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lundi 10 septembre 2018

Avec son p'tit cliché

"Avec son p'tit pull, son p'tit pantalon, sa tenue très sage de bonne élève, avec sa voix douce mais ferme, Roxana Maracineanu semble avoir gagné son premier bras de fer à Matignon." Imagine-t-on une seconde la même description d'un ministre masculin sans qu'elle paraisse grotesque? C'est pourtant bien textuellement la première phrase d'un billet consacré à la toute nouvelle ministre française des sports. C'était le sujet d'ouverture du journal de France Inter à 13h aujourd'hui. Et le pire est que son auteur est une femme: la journaliste Cécilia Arbona qui participe ainsi à la perpétuation de clichés sexistes.
La dernière phrase de son billet est tout aussi troublante: "La Ministre du Sport aura-t-elle le portefeuille assez fourni pour organiser trois événements majeurs: la coupe du monde de football féminin en 2019, la coupe du monde de rugby messieurs en 2023, les Jeux olympiques en 2024? On est très loin, très loin des événènements associatifs qu'elle organisait chez elle, dans sa piscine municipale de Clamart dans les hauts de Seine". On se perd en conjectures sur ces propos. Veut-elle nous dire que ce petit bout de femme (on a déjà entendu l'expression, y compris par une journaliste) ne serait pas à la hauteur? 

dimanche 14 janvier 2018

Zappings

J'y arrive. J'ai décidé d'être stoïque en cette année 2018. Je tiens bon. Pour l'instant.
France Gall était sans doute une femme sympathique et généreuse. C'est ce qu'on dit d'elle et je ne vois pas pourquoi je le contesterais. Elle était populaire aussi. Mais ces qualités suffisent-elles pour que "La Librairie francophone", émission littéraire de France Inter et d'autres radios publiques francophones, lui rende hommage? Cette femme qui n'a jamais eu de voix et chantait plutôt mal n'a jamais été connue pour la qualité de ses textes (1). Ce qui n'a pas empêché l'émission de faire appel à Philippe Delerm pour saluer sa mémoire. Il ne manque pourtant pas de jeunes écrivains talentueux et trop méconnus qui mériteraient qu'on parle d'eux. Stoïquement, j'ai coupé le poste.
Le même samedi, le Journal régional de France 3 Centre - Val de Loire commence avec un sujet sur les cohortes de visiteurs qui se pressent au zoo de Beauval pour voir la première sortie du bébé panda. Une demi-heure plus tard, le Journal national, de France 3 toujours, commence avec le même sujet. Stoïquement, j'ai zappé.
Mais quand même... J'avais trouvé excessive la récente critique du président Macron vis-à-vis de l'audiovisuel public français. Hier, je ne pouvais m'empêcher de lui donner raison. Pourquoi l'information de service public doit-elle absolument "faire dans le populaire"?

(1) Il y a de nombreuses années, je ne sais plus qui affirmait que "Ella, elle l'a" lui rappelait "Félicie aussi" de Fernandel.

jeudi 19 novembre 2015

Deux femmes

De l'intelligence! De l'intelligence! De l'intelligence! Voilà ce à quoi tout le monde appelle face au triomphe de la bêtise. Et voilà qu'une femme politique, qui se verrait volontiers en présidente de la République, démontre elle-même qu'elle manque cruellement de cette intelligence.
Interviewée par Patrick Cohen sur France Inter ce matin (1), l'héritière de Jean-Marie Le Pen affirme que Christiane Taubira a déclaré qu'il fallait "comprendre les jeunes qui partent en Syrie". Voilà une déclaration qui la fâche. En réalité, la Ministre de Justice a dit (un enregistrement d'iTélé, diffusé par Cohen, en témoigne): "Il faut s'interroger sur les ressorts profonds qui font que des jeunes soient réceptifs à ce discours de destruction, de dévastation, de mort tout simplement. (...) Il nous faut comprendre cela." La nuance est de taille, mais qu'importe pour la présidente du Front national qui ne s'embarrasse pas de ces détails? Elle estime qu'une ministre de la Justice n'a pas à comprendre, mais à réprimer: "C'est de la folie, vous m'entendez? C'est de la folie! Madame Taubira, dans ce domaine, comme à l'égard des criminels et des délinquants qui pourrissent la vie de nos concitoyens, n'a à mon avis qu'une seule priorité, c'est d'essayer de comprendre leur ressort intime, se pencher au chevet de ces considérations. C'est le rôle d'une assistante sociale, sûrement pas le rôle d'une ministre de la Justice."
Mais, lui rétorque Bernard Guetta, "si vous ne comprenez pas l'ennemi, vous perdez la guerre."
"Ce que je veux, répond la présidente du parti familial, c'est que cet ennemi ne soit pas sur mon territoire." Pas de chance: il l'est. Puisque quasiment tous les attentats commis en France cette année l'ont été par de jeunes Français.
On voit par là que Marine Le Pen utilise, une fois de plus, le mensonge comme argument et qu'on peut être malin sans être intelligent. La fille à papa a hérité de beaucoup de choses de son père, mais comme lui les nuances lui échappent, de même qu'une certaine capacité à réfléchir. Si elle suivait une formation à l'Entraînement mental, elle apprendrait à identifier et comprendre les causes d'un problème pour pouvoir envisager les solutions les plus adaptées. Louper cette étape-là est une grossière erreur. Mais MLP n'a que des solutions toutes faites. Des yaqua. Et elles sont aussi mauvaises qu'elle.

De l'intelligence, de la tolérance, de la compassion, de l'amour, une femme qui en témoigne, c'est Latifa Ibn Ziaten. Son fils, militaire français, a été assassiné par Mohamed Merah en mars 2012. Depuis, elle voue sa vie à rencontrer des jeunes qui pourraient être tentés par le radicalisme. Elle a reçu ce jour, pour cela, le prix de la Fondation Chirac.
"Que faut-il faire pour que cessent ces massacres?", lui demande Claire Servajean, sur France Inter toujours (2)? "Aller vers l'autre", dit-elle. Elle a réussi à dissuader deux jeunes de partir en Syrie: "il suffit de dialoguer. On ne peut pas faire avec la violence ou la haine, mais avec notre cœur on peut réussir. Il faut tendre la main aujourd'hui." Elle qui se sent plus que jamais stigmatisée, qui hier encore à l'aéroport a vu un homme s'éloigner ostensiblement parce qu'elle s'était assise à côté de lui, appelle à éviter les amalgames: elle croit au vivre-ensemble, dans le respect, la dignité, la tolérance, l'amour, le respect de nos valeurs communes. "C'est un travail de fond qu'il faut faire, avec les parents, avec l'école, avec ces jeunes", estime-t-elle.

Ce matin sur France Inter, le ciel était bas et lourd. Plombé. A 13h, il y avait une lueur qui perçait la chape nuageuse.

(1) http://www.liberation.fr/video/2015/11/19/prise-en-flagrant-delit-d-intox-marine-le-pen-quitte-le-plateau-de-france-inter_1414670
Note: il paraît que, furieuse, MLP est partie sans attendre la fin de l'émission. Ne supporterait-elle pas les interviews?
(2) France Inter, Journal de 13h, 19 novembre 2015.



vendredi 30 octobre 2015

Pour vivre heureuses vivons cachées

La loi française interdisant le port du voile intégral dans l'espace public a cinq ans. A cette occasion, France Inter s'est interrogé sur la situation (1). Visiblement, le port du niqab ou de la burqa a augmenté depuis lors. Un millier de femmes ont subi des contrôles qui, de l'avis de la police, sont difficiles à effectuer.
Une jeune fille de dix-sept ans témoigne: "je me sens mieux quand on me voit pas". Peut-être devrait-elle consulter un psychologue. Une autre parle de sa tante qui se promène entièrement voilée: elle ne supporte pas le regard des gens qui, "à force, sont endoctrinés", dit-elle. C'est le monde à l'envers: en se cachant des autres, elle fait tout pour être remarquée, mais voudrait ne pas l'être. Peut-être devrait-elle songer à ôter son voile pour passer inaperçue.
Une sociologue, qui a réalisé un documentaire sur les femmes entièrement voilées, témoigne: quasiment toutes sont soit issues de familles d'origine musulmane qui ne leur ont pas donné d'éducation religieuse, soit, pour l'autre moitié, converties à l'islam. En s'habillant de la sorte, elles veulent être reconnues comme hyper religieuses. Elles sont en recherche identitaire: "une semaine après leur conversion, elles portent le voile intégral". Comme elles veulent marquer "un désir de rupture par rapport à la société", elles ont adopté le voile intégral depuis qu'il est interdit. Bref, conclut la journaliste Claire Servajean, "ce qu'on peut dire, c'est que c'est donc une loi contreproductive". Un avis assez abrupt et carré. Elle oublie de rappeler que ce voile n'a rien de religieux. "Le voile intégral n'est pas islamique, explique la designer Leyla Belkaïd, le porter n'est donc pas un retour aux sources, contrairement à ce que pensent les gens. Faire de la burqa un élément d'identité et un symbole de l'islam est très récent. C'est une invention contemporaine." (2)
En s'habillant de la sorte, elles font le jeu des islamistes qui détestent les femmes (sauf maman, bien sûr) et veulent les cacher.
En fait, porter la burqa, c'est comme s'exprimer anonymement sur Internet: je te vois, je sais qui tu es, mais tu ne me vois pas et ne peux savoir qui je suis et, surtout, ne me regarde pas, tu me stigmatiserais. On n'est pas dans la communication, on ne peut savoir qui est la personne cachée en face de nous. On touche là à une forme de pathologie. Certaines jeunes femmes sont anorexiques, d'autres se voilent entièrement.
Pourquoi faudrait-il accepter le voile intégral dans l'espace public? Imagine-t-on demain tous les passants masqués dans les rues, les places publiques, les transports en commun, les travailleurs cachés derrière un voile à l'atelier, au bureau ou sur les chantiers, les étudiants déguisés à l'école? Comment peut-on se reconnaître quand on est caché? Quelle existence a-t-on? On voit par là que la profession de psychologue a de beaux jours devant elle.

(1) http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=1168351 (en fin de journal)
(2) http://www.lexpress.fr/actualite/societe/la-burqa-est-une-invention-contemporaine_842841.html
A (re) lire sur ce blog:
- "De l'utilité de la burqa", 24 octobre 2011;
-  "Women in black", 21 mars 2011;
- "Burqa pas, après tout?", 13 août 2010;
- "Vin, voile et burqa", 22 juin 2009.
Et aussi:
http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2015/10/12/au-canada-on-vote-masque-pour-denoncer-le-port-du-niqab/

mercredi 21 octobre 2015

L'énergie des campagnes

A écouter l'émission, on sourit autant que les intervenants. Le plaisir qu'ils ont à parler de leur expérience, de leur association, de leur réussite - même si c'est au prix de nombreuses difficultés - est communicatif. On se réjouit avec eux. D'autant plus qu'on sait qu'ils font tache d'huile. L'émission "Carnets de campagne" (1), qui donne la parole à des acteurs dynamiques qui œuvrent dans l'économie sociale, l'insertion, la mise en liens, le développement durable, qui sont créatifs, qui n'attendent pas tout des pouvoirs publics, qui participent d'un mouvement positif, est un repère salutaire dans cette France morose. Une respiration heureuse au milieu des pleurnichards.
On est à mille lieues des grognons, des bougons, des aigris, des agressifs qui expriment à longueur de journée leur rancœur, leur déception, leur négativisme sur Internet. On est loin de ces  stériles querelles de (pseudo) intellos qui s'écharpent en se regardant le nombril et semblent prendre toute la place dans les (pseudo) débats en France.
On voit par là qu'il vaut mieux se bouger le cul que rester assis dessus.

(1) sur France Inter, du lundi au vendredi, de 12h30 à 12h45.

jeudi 4 juin 2015

Du neuf avec du vieux

Aujourd'hui se tient la "première" réunion du parti "Les Républicains". C'est France Inter qui nous le dit, dans ses éditions de 8h et de 13h de ce jour. "Un nouveau parti et donc un nouveau nom", dit même Claire Servajean dans le journal de 13h. Il y aurait donc un nouveau parti en France, qui tiendrait sa première réunion? C'est en fait l'UMP qui a repeint sa façade. On voit par là que la com', ça marche. Même les communicateurs sont les premiers à tomber dans son piège et à (essayer de) faire croire au changement.
Ceci dit, ce nom, qui a été - et reste - contesté (1), est difficile à utiliser. Il y a les journalistes qui ont choisi de dire "LR" pour ne pas utiliser un qualificatif considéré comme usurpé, mais qui ne savent pas s'il faut dire "LR se réunit aujourd'hui" ou "LR se réunissent aujourd'hui" et il y a ceux qui - comme tout à l'heure sur France Inter - sont amenés à présenter un "sénateur Les Républicains". Il paraît que le ridicule ne tue pas. Mais quand même...

(1) sur ce blog: "Chez Nico, bar - petite restauration", 16 avril 2015.

mardi 5 juin 2012

Radio Confession

L'ancien président de la République française, "le président irréprochable" selon son club d'amis, avait suscité, en son temps, un tollé en désignant lui-même les responsables des médias publics. C'est ainsi que Jean-Luc Hees est directeur de Radio France. Il a lui-même nommé Philippe Val directeur de France Inter. Certains s'en sont émus, craignant le pire de l'ancien patron de Charlie Hebdo. En fait, on en a aujourd'hui le meilleur. 
Et notamment cette très courte émission intitulée "A votre écoute, coûte que coûte" (1). Un couple, Margaret et Philippe de Beaulieu, tente de soigner les maux des auditeurs. Leur slogan: anima sana in corpore sano. Le corps, c'est lui, le médecin. L'esprit, c'est elle, la psychothérapeute. 
Enfin, une émission qui donne la parole à des personnes qui ont des valeurs, des vraies et qui savent les faire respecter. Ils ont le sens de la famille, de la foi (la seule, la vraie), ils osent rappeler qu'un couple, c'est un homme et une femme et que la fonction première de ce couple est, d'abord et avant tout, la procréation. Ils n'hésitent pas à remettre leurs auditeurs à leur place, à rappeler qu'ils sont, eux, les experts et que ce sont eux et eux seuls qui sont capables de poser un diagnostic. Il se trouve enfin sur une antenne française, publique de surcroît, des personnes qui ont encore de vraies valeurs morales. En ces temps où la mondialisation nous fait perdre tous nos repères et nous tire vers le bas, "A votre écoute" est une émission déjà devenue indispensable. Espérons que la gauche, dont le laxisme est légendaire, maintiendra cette émission salutaire. On oserait dire salvatrice.

(1) du lundi au vendredi, de 12h20 à 12h30, sur France Inter

lundi 16 avril 2012

Une page de publiphobie

Vacances en France. On se désintoxique de la télé et on écoute plus quotidiennement encore que d'habitude France Inter. On ne s'étendra pas ici sur la qualité - indéniable - des programmes de la chaîne généraliste publique, mais quand on retrouve sa petite sœur belge, la Première, ce qui saute à l'oreille c'est que cette dernière ressemble à une vulgaire chaîne commerciale. Ses programmes sont truffés de pubs aussi agressives qu'intrusives. Les pubs s'installent n'importe où, coupent en morceaux les émissions. Sans respect pour les présentateurs, leurs invités, leurs auditeurs.
Un exemple ce lundi: dans le Forum de Midi, Fabienne Vande Meerssche se penche sur les problèmes de la STIB. Pour ce faire, elle reçoit différents invités et dialogue avec les auditeurs. Mais, régulièrement, elle se voit forcée de leur proposer de "se retrouver après ceci". "Ceci" étant une page de pub. Ces pubs qui nous prennent pour des cons trouvent difficilement leur place dans des émissions qui parient sur notre intelligence. Avec France Inter, on écoute vraiment la différence. On prolonge alors ses vacances.

jeudi 16 septembre 2010

Mépris et humour

A voir Nicolas Sarkozy afficher au Sommet de Bruxelles tout le mépris qu'il a pour l'Union européenne qui lui reproche son attitude vis-à-vis des Roms, on songe à Bart De Wever. L'un n'a aucun respect pour l'Europe, l'autre pour les francophones. L'un et l'autre ne parlent qu'à leurs électeurs. Et on se dit qu'il faudrait, en Belgique comme en Europe, que les circonscriptions électorales soient élargies. Que les candidats soient obligés d'aller voir au-delà de leur pré un peu trop carré. Il y a quelque chose de pourri au royaume de la démocratie. La démocratie est un mauvais système, mais le moins mauvais de tous les systèmes, disait Churchill.
Le thème du Sommet de Bruxelles était: "comment améliorer l'image de l'Union européenne à l'étranger?". On voit que la question mérite d'être posée.

Et ceci qui n'a rien à voir. Dans Télérama du 1er septembre, Laurence Bloch, responsable de l'antenne de France Inter (venue de France Culture où elle était directrice adjointe) revient sur l'éviction de Guillon et de Porte. Elle pense qu'ils "avaient poussé très loin les limites" et qu'ils maintenaient l'équipe de la matinale "sous pression". "La vraie question, c'est pourquoi la parole d'humoristes apparaît aujourd'hui à beaucoup comme la seul légitime." Une vraie question, en effet (voir sur ce blog "Rire jaune" en date du 25 juin dernier).

vendredi 25 juin 2010

Rire jaune

Le difficile exercice de l'humour... Didier Porte et Stéphane Guillon viennent d'en faire les frais. Les voilà congédiés de France Inter.
Les arguments avancés par les différentes parties pour se justifier ou se défendre ne sont guère, à mon humble sens, convaincants. D'un côté comme de l'autre. Philippe Val, directeur de France Inter, estime que l'humour n'a pas sa place dans la tranche d'info du matin. Une explication qui n'en est évidemment pas. Toutes les radios ont la leur. Et France Inter en particulier. Stéphane Guillon rétorque qu'on ne vire pas quelqu'un qui fait une audience de deux millions d'auditeurs. Si les chiffres d'audience deviennent la référence ultime, on pourrait alors considérer le foot comme plus intéressant que Molière ou Handke et "Bienvenue chez les Ch'tis" aurait dû recevoir sept oscars.
J'avoue qu'il y a longtemps que je n'avais plus écouté ni Porte ni Guillon. Je les trouvais drôles, vifs, vigoureux dirais-je, féroces souvent. J'appréciais leur style, leurs formules, leur maîtrise de la langue. Mais le ton devenait trop souvent, à mon sens, plus que féroce, méchant et blessant. Volontairement. De l'humour de boxeur. On sentait bien depuis un bon moment qu'on était dans la surenchère et on se doutait quelle serait l'issue du bras de fer entre eux et la paire Hees-Val, à la tête de Radio France et de France Inter. Dans ce combat, c'est toujours le directeur qui finira par craquer et qui perdra. A tous les coups. Accusé de censurer la liberté d'expression, de protéger le pouvoir. A tort ou à raison.
Ce midi, à la fin du "Fou du roi", sur France Inter, il en était encore question. Un intervenant (que je n'ai pas identifié) affirmait que virer un humoriste de la radio parce qu'il fait de l'humour serait comme virer d'une école de chant une chanteuse parce qu'elle y chante. La comparaison me semble trop facile et impropre. Ce serait plutôt comme virer une chanteuse d'un opéra parce qu'elle chante faux. Le tout étant, je suis bien d'accord, de se mettre d'accord sur ce qu'on considère comme faux.
Voilà Val poursuivi par le syndrôme Siné qu'il a viré de Charlie Hebdo quand il en assumait la direction. A force de taper sur tout et tout le monde, Siné en avait fini par ne plus être drôle. Mais la censure ne rapporte rien au censeur. Elle sert bien le censuré. Siné a lancé son hebdo avec l'aide de nombreux autres humoristes. Les salles de Guillon et Porte seront encore plus pleines.
On peut rire de tout, disait Desproges (qui n'a jamais donné dans l'humour un peu populiste et parfois trop facile auquel on a affaire ici). Mais pas avec n'importe qui, a-t-il ajouté en recevant Le Pen au Tribunal des Flagrants Délires. La question ici, c'est: peut-on rire et faire rire n'importe comment? Quelles sont les limites de l'humour? Quand devient-il insultant? Ou agressif? Ou con malgré son semblant d'intelligence? Il est toujours plus facile d'être du côté des moqueurs. C'est moi qui le dis. Aujourd'hui, j'imagine que le politiquement correct doit consister à défendre les politiquement incorrects. Je ne défend pas Hees et Val, mais je n'arrive pas à être politiquement correct.
Une citation de Montaigne pour terminer, à l'adresse tant des humoristes que de ceux qui les ont virés et de ceux qu'ils brocardent: "Sur le plus beau trône du monde, on n'est jamais assis que sur son cul".