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samedi 21 octobre 2023

Avec foi et loi

Les barbares du Hamas qui, il y a deux semaines, ont massacré, torturé, violé, dépecé toute personne qui croisait leur chemin ou même qui se cachait chez elle ne peuvent être qualifiés de sans foi ni loi.
Le jeune fou furieux qui a tué récemment l'enseignant Dominique Bernard dans son lycée d'Arras n'est pas sans foi ni loi. Pas plus que celui qui a tué Samuel Paty il y a trois ans ou que celui qui a tué à Bruxelles des supporters suédois parce que des exemplaires du Coran ont un jour été brulés dans leur pays.
Tous ces islamistes qui tuent celles et ceux qui ne pensent pas ou ne sont pas comme eux ont foi en un dieu ou un prophète dont ils ont fait un être de terreur et de sang et c'est en son nom qu'ils agissent en tueurs.
Leur loi, c'est la charia qui les exonère de toute humanité et leur enjoint de faire disparaître les mécréants.
On ne peut qu'être horrifié par ces crimes et par leurs justifications. Le jeune Mohammed Mogouchkov qui a tué Dominique Bernard et a blessé grièvement deux autres membres du personnel de son ancien lycée s'est dit envoyé en enfer par la démocratie. Dans une courte vidéo enregistrée juste avant son passage à l'acte, il qualifie les Français de « peuple de mécréants ». « Vous m'avez appris ce que sont la démocratie et les droits de l'homme, et vous m'avez poussé vers l'enfer », poursuit-il, avant de prêter allégeance à l'État islamique. En attaquant sauvagement des enseignants, il s'est exclamé : « Qui te donne l'air que tu respires ? Qui est le seul Dieu ? Appelle Marianne, appelle ta République ».
Ces croyants qui rejettent les valeurs qui nous animent se donnent droit de vie et de mort sur les autres. Mais ils ne représentent pas l'islam, déclarent mollement les imams ou autres porte-parole des musulmans qui nous certifient que l'islam est une religion de paix. On n'arrive plus à les croire.

Six jours après le pogrom commis par le Hamas, Le Monde publiait une tribune d'Abdennour Bidar, philosophe spécialiste de l'islam (1). Il a très vite condamné "sans réserve, sans ambiguïté et sans aucune hésitation les massacres et prises d’otages perpétrés par le Hamas", et les dénonce "comme une pure barbarie et sauvagerie absolument injustifiables". Il a exprimé sa "compassion envers tous les Israéliens, toutes les victimes de toutes nationalités, qui sont (s)es sœurs et frères en humanité (...)". Mais, dit-il, "je suis également très alarmé de constater que, du côté musulman, se fasse attendre à ce point une prise de parole à la hauteur de la gravité des faits. Je ne voudrais pas que dure trop longtemps ce silence aussi assourdissant, ou bien que nous n’entendions que des prises de parole désespérément incapables d’échapper à l’ambiguïté ou à la demi-mesure. J’appelle donc les autorités musulmanes de France à réagir enfin". Et il les appelle à "le faire bien, c’est-à-dire de façon décente. Car il est à l’inverse indécent d’entendre, ces derniers jours, des déclarations qui voudraient expliquer ce qui s’est passé en arguant de la situation intolérable faite par Israël aux habitants de la bande de Gaza, ou de tout ce que l’on peut reprocher à l’extrême droite israélienne nationaliste ou ultraorthodoxe. Cela, parfaitement entendable en soi, n’est pas recevable aujourd’hui : il y a un temps pour chaque chose, une éthique du juste moment, et c’est cette temporalité qui doit être respectée. En de pareilles heures, il s’agit de condamner et de compatir, et non pas de relancer un débat ni de prétendre l’élargir, ce qui ne fait que noyer l’horreur dans le relativisme." Abdennour Bidar réclame "une parole claire, forte, responsable et courageuse des représentants de la communauté musulmane de France ! ".
Le philosophe s'insurge aussi "contre ceux qui, en France et de par le monde, voudraient faire de cette barbarie une cause religieuse, en l’occurrence la cause de l’islam. Non ! Non, l’islam ne saurait être légitimement invoqué ici, et personne n’a le droit de se réclamer de l’islam pour commettre ou prétendre fonder en raison l’irrationalité de tels actes. Aucune sacralité n’exonère leurs auteurs du sacrilège qui est le leur, à l’encontre de la personne humaine, de l’humanité, et d’une religion − l’islam − qu’ils prétendent servir alors qu’ils l’assassinent".

Une semaine après, on attend toujours des paroles aussi fortes. On ne les a pas entendues non plus après l'assassinat de Dominique Bernard et celui des supporteurs suédois.
Dans La Libre Belgique (2), Fouad Benyekhlef et Hamid Benichou, militants laïques, demandent aux imams de "procéder à une importante autocritique". Les belles déclarations de principe en faveur de la paix et du rejet de la violence ne coûtent rien. "Si les religieux se sentent obligés de condamner les attentats commis au nom de l’islam, ils sont pourtant moins enclins à ouvrir les yeux sur l’état des lieux actuels. Car s’il est normal de condamner le terrorisme, cette normalité ne semble pas si évidente lorsqu’il s’agit de dénoncer de manière explicite les intolérances et les formes de rejet présentes dans l’islam de Belgique, qui peuvent également conduire à des situations violentes." (...)
"Dans cette ambiance de repli caractérisée par la frustration, le ressentiment et la victimisation, dans ce contexte de guerre israélo-palestinienne marquée par une incapacité de beaucoup à prendre ses distances avec l’islamisme coupable d’atrocités, il existe une double posture prégnante qui ne peut que nous inquiéter, entre les déclarations solennelles de religieux qui semblent se replier eux-mêmes comme dans une forteresse, qui feignent de se positionner comme inclusifs, ouverts et constructifs, mais qui ne cessent de sombrer dans un ultraconservatisme qui les place à l’arrière-garde, et sporadiquement dans la réaction. Les exemples sont nombreux, nous avons pu le constater avec ces positions risibles concernant l'Evras (note : éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle), ou encore avec leur mutisme concernant les actes barbares du Hamas et avec leur communication plate et molle suite au dernier attentat de Bruxelles." Les deux auteurs de cette tribune attendent des imams belges, dont ils dénoncent l'incompétence, des actes forts et une remise en question de certaines pratiques, un engagement clair en faveur de l’État de droit, de la liberté de conscience, du droit au blasphème, de la liberté sexuelle, du respect des minorités. "Les laïques musulmans doivent reprendre en main la question musulmane en Belgique et peindre un tableau en adéquation avec le véritable esprit belge : celui de leur vision d’une société ouverte, sans complaisance vis-à-vis des interprétations violentes ou liberticides. Ils doivent neutraliser les radicaux et instaurer un cordon sanitaire au sein de la communauté musulmane, une mesure que les religieux semblent incapables de mettre en place."

Si une religion n'est pas clairement dans la défense absolue de l'humanité, c'est qu'elle est nuisible.
En attendant, alors qu'on ne voit pas de signes ou si peu d'une prétendue islamophobie, les actes antisémites se multiplient et les juifs se voient obligés de se cacher. 
En attendant, on ne voit pas les foules musulmanes se presser dans les rues, comme elles le font chaque fois qu'est brulée une page du Coran quelque part dans la monde, pour manifester contre les crimes commis au nom de leur dieu.
En attendant, un peu partout, dans tous les camps, on en appelle à la vengeance, à plus de sang encore. Comme si verser le sang pouvait laver le sang. Assez !

Réécoutons Claude Nougaro, comme nous invite à le faire François Morel (3) :

Il serait temps que l'homme arrive
Sans l'ombre avec lui de la peur
Et dans sa bouche la salive
De son appétit de terreur

Assez ! Assez !
Crie le ruisseau dans la prairie,
Crie le granit, crie le cabri
Assez ! Assez !
Crie la petite fille en flammes
Dans son dimanche de napalm (4)

Note : je ne commente pas les propos des élus et des (ir)responsables de La France Insoumise (à la dignité). Je préfère ignorer leurs hurlements. Ces gens n'existent plus.

(1) https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/10/13/le-philosophe-abdennour-bidar-sur-l-attaque-du-hamas-contre-israel-vite-une-parole-claire-et-forte-des-representants-de-la-communaute-musulmane-de-france_6194215_3232.html
(2) https://www.lalibre.be/debats/opinions/2023/10/19/lettre-aux-imams-musulmans-il-est-temps-pour-vous-de-proceder-a-une-importante-autocritique-RQHVZFYDSRBU3MKG54THSHSTHU/
(3) https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-billet-de-francois-morel/le-billet-de-francois-morel-du-vendredi-20-octobre-2023-2305680
(4) https://www.paroles.net/claude-nougaro/paroles-assez
https://www.youtube.com/watch?v=vPsOvdOBon8

lundi 28 novembre 2022

Barbarie du crocodile

Peut-on être autre chose qu'un barbare quand on provoque et mène une guerre ? Les mercenaires mandatés par Poutine l'assument. Evgueni Prigojine, patron du groupe Wagner, s'est montré très fier d'une vidéo dans laquelle on voit un de ses ex-combattants, un criminel condamné à vingt-quatre ans de prison, assassiné à coups de masse sur le crâne. Une horrible vidéo digne de Daech. L'homme avait échappé à la prison en devenant mercenaire dans la guerre d'Ukraine. Mais il s'était rendu aux forces ukrainiennes. Renvoyé en Russie, à l'occasion d'un échange de prisonniers, il a été sauvagement massacré par les hommes de Prigojine. Assumant jusqu'au bout sa barbarie, ce dernier, ancien truand devenu oligarque, s'est vanté d'avoir envoyé une masse ensanglantée au Parlement européen. Et ce en réaction à la décision du Parlement de considérer le groupe Wagner comme une organisation terroriste et de qualifier la Russie d’Etat voyou et “parrain du terrorisme”. "Dans une vidéo postée sur le réseau social Telegram, écrit La Libre (1), on peut voir la masse, transportée dans un étui à violon. Sur la masse, tachée de faux sang le long du manche, on peut lire l’inscription “PMC Wagner” sur le dessus, qui ne laisse guère de doute sur son origine". Avec cet envoi glaçant, Prigogine (même s'il s'est depuis lors rétracté par rapport à la vidéo) assume fièrement : oui, il est bel et bien terroriste.

Son mentor et ami, Poutine le serpent, n'est pas capable d'assumer. Cette guerre, il ne l'a jamais voulue, continue-t-il à siffler. Lors d'une rencontre avec des mères de soldats déployés en Ukraine, il a dit "partager la douleur" de celles qui ont perdu leurs fils, en les appelant à ne pas croire les "mensonges" sur l'opération militaire. "Je veux que vous sachiez que moi, personnellement, tous les dirigeants du pays, nous partageons cette douleur. Nous savons que rien ne peut remplacer la perte d'un fils", a-t-il déclaré (2).
Qui peut croire à ses larmes de crocodile ? D'autant qu'il apparaît que cette rencontre n'aurait été qu'une mise en scène (3). C'est en tout cas ce qu'affirme le NewYork Times ou encore l’historien militaire et président de l’Institut Action Résilience, Cédric Mas. Ils ont reconnu plusieurs femmes présentes à la rencontre avec Vladimir Poutine : Nadeszhda Uzunova, présidente d’une association pro-Kremlin et pro-guerre appelée la Confrérie des combattants, financée par le Kremlin ; Olga Belsteva, membre du même parti de Poutine, Russie Unie ; une proche du dirigeant tchétchène Ramzan Kadyrov ; ou encore Yulia Belekhova, ancienne candidate à la Douma au sein du parti du président russe. Par contre, selon Olga Tsukanova, dirigeante du Conseil des mères et des épouses, importante organisation populaire de parents de militaires russes, aucune des mères de l’organisation n’a été conviée, alors qu'elles avaient réclamé une audience.
Poutine est bien le tsar, le tsar de l'hypocrisie, de la lâcheté et du cynisme.

A partir du 1er décembre, sera publiée sur le site internet du Ministère russe de la Justice la liste complète des "agents de l'étranger" et des "traitres"à la nation. Les noms de quelque 250 journalistes, avocats, opposants, militants des droits de l'homme ou écolos, responsables d'ONG seront offerts à la vindicte populaire, pointés comme des personnages nuisibles à la nation russe, des infidèles, des apostats. La même logique que Daech.
Oui, la Russie est un Etat voyou qui s'appuie notamment sur une organisation terroriste pour mener sa sale guerre.

(2) https://www.lalibre.be/international/europe/guerre-ukraine-russie/2022/11/25/poutine-partage-la-douleur-des-meres-de-soldats-tues-et-les-appelle-a-ne-pas-croire-aux-mensonges-sur-loffensive-en-ukraine-IQFH4UTPKFFSREXVM7ZOK7MRCM/
(3)  https://www.lalibre.be/international/europe/guerre-ukraine-russie/2022/11/27/vladimir-poutine-a-t-il-mis-en-scene-sa-rencontre-avec-des-meres-russes-en-colere-A55HJMTV7BER7PQXVNAPF4DM6U/

lundi 25 avril 2022

Les mots qui tuent

C'est un texte (1) qu'on peut croire sorti d'un esprit dément et sans doute est-ce le cas. Le problème, c'est qu'il semble que ce soit sur lui que s'appuie Vladimir Poutine pour justifier sa guerre qui ne veut pas dire son nom. L’écrivain et philosophe Timofeï Sergueïtsev est l’un des principaux idéologues de la « dénazification » de l’Ukraine et l'auteur de ce Mein Kampf russe, une logorrhée hallucinée dont on a envie de rire tant ce texte est délirant, mais dont on ne peut que frémir tant on sait à quelle barbarie il a mené et mènera encore.

Extraits :
" La dénazification est nécessaire lorsqu'une partie importante du peuple - très probablement sa majorité - est maîtrisée et entraînée par le régime nazi dans sa politique. C'est-à-dire lorsque l'hypothèse « le peuple est bon - le gouvernement est mauvais » ne fonctionne pas. La reconnaissance de ce fait est la base de la politique de dénazification, de toutes ses activités, et le fait lui-même constitue son objet. L'Ukraine se trouve dans une telle situation."
" La dénazification est un ensemble de mesures à l'égard de la masse nazie de la population, qui ne peut techniquement pas être directement poursuivie au nom des crimes de guerre. Les nazis qui ont pris les armes doivent être détruits autant que possible sur le champ de bataille. Il ne faut pas faire de distinction significative entre les forces armées ukrainiennes et les forces dites de sécurité nationale, ainsi que les milices de défense territoriale qui ont rejoint ces deux types de formations militaires. Tous sont également engagés dans une cruauté scandaleuse contre les civils, également responsables du génocide du peuple russe, et ils ne respectent pas les lois et coutumes de la guerre. Les criminels de guerre et les nazis actifs doivent être punis de manière exemplaire. Il faut procéder à un nettoyage total. "
"  En plus des hauts gradés, une partie importante des masses populaires qui sont des nazis passifs, des collaborateurs du nazisme, sont également coupables. Ils ont soutenu le gouvernement nazi et se sont montrés indulgents à son égard. Une punition juste pour cette partie de la population n'est possible qu'en supportant les charges inévitables d'une guerre juste contre le système nazi, menée aussi discrètement que possible contre des civils. La dénazification ultérieure de cette masse de la population consiste en une rééducation, qui est réalisée par une répression idéologique (suppression) des attitudes nazies et une censure sévère : non seulement dans la sphère politique, mais nécessairement aussi dans la sphère de la culture et de l'éducation. "
" L'État dénazifiant - la Russie - ne peut pas procéder à une approche libérale de la dénazification. L'idéologie du dénazificateur ne peut être contestée par le coupable en cours de dénazification. (…) La durée de la dénazification ne peut en aucun cas être inférieure à une génération, celle qui va naître, grandir et mûrir dans les conditions de la dénazification. La nazification de l'Ukraine dure depuis plus de 30 ans."
" L'Occident collectif est lui-même le concepteur, la source et le sponsor du nazisme ukrainien, tandis que les cadres occidentaux de Bandera et leur "mémoire historique" ne sont qu'un des outils de la nazification de l'Ukraine. L'ukronazisme n'est pas moins une menace pour la paix et la Russie que le nazisme allemand ne l’était avec Hitler. "

Arrêtons-nous là, tant est grande la nausée que suscite ce long texte qu'on pourrait croire écrit dans les pires heures du stalinisme. Un texte obsessionnel qui cite le mot nazi et dénazification à chaque ligne et justifie l'horreur en partant d'un postulat : l'Ukraine dans son ensemble est nazie, donc les pires actions pour la dénazifier sont d'emblée totalement justifiées. Il suffit de décider que tous les Ukrainiens sont des nazis, responsables du génocide du peuple russe, et la Russie a tous les droits et ne pourra être poursuivie pour crimes de guerre.
Derrière les aspirations à l'indépendance et à une voie européenne se cache, selon l'auteur de ce texte fou, un projet nazi. " L'ukronazisme n'est pas moins une menace pour la paix et la Russie que le nazisme allemand ne l’était avec Hitler. "

"On comprend mieux, écrit la rédaction des Humanités, media alter-actif, en lisant cette tribune « autorisée » - et cela fait froid dans le dos - ce que Poutine veut dire lorsqu’il affirme qu’il n’acceptera de « négocier » qu’une fois acceptées toutes ses conditions. Ce n’est donc pas une négociation mais une reddition. (...) La tribune de Timofeï Sergueïtsev exprime pour la première fois, d’une façon on ne peut plus claire, que la guerre menée par Poutine ne s’attaque pas seulement à l’Ukraine, mais à l’ensemble des valeurs européennes et occidentales. Dans la vision de Sergueïtsev, l’Europe et l’Occident sont responsables d’un effondrement civilisationnel, contre lequel la Russie doit faire rempart. La guerre en Ukraine, loin de n’être qu’une guerre territoriale, est donc, pour l’un des idéologues les plus proches de Poutine, une guerre de civilisation. CQFD. Suprême paradoxe : ce texte qui prétend combattre le nazisme peut être lu comme le Mein Kampf de Vladimir Poutine."

Les valeurs de "l'Europe historique", selon ce texte, ont été abandonnées par l'Occident et ne peuvent plus être protégées et préservées que par la Russie. Donc les valeurs occidentales sont nazies et doivent être combattues et "la Russie suivra sa propre voie, sans se soucier du sort de l'Occident, en s'appuyant sur une autre partie de son héritage : le leadership dans le processus de décolonisation mondiale." On est dans le roman 1984 de George Orwell : pour décoloniser, il faut coloniser. Qui veut tuer son chien l'accuse de la rage. Mais qui est l'enragé ?