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lundi 16 avril 2012

Une page de publiphobie

Vacances en France. On se désintoxique de la télé et on écoute plus quotidiennement encore que d'habitude France Inter. On ne s'étendra pas ici sur la qualité - indéniable - des programmes de la chaîne généraliste publique, mais quand on retrouve sa petite sœur belge, la Première, ce qui saute à l'oreille c'est que cette dernière ressemble à une vulgaire chaîne commerciale. Ses programmes sont truffés de pubs aussi agressives qu'intrusives. Les pubs s'installent n'importe où, coupent en morceaux les émissions. Sans respect pour les présentateurs, leurs invités, leurs auditeurs.
Un exemple ce lundi: dans le Forum de Midi, Fabienne Vande Meerssche se penche sur les problèmes de la STIB. Pour ce faire, elle reçoit différents invités et dialogue avec les auditeurs. Mais, régulièrement, elle se voit forcée de leur proposer de "se retrouver après ceci". "Ceci" étant une page de pub. Ces pubs qui nous prennent pour des cons trouvent difficilement leur place dans des émissions qui parient sur notre intelligence. Avec France Inter, on écoute vraiment la différence. On prolonge alors ses vacances.

mercredi 15 septembre 2010

La Première nous prend pour des cons

Que reste-t-il de la Première (chaîne radio de la RTBF) depuis que le billet de Paul Hermant en a disparu? Disparu de l'émission du matin du moins. Selon certaines sources, on pourrait l'entendre dans une autre émission, à une autre heure. Lesquelles? C'est un secret. Apparemment bien gardé. Revenons à la question: que reste-t-il de la Première? De la pub. J'allume la radio un matin, vers 8h25, 8h30. J'y entends une publicité, puis, deux, puis trois. Finalement quatre. J'ai enfin droit au "Café serré" de Thomas Gunzig. Le présentateur a ensuite juste le temps d'annoncer une nouvelle page de publicité. Je coupe ma radio. Je la rallume en fin d'après-midi de retour du travail. Je préfère la Première à Classic 21 pour ne pas être importuné par le radioguidage qui ne me concerne pas. Mais on n'échappe pas au radioguidage. Il est partout. Sur la Première aussi. "Vous êtes ralentis par un accident à hauteur de Grand-Bigard", m'informe le radioguideur. J'apprends aussi que je ralentis fortement à hauteur du carrefour Léonard et que je suis quasiment à l'arrêt sur six kilomètres en direction de Mons. C'est bien mal me connaître, moi qui suis en train de pédaler allègrement (ou presque) et sans obstacle, le long de l'Escaut en direction de la France. Retour au présentateur. Il a juste le temps d'annoncer sa séquence suivante. Elle suivra la pub, nous dit-il. Je coupe ma radio. Finalement, je préfère de loin le ronronnement des péniches et le cri des canards. Les canards cancanent, nous précise Robert. Le Petit.

lundi 16 août 2010

Vive la pertinence, surtout quand elle est impertinente

C'est un rendez-vous quotidien et salutaire, de ces chroniques qu'on ne veut pas rater, parce qu'elles visent juste et haut, parce qu'elles parlent à notre intelligence, parce qu'elles sont pertinentes autant qu'impertinentes.
Ce sont les chroniques de Paul Hermant sur la Première chaîne radio de la RTBF, chaque matin du lundi au vendredi, vers 7h20.
Elles nous sont destinées, à nous, "auditeurs post-modernes", nous amènent à prendre du recul tout autant que de la hauteur. Paul Hermant y parle de l'homme, de l'être humain, surtout des laissés pour compte, des sans domicile fixe, sans papier, sans moyens. Mais aussi de ceux qui les ont, les moyens, les papiers, les domiciles. Il connecte deux ou trois faits d'actualité, établit des correspondances auxquelles on ne pensait pas, met le doigt sur les incohérences de nos mondes. On peut les retrouver sur son site: www.lautresite.com
Aujourd'hui, la chronique quotidienne de Paul Hermant est menacée de disparition. Allez comprendre pourquoi. Il y a quelques mois (si je me souviens bien, c'était en pleine "affaire Guillon-Porte" sur France Inter), il s'interrogeait sur l'impertinence. La direction de la radio, semble-t-il, ou des auditeurs, je ne sais plus, regrettai(en)t l'absence d'impertinence sur la Première. Parler chaque matin des oubliés de la société est-ce pertinent ou impertinent? Relever les absurdités ou le cynisme de certaines politiques, est-ce plus ou moins impertinent que de comparer une femme politique à un pot à tabac?
Ce qui est clair, c'est que supprimer les chroniques de Paul Hermant n'est pas du tout pertinent. C'est juste petit et triste.
Pour faire savoir à la direction de la radio que nous voulons continuer à entendre cette voix dissonante, une pétition a été lancée:
http://www.lapetition.be/en-ligne/oui-aux-chroniques-de-paul-hermant-sur-la-rtbf--7812.html