu à peu donc le Gouvernement semble prendre conscience du caractère gaspilleur en eau, en énergie et en espaces naturels de ce projet. Le promoteur a déjà été chargé de revoir sa copie, mais semblerait cependant avoir beaucoup de difficultés à comprendre les messages qui lui sont adressés et persisterait dans le maintien de toutes ses activités gaspilleuses, polluantes et destructrices de calme et de nature.
Le Gouvernement wallon, visiblement mal à l'aise, n'en finit pas de reporter sa décision.
Au niveau sous-régional, le Conseil de Développement de la Wallonie Picarde (c'est de ce nom nettement plus vendeur (?) qu'a été rebaptisé le Hainaut Occidental) a décidé de se pencher sur le projet fin octobre en auditionnant les différents acteurs: promoteurs (jusqu'ici très taiseux), opposants (jusqu'ici très actifs), communes, parcs naturels, IDETA, etc. On ne peut qu'espérer que les pilotes de la Wallonie Picarde diront leur opposition à ce projet totalement antinomique à toute politique de développement durable, notion sur laquelle ils entendent fonder leur sous-région. Faute de quoi, leur Wallonie Picarde devrait plus pertinemment s'appeler Alpes Occidentales, comme le suggèrent les opposants qui rappellent l'existence du centre Ice Mountain à Comines (dans l'ouest du HO), le projet Snow Games à Lessines (à l'est) et ce dernier projet à Maubray (au centre). La neige artificielle sera-t-elle le ciment de la Wallonie Picarde?
Voir le site de la Coordination Internationale des Alpes Occidentales: www.c-i-a-o.eu
Demain la chasse?
Si le Gouvernement wallon veut poursuivre dans sa vocation de soutien aux projets de beauf, on peut, par exemple, lui suggérer de concrétiser une idée qu'avait lancée l'ineffable José Happart, voici quelques années alors qu'il était Ministre de l'Agriculture et de la Ruralité. Visitant la réserve naturelle des Marais d'Harchies, seule zone "Ramsar"* de Wallonie, il avait suggéré d'y créer une école de pêche. Peut-être pourrait-on aussi envisager d'ouvrir les réserves naturelles à la chasse et les sentiers pédestres aux quads...
En attendant, l'avenir wallon, s'appuyant sur la F1, la moto et le ski, s'annonce enfin rayonnant.
Voilà poukwé no s'tons firs d'iess wallons!
Michel Guilbert
* La convention de Ramsar protège les zones humides d'une grande richesse naturelle. Il s'agit d'un label international.
Le circuit accueillerait des compétitions de moto les week-ends entre mars et octobre. Mais qu'on se rassure (!): l'investissement serait rentabilisé durant toute l'année, puisque les voitures prendraient le relais en hiver.
Interpellé au Parlement wallon, le Ministre de l'Economie, Jean-Claude Marcourt, a reconnu que le chiffre de 300 emplois pourrait finalement n'être que de... 8!
Le Ministre Antoine, toujours au Parlement, a affirmé - sans rire - que ce projet avait notamment pour objectif de "faire progresser la cohésion sociale et valoriser le capital social wallon, s'inscrire dans une perspective d'amélioration continue du cadre de vie; assurer un développement social équilibré."
"Heureusement, disent les opposants, le projet ne semble plus avoir autant le vent en poupe qu'à son annonce fin 2004. KYOTO parvient tout de même à remuer (un peu) certaines consciences !!! Pourtant la menace est de taille et n'est toujours pas écartée."
Le projet de révision de plan de secteur (procédure lancée en janvier 2005) a en effet été adopté le 19 juillet dernier par le Gouvernement Wallon. Les citoyens auront 45 jours pour donner enfin leur avis lors de l'enquête publique, attendue pour les semaines à venir.
Les riverains dénoncent les incohérences de ce projet avec toutes les politiques d'amélioration du cadre et de la qualité de vie. Eux qui, à raison, ne peuvent tondre leur pelouse le dimanche, entendraient à longueur de week-end des tondeuses puissance 100 accélérer et décélérer à proximité de chez eux. Ils se sont organisés en créant l'asbl " Un Circuit ? Non merci ! " dès 2005. Et ont lancé sur leur site (www.uncircuitnonmerci.be) une pétition on-line. Ils espèrent ainsi enterrer un projet qui s'oppose frontalement à la notion de développement durable, quoi qu'en dise André Antoine dans ses sophismes que ne renierait aucun jésuite.
Le ski sur les Plaines de l'Escaut
A Maubray dans l'entité d'Antoing, le prince de Ligne envisage de créer, sur une superficie totalement démesurée de 350 ha, un "centre européen des sports de glisse". Au départ d'une tour de 65 mètres de haut dominant le Grand Large, les skieurs pourront s'élancer sur deux pistes de.. 200 mètres de long. Le bonheur est dans le pré, sur poudreuse artificielle bien sûr. Ces sportifs en chambre pourront également s'ébattre dans un stade de glace, une piscine tropicale ou encore sur une rivière qualifiée de sauvage. Le caractère dépassé et ridicule du projet semblait avoir, au départ, échappé au Gouvernement wallon qui a mis en chantier la procédure de révision du plan de secteur pour ce "projet novateur, unique au monde".
Peu à peu, le Gouvernement, lisant le rapport de l'étude d'incidences sur l'environnement (réalisé par le bureau d'études Planeco), l'avis défavorable de la CRAT, celui du Parc Naturel des Plaines de l'Escaut (B), du Parc Naturel régional Scarpe-Escaut (F), les critiques de centaines de riverains, d'écologistes et de naturalistes, peu à peu donc le Gouvernement semble prendre conscience du caractère gaspilleur en eau, en énergie et en espaces naturels de ce projet. Le promoteur a déjà été chargé de revoir sa copie, mais semblerait cependant avoir beaucoup de difficultés à comprendre les messages qui lui sont adressés et persisterait dans le maintien de toutes ses activités gaspilleuses, polluantes et destructrices de calme et de nature.
Le Gouvernement wallon, visiblement mal à l'aise, n'en finit pas de reporter sa décision.
Au niveau sous-régional, le Conseil de Développement de la Wallonie Picarde (c'est de ce nom nettement plus vendeur (?) qu'a été rebaptisé le Hainaut Occidental) a décidé de se pencher sur le projet fin octobre en auditionnant les différents acteurs: promoteurs (jusqu'ici très taiseux), opposants (jusqu'ici très actifs), communes, parcs naturels, IDETA, etc. On ne peut qu'espérer que les pilotes de la Wallonie Picarde diront leur opposition à ce projet totalement antinomique à toute politique de développement durable, notion sur laquelle ils entendent fonder leur sous-région. Faute de quoi, leur Wallonie Picarde devrait plus pertinemment s'appeler Alpes Occidentales, comme le suggèrent les opposants qui rappellent l'existence du centre Ice Mountain à Comines (dans l'ouest du HO), le projet Snow Games à Lessines (à l'est) et ce dernier projet à Maubray (au centre). La neige artificielle sera-t-elle le ciment de la Wallonie Picarde?
Voir le site de la Coordination Internationale des Alpes Occidentales: www.c-i-a-o.eu
Demain la chasse?
Si le Gouvernement wallon veut poursuivre dans sa vocation de soutien aux projets de beauf, on peut, par exemple, lui suggérer de concrétiser une idée qu'avait lancée l'ineffable José Happart, voici quelques années alors qu'il était Ministre de l'Agriculture et de la Ruralité. Visitant la réserve naturelle des Marais d'Harchies, seule zone "Ramsar"* de Wallonie, il avait suggéré d'y créer une école de pêche. Peut-être pourrait-on aussi envisager d'ouvrir les réserves naturelles à la chasse et les sentiers pédestres aux quads...
En attendant, l'avenir wallon, s'appuyant sur la F1, la moto et le ski, s'annonce enfin rayonnant.
Voilà poukwé no s'tons firs d'iess wallons!
Michel Guilbert
* La convention de Ramsar protège les zones humides d'une grande richesse naturelle. Il s'agit d'un label international.
lundi 10 septembre 2007
België blues (1)
ou... Impasse du nationalisme
La Belgique avance dans le brouillard depuis maintenant trois mois exactement.
Peut-être séduits par la victoire d’un Sarkozy qui a ratissé large dans les terres lepénistes, le CDV et la NVA se sont lancés dans une course aux électeurs flamingants pour tenter de prendre la main sur le Vlaams Blok/Belang et la liste Dedecker. Et ils n’en démordent pas : un jour (plus ou moins...) prochain, que les Francophones le veuillent ou non, la Flandre sera indépendante.
En attendant, ils réclament toujours plus de compétences régionales. Toujours sous le prétexte que ces riches Flamands en ont assez de payer pour ces chômeurs wallons, pauvres et malades. Les clichés mènent la danse en Belgique.
Il y aurait donc en Flandre une part non négligeable de l’opinion publique qui n’entendrait plus jouer le jeu de la solidarité. Tout Etat, tout niveau de pouvoir démocratique fonctionne sur un système de répartition et de redistribution des richesses. Ceux qui ont un travail paient pour ceux qui n’en ont pas ou n’en ont plus ; les bien portants paient pour les malades ; les riches paient pour les pauvres.
Le même principe de solidarité fonctionne au sein de l’Europe : les régions les plus aisées aident celles qui sont en retard de développement à améliorer leur niveau de vie. C’est ainsi que des pays comme le Portugal ou l’Irlande se sont spectaculairement redressés.
Si les Flamands vont au bout de leur logique « l’argent des riches reste chez les riches », la Flandre indépendante ne devrait pas demander son adhésion à l’Union européenne, mais faire cavalier seul. Et quitter ces « Eurorégions » en construction où, à une échelle sous-régionale, des Flamands, des Wallons et ici ou là des Français, des Allemands ou des Néerlandais tentent de nouer des liens de partenariat. Ces coopérations ont-elles un sens quand on ne veut plus assumer, par ailleurs, sa part de solidarité ? C’est d’ailleurs ce que dit Geert Van Istendael (auteur du Labyrinthe belge – Castor Astral 2004) dans Libération aujourd’hui : « Si la Belgique est impossible, l’Europe est également impossible, car si on ne peut concilier deux ou trois communautés et langues, comment le faire à 27 ? »
A l’intérieur même d’une Flandre indépendante, quelles seraient les limites d’une solidarité réinventée ? Le principe « l’argent des riches appartient aux riches » devrait vite montrer ses limites et il ne fera pas bon être malade, vieux ou chômeur en Flandre. On sait qu’on ne vit pas aussi bien dans le Limbourg que dans la région de Courtrai. La Flandre soi disant riche va-t-elle devoir se débarrasser de ses sous-régions « en retard de développement » ?
De toute façon, quel serait l’intérêt de plus de régionalisation ? Les routes belges seront-elles plus sûres une fois la sécurité routière régionalisée ? Le Wallon qui se rendra à Bruxelles en voiture aurait alors trois codes de la route différents à respecter. Alors qu’il faudrait tenter d’harmoniser les règles de sécurité routière au niveau européen, certains voudraient choisir la voie inverse, par pur orgueil nationaliste. La SNCB serait promise au même sort, avec les mêmes conséquences absurdes et sans doute coûteuses.
Et puis à l’heure où la diversité culturelle est dans toutes les déclarations politiques, comment peut-on à ce point se replier sur son nombril nationaliste en rejetant son voisin ? Aucun nationalisme n’est progressiste. Ils sont tous réactionnaires et individualistes, tournés vers le passé, la nostalgie, le rejet.
De quelle Flandre parlent les nationalistes ? Et en parlent-ils d'une même voix? Dans une carte blanche récente (LLB – 03.09.07), Jan De Troyer, rédacteur en chef de TV Brussel, constate le retour en force des dialectes en Flandre, au point que des téléspectateurs flamands (et plus encore néerlandais) ne comprennent pas des séries télé ou des chanteurs pourtant flamands:
« on est donc arrivé en Flandre dans la situation bizarre qu’après des décennies de lutte d’émancipation flamande et de lutte pour la reconnaissance du néerlandais comme langue de culture, nos artistes retournent à la langue régionale et les profs de néerlandais abandonnent les bases de l’enseignement linguistique. (…) Bien qu’il semble être à la mode, l’arbitraire linguistique n’est pourtant rien d’autre qu’un repli sur soi-même et une exclusion de l’autre. »
C’est quoi la Belgique ? « Un pays petit tombé par accident dans un trou de l’histoire », comme le dit Claude Semal, mais aussi un pays multiculturel, où tout se mélange. Un pays zinneke. Où chacun a au moins un ancêtre qui venait de l’autre côté de la frontière linguistique. Où l’ancien ministre-président wallon porte un patronyme flamand, alors que son équivalent flamand affiche un nom francophone. Où les Flamands se sentent chez eux dans les Ardennes, autant que les Francophones à la côte. Où Arno l’ostendo-bruxellois fait un tabac, autant que la rocheforto-monégasque Justine Hénin. Cette multicultarité est-elle donc si haïssable aux yeux des nationalistes ? Après la fin de la Yougoslavie, celle de la Belgique ?
Mais sérieusement, cette fin est-elle possible ? Ou jouons-nous à nous faire peur ? De toute façon, Bruxelles, ville francophone en territoire flamand, empêche cette scission.
Et puis où en est l’opinion publique flamande ? Y a-t-il vraiment une majorité derrière cette volonté d’indépendance ?
Il serait temps que les intellectuels et les artistes se fassent – plus - entendre. Il y a quelques mois, Arno présentait son nouveau CD au casino d’Ostende et déclarait que l’urgence n’était pas de savoir qui serait le président d’une Flandre indépendante, puisque de toute façon à la fin du siècle les Ostendais et bien d’autres Flamands auraient les pieds dans l’eau à cause du réchauffement climatique. Et Arno de prévoir qu’un jour pas si lointain le président flamand se verrait forcé de se réfugier à Bruxelles.
« Et puis nous, on préfère s’envier et se détester
On adore les histoires de quartier
Ca part dans tous les sens
Rien qu’on se bat mais on se trompe de sens
Carrément on passe pas pour des gens qui pensent. »
(Arno et Faf Larage : I’m not into hop)
P.S. : Sur le plan parlementaire, seuls « grands » partis politiques à être nés chacun de leur côté alors que le processus fédéral était enclenché, les Ecologistes flamands et francophones constituent à la chambre un groupe commun. Une particularité dans ce pays qui suit plutôt un processus de division. Les trois familles traditionnelles (socialiste, sociale-chrétienne et libérale) ont suivi le chemin inverse : les partis nationaux se sont « communautarisés", jusqu’à n’avoir parfois plus beaucoup de contacts entre eux.
Les Ecologistes plaident pour une circonscription électorale unique : que les électeurs belges puissent élire, pour une part de leurs élus nationaux, des hommes et des femmes politiques qui auraient une légitimité dans tout le pays. Pour cela, il faudrait mieux se connaître et plus s'intéresser à "l'autre".
P.S.2: Signe des temps, le sens de l'auto-dérision typiquement belge n'a pas encore fait sa rentrée, semble-t-il...
P.S.3: La Belgique est un plaisir et doit le rester.
(1) België blues était le titre d'une chanson de Walter De Buck, à la fin des années '70.
Peut-être séduits par la victoire d’un Sarkozy qui a ratissé large dans les terres lepénistes, le CDV et la NVA se sont lancés dans une course aux électeurs flamingants pour tenter de prendre la main sur le Vlaams Blok/Belang et la liste Dedecker. Et ils n’en démordent pas : un jour (plus ou moins...) prochain, que les Francophones le veuillent ou non, la Flandre sera indépendante.
En attendant, ils réclament toujours plus de compétences régionales. Toujours sous le prétexte que ces riches Flamands en ont assez de payer pour ces chômeurs wallons, pauvres et malades. Les clichés mènent la danse en Belgique.
Il y aurait donc en Flandre une part non négligeable de l’opinion publique qui n’entendrait plus jouer le jeu de la solidarité. Tout Etat, tout niveau de pouvoir démocratique fonctionne sur un système de répartition et de redistribution des richesses. Ceux qui ont un travail paient pour ceux qui n’en ont pas ou n’en ont plus ; les bien portants paient pour les malades ; les riches paient pour les pauvres.
Le même principe de solidarité fonctionne au sein de l’Europe : les régions les plus aisées aident celles qui sont en retard de développement à améliorer leur niveau de vie. C’est ainsi que des pays comme le Portugal ou l’Irlande se sont spectaculairement redressés.
Si les Flamands vont au bout de leur logique « l’argent des riches reste chez les riches », la Flandre indépendante ne devrait pas demander son adhésion à l’Union européenne, mais faire cavalier seul. Et quitter ces « Eurorégions » en construction où, à une échelle sous-régionale, des Flamands, des Wallons et ici ou là des Français, des Allemands ou des Néerlandais tentent de nouer des liens de partenariat. Ces coopérations ont-elles un sens quand on ne veut plus assumer, par ailleurs, sa part de solidarité ? C’est d’ailleurs ce que dit Geert Van Istendael (auteur du Labyrinthe belge – Castor Astral 2004) dans Libération aujourd’hui : « Si la Belgique est impossible, l’Europe est également impossible, car si on ne peut concilier deux ou trois communautés et langues, comment le faire à 27 ? »
A l’intérieur même d’une Flandre indépendante, quelles seraient les limites d’une solidarité réinventée ? Le principe « l’argent des riches appartient aux riches » devrait vite montrer ses limites et il ne fera pas bon être malade, vieux ou chômeur en Flandre. On sait qu’on ne vit pas aussi bien dans le Limbourg que dans la région de Courtrai. La Flandre soi disant riche va-t-elle devoir se débarrasser de ses sous-régions « en retard de développement » ?
De toute façon, quel serait l’intérêt de plus de régionalisation ? Les routes belges seront-elles plus sûres une fois la sécurité routière régionalisée ? Le Wallon qui se rendra à Bruxelles en voiture aurait alors trois codes de la route différents à respecter. Alors qu’il faudrait tenter d’harmoniser les règles de sécurité routière au niveau européen, certains voudraient choisir la voie inverse, par pur orgueil nationaliste. La SNCB serait promise au même sort, avec les mêmes conséquences absurdes et sans doute coûteuses.
Et puis à l’heure où la diversité culturelle est dans toutes les déclarations politiques, comment peut-on à ce point se replier sur son nombril nationaliste en rejetant son voisin ? Aucun nationalisme n’est progressiste. Ils sont tous réactionnaires et individualistes, tournés vers le passé, la nostalgie, le rejet.
De quelle Flandre parlent les nationalistes ? Et en parlent-ils d'une même voix? Dans une carte blanche récente (LLB – 03.09.07), Jan De Troyer, rédacteur en chef de TV Brussel, constate le retour en force des dialectes en Flandre, au point que des téléspectateurs flamands (et plus encore néerlandais) ne comprennent pas des séries télé ou des chanteurs pourtant flamands:
« on est donc arrivé en Flandre dans la situation bizarre qu’après des décennies de lutte d’émancipation flamande et de lutte pour la reconnaissance du néerlandais comme langue de culture, nos artistes retournent à la langue régionale et les profs de néerlandais abandonnent les bases de l’enseignement linguistique. (…) Bien qu’il semble être à la mode, l’arbitraire linguistique n’est pourtant rien d’autre qu’un repli sur soi-même et une exclusion de l’autre. »
C’est quoi la Belgique ? « Un pays petit tombé par accident dans un trou de l’histoire », comme le dit Claude Semal, mais aussi un pays multiculturel, où tout se mélange. Un pays zinneke. Où chacun a au moins un ancêtre qui venait de l’autre côté de la frontière linguistique. Où l’ancien ministre-président wallon porte un patronyme flamand, alors que son équivalent flamand affiche un nom francophone. Où les Flamands se sentent chez eux dans les Ardennes, autant que les Francophones à la côte. Où Arno l’ostendo-bruxellois fait un tabac, autant que la rocheforto-monégasque Justine Hénin. Cette multicultarité est-elle donc si haïssable aux yeux des nationalistes ? Après la fin de la Yougoslavie, celle de la Belgique ?
Mais sérieusement, cette fin est-elle possible ? Ou jouons-nous à nous faire peur ? De toute façon, Bruxelles, ville francophone en territoire flamand, empêche cette scission.
Et puis où en est l’opinion publique flamande ? Y a-t-il vraiment une majorité derrière cette volonté d’indépendance ?
Il serait temps que les intellectuels et les artistes se fassent – plus - entendre. Il y a quelques mois, Arno présentait son nouveau CD au casino d’Ostende et déclarait que l’urgence n’était pas de savoir qui serait le président d’une Flandre indépendante, puisque de toute façon à la fin du siècle les Ostendais et bien d’autres Flamands auraient les pieds dans l’eau à cause du réchauffement climatique. Et Arno de prévoir qu’un jour pas si lointain le président flamand se verrait forcé de se réfugier à Bruxelles.
« Et puis nous, on préfère s’envier et se détester
On adore les histoires de quartier
Ca part dans tous les sens
Rien qu’on se bat mais on se trompe de sens
Carrément on passe pas pour des gens qui pensent. »
(Arno et Faf Larage : I’m not into hop)
P.S. : Sur le plan parlementaire, seuls « grands » partis politiques à être nés chacun de leur côté alors que le processus fédéral était enclenché, les Ecologistes flamands et francophones constituent à la chambre un groupe commun. Une particularité dans ce pays qui suit plutôt un processus de division. Les trois familles traditionnelles (socialiste, sociale-chrétienne et libérale) ont suivi le chemin inverse : les partis nationaux se sont « communautarisés", jusqu’à n’avoir parfois plus beaucoup de contacts entre eux.
Les Ecologistes plaident pour une circonscription électorale unique : que les électeurs belges puissent élire, pour une part de leurs élus nationaux, des hommes et des femmes politiques qui auraient une légitimité dans tout le pays. Pour cela, il faudrait mieux se connaître et plus s'intéresser à "l'autre".
P.S.2: Signe des temps, le sens de l'auto-dérision typiquement belge n'a pas encore fait sa rentrée, semble-t-il...
P.S.3: La Belgique est un plaisir et doit le rester.
(1) België blues était le titre d'une chanson de Walter De Buck, à la fin des années '70.
vendredi 8 juin 2007
J'ai reçu une lettre d'Elio
Elio m'a écrit! Il s'adresse à moi "personnellement", me dit-il. Woaw! Mais qu'ai-je fait pour que l'empereur de toutes les Wallonies (la picarde, la boraine, la centrale, la liégeoise et toutes les autres) s'intéresse à ma petite personne? C'est que, me dit-il, "les indépendants créent la richesse de notre pays". Il doit y avoir erreur sur la personne ou alors les services impériaux devraient mettre à jour leurs fichiers: si je me souviens bien, j'ai dû être indépendant en 1987-1988... Et je n'ai jamais créé beaucoup de richesse (quoique... de la richesse intellectuelle peut-être?)
Mes deux fils ont également reçu une lettre d'Elio, parce qu'ils sont jeunes et que "les jeunes doivent pouvoir vivre heureux, c'est (sa) profonde conviction." Certains de mes étudiants ont reçu le même lettre personnelle.
Une de mes connaissances a également reçu une lettre "personnelle" d'Elio, en tant que retraité.
Ca commence à faire beaucoup de lettres personnelles et je me sens moins privilégié.
Aux jeunes, il dit que "vivre avec des colocataires, ça n'a qu'un temps!" J'ai relu la lettre attentivement, j'ai vu en tout petit dans le coin inférieur droit www.ps.be. Ce qui semble confirmer qu'il parle bien au nom du PS et non du MR. parce que si je le comprends bien, le partage de logement, la vie communautaire, c'est pas son truc. Il prône plutôt l'individualisme, Elio, c'est ça le socialisme du XXIe siècle. D'ailleurs, son parti, c'est le vrai parti des indépendants et "de toutes (ses) forces", il est à mes côtés et "c'est pour les petits indépendants que le PS travaille le plus".
Je me demande ce qu'il dit aux chômeurs, aux SDF, aux sans-papier...
Allez, le plus vieux métier du monde a toujours de l'avenir...
Ps (c'est le cas de le dire): j'aimerais quand même bien savoir à quels fichiers les services (du boulevard) de l'empereur ont accès pour envoyer tous ces courriers personnels et ciblés...
Mes deux fils ont également reçu une lettre d'Elio, parce qu'ils sont jeunes et que "les jeunes doivent pouvoir vivre heureux, c'est (sa) profonde conviction." Certains de mes étudiants ont reçu le même lettre personnelle.
Une de mes connaissances a également reçu une lettre "personnelle" d'Elio, en tant que retraité.
Ca commence à faire beaucoup de lettres personnelles et je me sens moins privilégié.
Aux jeunes, il dit que "vivre avec des colocataires, ça n'a qu'un temps!" J'ai relu la lettre attentivement, j'ai vu en tout petit dans le coin inférieur droit www.ps.be. Ce qui semble confirmer qu'il parle bien au nom du PS et non du MR. parce que si je le comprends bien, le partage de logement, la vie communautaire, c'est pas son truc. Il prône plutôt l'individualisme, Elio, c'est ça le socialisme du XXIe siècle. D'ailleurs, son parti, c'est le vrai parti des indépendants et "de toutes (ses) forces", il est à mes côtés et "c'est pour les petits indépendants que le PS travaille le plus".
Je me demande ce qu'il dit aux chômeurs, aux SDF, aux sans-papier...
Allez, le plus vieux métier du monde a toujours de l'avenir...
Ps (c'est le cas de le dire): j'aimerais quand même bien savoir à quels fichiers les services (du boulevard) de l'empereur ont accès pour envoyer tous ces courriers personnels et ciblés...
mardi 22 mai 2007
Pour ne (surtout) pas en finir avec Mai 68
Ainsi donc, le nouveau président français veut faire table rase des acquis de mai 68 !
Où en seraient les droits des femmes, des homosexuels, des jeunes, des étrangers sans Mai 68 ? Où en serait l’écologie, l’environnement, les droits de l’homme, le féminisme ? Quelle place y aurait-il pour l’idée même d’alternatives à la société de consommation ? Quelle place y aurait-il pour les débats, le rapprochement entre les citoyens et les politiques, la démocratie culturelle, la diversité culturelle ? Peut-on encore imaginer, si l’on s'assied sur les acquis de '68, des libertés nouvelles, plus d’autonomie pour les citoyens, plus de justice sociale ?
Aujourd’hui, on peut penser par soi-même, sans être obligé (comme on l’était avant ‘68) de vivre comme vivaient nos parents, d’endosser leurs valeurs, celles de l’église, de l’école, du gouvernement.
C’est donc cela la rupture annoncée par Sarkozy : le retour à l’ORTF, à cette pensée unique fondée sur un ordre bien établi, sur les seules valeurs d’une élite bien pensante, celles d’une réussite individuelle avant tout économique, celles de la compétition, de la consommation ?
Cette rupture-là n’a évidemment rien de révolutionnaire, rien de progressiste. Cette rupture-là est rétrograde. C’est l’annonce d’un monde plus divisé que jamais, où il y a ceux qui ont réussi et ceux qui bavent de réussir un jour. C’est l’Italie de Berlusconi, un monde de rêve… pour ceux qui ont réussi (la réussite ne s’entendant qu’en monnaie sonnante et trébuchante ou en notoriété).
En fait, l’ORTF est revenue depuis longtemps : elle s’appelle TF1. Et la Star AC ou la Nouvelle Star sont des modèles symboliques de cette société de rupture que nous propose cette droite méprisante, qu’elle s’appelle UMP en France ou MR chez nous.
En face de cette droite-là, celle de la réussite individuelle, du « succès-à-tout-prix », la gauche. Ou plutôt les gauches. L’une (suivez mon regard…) repliée sur la sauvegarde de la sécurité sociale et la protection-mise-sous-tutelle des laissés pour compte du système. L’autre imaginative, libératrice et créative. « Etre de gauche, c’est s’inscrire dans une aventure créatrice à la conquête des libertés nouvelles, et seule la jouissance de ces libertés nous permettra d’inventer les régulations de demain. », écrit Philippe Val dans Charlie Hebdo du 16 mai 2007. « Le grand projet de la gauche : être un moteur intellectuel et politique pour briser des tabous, et faire suffisamment aimer le présent pour vouloir agir en vue d’y vivre le plus heureux possible dans une société où le pouvoir est soucieux de la justice et insoucieux des mœurs, tant qu’elles ne lèsent pas des tiers. »
Allez, sous les pavés, la plage !
Aujourd’hui, on peut penser par soi-même, sans être obligé (comme on l’était avant ‘68) de vivre comme vivaient nos parents, d’endosser leurs valeurs, celles de l’église, de l’école, du gouvernement.
C’est donc cela la rupture annoncée par Sarkozy : le retour à l’ORTF, à cette pensée unique fondée sur un ordre bien établi, sur les seules valeurs d’une élite bien pensante, celles d’une réussite individuelle avant tout économique, celles de la compétition, de la consommation ?
Cette rupture-là n’a évidemment rien de révolutionnaire, rien de progressiste. Cette rupture-là est rétrograde. C’est l’annonce d’un monde plus divisé que jamais, où il y a ceux qui ont réussi et ceux qui bavent de réussir un jour. C’est l’Italie de Berlusconi, un monde de rêve… pour ceux qui ont réussi (la réussite ne s’entendant qu’en monnaie sonnante et trébuchante ou en notoriété).
En fait, l’ORTF est revenue depuis longtemps : elle s’appelle TF1. Et la Star AC ou la Nouvelle Star sont des modèles symboliques de cette société de rupture que nous propose cette droite méprisante, qu’elle s’appelle UMP en France ou MR chez nous.
En face de cette droite-là, celle de la réussite individuelle, du « succès-à-tout-prix », la gauche. Ou plutôt les gauches. L’une (suivez mon regard…) repliée sur la sauvegarde de la sécurité sociale et la protection-mise-sous-tutelle des laissés pour compte du système. L’autre imaginative, libératrice et créative. « Etre de gauche, c’est s’inscrire dans une aventure créatrice à la conquête des libertés nouvelles, et seule la jouissance de ces libertés nous permettra d’inventer les régulations de demain. », écrit Philippe Val dans Charlie Hebdo du 16 mai 2007. « Le grand projet de la gauche : être un moteur intellectuel et politique pour briser des tabous, et faire suffisamment aimer le présent pour vouloir agir en vue d’y vivre le plus heureux possible dans une société où le pouvoir est soucieux de la justice et insoucieux des mœurs, tant qu’elles ne lèsent pas des tiers. »
Allez, sous les pavés, la plage !
samedi 19 mai 2007
La parade des paons
Est-ce la contagion du Festival de Cannes? En ce moment, chez nous, là où il y a des gens, il y a des paons. Et les paons font ce qu'ils savent faire de mieux: ils se pavanent.
En campagne, les paons n'ont aucune honte. Ils sont capables de plastronner même dans des organisations auxquelles ils n'ont jamais prêté le moindre intérêt, auxquelles ils n'ont jamais voulu accorder le moindre subside, parce que ces organisations n'entraient pas dans leurs cases élitistes ou partisanes.
Mais les paons ne ratent aucune occasion de se montrer, de serrer des mains, tout sourire, le noeud-pap' frétillant, la bouche en coeur, un petit mot gentil pour chacun. Ces fêtes prennent brusquement - pour eux - tout leur sens, même si, en temps ordinaire (1), les paons ne leur manifestent, au mieux, qu'indifférence.
A peine ont-ils traversé à pas mesurés l'espace populeux qu'ils sont partis ailleurs, à la recherche d'autres mains à serrer.
"Non, je ne puis souffrir cette lâche méthode qu'affectent la plupart de vos gens à la mode. Et je ne hais rien tant que toutes les contorsions de tous ces grands faiseurs de protestations. Ces affables donneurs d'embrassades frivoles, ces obligeants diseurs d'inutiles paroles..." (Molière - Le Misanthrope)
(1) les temps ordinaires sont ceux où les paons ne sont pas en situation de ne pas être réélus.
En campagne, les paons n'ont aucune honte. Ils sont capables de plastronner même dans des organisations auxquelles ils n'ont jamais prêté le moindre intérêt, auxquelles ils n'ont jamais voulu accorder le moindre subside, parce que ces organisations n'entraient pas dans leurs cases élitistes ou partisanes.
Mais les paons ne ratent aucune occasion de se montrer, de serrer des mains, tout sourire, le noeud-pap' frétillant, la bouche en coeur, un petit mot gentil pour chacun. Ces fêtes prennent brusquement - pour eux - tout leur sens, même si, en temps ordinaire (1), les paons ne leur manifestent, au mieux, qu'indifférence.
A peine ont-ils traversé à pas mesurés l'espace populeux qu'ils sont partis ailleurs, à la recherche d'autres mains à serrer.
"Non, je ne puis souffrir cette lâche méthode qu'affectent la plupart de vos gens à la mode. Et je ne hais rien tant que toutes les contorsions de tous ces grands faiseurs de protestations. Ces affables donneurs d'embrassades frivoles, ces obligeants diseurs d'inutiles paroles..." (Molière - Le Misanthrope)
(1) les temps ordinaires sont ceux où les paons ne sont pas en situation de ne pas être réélus.
jeudi 10 mai 2007
10 raisons pour lesquelles je suis candidat aux élections du 10 juin sur la liste 10
Parce qu’il y a urgence à changer de mode de vie et que l’écologie politique est le seul mouvement politique à s’inscrire dans un vrai projet d’avenir.
Parce que la lutte contre le réchauffement climatique est - tout le monde en convient – la priorité des priorités et que seuls les Verts portent un programme adapté à cette problématique et sont cohérents dans leurs positions.
Parce que les plus défavorisés seront – et sont déjà – aussi les plus touchés par ce réchauffement climatique. Chez nous comme dans le sud.
Parce que l’éthique en politique n’est pas un vain mot, et que les Ecologistes ne multiplient pas les mandats et ne les utilisent pas à des fins personnelles.
Parce qu’il faut travailler à une autre économie, plus solidaire, plus créatrice d’emplois de qualité et non délocalisables.
Parce qu’il faut rééquilibrer les rapports nord-sud, annuler la dette du tiers-monde, assurer la souveraineté alimentaire des peuples et lutter pour une correcte application du droit d’asile.
Parce qu’il faut se préparer à l’après-pétrole, en entrant dans une vision prospective. Tous les indicateurs sont aujourd’hui dans le rouge. Et les socialibéraux continuent à penser et à agir comme si on vivait toujours les années ’60.
Parce qu’il faut défendre à tout instant une liberté d’expression aujourd’hui bien fragile, menacée par des obscurantistes qui s’appuient sur le droit à la différence pour tenter d’imposer leurs règles religieuses rétrogrades et brutales.
Parce que j’ai toujours préféré ceux qui « sont » et qui « font » à ceux qui « paraissent » et qui « disent ».
Parce que "La vie prime l'économie. Telle est la pratique individuelle et collective d'où naîtra la véritable internationale du genre humain." (Raoul Vaneigem)
Voilà pourquoi je suis 4e candidat effectif sur la liste Ecolo pour le Sénat, aux côtés d'Isabelle Durant, de José Daras, de Carine Russo, de Jacky Morael, de Marianne Leterme et de tous les autres.
Michel Guilbert
Parce que la lutte contre le réchauffement climatique est - tout le monde en convient – la priorité des priorités et que seuls les Verts portent un programme adapté à cette problématique et sont cohérents dans leurs positions.
Parce que les plus défavorisés seront – et sont déjà – aussi les plus touchés par ce réchauffement climatique. Chez nous comme dans le sud.
Parce que l’éthique en politique n’est pas un vain mot, et que les Ecologistes ne multiplient pas les mandats et ne les utilisent pas à des fins personnelles.
Parce qu’il faut travailler à une autre économie, plus solidaire, plus créatrice d’emplois de qualité et non délocalisables.
Parce qu’il faut rééquilibrer les rapports nord-sud, annuler la dette du tiers-monde, assurer la souveraineté alimentaire des peuples et lutter pour une correcte application du droit d’asile.
Parce qu’il faut se préparer à l’après-pétrole, en entrant dans une vision prospective. Tous les indicateurs sont aujourd’hui dans le rouge. Et les socialibéraux continuent à penser et à agir comme si on vivait toujours les années ’60.
Parce qu’il faut défendre à tout instant une liberté d’expression aujourd’hui bien fragile, menacée par des obscurantistes qui s’appuient sur le droit à la différence pour tenter d’imposer leurs règles religieuses rétrogrades et brutales.
Parce que j’ai toujours préféré ceux qui « sont » et qui « font » à ceux qui « paraissent » et qui « disent ».
Parce que "La vie prime l'économie. Telle est la pratique individuelle et collective d'où naîtra la véritable internationale du genre humain." (Raoul Vaneigem)
Voilà pourquoi je suis 4e candidat effectif sur la liste Ecolo pour le Sénat, aux côtés d'Isabelle Durant, de José Daras, de Carine Russo, de Jacky Morael, de Marianne Leterme et de tous les autres.
Michel Guilbert
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