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mardi 26 janvier 2016

Fumées toxiques et vents bénéfiques

Pourquoi donc la colère s'exprime-t-elle si souvent par des actes stupides? Pourquoi est-ce devenu normal pour des travailleurs qui protestent, légitimement, contre des suppressions d'emploi, la fermeture de leur entreprise ou la détérioration de leurs conditions de vie, pourquoi donc est-ce presque un réflexe  pour eux de brûler des pneus? La colère ne peut tout excuser. Comment susciter auprès des citoyens un mouvement de solidarité si on provoque une des pires pollutions de l'environnement qu'on puisse trouver? Personnellement, je ne parviens pas à éprouver de la sympathie pour des gens qui répandent autour d'eux de la dioxine ou tout autre poison. On passe à côté d'eux, prudemment, le plus discrètement possible et, dans son for intérieur, on leur fait un bras d'honneur pour répondre à celui qu'ils nous font en agissant de la sorte. Pourquoi ces travailleurs ne s'en prennent-ils pas aux responsables de ce qui leur arrive, plutôt que de crier "après nous les mouches", ce qui est bien la pire attitude qu'on peut avoir si on veut populariser son combat?
Il ne manque pas de moyens de lutte originaux pour se faire des alliés. Les syndicats y réfléchissent-ils?

Autre chose qui n'a rien à voir (quoi que...): je l'ai écrit souvent, le combat anti-éoliennes est souvent hystérique. Ceux qui ne veulent pas de moulins à vent leur trouvent tous les défauts de la terre et estiment que leur maison perdrait, si une éolienne en était proche, toute valeur. 
A Saint-Georges-sur-Arnon, village de 576 habitants dans la région Centre - Val de Loire, tournent déjà onze éoliennes. Visiblement, personne ne s'en plaint (1). Certainement pas la commune qui engrange grâce à elles 140.000 euros chaque année. Ils sont investis dans un plan communal d'amélioration de l'environnement, bref au bénéfice de tous les Georgiens. Un chantier va démarrer bientôt d'installation de neuf autres éoliennes, en financement participatif. L'an dernier, la commune de Saint-Georges-sur-Arnon a vu trente-sept nouvelles familles s'installer sur son territoire (2). Apparemment, les éoliennes ne sont pas fuir tout le monde, loin s'en faut et quoi qu'en disent ceux qui les maudissent.

(1) (re)lire sur ce blog "Et pourtant elles tournent", 12 mars 2015.
(2) La Nouvelle République - Indre, 20 janvier 2016.

jeudi 12 novembre 2015

Le vent de la vérité vraie

Qu'est-ce que la vérité? Existe-t-elle? Des générations de philosophes et de théologiens se sont penchés sur elle. Seuls ces derniers ont trouvé une réponse. Leur dieu la leur a révélée. La Vérité est une question de foi. Il suffit d'y croire.
Les opposants au projet d'éoliennes à Chaillac (Indre) continuent à sonder la question. Ils ont besoin de savoir, sont en quête de Révélation. La Vérité existe mais, ils en sont convaincus, on la leur cache.    Dans une longue "lettre ouverte" (non signée, sinon du "Président" sans qu'on sache de qui il s'agit), l'association "Bouchures, Traditions et Héritage" implore le maire: ses membres veulent savoir. "Où est la vérité Monsieur le Maire?", demandent-ils sur deux pages. La vérité des projets de production d'énergie renouvelable  soutenus par la commune, la vérité sur les chiffres, sur le financement, la vérité sur l'attrait de l'environnement dans la région. On voit déjà que la vérité, celle qu'ils évoquent en tout cas, est multiple. Ils affirment que de plus en plus d'habitants de la commune veulent, comme eux, "savoir où est, dans tout ceci, non pas Votre vérité soumise au gré des vents, mais La Vérité". Ce sont eux qui mettent des majuscules à une vérité qu'ils voient donc singulière. Et là, on en a la confirmation: on a affaire à des croyants, convaincus qu'il existe Une Vérité, claire, stable, indiscutable, irréfutable, qui n'évolue pas, ne se modifie pas. Allez savoir pourquoi, on a quelques frissons. On pense à l'Inquisition qui poursuivait ceux qui s'écartaient de La Vérité.
On peut et on doit critiquer, si pas contester, les projets industriels, parfois cachés derrière nos besoins d'energie renouvelable, qui sont menés par des groupes privés sans foi ni loi, sans respect de l'environnement dans toutes ses composantes. Il faudrait n'accepter que des éoliennes dites citoyennes, propriétés à la fois de groupes privés, de pouvoirs publics et de citoyens coopérateurs. Et - qui le conteste encore? -  il y a urgence à modifier nos modes de vie et de production d'énergie, si on veut donner quelques chances de survie à l'humanité. Mais les opposants n'entrent pas dans ces considérations, lls ne veulent pas d'éoliennes et ne leur trouvent que des nuisances. Ils ne peuvent nier qu'ils utilisent, pour (tenter de) le démontrer, des arguments très subjectifs qui n'ont rien à voir avec une quelconque Vérité (2). Ils expriment des points de vue, des sentiments, des craintes. Et les érigent en vérité.
Qui peut affirmer que ce qu'il pense est vrai? Le journal officiel du Parti commniste soviétique s'appelait La Pravda, La Vérité. On voit par là qu'il ne faut pas toujours considérer comme vraie la vérité.
Il y a des vérités qui nous intéressent parce qu'elles confortent notre discours, d'autres qui dérangent (voir le film documentaire d'Al Gore). La Vérité n'existe pas. Les opposants aux éoliennes de Chaillac feraient bien d'y réfléchir s'ils ne veulent pas qu'on leur ferme la porte comme à des Témoins de Jéhovah.

Post-scriptum:
Dans la région de La Châtre aussi, les opposants aux éoliennes se manifestent. Là, ils se sont rassemblés en collectif "Sauvons les paysages de George Sand". Une nécessité sûrement de sauvegarder ces paysages, qui sont cependant traversés de routes sur lesquelles circulent des voitures et des camions, de sentiers ancestraux sur lesquels vrombissent des quads, des paysages abîmés par des maisons quatre-façades et deux garages, des hangars agricoles parfois monstrueux. Toutes ces activités  et constructions ont, plus que des éoliennes sûrement, un impact considérable sur les paysages, mais quasi invisible et jamais remis en question. Le CO2, les métaux lourds, les nitrates et autres apports chimiques dénaturent, de manière irémédiable parfois, les paysages. Mais seules les éoliennes doivent y être évitées. C'est qu'elles feraient fuir les touristes, estime le collectif: "Les paysages du Boischaut-Sud, s'ils sont dénaturés, attireront fatalement moins d'estivants. Si l'Indre accusait une baisse du tourisme de 15% par exemple, cela impacterait deux cent soixante personnes que l'on mettrait au chômage" (3). Il est donc une vérité pour ces opposants: les touristes détestent les éoliennes, ils délaissent les régions où elles sont implantées et hop! deux cent soixante personnes au chômage. Voilà encore une vérité qui vaut bien n'importe quelle autre.
Pendant ce temps-là, d'autres communes de l'Indre font le choix de l'éolien. Saint-Georges-sur-Arnon, par exemple, où on envisage un financement participatif (4) et où tout le monde semble voir tourner ces éoliennes d'un œil favorable.
Extrait de  "Et pourtant elles tournent" (publié le 12 mars 2015 sur ce blog):
A Saint-Georges-sur-Arnon, dans le centre de la France, dix-neuf éoliennes tournent depuis 2009 (5). Leur implantation rapporte 140.000 euros par an à cette petite commune qui les a réinvestis dans un plan environnemental global. "Comment vivez-vous la proximité de ces éoliennes?", demande la journaliste à la plus proche habitante? Elle semble surprise par la question. "Très bien, dit-elle, que voulez-vous que je vous dise de plus?". Le maire, en fonction depuis vingt ans, envisage aujourd'hui onze éoliennes supplémentaires. Les recettes seront pour les habitants. Apparemment, personne ne s'en plaint. Au contraire. Pourquoi les anti-éoliennes brassent-ils tant de vent?

(1) datée du 20 octobre 2015 et distribuée en toutes-boîtes dans la commune
(2) http://www.lalibre.be/actu/sciences-sante/non-les-eoliennes-ne-sont-pas-mauvaises-pour-la-sante-5317471e3570916b39658f52
(3) La Nouvelle république, Indre Ouest, 12 novembre 2015.
(4) http://www.lanouvellerepublique.fr/Vienne/Actualite/Dossiers-actualite/n/Contenus/Dossiers/Actualite/L-eolien-en-region-Centre-et-dans-le-Poitou/36-Indre/L-idee-du-financement-participatif-2337628
(5) France 3 Centre, Journal, 9 mars 2015, 19h.

A (re)lire aussi sur ce blog:
- "Du vent", 13 juin 2014;
- "Beaucoup de bruit pour rien", 25 mai 2013.

jeudi 12 mars 2015

Et pourtant elles tournent

"Je déteste les éoliennes, me dit cet homme. Je ne peux pas les voir. C'est moche, ça coûte cher, ça ne tourne pas, ça ne sert à rien. Vraiment, faut pas m'en parler!" Qu'est-ce qui explique que l'opposition aux éoliennes provoque une telle hystérie? Il s'avère quasiment impossible de discuter avec quelqu'un qui n'en veut pas. On sent bien qu'on se trouve face à des principes érigés en murs. Les éoliennes s'apparentent sans doute à des symboles de l'écologie et doivent gêner les autruches.
Il y a quelques années, un journal régional avait rencontré des riverains de deux parcs éoliens dans le Tournaisis. La plupart étaient, avant l'installation des moulins à vent, farouchement opposés à leur installation. Après quelques années de fonctionnement, la majorité s'y étaient habitués et nombreux étaient ceux qui avouaient n'être aucunement dérangés. Dans un couple, l'un affirmait ne jamais les entendre quand l'autre disait que leur bruit incessant l'empêchait de dormir.
A Houyet, où l'association "Vents d'Houyet" a érigé ses propres éoliennes "citoyennes", un coopérateur reconnaissait entendre leur bruit de temps à autre, mais bien moins que la chaudière de son voisin ou les camions qui passent devant chez lui.
A Saint-Georges-sur-Arnon, dans le centre de la France, dix-neuf éoliennes tournent depuis 2009 (1). Leur implantation rapporte 140.000 euros par an à cette petite commune qui les a réinvestis dans un plan environnemental global. "Comment vivez-vous la proximité de ces éoliennes?", demande la journaliste à la plus proche habitante? Elle semble surprise par la question. "Très bien, dit-elle, que voulez-vous que je vous dise de plus?". Le maire, en fonction depuis vingt ans, envisage aujourd'hui onze éoliennes supplémentaires. Les recettes seront pour les habitants. Apparemment, personne ne s'en plaint. Au contraire. Pourquoi les anti-éoliennes brassent-ils tant de vent?

(1) France 3 Centre, Journal, 9 mars 2015, 19h.

samedi 25 mai 2013

Beaucoup de bruit pour rien


Tout fait farine au moulin des anti-éoliens et un récent rapport est pour eux pain béni. Il émane (céleste) du Conseil Supérieur de la Santé qui estime que pour les riverains qui ne voyaient pas d'un bon œil l'installation d'éoliennes dans leur environnement celles-ci peuvent être sources de nuisances acoustiques à long terme et provoquer des troubles du sommeil (1). La précision est importante: notre rapport premier changerait notre perception.
Daniel Foucart, journaliste à Nord Eclair, a mené l'enquête auprès des riverains d'éoliennes à Leuze-en-Hainaut et à Saint-Maur près de Tournai. Son dossier s'intitule "les riverains ont (presque) tout faux" (2). Les arguments des anti-éoliens tombent les uns après les autres: pas de problème pour la santé, ni pour les animaux, pas de baisse de valeur de l'immobilier, pas de chute de pales, pas d'impact important sur l'environnement. L'argument de l'impact sur le paysage est très partagé: les uns les trouvent laides, les autres très design. Les mêmes arguments que l'on peut entendre par rapport à tel bâtiment ancien ou telle construction contemporaine. Une question, très subjective, de goût esthétique.
Reste l'argument du bruit: Daniel Foucart donne raison aux riverains. Ou plutôt à certains. Un riverain leuzois n'entend que les éoliennes de l'extérieur et par grand vent quand son voisin a l'impression "d'avoir un hélicoptère qui tourne au ralenti en permanence au-dessus de la tête". Dans un même couple, près de Saint-Maur, Monsieur n'entend rien quand Madame est très énervée. Le bruit serait donc aussi subjectif.
Les éoliennes sont "un viol de notre environnement", estime un opposant (1). Diable! Quand on voit les panneaux publicitaires, les zones commerciales aux entrées de villes, les maisons quatre façades et deux garages, les 4x4, les quads et les camions, on se dit qu'on est, hélas, violé dans son environnement, quotidiennement.
Quand on habite le long d'une chaussée à fort trafic, où la circulation est limitée à 50 km/h et qu'on y voit et surtout entend des fous furieux y passer en trombe à toute heure du jour et surtout de la nuit, quand on voit ce qu'ils génèrent comme CO2 et comme stress, on se dit qu'il faudrait d'abord interdire les voitures plutôt que les éoliennes. Mais on n'est pas sûr que les anti-éoliens soient d'accord de laisser leur voiture au garage. Alors, on regarde les éoliennes, dans le prolongement de la chaussée. Et on s'apaise.

(1) JT de la RTBF, 24 mai, 19h30.
(2) Nord Eclair, 25 avril 2013.

dimanche 31 mars 2013

Et pourtant elles tournent

Elles tournent chaque jour depuis un mois, les sept éoliennes de Saint-Maur, le long de la chaussée qui conduit de Tournai à Valenciennes. En réalité, elles tournent depuis quelques années. Mais durant ce mois de mars, j'ai été particulièrement attentif à leur fonctionnement. Les anti-éoliens de "Vent de raison" affirment que les éoliennes ne tournent pas plus de cinq ou six jours par mois (1). Qu'elles sont donc inutiles. On se demande où ils ont été pêcher pareil argument.
Bien sûr, il y eut parfois une éolienne à l'arrêt le matin; exceptionnellement, elles tournaient au ralenti.
Mais toujours, les trente-et-un jours de ce mois de mars, elles tournaient.
On peut crier face au vent. On n'a pas pour autant raison.

(1) lire "A la recherche de la sérénité", 1er mars 2013.

vendredi 1 mars 2013

A la recherche de la sérénité

C'est le propre de l'homme de ne vouloir rien que sa tranquillité, de ne vouloir ni crèche dans sa rue, ni éolienne dans sa vue.
En France, les automobilistes ne veulent pas de radars. Nous ne sommes pas des vaches à lait, disent certains d'entre eux (1). D'autres estiment que le budget consacré aux radars serait plus utile aux soins de santé. Pour soigner les accidentés de la route, par exemple? On connaît un moyen bien simple de ne pas craindre les radars: respecter les limitations de vitesse. Visiblement, certains n'y ont pas pensé.
En Wallonie, l'association "Vent de raison" ne veut pas du plan éolien wallon. Les éoliennes sont inutiles, affirme son porte-parole (2). D'ailleurs elles ne tournent pas plus de cinq ou six jours par mois. On a du mal à entendre l'argument. Les sept éoliennes de Saint-Maur tournent quasiment tous les jours. On n'est même pas sûr qu'elles soient à l'arrêt cinq ou six jours par mois. On doit avoir mal compris le nom de l'association. Il doit s'agir de "Vent d'émotion".
A Néchin, on veut bien accueillir toute la richesse de France. Mais pas un peu de sa misère sociale. Chacun à sa place. On veut bien d'un acteur qui a le lourd handicap d'être l'ami de Kadyrov (3). Mais on ne veut pas d'un centre d'accueil pour handicapés (4). Il seront septante-cinq patients, personnes à mobilité réduite, autistes, malades atteints du syndrome de Korsakoff (5), à être hébergés dans ce centre fermé. Mais les riverains ont peur pour leur sécurité et leur sérénité, nous dit-on. A quoi doit-on d'être serein? On se le demande.

(1) JT de France 3 Nord Pas-de-Calais, 19h, 28 février 2013.
(2) entendu dans Matin Première au début de cette semaine.
(3) lire sur ce blog "L'insoutenable légégéreté de l'être", 10 janvier 2013, et "Réfugié pathétique", 15 décembre 2012.
(4) L'Avenir - Le Courrier de l'Escaut, 28 février 2013.
(5) trouble neurologique qui se manifeste notamment au niveau cognitif (oublis), souvent dû à l'abus d'alcool ou des formes de sévères malnutritions (Wikipedia).

lundi 8 octobre 2012

Il faut raison garder

Que veulent les gens à la veille des élections communales? On croit qu'ils veulent la lune. On se trompe. Au début de l'automne, les gens ne veulent rien. L'été les a saturés. Ils ne veulent pas d'éolienne en tout cas. Les militants de Vent de Raison l'ont dit au ministre-président wallon (1). Ils veulent bien en accepter à 1500 mètres de chez eux. A un kilomètre et demi, si on compte bien. Bref, nulle part. Le ministre-président, qui est si gentil, leur propose de placer la norme à 450 mètres plutôt qu'à 350. Ils ne veulent rien entendre. Un certain Couplet se plaint. C'est toujours le même refrain: ces éoliennes lui cassent les oreilles. Il les a sensibles. "Passer de 40 à 45 dB, c'est monstrueux", s'exclame l'un de ses coreligionnaires (l'antiéolisme est une véritable religion). Dans une chambre à coucher, on relève 30 dB, 40 dans un bureau qualifié de tranquille. Un lave-linge génère un son "agréable" (nous dit-on) de 50 dB. Une automobile 80 dB, une moto 90.
Sans doute faudra-t-il fermer les routes qui mènent aux anti-éoliennes pour qu'ils vivent tranquillement. Elles font beaucoup plus de bruit qu'une éolienne (eux aussi d'ailleurs). Ils rejoindront leur domicile en pantoufle ou à vélo. Même l'hiver. Les vélos d'aujourd'hui n'ont plus besoin de dynamo. Heureusement. Elles les empêchaient de dormir. 
On est surpris: Mathieu Lamboley (2) a testé les éoliennes d'Estinnes, classées parmi les plus puissantes du monde. Elles sont onze, culminant à 198 mètres de hauteur. "Force est de constater, écrit-il, même si l'expérience n'a aucune valeur statistique, que je dors parfaitement au pied d'une éolienne ( à 200 mètres "au vent" pour être précis, à cause de la crainte, à peine rationnelle, de me prendre une pale dans la tronche), de même que les nombreux faisans qui criaillent aux alentours. La seule catastrophe environnementale notoire du coin est l'absence quasi-totale d'insectes, pour cause d'utilisation massive de pesticides."

A Templeuve, à deux pas de la frontière française, les habitants estiment qu'ils vivent "dans un village poubelle" (1). Non seulement on veut leur imposer une dalle de compostage, mais, en plus, on leur annonce quelques dizaines de logements sociaux supplémentaires. Trop, c'est trop, disent leurs enfants qui dans leurs dessins ont spontanément exprimé leurs craintes de ne plus voir le soleil, de ne plus bronzer. La télé a voulu interviewer les habitants. Ils se taisent. Sans doute craignent-ils les coups de soleil. Ils n'osent plus sortir. Que veulent les gens au début de l'automne? On s'interroge.

(1) JT de No Télé, 8 octobre 2012.

(2) www.rue89.com/rue89-planete/2012/09/27/jai-campe-au-pied-dune-eolienne-geante-et-jai-dormi-comme-un-bebe-235633

lundi 6 juillet 2009

Eole, que de vent en ton nom!

Un nouveau projet éolien entre le Mont de l'Enclus et le Mont Saint-Aubert, au nord de Tournai, suscite l'émoi dans la population locale. Comme à chaque fois, dans cette Wallonie picarde qui met en tête de ses priorités le développement durable, l'idée même de vent suscite la tempête. Elle rend même frileux.
Réunis à Tournai ce 1er juillet, les vingt-trois bourgmestres de la WAPI (1) ont décidé de prendre les choses en main et envisagent un plan de développment de l'éolien dans notre région. « Nous sommes tous soucieux de deux choses, affirment-ils dans le Courrier de l'Escaut : le développement durable et le respect de l'environnement (2). Il faut trouver un équilibre entre la production d'énergie verte et l'intérêt des citoyens ». Voilà des déclarations bien fermes! Hélas, comme d'habitude, les responsables politiques du coin brassent toujours plus de vent que les éoliennes de chez nous. A part celle de Colruyt à Ghislenghien, toujours pas l'ombre d'une pale chez nous...
Dans un appel récent, Walter De Kuyssche tire la sonnette d'alarme: "le Hainaut Occidental (plus de 320.000 habitants) peut se prévaloir de n’avoir aujourd’hui toujours qu’une seule éolienne sur son territoire. Effarant ! Comme simple citoyen lambda que je suis, je suis inquiet, non sans raison, pour l’avenir de la Terre. Chaque fois qu’on essaie d’installer quelques infortunées éoliennes dans la région, on trouve toujours mille et une bonnes raisons pour reporter ou pour ne pas réaliser le projet. (...)
Chez nous, dans une région toujours gouvernée par une gauche progressiste, on trouve perpétuellement de bonnes raisons pour ne rien faire. Cela en devient exaspérant et révoltant quand on sait (...) que la plupart des scientifiques donnent l’échéance de non-retour à une dizaine d’années. (...)
Réaffirmant la détermination de la majorité des citoyens qui veulent un avenir vivable pour eux et pour les générations futures (dont les parcs à éoliennes sont une des multiples petites composantes indispensables), je tire de toutes mes forces la sonnette d’alarme sur les enjeux essentiels de l’humanité. Le réchauffement climatique, la faim et la misère dans le monde en étant à mes yeux les deux principaux. Mais aussi sur la politique suivie par les responsables politiques pour rencontrer ces enjeux, sur la règlementation qu’ils élaborent à cet effet et sur la manière dont l’Administration applique ou fait appliquer cette règlementation.
Vous excuserez mon impatience, mais je crois qu’il est super temps.
En fait, il est minuit moins cinq", conclut Walter De Kuyssche (3).

Deux jours avant la réunion des bourgmestres, dans Nord Eclair cette fois, l'un de ces maïeurs, celui de Celles, était interrogé à propos de ce projet éolien entre les deux monts. Et là, il n'y a pas été de main morte. C'est la voix de la fermeté: "Je n'ai pas à être pour ou contre. (...) Il faut voir. (...) Je ne vous laisserai pas dire que je m'en fous. Mais disons que je n'ai absolument aucun avis sur la question. (...) Je vous l'ai dit et je vous le répète, je n'ai là-dessus absolument aucun avis." (4)
Si un jour on cherche à élever un monument à la personne qui serait la personnification du courage politique, personnellement, je soutiendrais la candidature de Daniel Lefebvre!

(1) Et bientôt la WALIPI: Wallonie Libre et Picarde!
(2) Rappelons à nos bourgmestres que le concept même de développement durable sous-entend le respect de l'environnement. Qu'ils sont donc soucieux d'une chose...
(3) http://athois-la-terre.jimdo.com/hainaut-occidental-à-l-heure-des-éoliennes-il-est-minuit-moins-cinq/
(4) ce morceau d'anthologie dans Nord Eclair, 29 juin 2009

lundi 6 octobre 2008

Les anti-éoliennes font beaucoup de vent

Difficile d'échapper aux opposants aux éoliennes en ce moment. Ce soir, déjà assez énervé par un sujet précédent (1), je fuis No Télé devant les arguments d'un anti-éolien de Leuze. Je zappe sur FR3 pour suivre les infos régionales. Et je tombe sur un sujet sur les anti-éoliens... J'ai coupé la télé.
Le Leuzois que j'ai esquivé estimait que les éoliennes coûtent une fortune à la collectivité en termes de certificats verts. S'insurge-t-il sur le coût bien plus ENORME des centrales nucléaires que nous payons tous? Parce que, aujourd'hui, d'un sujet à l'autre, un des arguments principaux de ceux qui s'opposent aux moulins à vent, c'est que ceux-ci rapportent de l'argent à quelques-uns. Je ne le conteste pas et j'admets volontiers que certains entrepreneurs ont flairé l'aubaine et espèrent installer des éoliennes un peu n'importe où. Mais les mêmes opposants n'ont jamais protesté, que je sache, contre Electrabel, gigantesque groupe privé très longtemps monopolitisque, qui s'est généré des bénéfices gargantuesques en nous faisant payer très cher son (notre) électricité nucléaire! Les nimbystes se découvrent, brusquement, des sentiments de protecteurs de la collectivité (pour un peu, on les croirait communistes - non, je rigole!) qui cachent mal leurs points de vue très personnels, très (trop) souvent réduits à l'esthétique. Les éoliennes gâchent leur paysage. Les mêmes ne se sont évidemment jamais demandé si leur maison est "belle", si les pylônes qui transportent l'électricité nucléaire sont élégants ou si l'avenir qu'ils espèrent pour les enfants (et ceux des autres) est lumineux.
Il faut dire qu'ils sentent bien qu'ils ont le soutien de leurs bourgmestres: ceux d'Antoing, de Brunehaut et de Tournai ont déposé un recours contre un projet d'éoliennes aux confins de leurs trois communes. "Il faut réfléchir", dit Pierre Wacquier, bourgmestre de Brunehaut, qui en veut bien chez lui, mais, désolé, "franchement, je ne vois pas où à Brunehaut. Notre territoire n'est pas bien grand." N'y voyez aucun nimbysme, bien sûr. D'autant qu'il "ne mène pas un combat contre les énergies renouvelables. Bien au contraire!" C'est pas que je ne veux pas, mais je ne peux pas! Son collègue tournaisien, Christian Massy, estime que "il n'y a pas le feu au lac, puisque la Wallonie a déjà dépassé les objectifs européens en matière d'énergie renouvelable." Manque de bol pour lui: trois jours après ces courageuses déclarations, l'Union européenne décidait de faire passer de 6 à 20% la part des énergies renouvelables. Le bourgmestre de Brunehaut va jusqu'à refuser le projet d'un agriculteur qui voudrait, grâce à une éolienne domestique de 18 m, produire l'électricité nécessaire à son entreprise agricole. Le bourgmestre s'y oppose, arguant de la proximité... d'une voie lente (attendue depuis plus de dix ans). On notera que le long de cette future voie lente s'élève depuis longtemps un pylône GSM au moins aussi haut.
Mais, on l'a compris, les bourgmestres, c'est comme les éoliennes: ça tourne avec le vent. Si des riverains sont contre, ils le sont aussi. Une voix, c'est toujours bon à prendre. Et le subjectif prend le dessus. On sent bien que ce n'est pas l'intérêt collectif qui compte, juste le sentiment de riverains qui trouvent qu'une éolienne "c'est pas beau" et que de ce fait leur maison va perdre de la valeur.
Dans "Le divorce français", le journaliste François de Closets pointe ces politiques qui suivent l'opinion publique: "C'est parce que le peuple peut se tromper que les élites doivent avoir le courage de prendre des décisions impopulaires. Si vous ne prenez pas de décision impopulaire, vous ne gouvernez pas."
Chez nous, ne cherchez pas "l'élite", elle se fond dans le peuple. Non aux éoliennes, mais oui au centre de glisse, soi-disant créateur d'emplois, gaspilleur d'eau, d'énergie et de nature et générateur de CO2. C'est qu'une élection, ça se mérite chaque jour!

(1) un ministre-présidents (je ne citerai pas son nom) serrant les mains de manifestants protestant contre le coût de la vie, comme s'il n'appartenait pas aux décideurs. Ahurissant, mais culotté, je m'incline!


Derrière leur auvent, et
dans un climat de réchauffement,
les bourgmestres d'Antoing et de Brunehaut
se sont associés,
Fini donc les ambiances électriques
c'est donc cela la vie en rose!

Je sais,
C'est rotor...mais j'en suis pale !

Et si on veut tout des Magnette tiser
Qu'on le fasse avec force 5 !

Skier fait, ( ce recours ) est
blanc de cohérence
comme neige au soleil.
Bon prince,
CO2 que je remet...
un bonnet...
d'âne.

Patrick A