Affichage des articles dont le libellé est Elio Di Rupo. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Elio Di Rupo. Afficher tous les articles

vendredi 23 juin 2017

Le temps des culottés

Jean-Luc Mélenchon entre à l'Assemblée nationale et il faut que ça se sache. Aussi doit-il faire le buzz. Il se plaint d'y voir le drapeau européen à côté du drapeau français. "Franchement, on est obligés de supporter ça? C'est la République française ici, pas la Vierge Marie", s'est-il exclamé (1).  "Je ne comprends pas", a-t-il ajouté. Nous non plus, on ne comprend pas, on comprend même de moins en moins celui qui fut député européen pendant huit ans et dont les supporteurs n'ont cessé, durant la campagne électorale, d'essayer de nous convaincre que non, vraiment, il n'est pas opposé à l'Europe, mais qu'il veut une autre Europe. Et le voilà à tenir des propos dignes de Marine Le Pen. On a connu plus belle entrée.
C'est le même Mélenchon qui, avec la délicatesse qu'on lui connaît, a déclaré, parlant du mathématicien Cédric Villany, néo-député En Marche: "j'ai vu le matheux, je vais lui expliquer ce que c'est qu'un contrat de travail et il va tomber par terre. Il ne le sait tout simplement pas. Il ne sait pas que la journée de huit heures, c'est cent ans de lutte. Le gars, il croit que ça a été toujours été comme ça." (2)  Quand, comme le gars Mélechon, on vit depuis près de trente ans de ses indemnités d'élu et qu'on n'est pas connu pour avoir été un député européen très assidu, on devrait s'abstenir de donner des leçons sur les contrats de travail et les journées de huit heures. Cédric Villany lui a répondu calmement: "directeur de l'IHP (Institut Henri Poincaré, de recherches mathématiques, qu'il dirige depuis 2009), j'en ai vu des contrats de travail... mais c'est toujours un plaisir de recevoir des cours particuliers!". (3)

En Belgique francophone, le Parti socialiste va sans doute se retrouver éjecté du Gouvernement wallon et de celui de la Communauté française. Son partenaire centriste, le CDH, le lâche, écœuré par les xièmes affaires de magouille du Ps. Des ténors socialistes s'indignent: c'est de l'opportunisme; nous avons été plus corrects avec le CDH qu'il ne l'est avec nous; ce qui compte pour nous, c'est de sauver des emplois, pas d'entrer dans des jeux politiciens... On les a peu entendus battre leur coulpe. Le président à vie du Ps, Elio Di Rupo, se contente de répliquer, parlant du CDH: "ils sont là depuis 139 ans, c'est vrai qu'à la lumière de leur attitude il est grand temps qu'ils se retirent". (4) Le Ps est au pouvoir en Wallonie et en Communauté française depuis trente ans sans discontinuer, certains de ses membres sont ministres depuis près de vingt ans. Comment ce parti ne veut-il comprendre et ne peut-il admettre que le pouvoir corrompt (et que le pouvoir absolu corrompt absolument)? Une (longue) cure d'opposition ferait le plus grand bien à tout le monde, au Ps comme aux Wallons.

(1) http://www.huffingtonpost.fr/2017/06/20/jean-luc-melenchon-voit-le-drapeau-europeen-a-lassemblee-nation_a_22493319/?utm_hp_ref=fr-homepage
(2) http://www.huffingtonpost.fr/2017/06/20/jean-luc-melenchon-multiplie-les-coups-declats-pour-son-arrivee-assemblee-nationale_a_22491360/
(3) http://www.huffingtonpost.fr/2017/06/20/cedric-villani-repond-a-jean-luc-melenchon-qui-laccuse-de-ne-pas-savoir-contrat-de-travail_a_22491411/(4) http://www.lalibre.be/actu/politique-belge/di-rupo-a-propos-du-cdh-ils-sont-la-depuis-139-ans-c-est-vrai-qu-a-la-lumiere-de-leur-attitude-il-est-grand-temps-qu-ils-se-retirent-594c381dcd70530690c375e4

mercredi 14 juin 2017

Indignations sélectives

S'indigner est facile. N'importe qui peut le faire. La preuve avec ce blog depuis dix ans.
Mais pour s'indigner encore faut-il accepter de voir la poutre qu'on a dans l'œil et pas uniquement la paille dans celui de son voisin, comme disait un certain Jicé.
La députée belge Laurette Onkelinx s'indigne: "n'y a-t-il pas des limites à vouloir salir des jeunes tout simplement parce que leurs parents sont des mandataires publics?", demande-t-elle (1), mécontente de lire dans la presse que deux de ses enfants, comme d'autres rejetons d'autres mandataires socialistes, occupent un emploi dans des organismes publics bruxellois. "Comment accepter que cette violence se tourne vers mes enfants?", dit-elle encore, la main (on l'imagine) sur le cœur (qu'elle a si grand).
Celle qui est élue depuis trente ans et a occupé sans discontinuer différents postes de ministre durant vingt-deux ans (de 1992 à 2014) avant de tenter de se poser en leader de l'opposition à la Chambre, ne semble pas voir qu'il n'y a pas là de violence envers ses enfants, mais un écœurement à voir tous ces mandataires, qui osent encore s'affirmer socialistes, s'avérer insatiables et affairistes et profiter de toutes les occasions qui s'offrent à eux pour s'enrichir un peu plus et intervenir pour trouver un job à leurs enfants. Ce qui choque, c'est de voir que de l'argent censé être utilisé pour secourir les citoyens les plus abandonnés, ceux qui vivent dans la rue, passe dans les poches de mandataires qui touchent déjà de très honnêtes indemnités pour leur fonction. C'est ça qui est violent. Ce n'est pas à leurs enfants qu'on s'en prend, c'est à eux, à leur suffisance, à leur cynisme, à leur déconnexion de la situation sociale de leurs sujets (2). Ce sont les mêmes qui justifient le cumul des mandats par la nécessité de connaître le terrain. Le connaître ou en profiter sans scrupule?
Depuis longtemps, à force d'user et d'abuser du pouvoir, le Ps est devenu un parti de notables qui en sont arrivés à penser que tout leur est permis. Les électeurs du Ps vont-ils enfin comprendre que ce parti n'est plus, depuis trente ans au moins, celui des travailleurs, mais celui d'une caste qui conserve le pouvoir pour lui-même et pour les siens? Elio Di Rupo, président à vie du vieux parti, a un jour déclaré "j'en ai marre des parvenus". C'était en 2005 (3). Depuis, tous ces jeunes espoirs du Ps, tous ces démocrates vertueux qui allaient révolutionner les mœurs du parti rose bonbon ont été rattrapés par la culture du parti. Visiblement, on n'y échappe pas.
Le sourire perpétuel de commerçante de Laurette Onkelinx s'est figé à l'écoute du billet (drôle et bien ficelé  - à voir (4) ) de l'humoriste Alex Vizorek au journal de la Première récemment, qui annonçait le passage dans notre ville du "cirque PS". "Alex Vizorek ne vous a pas fait rire?", a demandé à Onkelinx le journaliste Mehdi Khelfat. C'est un "non" bref et sec qui lui a répondu. Et ce petit non nous a autant fait rire que l'intervention de l'humoriste. Brusquement, la redoutable politicienne, connue pour ses emportements, n'avait plus rien à dire. Il y a pourtant tant à dire. Il y aurait pourtant tant de non à hurler.

Post-scriptum: cet article de la Libre B. qui prouve que les ténors du Ps, que ce soit à Liège, à Charleroi ou à Bruxelles, sont tous touchés par la même grangène. Et ils oseraient accuser des partis de droite d'être du côté de l'argent?! http://www.lalibre.be/actu/politique-belge/en-2001-pascale-peraita-est-licenciee-du-samusocial-pour-faute-grave-et-aussitot-reintegree-593fe0a5cd702b5fbf21e74c

(Re)lire sur ce blog "Ps: comment en finir?", 27 novembre 2006 (publié le même jour en page "Opinions" de La Libre Belgique).

lundi 15 février 2016

Multinationales et mépris multiples

Que sont les valeurs et les références du socialisme devenues? Elles ont perdu, au fil des dernières décennies et d'une véritable incapacité à penser l'avenir, leur brillance rose ou rouge pour se teinter de bleu acier. Les voilà tous, ceux qui chantent l'Internationale à la fin de leurs congrès, qui se muent en petites mains des multinationales. Elio Di Rupo, empereur de toutes les Wallonie et de tous leurs partis socialistes, s'était déjà enorgueilli d'accueillir en sa baronnie montoise le grand Google. Voilà à présent qu'il inaugure en sa ville, avec un bonheur non dissimulé, un centre Ikea. Les trois cent cinquante emplois promis justifient sa soumission au capitalisme et à ses débordements. Tant pis pour les hectares arrachés à l'agriculture, tant pis pour le renforcement de l'usage de la voiture individuelle qu'implique l'implantation loin de la ville de ces géants de la distribution. Tant pis pour les emplois indépendants qui disparaîtront dans un rayon de cinquante ou soixante kilomètres autour de ces centres. "Un emploi Ikea, ce sera 3,5 à 5 emplois perdus dans toute la zone de chalandise", craint l'économiste Alexandre Bertrand, membre du Collectif Citoyen Mons Equitable (1).
Tant pis aussi pour toutes les grandes déclarations sur l'écologie, sur la défense du commerce indépendant et de proximité, sur la fin (promis-juré, avaient-ils dit il y a quinze ans) des implantations commerciales en dehors des villes. Qui fait la loi, sinon le marché? Que veut un élu, sinon le rester? Ce qui implique une certaine flexibilité. Paul Magnette, alors Ministre fédéral du Climat et de l'Energie, l'avait déjà déclaré (c'était à propos du projet de centre des sports de glisse à Antoing) (2): les principes ne doivent pas ouvrir la porte au jansénisme et n'empêchent pas le droit au plaisir. Et notamment à celui de consommer ce que l'on veut quand on veut.
Les profits d'Ikea sont considérables, mais rapportent peu aux pays où il est implanté. Le roi de l'ameublement connaît les meilleurs coffres. C'est ce que dénoncent les députés verts européens (3): les "acrobaties" comptables d'Ikea lui ont permis d'éviter de payer un milliard d'euros d'impôts aux fiscs européens entre 2009 et 2014. Quand on sait que tous les produits vendus par Ikea sont fabriqués dans les pays de l'Est et surtout en Asie, on mesure combien nos pays et leurs responsables politiques s'enferment dans le clientélisme, sans aucune autre considération: pourvu que des emplois soient créés, plus aucune valeur n'existe.

Nicolas Sarkozy n'a jamais eu aucun principe socialiste ou écologiste et n'a jamais caché son goût pour l'argent. Mais des travailleurs indépendants, et en particulier les petits commerçants, ont pu naÏvement croire que l'UMP, plus que d'autres partis, pouvait défendre leur existence. Nicolas Ier, qui rêve toujours de vengeance, sourd à l'opinion publique qui veut le ranger dans le tiroir des erreurs qu'on aimerait oublier, Nicolas Ier a sorti un livre  dont il aimerait qu'il se vende et surtout qu'on parle. On ne sait s'il souhaite qu'il soit lu. Pour le faire vendre, son parti a envoyé un courrier à tous ses adhérents, les invitant à le pré-commander auprès de plateformes internationales de commande en ligne, Amazon, iTunes, Decitre et quelques autres, celles-là mêmes qui, elles aussi échappent autant qu'elles peuvent à l'impôt et veulent la mort du petit commerce. Les libraires indépendants, qui n'existent déjà plus aux yeux de celui qui ne voit que lui, se sont vengés avec humour (4) et n'ont pas laissé le hasard placer son livre dans leurs vitrines ou leurs rayons. Le voici qui voisine ici avec un recueil de Cabu intitulé "Toujours aussi cons!", là entre un livre sur les dinosaures et un autre sur les légumes anciens, ou encore à côté de l'ouvrage "Qu'il est bon d'être mauvais" signé par "un odieux connard". Celui-ci n'en tient pas rigueur à l'ancien président. (5)

Mais que tous les indépendants, belges comme français, soient rassurés: dès la prochaine campagne électorale ils recevront un courrier très émouvant des mêmes candidats qui, la larme à l'œil, les assureront de leur soutien.

Post-scriptum:
http://www.lalibre.be/actu/belgique/les-centres-villes-wallons-presentent-une-mauvaise-vitalite-commerciale-56c2b4c83570fdebf5f70303 Quelle surprise!
(1) https://www.rtbf.be/info/regions/hainaut/detail_mons-non-l-arrivee-d-ikea-ne-fait-pas-l-unanimite?id=9210055
(2) (re)lire sur ce blog: "Magnette et le plaisir", 12 avril 2008.

mardi 16 décembre 2014

Le parti du culot

Quelle énergie! Quelle capacité de résilience! A peine ont-ils quitté le pouvoir au niveau fédéral (qu'ils ont exercé sans discontinuer pendant neuf mille six cent cinquante et un jours (1) - 9.651, oui -) qu'ils sont dans la rue pour s'opposer au nouveau gouvernement à peine mis en place. Soyons clair: on peut évidemment reprocher bien des choses à ce nouveau gouvernement belge, très à droite, mais tout autant au Ps qui n'a aucune honte, aucune pudeur à manifester et a à peine arraché les costumes-cravates du pouvoir qu'il se noue un foulard rouge autour du cou pour jouer à l'ouvrier. Laurette Onkelinx a été ministre durant vingt-deux ans, non stop, gérant de très nombreux portefeuilles, dont celui de l'Emploi. Elio Di Rupo a été soit ministre, soit ministre-président, soit président du Ps durant la même période: 1992-2014.  Et aujourd'hui, on les entend hurler sur ce nouveau gouvernement à qui ils ont laissé un Etat que tout le monde s'accorde à trouver en triste état. Depuis quand les socialistes ont-ils mis sur la table une idée neuve?, demandait il y a une dizaine d'années le sénateur écologiste Jacky Morael.
Qu'est-ce qui explique la colère actuelle des Belges? Le chômage? Le manque d'idées du gouvernement pour relancer l'emploi et l'économie? "L'économie et l'emploi ont été transférés aux régions en... 1980", rappelle Philippe Engels (1). Et depuis 1980, quel parti a toujours occupé et occupe toujours le pouvoir dans les régions wallonne et bruxelloise? Le Ps. "Les 110.000 manifestants qui ont battu le pavé le 6 novembre dernier auraient été bien inspirés de commencer par demander des comptes aux socialistes eux-mêmes. (1)" 
Immuable Wallonie, voilà un slogan qui, pour une fois, ne serait pas mensonger. Tant que les manifestants se tromperont de cible et de vote, la situation ne s'améliorera pas. Le Ps peut se permettre toutes les affaires, tous les tripotages, traîner tant de casseroles, les électeurs, ses électeurs lui restent très attachés. "L'électeur reste fidèle au parti pieuvre, qui délivre, il est vrai, les accès au logement ou l'emploi public" (1).  "Sans nous, ce serait pire" a longtemps affirmé le Ps, tout heureux de pouvoir démontrer que c'est le cas aujourd'hui. Au niveau fédéral du moins. Aux niveaux wallon, bruxellois et francophone, le pire est arrivé depuis longtemps. Avec le Ps dans tous les gouvernements depuis le début et occupant la grande majorité des postes clés dans l'administration. "Le Gerfa rappelle que, en Belgique francophone, 32 hauts fonctionnaires dirigeants sur 53 sont socialistes. Tous les chefs de gouvernement des entités dites fédérées (Wallonie, Bruxelles, fédération Wallonie-Bruxelles) sont issus du PS. Chaque patron d'une société publique contrôlant la distribution d'énergie, la télédistribution ou le développement économique porte la même étiquette politique. Même chose pour les maires des grandes villes wallonnes et de Bruxelles, par exemple", écrit encore Ph. Engels.
On pourrait soupirer, se lasser, pester, mais le problème devient sérieusement inquiétant quand on découvre que des affaires qui, au fil de ces trop longues années, se sont inscrites dans l'ADN du Ps, resteront impunies grâce précisément à la toute-puissance de ce même Ps. Affaire parmi (beaucoup) d'autres relatées par Philipe Engels toujours: "Dans la région de Mons, le placement financier d'une société publique contrôlée par les socialistes déclenche des perquisitions dans des banques belges et françaises. Gros soupçons de commissions occultes au bénéfice d'individus réfugiés sous la couple du pouvoir. Tant que nous nous attaquions à des seconds couteaux socialistes, on nous a laissé faire, déclarent des policiers chargés de ces dossiers délicats. Quand les enquêtes nous ont menés à Mons, tout s'est compliqué. " Au point que les investigations ont été arrêtées. Des magistrats reconnaissent qu' il fallait éviter d'affaiblir la figure du Premier ministre de l'époque (Elio Di Rupo, bourgmestre empêché de Mons), rempart de la nation face aux séparatistes. Et la presse se tait autant que les autres partis, tous appelés à composer, un jour ou l'autre, avec l'omnipotent Ps.
"Opinion lassée, conclut Ph. Engels, justice bloquée, sentinelles de la démocratie aux abonnés absents, partis politiques en état de dépendance: à ce compte-là, le PS wallon n'a guère de souci à se faire."

Résumons-nous: en politique, le culot est salvateur, la toute puissance est protectrice. Mais réjouissons-nous: grâce au populisme du parti des barons et à sa pratique du clientélisme, aucun parti d'extrême droite n'a réussi à percer en Région wallonne. A quelque chose malheur est bon.

Note: pour couper court aux critiques de certaines de mes connaissances, ce billet ne fait pas dans l'anti-socialisme primaire, mais dans l'anti-Ps secondaire. Il y a plus qu'une nuance.

(1) "Le naufrage des socialistes belges", Marianne, 12 décembre 2014.

mardi 17 janvier 2012

Les dessous de la politique

Comment va la politique? Elle se dévoile. Elle est affaire de strip-teaseurs, de vedettes de variétés et de sportifs.
Ils ont constamment besoin qu'on parle d'eux. Besoin d'être vus. D'être reconnus. Dans les deux sens du terme. Et pas d'abord pour leurs idées. En tout cas, c'est de leur physique qu'ils usent - et même abusent - pour plaire.
On a vu Elio Di Rupo en maillot rouge (faute de noeud papillon), exhibant son corps sans âge à l'inauguration de la piscine de sa ville.
On a vu Rudy Demotte jouant les maillots jaunes pour annoncer que le Tour de France fera étape dans sa ville (future, maisc'estcommesic'étaitfait).
Et voilà que l'on vient de voir le député-bourgmestre d'Estaimpuis interpréter en slip devant le personnel de sa commune "Tout nu et tout bronzé". Il n'en était pas à sa première exhibition, nous dit-on.
On ne sait où ils s'arrêteront, s'ils se sont fixés des limites, si le vade-mecum du parfait maïeur socialiste prescrit ce type d'attitude.
Quand il a envisagé de se porter candidat à la présidence française, Coluche s'était fait photographier nu, avec une plume dans le derrière. Finalement, il n'était pas dans la caricature.
Le populisme a de beaux jours devant lui. Mais la politique?

Lire aussi "Daniel fait du jogging", billet du 14.11.2010
et "L'Hercule picard", du 6.10.2010

mercredi 20 octobre 2010

Poseur (de première) (pierre)

Une belle grande photo en couleurs intrigue en pages économiques de la Libre Belgique de ce jour. L'article nous apprend que le groupe Janssen, filiale pharmaceutique du groupe américain Johnson & Johnson, a posé hier à La Louvière la première pierre de son futur centre de distribution européen. Un centre qui devrait employer de cent à cent trente-cinq personnes. "La Région wallonne a investi onze millions d'euros en subsidiation directe" dans ce centre, nous explique Jaak Peeters, président du groupe Janssen en Europe. Déjà, on s'interroge et on s'inquiète: on ne connaît pas le groupe, mais on sait que l'activité pharmaceutique n'est pas toujours parmi les plus soucieuses de la santé de l'homme, quoi qu'elle puisse laisser croire. Quels critères amènent la Région wallonne à investir dans tel ou tel projet, dans tel ou tel secteur?
Mais ce qui nous interpelle ici, c'est la photo. Elle nous montre le ministre-président Rudy Demotte poser la première pierre. La tâche fait partie de ses obligations, il s'en acquitte avec le sérieux dont il a toujours fait preuve. Plus surprenant est de voir que celui qui lui tend une brique à cimenter n'est autre qu'Elio Di Rupo. On s'interroge: à quel titre joue-t-il les maçons? Il n'est plus ministre depuis un bon moment. Il est (parfois) bourgmestre de Mons, mais - que l'on sache - La Louvière n'est pas Mons. Il est membre d'on ne sait plus quel parlement, fédéral imagine-t-on (l'homme, comme son collègue Demotte, est difficile à suivre), parlementaire du Hainaut c'est sûr. Mais si c'est en fonction de ce statut qu'il joue les poseurs de première pierre, pourquoi ses collègues de tous les partis n'occupent-ils pas la même place que lui? Il est aussi - et surtout - président de parti. Mais tous les présidents de partis n'étaient pas invités à jouer le même rôle de bâtisseur. C'est que l'homme est président du Ps. Et là, tout s'explique: le Ps est triomphant en Wallonie et plus encore en Hainaut. Donc, son président-empereur représente la Région wallonne, suppose-t-on. Et plus personne ne s'étonne de le voir partout.
Le Vif du 15 octobre nous apprenait que le même Di Rupo a décidé, en tant que bourgmestre de Mons, "de renoncer momentanément à son salaire". Il considère que depuis quelques mois il n'a pas pu consacrer beaucoup de temps à ce mandat, englué qu'il fut dans les louables tentatives qu'il entreprit pour trouver un accord gouvernemental. On en convient avec lui, il faut, voire faudrait, faire des choix. On ne peut être à la fois à l'hôtel de ville, au parlement et à la présidence de son parti, être au four, au moulin et au pied du mur. Là où l'on voit le maçon.

lundi 27 septembre 2010

Le succès ne se critique pas

Le succès aveugle, qu'il soit électoral, sportif ou autre. Et autorise à refuser la critique. Et plus encore l'autocritique. On le sait. On en a encore la preuve dans la Libre de ce samedi. Le président du Parti Socialiste, plus triomphant que jamais, y est interviewé. Martin Buxan lui demande si le succès de son parti n'est pas lié au clientélisme qu'il entretient. Elio Di Rupo prend son air pincé. On le voit en le lisant. "Pourquoi critiquez-vous ceux qui ont du succès?", demande-t-il. "On nous jette des expressions comme clientéliste qui ne signifient plus rien du tout", dit-il, après avoir affirmé que ce sont "des propos tenus par des gens qui sont intellectuellement conservateurs". On ne sait en quoi le reproche de clientélisme serait intellectuellement conservateur plutôt que l'inverse. Si ce n'est qu'on devrait savoir sans doute que le Ps a modifié de fond en comble ses pratiques. Mais on ne le sait pas assez. Or il faut croire, imagine-t-on dès lors, que désormais le Ps a supprimé les "permanences sociales", que les élus socialistes n'envoient plus de lettres de recommandation aux ministres, aux directeurs d'administration et aux patrons du privé pour soutenir la candidature de leurs "protégés" à un emploi, qu'ils n'interviennent plus dans les dossiers d'attribution de logements sociaux, que les ministres socialistes ne favorisent plus les communes dont ils ont les clés. Le Ps aurait abandonné ces pratiques conservatrices. Et on ne nous dit rien! Mais que fait la presse?
Martin Buxan parle aussi à Elio Di Rupo de la "machine de guerre" qu'est le PS. "Ai-je l'air d'une machine de guerre?", lui rétorque le président, réduisant ainsi son parti à sa propre personne. C'est sûr, ici aussi, les pratiques ont dû changer: le Ps a dû cesser de nommer des directeurs de l'administration en fonction de leur carte de parti, il a dû couper les ponts avec la Mutualité socialiste, avec la FGTB, avec cette myriade d'instances sociales, économiques, culturelles qui gravitent autour du parti. (Il n'y aurait donc plus de constellation. Juste une star.) Et P&V Assurance n'affichera désormais plus sur ses vitrines les affiches des candidats socialistes. Les employés de P&V n'useront plus de leur statut pour faire campagne, comme ce député-bourgmestre qui m'avouait avoir gardé quelques heures "parce que ça fait des voix". Bref, les temps ont changé et nous, conservateurs intellectuels que nous sommes, nous ne le savions pas.
Elio Di Rupo triomphe aujourd'hui dans tous les sondages et tout le monde lui reconnaît - un point de vue qu'on peut aisément partager - une grande opiniâtreté et de grands talents de négociateur. Le voilà même le deuxième homme politique le plus populaire auprès des Flamands, derrière Bart De Wever. Visiblement, cette position d'homme providentiel lui ôte tout sens autocritique. Même si le Ps a un peu plus le sens de l'éthique, il reste le Ps.(1) Et l'histoire a montré que plus il est puissant, plus il se laisse aller à des dérives hégémoniques. Pour être homme d'Etat, il est bon d'être conscient de tous ses états. Pas seulement d'âme.
D'autant que les manières d'agir du Ps ont, parmi d'autres facteurs (soyons de bon compte, bien sûr), un impact sur l'image de la Wallonie dans les autres régions. On ne s'étonnera donc pas de découvrir, dans le sondage que publiait ce même samedi la même Libre, que seuls 12% des Bruxellois souhaitent la création d'une fédération Wallonie-Bruxelles. Même si "en cas de scission inéluctable du pays", ils sont 39% à la souhaiter, contre 34% (quand même!) à rêver d'un Etat bruxellois indépendant. Au JT de la RTBF samedi, des micro-trottoirs (même si on sait qu'on leur fait dire ce qu'on veut) témoignaient de la distance que nombre de Bruxellois affichent avec la Wallonie. Une image ne tient pas qu'à des mots, mais surtout à des manières d'agir. Et là il faut bien convenir qu'il y a un certain retard de travail à récupérer.

Et qu'on ne vienne pas me considérer, comme certains se plaisent à le faire, comme "un anti-socialiste primaire". Ce serait bien mal me connaître. Et ce serait confondre le mot et la chose, croire que se dire socialiste serait l'être et ne pas comprendre qu'on puisse être à la fois socialiste et très critique vis-à-vis du Ps. Quant à l'adjectif de primaire, il implique l'absence d'analyse, d'expérience et de réflexion. Je préfère celui de secondaire.

(1) voir aussi sur ce blog "La stratégie de l'araignée", 12.09.2009

vendredi 11 juin 2010

Votez Néandertal

Les courriers volent ces jours-ci. Bas. C'est fou le nombre de responsables politiques qui ignorent les règles. Ou qui se trompent. Ou qui ne l'ont pas fait exprès. Ou qui tombent à cours de timbre.
Il y a eu ce bourgmestre MR (dont j'ai oublié le nom) qui appelle ses concitoyens à voter pour sa femme en utilisant un papier à lettre avec l'en-tête de la commune. Pour ce que ça change, dit-il.
Il y a Claude Eerdekens qui ne rate jamais une occasion de faire parler de lui. Cette fois en envoyant des courriers à en-tête du Parlement wallon en franchise postale. Une franchise réservée aux envois vers l'administration. Oui, mais j'étais en rupture de stock de timbres, se justifie-t-il. Fait-il venir ses timbres de Sao Paulo par bateau ?
Et puis il y a celui qu'on avait presque oublié, l'ineffable José Happart. Il a envoyé un courrier à des centaines de personnes, leur rappelant qu'il est un jour intervenu pour les soutenir dans un dossier et leur demandant de lui renvoyer l'ascenseur en votant pour son ami Michel Daerden. Une attitude contraire au code des élus, lui rappelle celle qui lui a succédé au perchoir du Parlement wallon. De telles pratiques ne sont plus dans l'air du temps, relève la journaliste de RTL. "L'air du temps, ça ne me concerne pas. C'est pas mon problème, l'air du temps", déclare l'ancien belge.
Et pendant ce temps-là, Elio Di Rupo sourit dans tous les débats. Vous lui parlez intérêts notionnels ? Il sourit. Contrôle des chômeurs ? Il sourit. Avenir de la Belgique ? Il sourit. Heureusement que les débats électoraux ne sont pas (encore) coupés par de la pub, on ne s'y retrouverait plus.

mardi 1 décembre 2009

Le tabac, c'est la santé (de l'économie)

Quelle mouche populiste a donc piqué Elio Di Rupo? S'il fallait une preuve de plus du socialibéralisme du Ps (avec un P de plus en plus gros et un s de plus en plus petit), son président vient de la donner. Elio Di Rupo s'oppose à l'interdiction du tabac dans les bistrots à partir de 2012. Les sénateurs - dont les représentants socialistes - venaient de décider cette interdiction. Mais Di Rupo craint pour la vie des cafés. "Avançons progressivement", dit-il. Alors que c'est précisément ce qui se passe, puisque l'usage du tabac est proscrit depuis plusieurs années dans les restaurants. Les discussions à la chambre ont donc été reportées. J'ai longtemps cru que le Ps défendait avant tout le "social", et donc, notamment, la santé "des gens". Faut-il rappeler au président Di Rupo que le tabac cause 20.000 morts chaque année en Belgique, dont 4.000 non fumeurs (1)? Et combien de morts sont causées par l'alcool? Mais le président du Ps semble avoir choisi son camp: plutôt sauver quinze ou vingt bistrots! Peut-on lui suggérer d'aller voir dans les autres pays européens qui ont déjà adopté depuis plusieurs années cette interdiction?
L'effet de cette sortie du président le plus influent du côté francophone sera, par ailleurs, intéressante à observer si on étudie la marge d'initiative et le pouvoir réel du parlement. La particratie et les calculs électoralistes auront-ils le dernier mot?

(1) selon l’Académie royale de médecine de Belgique, voir www.thinkabout.be/statistiques.htm

vendredi 21 mars 2008

Drucker, modèle du Ps

Deux pages d'interview d'Elio Di Rupo dans la Libre Belgique de ce jour. Question: "Le PS est dans la majorité depuis 1992. N'aurait-il pas eu besoin d'une cure d'opposition pour se réformer ?"
Réponse du président du Ps: "On peut très bien assurer des responsabilités et se régénerer. Il y a des gens de grande qualité qui durent. Voyez Michel Drucker..."
Voilà donc l'animateur télé (assurant on ne sait quelles responsabilités...) pris pour modèle. C'est sûr en Belgique, en Wallonie, en Communauté française, les projets du siècle passé ont encore de beaux jours devant eux! Je ne sais si Di Rupo a assisté à l'émission belge de celui qui est passé de statut de gendre idéal à celui de gentil tonton, en tout cas il n'en a pas lu les critiques. Qui ne furent pas tendres! Jean-Claude Vantroyen dans le Soir (du 18 mars) parle de "regard passéiste" sur la Belgique: "comment peut-on avoir une idée aussi trompeuse et ringarde de ce qu'est la musique en Belgique francophone", demande-t-il?
Dans Vers l'Avenir (le même jour), Géry Eykerman imaginait justement Michel Drucker, "l'inoxydable Petzi du PAF", en formateur du gouvernement belge. Avec lui, dit-il, "plus besoin de compromis à la belge. On passerait à l'étage supérieur, celui du consensus mou."
Il faut bien admettre que les Frédéric François, Frank Michaël, Plastic Bertrand, Annie Cordy, Jean Vallée et autres Adamo ne représentent pas vraiment la modernité et l'avenir (l'émission aura au moins eu le mérite de nous apprendre que certains d'entre eux sont toujours vivants!).
Mais comme le fait remarquer Vantroyen, s'intéresser à ce qui fait bouger la scène musicale aujourd'hui "c'eût été prendre trop de risques..." Ce qui n'est sans doute le plus sûr moyen de faire de l'audience ou... des voix. Et donc, là, on comprend pourquoi, finalement, le modèle est pertinent.

vendredi 8 juin 2007

J'ai reçu une lettre d'Elio

Elio m'a écrit! Il s'adresse à moi "personnellement", me dit-il. Woaw! Mais qu'ai-je fait pour que l'empereur de toutes les Wallonies (la picarde, la boraine, la centrale, la liégeoise et toutes les autres) s'intéresse à ma petite personne? C'est que, me dit-il, "les indépendants créent la richesse de notre pays". Il doit y avoir erreur sur la personne ou alors les services impériaux devraient mettre à jour leurs fichiers: si je me souviens bien, j'ai dû être indépendant en 1987-1988... Et je n'ai jamais créé beaucoup de richesse (quoique... de la richesse intellectuelle peut-être?)
Mes deux fils ont également reçu une lettre d'Elio, parce qu'ils sont jeunes et que "les jeunes doivent pouvoir vivre heureux, c'est (sa) profonde conviction." Certains de mes étudiants ont reçu le même lettre personnelle.
Une de mes connaissances a également reçu une lettre "personnelle" d'Elio, en tant que retraité.
Ca commence à faire beaucoup de lettres personnelles et je me sens moins privilégié.
Aux jeunes, il dit que "vivre avec des colocataires, ça n'a qu'un temps!" J'ai relu la lettre attentivement, j'ai vu en tout petit dans le coin inférieur droit www.ps.be. Ce qui semble confirmer qu'il parle bien au nom du PS et non du MR. parce que si je le comprends bien, le partage de logement, la vie communautaire, c'est pas son truc. Il prône plutôt l'individualisme, Elio, c'est ça le socialisme du XXIe siècle. D'ailleurs, son parti, c'est le vrai parti des indépendants et "de toutes (ses) forces", il est à mes côtés et "c'est pour les petits indépendants que le PS travaille le plus".
Je me demande ce qu'il dit aux chômeurs, aux SDF, aux sans-papier...
Allez, le plus vieux métier du monde a toujours de l'avenir...

Ps (c'est le cas de le dire): j'aimerais quand même bien savoir à quels fichiers les services (du boulevard) de l'empereur ont accès pour envoyer tous ces courriers personnels et ciblés...