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mardi 19 décembre 2023

Une vieille affaire

On n'entend plus parler de dégagisme.
Vladimir Poutine vient d'annoncer qu'il sera l'an prochain candidat à sa propre succession à la tête de l'empire russe. Le tsar est au pouvoir - à la tête du pays ou du gouvernement - depuis 1999, vingt-quatre ans donc, et il a annoncé il y a quelques années qu'il entendait y rester jusqu'en 2036. On s'interroge : est-ce un signe de faiblesse ? On est déçu. On aurait aimé qu'il y reste jusqu'en 2052, l'année où il fêtera ses cent ans. Il est immortel, si puissant si viril. Les années n'ont pas prise sur lui. Et il a tant de guerres à mener encore. Voilà qu'il montre ses muscles à présent face à la Finlande qui rejoint l'OTAN. En attendant, il sera donc candidat à la présidence russe l'an prochain. Il aura alors 72 ans. Visiblement, il est dans la force de l'âge. De l'âge politique si l'on en croit ce qu'on lit un peu partout.
Dans un an, les Etats-Unis éliront un nouveau président. Il aura 78 ans (Trump) ou 82 ans (Biden).
A 69 ans, Abdel Fattah Al-Sissi vient d'être réélu ce dimanche à un troisième mandat présidentiel à la tête de l'Egypte. Paul Bya a 90 ans. Dans un mois, il fêtera ses quarante ans à la présidence du Cameroun.
A 88 ans, Mahmoud Abbas préside encore et toujours l'Autorité palestinienne. Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a 78 ans, le même âge que son collègue brésilien Luiz Inácio Lula da Silva. Xi Jinping en a 70, Denis Sassou-Nguesso, président du Congo Brazzaville, a 80 ans. Ali Hossaini Khamenei préside l'Iran depuis 34 ans, il en a 84. Benyamin Netanyahou a 74 ans.
En Belgique aussi, on est convaincu que l'expérience seule peut faire un bon élu et que plus on en a, plus on est indispensable. 
Elio Di Rupo a occupé depuis 1987 toutes les fonctions parlementaires et ministérielles imaginables. Il sera tête de liste du PS aux élections européennes de 2024. Il aura alors 73 ans.
Richard Miller, ancien parlementaire, ancien ministre, sera peut-être candidat aux régionales de juin, il le sera en tout cas aux élections communales d'Anderlecht sur la liste MR à l'automne prochain. Il aura alors 70 ans.
Didier Reynders, lui, est un jeunot. Après la fin de son mandat de commissaire européen, l'an prochain, il se verrait bien reprendre la présidence de son parti, le MR. Il n'aura que 66 ans.
En France, de nombreux observateurs pensent que Jean-Luc Mélenchon ne pourra s'empêcher de se porter candidat à l'élection présidentielle de 2027. Il sera alors âgé de près de 76 ans. 
Les jeunes croient de moins en moins en la politique, nous dit-on. Etonnant, non ?

Post-scriptum (20.12) : Le conseil d'administration de l'Institut du Monde arabe à Paris a décidé que son président, Jack Lang, effectuerait un nouveau mandat à sa tête : le quatrième. Le président de la République doit encore se prononcer. L'ancien ministre de la Culture, âgé de 84 ans, attend la décision "avec un mélange de flegme et d'inquiétude", écrit Le Figaro. «Être renouvelé pour trois ans, ce n'est pas grand-chose et permettrait d'achever ce que j'ai à faire.» L'argument de tous les politiques accros au pouvoir, incapables de décrocher. 

lundi 27 août 2018

Le triste temps des suffisants

Où que ce soit, la politique offre ces derniers temps un spectacle lamentable.
En France, l'affaire Bennala (du nom de ce membre du cabinet d'Emmanuel Macron, chargé de sa sécurité, qui a tabassé deux jeunes lors d'une manifestation) nous démontre qu'il faut être bien naïf pour croire les candidats aux élections qui nous promettent une République exemplaire, un Etat irréprochable, des institutions intègres. Et l'attitude arrogante du président Macron à ce propos ("Qu'ils viennent me chercher") accentue son image d'héritier de Louis XIV.
En Italie, du haut de son extrême prétention, le ministre Salvini, inculpé pour séquestration de personnes et abus de pouvoir pour avoir pris en otages des migrants coincés sur un bateau, affirme que les juges ne pouront s'opposer "à la volonté de soixante millions d'Italiens". Un responsable politique qui confond ses opinions avec celles de l'ensemble de ses compatriotes a perdu la tête (et n'a plus les pieds sur terre).
Le tsar russe Vladimir Poutine s'est installé depuis longtemps (et pour longtemps sans doute) comme le champion toutes catégories du cynisme et de l'absence d'émotion.
En Turquie, le sultan Erdogan ne voit que l'étranger comme responsable de la situation économique catastrophique dans laquelle il a plongé son pays.
Au Nicaragua, l'ex-guérillero Ortega est devenu un dictateur comme un autre. Comme son quasi voisin Maduro au Venezuela.
Dans plusieurs pays d'Europe centrale et de l'est, les seules politiques qui soient menées sont celles du rejet, voire de la haine, de l'étranger et du repli sur soi.
Aux Etats-Unis, Ubu Trump affirme que son pays s'effondrera s'il devait être destitué, que l'Amérique ne peut se passer de son remarquable cerveau.

Pendant ce temps en France, Jean-Luc MélenChe annonce qu'il entend faire des élections européennes de 2019 "un référendum anti-Macron". Démontrant par là que l'Union européenne est décidément bien difficile à construire, ses élections étant partout réduites à des tests nationaux. Ces élections européennes devraient être l'occasion d'affirmer - et surtout de mettre en œuvre - des priorités:  la création d'une véritable Union européenne et la définition de plus encore de politiques communes, les moyens de mener une lutte radicale contre le réchauffement climatique (dont plus personne ne conteste les effets catastrophiques mais que personne n'affronte), les conditions et l'organisation de l'accueil des demandeurs d'asile, une politique commune pour le respect des droits humains  (y compris économiques) dans les pays de départ des migrants.
Mais on sent bien que ces élections seront avant tout des tests de popularité pour les suffisants qui s'y affronteront. Prouvant ainsi combien ils sont insuffisants en vision à moyen terme, insuffisants à distinguer les priorités, insuffisants à prendre leurs responsabilités.

Post-scriptum: cette fois, ça y est: la révolution est en marche, la VIe République est sur les rails. Fini le temps des présidents, voici le temps des chattes impératrices :
https://www.huffingtonpost.fr/2018/08/27/melenchon-presente-le-chat-recueilli-par-son-equipe-a-marseille_a_23510316/?utm_hp_ref=fr-homepage
Sacré Jean-Luc !

samedi 2 juin 2018

La langue de bois de vigne

"Cette cuvée harmonieuse exprime la patience et la délicatesse nécessaire pour comprendre les terroirs et tenter de trouver le juste équilibre entre fruits mûrs et fraicheur aromatique. Un vin idéal pour l'accompagnement unique d'un repas."
Il y a des vignerons qui pourraient faire de la politique. La présentation de ce vin ressemble à celle d'un candidat aux élections. Ici, elle s'applique à un Saumur-Champigny, mais pourrait tout autant l'être à un Gaillac, un Jurançon, un Graves, un Beaujolais ou un Gewurtzraminer.
C'est joliment écrit, pas déplaisant à lire, mais ça ne dit rien que des banalités.

jeudi 17 décembre 2015

De si gentils électeurs

Dans le village  où j'habite, aux confins du Berry, du Poitou et du Limousin, c'est le Front Le Pen qui est arrivé en tête tant au premier qu'au deuxième tour. Ici, les seuls étrangers, à des kilomètres à la ronde, sont des Anglais et quelques Néerlandais qui ont une résidence secondaire dans le coin. Ici, l'insécurité, on ne la connaît que par les télés nationales. Ici, le conseiller municipal néerlandais organise durant les mois d'été des rencontres de pétanque entre les habitants. Il déplore qu'elles n'attirent que les étrangers, les gens du cru les boudent. Ici, personne ne connaît les candidats du F.N., mais 82 électeurs sur 200 votants ont choisi les représentants de Marine Le Pen.
Dans le village voisin, le maire UMP est reconnu comme un actif, même s'il a la réputation de décider seul. Il a attiré dans sa localité quelques entreprises et un centre d'accueil pour personnes handicapées, fait installer un champ de panneaux photovoltaïques, rénové le moulin à eau, créé un musée, aménagé et équipé le plan d'eau en espace de détente, équipé un bâtiment communal en boucherie pour y attirer un artisan, fait venir une médecin de Roumanie. Mais, peu importe, les habitants de ce village ont choisi, au premier tour, le Front familial.
Alors, qu'est-ce qui explique un tel choix? Le chômage sans doute pour certains. Mais pour les autres? La peur? Mais de quoi? Peut-être la peur d'avoir peur. 
Dans les communes rurales, écrit Antonio Fischetti (1), 15% des personnes se disent préoccupées par les violences urbaines... alors qu'elles ne sont que 7% à les craindre dans les grandes villes, où ces violences sont bien plus présentes." Et de citer le démographe Hervé Le Bras: "plus les personnes vivent loin des banlieues populaires où se produisent des violences urbaines, plus elles en ont peur."

Beaucoup d'analystes dédouannent les électeurs du FN, les considérant dans leur grande majorité comme des abandonnés "du système". Même si les faits disent autre chose, même si le soi disant système les prend en compte. On a l'impression que le F.N. rassemble ceux qui râlent, ceux qui en ont marre, sans trop savoir de quoi. Marre de tout, des impôts, des radars routiers, du prix de la viande, des élus, du temps qu'il fait, de celui qu'il fera. C'est le vote café du commerce.
Le vote F.N. n'est pas le même dans le nord et dans le sud. Evidemment, l'industrie du Nord - Pas de Calais est sinistrée, les mines de charbon sont fermées depuis longtemps, l'industrie textile a migré et tout le monde achète des vêtement fabriqués au Bangladesh ou au Vietnam. Et certaines familles connaissent le chômage depuis deux, si pas trois générations. Mais l'image du Nord, de Lille s'est totalement et positivement renouvelée. Notamment grâce à la culture. La création du Louvre-Lens, par exemple, témoigne du souci de l'Etat d'investir dans ces régions et, même si elle ne peut tout résoudre à elle seule, cette réussite est jusqu'ici porteuse d'espoir. Et bien sûr, il faut en faire plus, beaucoup plus. C'est l'affaire des politiques et du privé, en ouvrant plus encore vers l'extérieur cette région frontalière plutôt que de refermer les frontières.
Dans le sud, ils sont nombreux les nantis qui votent pour le F.N. parce que c'est le parti des murs, de ceux qu'ils aimeraient bâtir tant autour de leur propriété qu'aux frontières de l'Etat. C'est le parti de ceux qui ne veulent voir qu'eux, ne rien donner, tout recevoir.
Et puis, il y a les cathos intégristes, ceux de la dite Manif pour tous, qui sont contre le mariage des couples homos, contre les plannings familiaux, contre l'égalité homme-femme. Ceux qui rêvent d'un retour de bâton de maréchal à la modernité.
Bref, on peut évidemment comprendre beaucoup de choses, admettre que trop d'élus dans différents partis sont dans des stratégies politiciennes, voire personnelles, que trop de promesses n'ont jamais été tenues, qu'on n'investit toujours pas assez dans le social, dans l'éducation, dans la culture, mais tout cela justifie-t-il le soutien à un parti dangereux pour la démocratie? Le F.N. apparaît comme le parti des râleurs et des réacs, des abandonnés et des nantis, de ceux qui sont contre par principe, de ceux qui pensent que la politique, c'est simple. Qu'il suffit de fermer les frontières et ses volets, de quitter l'euro et l'Europe, de regarder en arrière et de se mettre la tête dans le sable pour voir l'avenir en rose. 

Et puis, il y a les non-électeurs, ceux qui laissent les autres décider à leur place, même si c'est pour choisir l'extrême droite. Parce qu'ils estiment que tout ce qui ne va pas est de la faute du gouvernement, des gouvernements successifs, n'imaginant pas que l'évolution de la société est aussi le fait des entreprises, des indépendants, des associations, des citoyens. Pour eux (je l'ai entendu plus d'une fois), les politiques, de gauche comme de droite, n'ont rien fait depuis quarante ans (certains remontent, allez savoir pourquoi, jusqu'à quarante-cinq ans). Pourtant, la France est un Etat qui fonctionne, avec un système de sécurité sociale performant, d'excellentes écoles, des hôpitaux et des services sociaux efficaces, des infrastructures de transport modernes, un système judiciaire et des forces de l'ordre à la hauteur, un important parc de logements sociaux, des centres culturels et des salles de sport même dans les petites villes, un régime de travail de trente-cinq heures par semaine, une retraite à soixante-deux ans, etc. Tout cela, évidemment toujours perfectible, existerait difficilement si les politiques ne prenaient pas de décisions et ne faisaient vraiment rien pour faire évoluer la société. Mais il est sans doute plus simple de jeter le bébé avec l'eau du bain. On est ensuite plus tranquille. Mais très seul. Et Gros-Jean comme devant.

(1) "Idées reçues sur l'électeur FN", Charlie Hebdo, 16 décembre 2015.
voir la carte des communes de France indiquant, commune par commune, quelle liste est arrivée en tête:
http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/12/14/elections-regionales-quelle-liste-est-arrivee-en-tete-dans-votre-commune-au-second-tour_4831192_4355770.html

mardi 17 janvier 2012

Les dessous de la politique

Comment va la politique? Elle se dévoile. Elle est affaire de strip-teaseurs, de vedettes de variétés et de sportifs.
Ils ont constamment besoin qu'on parle d'eux. Besoin d'être vus. D'être reconnus. Dans les deux sens du terme. Et pas d'abord pour leurs idées. En tout cas, c'est de leur physique qu'ils usent - et même abusent - pour plaire.
On a vu Elio Di Rupo en maillot rouge (faute de noeud papillon), exhibant son corps sans âge à l'inauguration de la piscine de sa ville.
On a vu Rudy Demotte jouant les maillots jaunes pour annoncer que le Tour de France fera étape dans sa ville (future, maisc'estcommesic'étaitfait).
Et voilà que l'on vient de voir le député-bourgmestre d'Estaimpuis interpréter en slip devant le personnel de sa commune "Tout nu et tout bronzé". Il n'en était pas à sa première exhibition, nous dit-on.
On ne sait où ils s'arrêteront, s'ils se sont fixés des limites, si le vade-mecum du parfait maïeur socialiste prescrit ce type d'attitude.
Quand il a envisagé de se porter candidat à la présidence française, Coluche s'était fait photographier nu, avec une plume dans le derrière. Finalement, il n'était pas dans la caricature.
Le populisme a de beaux jours devant lui. Mais la politique?

Lire aussi "Daniel fait du jogging", billet du 14.11.2010
et "L'Hercule picard", du 6.10.2010

mardi 10 janvier 2012

Souliers d'or

Les ministres sont trop bien payés. C'est un scandale. C'est ce qu'on entend dire au Café du Commerce. Ceux qui crient haro sur les baudets sont parfois les mêmes qui se réjouissent de dépenser une petite fortune pour s'offrir une place dans un stade ou une salle de concert pour assister à la prestation d'une star qui gagne cinq, dix, cent ou trois cents fois plus qu'un ministre. Sans exercer d'autre responsabilité que celle de respecter son public. Ce qui n'est d'ailleurs pas toujours le cas.
Le footballeur Lionel Messi vient d'être, à nouveau, consacré meilleur joueur du monde. On apprend à cette occasion qu'il gagne 33 millions d'euros par an. Soit 250 fois plus que ce que gagne un ministre à 11.000 € par mois. En prestant publiquement 1h30 à 3 heures par semaine.
David Beckham, s'il avait rejoint le PSG, aurait touché, nous dit-on, 800.000 euros par mois. Soit, grosso modo, 80 fois plus qu'un ministre.
Il est des ministres qui gagnent moins que des administrateurs généraux de sociétés parapubliques, bien moins que de nombreux PDG du privé. Mais les ministres et l'ensemble de la classe politique seront toujours trop bien payés, aux yeux de certains.
"A rebours de nombreux clichés, écrit Paul Piret (1), le nouveau point effectué sur les rétributions de nos politiques confirme que les ministres et élus ne sont pas abusivement payés au regard de fonctions aux responsabilités comparables, y compris dans la nébuleuse parapublique dont les dirigeants gagnent régulièrement plus que leurs ministres de tutelle."
On connaît des parlementaires qui n'ont durant leur mandat exercé que cette seule fonction, durant 60 à 70 heures par semaine, qui ont calculé que, ce faisant, en défalquant les impôts payés sur ces revenus et les rétrocessions à leur parti, ils gagnaient quelque 10 euros de l'heure. Ce qui n'est pas cher payé. D'autant qu'à la fin de leur mandat, ayant abandonné leurs précédentes fonctions professionnelles, ils se retrouvaient gros-jean comme devant. Ce qui, on en convient aussi aisément, n'est pas une situation souhaitable. Sans droit au chômage.
Ce qui n'empêche pas, comme le suggère Paul Piret, qu'il faille mettre de l'ordre dans les avantages injustifiés dont bénéficient les présidents d'assemblées et de commissions. Ou encore les députés provinciaux ou les administrateurs d'intercommunales. On ajoutera qu'il serait temps de mettre fin aux cumuls de mandats. Et aux recasages amicaux d'anciens élus.
Résumons-nous: il serait heureux que les salaires soient justes.

(1) "Mieux payer les politiques", LLB, 29 décembre 2011
Voir aussi "Abonnés à Cumul+", billet du 28.10.2011

samedi 4 septembre 2010

LA politique et LA télé

A un moment, elles étaient quatre sur le plateau du JT de la RTBF ce 3 septembre - et rien que quatre - pour commenter la crise. Deux journalistes, Nathalie Maleux et Johanne Montay, accueillaient deux politiques, Laurette Onkelinx et Joëlle Milquet. On voit par là que la politique et son traitement à la télé ont bien changé. Il y a vingt ans encore, on n'y aurait vu exclusivement que des hommes en cravate.

mercredi 11 novembre 2009

Elise et Nous

Je me rends compte que je n'ai jamais parlé ici du spectacle-animation "Elise et Nous" que j'ai écrit et que je joue avec mes comparses de la Cie du Tocsin.
Comme on n'est jamais si bien servi que par soi-même...

SPECTACLE – ANIMATION
ELISE ET NOUS
Faux candidats, vrais discours

Le spectacle « Elise et Nous » consiste en un débat entre trois candidats aux élections : une candidate défendant le programme de l’extrême droite et deux candidats démocrates mêlant des éléments de programmes des quatre principaux partis démocratiques francophones : l’un joue beaucoup sur le registre de la séduction, alors que l’autre est un homme de chiffres et de dossiers, peu charismatique.
Le spectacle aborde les motivations de l’engagement politique, les thèmes de l’emploi, de l’insécurité et de la violence, du réchauffement climatique, de la multiculturalité et de l’immigration, de l’impôt, de l’Europe, de la mondialisation.

A l’issue du spectacle, les spectateurs sont invités à voter pour le candidat de leur choix.
Une fois les votes dépouillés a lieu un débat entre les membres du public sur les critères de choix et de rejet, le sens de l’engagement politique, le lien entre élus et électeurs, etc.
Ce spectacle-animation a donc pour objectif de mettre les spectateurs en situation d’assister à un débat politique entre candidats, d’effectuer un choix entre eux par un vote formel, de participer au dépouillement, de débattre ensuite de leurs choix, de leurs attentes par rapport au (à la) politique, de différents thèmes politiques, etc.
Le spectacle a clairement pour finalité d’amener les spectateurs à agir en citoyens plus critiques, de leur permettre d’effectuer un choix réfléchi lors des élections, de se positionner par rapport à diverses thématiques socio-politiques.

PUBLIC VISE
- des étudiants de la fin du secondaire (5e et 6e années, tous types d’enseignement) et de l’enseignement supérieur ;
- des adultes dans le domaine de l’éducation permanente.
Le spectacle a été joué plus de trente fois de la mi-janvier au début juin 2009, dans des écoles ou des centres culturels pour un public scolaire (secondaires - enseignement général, technique et professionnel – et supérieur - sections Communication, Tourisme, Education spécialisée) et dans le domaine de l’éducation permanente (maisons des jeunes, adultes en formation, militants syndicaux, enseignants et parents, grand public, etc.).
A chaque représentation, les spectateurs ont été réactifs. Applaudissements, rires, huées, réactions de désaccord, questions parfois, voire invectives ont régulièrement fusé. Les spectateurs ont fait leur choix d’électeurs.

UNE CO-PRODUCTION
Le spectacle est une création de la Compagnie du Tocsin (Fabienne Jacquemin, Jacques Guilbert, Michel Guilbert) constituée pour l’occasion.
Il est l’émanation d’une co-production qui réunit :
- le Foyer Culturel de St-Ghislain;
- la Confédération Parascolaire Hainaut (Lessines);
- le CIEP (Centre d’Information et d’Education populaire - MOC).
Avec l'aide de No Télé et de la Communauté française de Belgique.

« Du théâtre pour voter malin » (Le Ligueur, 04.02.09)

« Appelés à développer différents sujets, la multiculturalité, l’économie, la mondialisation ou encore le temps de travail, ils évitent les pièges de la caricature. Ni le texte ni la mise en scène ne force le trait des politiciens impliqués. » (Le Courrier de l’Escaut, 22.01.09)

« L’originalité est que le public participe activement, en votant pour son candidat favori. » « Une manière concrète d’offrir aux jeunes spectateurs la possibilité de décoder le discours politique. » (No Télé, 06.06.09 et 21.01.09)

Envie de programmer le spectacle?
Confédération parascolaire Hainaut: 068 33 26 65 - cpht@skynet.be
Plus d'infos sur www.foyerculturelsaintghislain.be

mercredi 28 février 2007

Elio et Ecolo sont dans un bateau

Faut-il 1/ en rire ou 2/ en pleurer ? Tapez 1 !

Elio Di Rupo vient de découvrir, en février 2007, l’écologie. Le président du PS a tenu à préciser que ce n’est pas le parti Ecolo qui lui a permis de faire cette découverte. Depuis vingt-cinq ans, il n’a vu ni entendu les Ecolos, Greenpeace, le WWF, Inter-Environnement, les environnementalistes et les scientifiques. Non, tel Paul Claudel découvrant Dieu derrière un pilier de la cathédrale de Paris, c’est en regardant Ushuaïa que Di Rupo a eu la révélation.
Il raconte lui-même sa conversion :
« J’étais assis tranquillement dans mon salon vert, près du second pilier à l’entrée du vestibule, à droite du côté de la cuisine. Et c’est alors que se produisit l’événement qui domine toute ma vie.
En un instant, mon cœur fut touché et je crus. Je crus, d’une telle force d’adhésion, d’un tel soulèvement de tout mon être, d’une conviction si puissante, d’une telle certitude ne laissant place à aucune espèce de doute que, depuis, tous les livres, tous les raisonnements, tous les hasards d’une vie agitée, n’ont pu ébranler ma foi, ni, à vrai dire, la toucher. J’avais eu tout à coup le sentiment déchirant de l’urgence d’une écologie à visage humain, une révélation ineffable. » (1)
Le président du PS, du gouvernement wallon et de la ville de Mons s’est empressé de courir à Paris rencontrer Nicolas Hulot. Il en est revenu transfiguré et a aussitôt réuni ses 111 bourgmestres pour leur remettre les tables de la loi.
Désormais, chaque commune socialiste à visage humain réduira la consommation énergétique de son administration communale, ne construira plus de nouveaux bâtiments « énergivores », offrira des conseils pratiques à ses citoyens relatifs aux économie d’énergie, etc. Bref, quelques mesures totalement révolutionnaires que jamais au grand jamais aucun écologiste d’aucun pays n’aurait bien sûr songé à proposer et, encore moins, à appliquer.
La foi soulève les montagnes…

Michel Guilbert, écologiste à visage inhumain
(1) d'après Paul Claudel