jeudi 16 octobre 2008

Pendant la crise, les affaires continuent (mais jusque quand?)

Business as usual, malgré la grave crise financière que nous traversons (sera-ce une traversée du désert - et de quelle taille est-il? - ou du miroir?). On apprend que le promoteur du projet Snow Games à Lessines a entrepris les travaux de remblaiement d'une gigantesque carrière actuellement sous eau, pour y créer un parking pour 750 voitures. Sans rire, il nous explique que son "produit" (des pistes de ski sur neige artificielle) sera d'autant plus rentable que la crise sera importante. C'est le même architecte qui avait déjà affirmé que ses pistes de ski offriraient une belle alternative au moindre enneigement des stations alpines. Autrement dit: vive le réchauffement climatique, c'est tout bénéfice pour mon projet de beauf ! Le cynisme capitaliste, à défaut de beaux jours devant lui, a de la suffisance à revendre.
De son côté, le Ministre wallon de l'Aménagement du Territoire affirme que, coûte que coûte, il fera du projet Cora à Mouscron/Estaimpuis une réalité, malgré les avis négatifs du Conseil d'Etat qui donne raison aux riverains. Il est prêt à légiférer pour éviter ces empêcheurs d'investir en rond. Et voilà qu'on apprend que, face au site convoité par Cora, se créerait une autre grande zone commerciale, "pour répondre aux besoins des entreprises et aux demandes des consommateurs". Les consommateurs, c'est nous. Nous qui restons bien sûr demandeurs de prendre notre voiture pour aller acheter à plusieurs kilomètres de chez nous des produits de merde dont nous n'avons aucun besoin.
Le même ministre de l'Aménagement du Territoire a aussi dans ses fonctions (on n'oserait dire : dans ses compétences) les Transports. A ce titre, il déplore la décision du Gouvernement fédéral de taxer les billets d'avion. Le souci de l'économie capitaliste passe avant celui du réchauffement climatique et des économies d'énergie pour ce grand humaniste d'André Antoine.
Au niveau européen, certains pays, Pologne et Italie en tête, entendent remettre en question les engagements des 27 en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Il faut d'abord redresser l'économie, estiment-ils. Ces espèces de chevaux de trait qui avancent avec des oeillères, le regard sur leurs sabots, ne peuvent voir que cette économie a précisément montré toutes ces limites et ses dangers, qu'elle est à l'origine de l'étouffement de la planète, qu'il est urgentissime d'en changer et que les économies d'energie sont, justement l'un des moyens de limiter la casse. Le capitalisme a le front bas. (1)
Y a-t-il encore l'un ou l'autre pilote dans le bateau ivre dans lequel nous sommes embarqués?
Est-il rassurant de se dire que, à cause du réchauffement climatique, on ne risque pas de heurter un iceberg?
(1) Ils nous vendront la corde pour les pendre, disait Lénine, cité par Bernard Maris dans Charlie Hebdo de ce 15 octobre.
Le même Bernard Maris conclue son excellent article d'explication de la crise actuelle en constatant que "au nom de la crise, le Grenelle de l'environnement passe à la trappe. Or la crise écologique n'est qu'une conséquence de la crise financière, de la démesure, de la cupidité et de l'hubris des banquiers. La crise redistribue les cartes, mais le mistigri ira aux écolos."

lundi 6 octobre 2008

Les anti-éoliennes font beaucoup de vent

Difficile d'échapper aux opposants aux éoliennes en ce moment. Ce soir, déjà assez énervé par un sujet précédent (1), je fuis No Télé devant les arguments d'un anti-éolien de Leuze. Je zappe sur FR3 pour suivre les infos régionales. Et je tombe sur un sujet sur les anti-éoliens... J'ai coupé la télé.
Le Leuzois que j'ai esquivé estimait que les éoliennes coûtent une fortune à la collectivité en termes de certificats verts. S'insurge-t-il sur le coût bien plus ENORME des centrales nucléaires que nous payons tous? Parce que, aujourd'hui, d'un sujet à l'autre, un des arguments principaux de ceux qui s'opposent aux moulins à vent, c'est que ceux-ci rapportent de l'argent à quelques-uns. Je ne le conteste pas et j'admets volontiers que certains entrepreneurs ont flairé l'aubaine et espèrent installer des éoliennes un peu n'importe où. Mais les mêmes opposants n'ont jamais protesté, que je sache, contre Electrabel, gigantesque groupe privé très longtemps monopolitisque, qui s'est généré des bénéfices gargantuesques en nous faisant payer très cher son (notre) électricité nucléaire! Les nimbystes se découvrent, brusquement, des sentiments de protecteurs de la collectivité (pour un peu, on les croirait communistes - non, je rigole!) qui cachent mal leurs points de vue très personnels, très (trop) souvent réduits à l'esthétique. Les éoliennes gâchent leur paysage. Les mêmes ne se sont évidemment jamais demandé si leur maison est "belle", si les pylônes qui transportent l'électricité nucléaire sont élégants ou si l'avenir qu'ils espèrent pour les enfants (et ceux des autres) est lumineux.
Il faut dire qu'ils sentent bien qu'ils ont le soutien de leurs bourgmestres: ceux d'Antoing, de Brunehaut et de Tournai ont déposé un recours contre un projet d'éoliennes aux confins de leurs trois communes. "Il faut réfléchir", dit Pierre Wacquier, bourgmestre de Brunehaut, qui en veut bien chez lui, mais, désolé, "franchement, je ne vois pas où à Brunehaut. Notre territoire n'est pas bien grand." N'y voyez aucun nimbysme, bien sûr. D'autant qu'il "ne mène pas un combat contre les énergies renouvelables. Bien au contraire!" C'est pas que je ne veux pas, mais je ne peux pas! Son collègue tournaisien, Christian Massy, estime que "il n'y a pas le feu au lac, puisque la Wallonie a déjà dépassé les objectifs européens en matière d'énergie renouvelable." Manque de bol pour lui: trois jours après ces courageuses déclarations, l'Union européenne décidait de faire passer de 6 à 20% la part des énergies renouvelables. Le bourgmestre de Brunehaut va jusqu'à refuser le projet d'un agriculteur qui voudrait, grâce à une éolienne domestique de 18 m, produire l'électricité nécessaire à son entreprise agricole. Le bourgmestre s'y oppose, arguant de la proximité... d'une voie lente (attendue depuis plus de dix ans). On notera que le long de cette future voie lente s'élève depuis longtemps un pylône GSM au moins aussi haut.
Mais, on l'a compris, les bourgmestres, c'est comme les éoliennes: ça tourne avec le vent. Si des riverains sont contre, ils le sont aussi. Une voix, c'est toujours bon à prendre. Et le subjectif prend le dessus. On sent bien que ce n'est pas l'intérêt collectif qui compte, juste le sentiment de riverains qui trouvent qu'une éolienne "c'est pas beau" et que de ce fait leur maison va perdre de la valeur.
Dans "Le divorce français", le journaliste François de Closets pointe ces politiques qui suivent l'opinion publique: "C'est parce que le peuple peut se tromper que les élites doivent avoir le courage de prendre des décisions impopulaires. Si vous ne prenez pas de décision impopulaire, vous ne gouvernez pas."
Chez nous, ne cherchez pas "l'élite", elle se fond dans le peuple. Non aux éoliennes, mais oui au centre de glisse, soi-disant créateur d'emplois, gaspilleur d'eau, d'énergie et de nature et générateur de CO2. C'est qu'une élection, ça se mérite chaque jour!

(1) un ministre-présidents (je ne citerai pas son nom) serrant les mains de manifestants protestant contre le coût de la vie, comme s'il n'appartenait pas aux décideurs. Ahurissant, mais culotté, je m'incline!


Derrière leur auvent, et
dans un climat de réchauffement,
les bourgmestres d'Antoing et de Brunehaut
se sont associés,
Fini donc les ambiances électriques
c'est donc cela la vie en rose!

Je sais,
C'est rotor...mais j'en suis pale !

Et si on veut tout des Magnette tiser
Qu'on le fasse avec force 5 !

Skier fait, ( ce recours ) est
blanc de cohérence
comme neige au soleil.
Bon prince,
CO2 que je remet...
un bonnet...
d'âne.

Patrick A

jeudi 2 octobre 2008

Le dérideur

Marc Moulin est mort. Et Ahmadinejab, Kim Jong Il et Loukachenko sont vivants. La vie est mal faite!
Nous sommes nombreux à nous sentir "into the dark"...

lundi 29 septembre 2008

Tous végétariens!

Pour lutter contre le réchauffement climatique, devenez (au moins un tout petit peu) végétariens! C'est l'appel du président du GIEC, Rajendra Pachauri, colauréat du Prix Nobel de la Paix 2007: dans le Vif du 5 septembre, il affirme que "le cycle de la viande génère énorménent de gaz à effet de serre. Pensez aux déforestations nécessaires pour laisser pâturer le bétail et, surtout, aux énormes surfaces nécessaires pour produire leur alimentation. Pensez aux techniques de réfrigération, grandes consommatrices d'énergie. Pensez aux émanations de méthane dégagées par les animaux eux-mêmes. Manger moins de viande - je n'ai pas dit: y renoncer -, c'est beaucoup plus facile que supprimer les déplacements en voiture. C'est aussi un win-win. Chacun y gagne: l'individu, ne fût-ce que pour sa santé, et la planète. Une simple estimation: si chaque Flamand, dans votre pays, renonçait à la viande un jour par semaine, la moitié du chemin vers le respect des obligations de réduction des gaz à effet de serre pour l'échéance 2008-2012 serait accompli."
Wallons, ne vous sentez pas exemptés de l'appel! On peut très bien vivre sans viande! Un petit pet pour la vache, un grand pas pour l'humanité!

Rendez-nous Bart De Wever!

Vous avez remarqué? Depuis que la NVA a cessé de soutenir le gouvernement, la haute finance belge vacille... Bart, reviens-nous!
Et pendant ce temps-là, la RTBF surfe sur la crise: ce soir, son "édition spéciale" du JT a consacré au moins quarante minutes à la débâcle bancaire. En interrogeant de temps en temps un spécialiste: les petits épargnants belges doivent-ils s'inquiéter? Non, bien sûr, disent les experts! On sent bien que De Brigode est déçu. Qu'est-ce qu'il aimerait que ce soit la panique!
En attendant, qui c'est qui va la payer cette crise? Suivez mon regard... Je crains fort que ce ne soit pas les gros...

lundi 15 septembre 2008

Ma réponse à Tintin (qui chasse le yéti)

Sur son blog, Rudy Demotte réagit aux deux pages du Courrier de l'Escaut sur le HO et la WP.
Et, incroyable, nous sommes d'accord. Enfin... plus qu'un petit effort! De sa part, bien sûr.
Ci-dessous, son texte suivi de la réaction que je viens de lui adresser.

De Rudy Demotte

Le courrier de l'Escaut (ré)ouvre un débat sur la Wallonie Picarde. Sur la dénomination. Ouais...
Pour moi, cette question est mal posée. Ce qui compte, c'est le contenu.

Je vais d'ailleurs le publier sur mon Blog aujourd'hui. Ce contenu, c'est un projet de région. Un projet de tous et pour tous.

Ce projet décrit les attentes de ce bout de Wallonie pour ses habitants, ses entreprises, ses collectivités et associations pour les décades à venir. C'est un projet noble et digne de sens.

Et s'il fallait ouvrir un débat, j'aurais compris qu'il porte sur le contenu et les attentes des citoyens. Mais sur le nom?! C'est un peu comme dire "nom de Dieu!". Quelle futilité, si ce débat est désincarné du sens.

Tout ce projet n'est ni libéral, ni catholique ni socialiste, ni écolo. Ni associatif, ni institutionnel. Tous les acteurs de notre vie de terroir furent associés. Et c'est cela qui est important. Rien que cela.

La parole est donnée aux "pro et contra".

Un ex-député (aussi sec que le bois mort et vert dans sa fougue anti-tout) des alpes occidentales* épanche une bile caustique sur toute une page. Il n'aime pas le projet de "Rudy de eerste" (hi hi j'adore cette manière de se moquer du pouvoir). Grand bien lui fasse!

Un adage chinois dit "lorsque la lune est montrée du doigt à l'ignorant, celui-ci regarde le doigt". Ne regardez pas le doigt du Yéti des alpes occidentales, s.v.p.... ;-)

*(c'est sans doute là le nouveau nom qui lui tiendrait à cœur pour notre région)

De Michel Guilbert

Eh bien, Monsieur le Ministre, si vous m’avez bien lu, je ne vais sans doute pas vous surprendre, je suis bien d’accord avec vous : ce qui compte, c’est le contenu. Je n’ai jamais dit autre chose. Et je l’ai écrit : que le développement durable soit l’un des principes fondateurs de « notre » Wallonie picarde ne peut que me réjouir. Mais je suis du genre à ne pas me satisfaire de mots et à attendre d’eux qu’ils se traduisent dans la réalité. Et là, vous constaterez avec moi qu’il y a de quoi rester sur sa faim. Le Hainaut Occidental va-t-il devenir Picardialand avec ses centres de ski et ses greens de golf ? Les zonings et les grands centres commerciaux vont-ils continuer à se développer à travers notre région ? La crédibilité de la Wallonie picarde dépendra des décisions que vous serez amené à prendre par rapport à tous les projets qui se bousculent. Et je peux vous assurer que nous sommes nombreux à être en attente de réponses claires.
Parce que j’ai l’audace d’être critique et de rechercher la cohérence, vous me traitez d’anti-tout (c’est dur à entendre pour moi qui suis un homme de projets, mais soit, j’ai l’habitude – le critique a toujours tort). (Question : les bourgmestres qui s’opposent aux éoliennes sont-ils aussi des « anti-tout » ?) J’ose espérer que vous n‘êtes pas un pro-tout. On ne peut mener à la fois une politique de développement durable et accepter tous les projets néolibéraux sous le prétexte qu’ils créent de l’emploi. Donc, pensons autrement. Et bien plus, agissons autrement.
(Quant au débat sur le nom de la région, il est effectivement futile. Je me suis laissé piéger par le Courrier de l’Escaut qui avait pioché, sur mon blog, un texte où je fustigeais l’interdiction d’utiliser désormais l’appellation de Hainaut Occidental. Je ne suis pas un défenseur (quoi qu’affirme le titre du C.E.) de l’appellation H.O ., mais il se fait qu’elle est largement utilisée. Et qu’aucun ukase n’y peut rien.)
Enfin, je constate que vous aimez les proverbes. En voici un autre : la caque sent toujours le hareng. Pour l’instant, la Wallonie picarde sent toujours les années '60.
Bien à vous.
Michel Guilbert

Post-scriptum (non envoyé à R.Demotte): je suis quand même très déçu de lire que ce projet "n'est ni socialiste, ni écolo, ni associatif". Mais pas étonné.

samedi 13 septembre 2008

Hainaut Occidental ou Wallonie Picarde

Bon allez, une dernière fois, et puis on passe à autre chose!
A destination de tous "les imbéciles heureux qui sont nés quelque part" (1) (j'en suis).
Le Courrier de l'Escaut d'aujourd'hui consacre deux pleines pages à ce débat capital (!) pour notre avenir: Hainaut occidental ou Wallonie picarde, mettant en vis-à-vis mon texte précédent ("Je ne dois plus dire Hainaut occidental") et un texte de réflexion de Géry Eykerman, journaliste du Courrier de l'Escaut.
Dans son titre, le Courrier me fait dire ce que ne dit pas mon texte: je ne suis pas un défenseur de l'appellation Hainaut occidental, honnêtement, je m'en contrefous et je ne la justifie nulle part. (Dans l'absolu, peu me chaut le H.O.!) Mais je constate que cette appellation est intégrée dans quantité de noms d'organismes de notre sous-région (on peut encore dire cela, sous-région? Ou bien c'est dévalorisant, excommuniant ?) et qu'aucun ukase interdisant son utilisation n'arrivera, dans l'immédiat, à mettre tout le monde au pas et à éviter l'appellation H.O. Pour moi, ce qui est essentiel, c'est la cohérence et les valeurs défendues et je constate qu'on est, pour l'instant, uniquement dans la "com". Je l'ai dit dans d'autres textes, on change les mots, mais pas ce qu'il y a derrière. Ce qui me préoccupe, ce n'est pas le signifiant, c'est le signifié.
Les penseurs wallonpicards ont mis en tête de leur projet de région le concept de développement durable. Comme beaucoup d'autres, je m'en réjouis. Mais je constate aujourd'hui que le Gouvernement wallon et au moins quatre bourgmestres de l'ex-H.O. continuent à soutenir les projets de glisse à Lessines et à Maubray. D'autres soutiennent des projets de terrains de golf gigantesques. Et dans le même temps trois bourgmestres de Wallonie picarde (dont deux sont les mêmes) s'opposent - de manière extrêmement nymbiste, quoi qu'ils disent - à un projet d'éoliennes. Donc, sur le concept de développement durable, il me semble que nous sommes en droit d'être, pour le moins, très sceptiques.
Je suis tout à fait prêt à adhérer au concept de Wallonie picarde le jour où les valeurs qu'elle affirme vouloir porter deviendront réalité sur le plan social, culturel, environnemental, où on aura été au-delà des mots. Ce qui est tout le défi du travail politique. Pour l'instant, je constate que c'est l'économique et le souci immédiat de l'électeur qui continuent à mener la danse... Et j'ai bien compris que la charte WP signée par les bourgmestres a pour objectif de mettre en avant la nouvelle appellation. A savoir des mots. Les mots encore et toujours ...
Je ne trouve rien, dans le texte de Géry Eykerman, qui me démontre le contraire. Rien qui touche au fond. Il estime que H.O. rimerait avec Calimero et nous rappelle que Hainaut occidental serait une appellation par défaut. Jusqu'à preuve du contraire, nous sommes bien situés à l'ouest du Hainaut. Comme la région Centre est au centre du Hainaut et que le Namurois se trouve autour de Namur et le pays de Herve autour de la ville du même nom. Tout cela me paraît juste logique. Il parle d'espoir, d'accord. Mais les mêmes espoirs on pourrait les avoir au-delà de cette com' qui mène aujourd'hui le travail politique. Il faut travailler sur le sens et non sur les mots et les apparences.
Aujourd'hui, il est politiquement correct de dire Wallonie picarde. Soit. Certains ont déjà imaginé, comme le rappelle Géry Eykerman, de l'abréger en WAPI. Ca fait joyeux, rigolo et ça devrait être vendeur (ce qui semble être l'objectif prioritaire), ça vous a un petit côté Walibi qui collerait assez bien avec le projet Picardialand... (1)
Je fais une proposition de compromis: puisqu'on est en Belgique, où on ne craint décidément rien - et certainement pas le ridicule - on pourrait s'aligner sur l'exemple de la Communauté française que certains voulaient rebaptiser Communauté Wallonie-Bruxelles, et qui - du coup - est devenue Communauté française Wallonie-Bruxelles.
On pourrait appeler notre région Hainaut Occidental Wallonie Picarde (HOWP), mais pour que ça sonne mieux (WP est imprononçable), on pourrait inverser des lettres, ce qui nous donnerait WHOP. Donc, Wallonie Hainaut Occidental Picard(e). Voilà une idée qu'elle est bonne, non? Allez, Whop!

(1) Georges Brassens
(2) voir "Un vrai beau projet pour la Wallonie picarde", publié le 28 mai 2008

Post-scriptum: Je me souviens de cette vieille chanson d'Yves Simon (était-ce "Respirer, chanter"?) dans laquelle il dit: "Si d'un gouvernement à un autre gouvernement, nous n'avons pas changé notre façon de tendre la main, c'est qu'un autre gouvernement ne peut rien pour nous et qu'il n'est pas aussi important que cela qu'il ait changé". Si d'un nom de région à un autre, nous n'avons pas changé de politique, mais que nous nous réjouissons de ce changement de nom, c'est que nous sommes décidément bien naïfs.
Mais je suppose qu'Yves Simon doit être bien ringard aux yeux des post-modernes qui nous régentent...

lundi 8 septembre 2008

Je ne dois plus dire Hainaut Occidental

Je ne dois plus dire Hainaut Occidental. Je ne dois plus dire Hainaut Occidental. Je ne dois plus dire Hainaut Occidental. Je ne dois plus dire Hainaut Occidental. Je ne dois plus dire Hainaut Occidental. Je ne dois plus dire Hainaut Occidental. Je ne dois plus dire Hainaut Occidental. Je ne dois plus dire Hainaut Occidental. Je ne dois plus dire Hainaut Occidental. Je ne dois plus dire Hainaut Occidental.
Et je n’y arrive pas ! Mais j’ai des excuses : j’enseigne à la HELHO (la Haute Ecole Libre du Hainaut Occidental), j’ai des copains qui enseignent à la HEPHO (la Haute Ecole Provinciale du Hainaut Occidental), d’autres au Centre de formation permanente des classes moyennes du Hainaut Occidental. Ou encore à l’Institut provincial d’enseignement de promotion sociale du Hainaut Occidental. D’autres travaillent à Lire et Ecrire Hainaut Occidental ou à la MIRHO, la Mission Régionale du Hainaut Occidental pour l’Insertion et l’Emploi. Régulièrement, je reçois des infos de l’ACHO (l’Agence Culturelle du Hainaut Occidental) et je lis son magazine : « Culture H.O. ». Je reçois aussi des invitations de l’ARAHO (l’Association des Architectes du Hainaut Occidental). Le samedi, sur No Télé, je regarde « 7 jours H.O. », j’y ai vu un journaliste recevoir sur son plateau le représentant des Jeunesses Musicales du Hainaut Occidental. J’ai vu que le MR a une section régionale Hainaut Occidental, de même que la CGSP Cheminots, les Jeunes CSC, la CGSLB. Les Chambres de Commerce et d’Industrie de Tournai et Mouscron ont fusionné, voici quelques années, en CCIHO. Le Courrier de l'Escaut organise le Mérite Sportif du Hainaut Occidental. Et j’ai découvert l’existence des Amis diabétiques du Hainaut Occidental. Bref, j’ai beaucoup de mal à ne pas dire « Hainaut Occidental ».

Il y a quelques semaines, une étudiante m’a corrigé, me disant « Monsieur, on ne « peut » (sic) plus dire Hainaut Occidental ! » Je lui ai dit que je pensais bien qu’il n’y avait ni caméra ni micro dans la pièce où nous étions. Je le pensais sincèrement. Aujourd’hui, j’en suis moins sûr. Aujourd’hui, j’ai lu dans la presse que 15 bourgmestres sur 23 en Hainaut Occidental (oups ! ça vient encore de m’échapper !) s’étaient engagés, en jurant devant Rudy de Eerste, à ne plus utiliser que l’appellation Wallonie Picarde. Ils ont signé une charte d’ambassadeurs de la Wallonie Picarde. Et gare à celui qui ne se conformera pas aux ordres. Comme disait le journaliste de No Télé : « celui qui dira encore Hainaut Occidental se fera taper sur les doigts ». Et le ministre-président de la Région wallonne, grand mufti de la Wallonie Picarde, de confirmer : tout le monde doit utiliser cette nouvelle appellation et s’il reste quelques réticents, c’est qu’ils sont contre la modernité. Celui qui n’est pas avec moi est contre moi. J’ai déjà entendu cela quelque part…
Je ne sais plus quel représentant politique déclarait à No Télé (dans le même sujet) que le Hainaut Occidental, hier, c’était un cul-de-sac, mais que la Wallonie Picarde, c’est un carrefour. Ca devait être un (très) jeune, parce que je me souviens que quand je travaillais à la SIDEHO (c’était la Société Intercommunale de Développement Economique du Hainaut Occidental), celle-ci vantait la place de sa région « au cœur de l’Europe », dans une région carrefour…
Dans le Courrier de l’Escaut, Jean-Luc Crucke nous explique que « il s'agit pour la population de marquer une nette rupture avec un développement trop morcelé, trop disparate, trop inégal et de susciter un renouveau de cohésion, de vision, mais aussi de transformation ».
La population, je ne sais pas bien comment elle se situe dans ce bazar. Il me semblait que la référence au Hainaut Occidental avait été intégrée. A preuve, tous les sigles précités. En fait, je pense que la population a d'autres priorités que ces grandes opérations de com'. Mais je peux me tromper...
Entre nous, je ne sais pas trop à quoi rime ce changement de nom, parce que derrière les mots, je ne vois pas le soleil qui poudroie, juste la neige qui brilloie… Du Hainaut Occidental à la Wallonie Picarde, les mêmes politiques se poursuivent : des zonings (oups ! je voulais dire des zones d’activité économique), des pistes de ski, des terrains (en fait non, ce sont des greens) de golf, tous des projets des sixties. Je suppose que c’est de cette modernité là que parle le Président de toutes les Wallonie. Bon sang, mais c'est bien sûr, voilà pourquoi je ne suis pas moderne!
Récemment, une consoeur de Bruxelles m’a demandé où se trouvait la Wallonie Picarde, elle croyait que la région ici c’était le Hainaut Occidental. Je lui ai dit qu’elle ne se trompait pas. C’est un peu comme la côte belge qui s’appelle Vlaamse Kust. C’est toujours la même côte, mais en plus kust. Ici, lui ai-je dit, c’est toujours occidental mais en plus wallon. J’ai l’impression qu’elle n’a pas bien compris mes explications. Moi non plus. Et dans le même temps, je me sens, allez savoir pourquoi, moins wallon que jamais… Cette Wallonie Picarde, ça m’a tout l’air d’être un truc très wallon, non ? Très baron wallon. Mais bon, « il y a un affect », diagnostiquait à No Télé le Docteur Demotte. Alors, s’il y a un affect, je suppose que c’est bien.

Post-scriptum: Parmi tous les organismes qui ont intégré à leur nom celui du Hainaut Occidental, j'oubliais le CHOQ. Qui s'est adapté au nouveau nom de la région de manière pour le moins surprenante, puisque les quatre lettres signifient désormais: Contribuons à une Wallonie Picarde de Qualité. Donc, CHOQ avec un H comme Wallonie et un O comme Picarde. Et après cela, on s'étonnera que nos enfants ont une très mauvaise orthographe!

mardi 26 août 2008

L’équipe du Centre de Glisse engage le Docteur Coué de la politique

Anne Fourcade, l’architecte visionnaire (1), promotrice en cheffe du projet de Centre européen des Sports de Glisse, a agrandi son équipe, ralliant à sa cause le député-bourgmestre de Brunehaut. Pierre Wacquier ajoute désormais à ses mandats celui de VRP du Centre.

Dans Nord-Eclair du 18 juillet 2008, il s’engage clairement, choisissant son camp : celui des promoteurs. Et fustigeant les détracteurs, dénonçant « le théâtre des talentueux bonimenteurs ». Selon lui, « une solution a été trouvée pour le volet environnement » et « le développement durable (harmonie, équilibre entre le social, l’économique et l’environnement) est parfaitement respecté dans ce projet nouvelle mouture ». Il affirme que « concrètement, c’est un projet qui promotionne l’emploi, accorde à la collectivité des bénéfices importants, préserve l’environnement et la biodiversité ».
Il se garde bien de préciser en quoi ce projet gaspilleur de nature, d’eau et d’énergie et producteur de CO2, « accorde des bénéfices importants à la collectivité ». Quant à sa conviction que l’environnement et la biodiversité sont préservés, elle semble ne s’appuyer que sur les arguments des promoteurs. S’il avait lu les avis du Parc Naturel des Plaines de l’Escaut, le résultat de l’étude d’incidences sur l’environnement (EIE), l’avis de la CRAT, la position d’Inter-Environnement Wallonie, celle de la CIAO, les courriers de la Région Nord – Pas de Calais, il constaterait que la quatrième version du projet ne règle en rien les problèmes suivants (liste non exhaustive !):
- Dans son avis remis en octobre 2007 devant le Conseil de Développement de Wallonie picarde, le Parc Naturel des Plaines de l’Escaut (PNPE) estime le projet n’est pas compatible avec son plan de gestion ni avec la charte du Parc Naturel Régional Scarpe-Escaut.
- Il considère que la réorientation du projet n’est que spatiale et semble marginale dans la mesure où le dimensionnement même du projet n’a pas été revu ; celui-ci reste difficilement compatible avec le site même et son environnement.
- Le PNPE constate que les forêts seront « lacérées » par 19 km de chemins de promenade éclairés et ainsi « transformées en un vulgaire espace vert de type parc urbain ».
- Il estime que les plans d’eau seront « dénaturés », que la fermeture complète du site créera une coupure pour la forêt de Flines et pour le territoire du PNPE, que les prélèvements d’eau seront très importants, alors que la préservation des eaux de surface et souterraines constitue un enjeu majeur.
- Le PNPE parle d’un « choc de culture sur la conception de la nature et de l’écosystème, de contresens scientifiques » et estime que ce projet est « en totale contradiction avec les principes du tourisme durable et du développement local ».
- La CRAT (Commission régionale de l’Aménagement du Territoire) constate (juillet 2007) que dans son EIE l’auteur de l’étude souligne que « Tant dans le projet initial que dans ses variantes, l’impact sur la faune et la flore reste important. (…) L’avant-projet ne préservait pas une série de sites pourtant d’un intérêt écologique très élevé. (…) De nombreux milieux (Bois du Fouage et Bois de Péronnes) subiraient des incidences importantes.
Dans l’avant-projet ou dans sa variante, la faune serait perturbée par la destruction d’une partie de son habitat et par la fréquentation du site. Même dans le meilleur des cas, c’est-à-dire la variante, les incidences seraient très fortes.
L’auteur de l’étude résume ainsi les perturbations : « L’inscription de zones de loisirs autour du Grand Large affectera de manière significative les biotopes présents dont l’intérêt est important à l’échelle locale, régionale et européenne » (partie D de la deuxième phase de l’étude d’incidences, page 113, juillet 2007).
- La CRAT souligne également que l’assainissement des eaux usées (6000 équivalents-habitants) nécessitera une augmentation de la capacité de la future station d’épuration de Hollain. Le coût de l’assainissement reste à évaluer. La section s’interroge également quant à la faisabilité technique du raccordement du projet, la station étant située au-delà de l’Escaut.
- La CRAT constate le caractère extrêmement énergivore du projet qui rejetterait de 9.535 à 11.868 tonnes de CO2 par an, ce qui représente 0,023 % du total wallon alors que la région s’est engagée à réduire ses émissions de gaz à effets de serre.
Par ailleurs, la mobilité que le projet va accroître contribue également à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre.
- Elle se pose de nombreuses questions quant aux modes de déplacements et aux cheminements à l’intérieur même du projet.
- La CRAT attire l’attention sur la problématique des compensations.
Selon elle , il y a confusion entre les compensations alternatives et des charges urbanistiques liées au permis d’urbanisme. Elle insiste sur la nécessité pour le Gouvernement de fixer un cadre juridique aux compensations alternatives afin d’une part d’éviter tout arbitraire et d’autre part, de régler les problèmes de plus et de moins-values foncières.
La liste des critiques pourrait être bien plus longue encore, mais elle suffit déjà à démontrer que, contrairement à ce qu’affirme le docteur Coué de la politique, le développement durable n’est pas « parfaitement respecté »… Dans le Courrier de l’Escaut du 18 juillet, Pierre Wacquier affirme que « les promoteurs ont à chaque fois apporté des solutions aux problèmes qui étaient soulevés ». On ne peut que l’inviter à soumettre la liste ci-dessus à ses amis promoteurs. Qui feraient bien d’y répondre, sous peine de passer pour de piètres « boni-menteurs »…

« Arrêtons de diaboliser et stigmatiser ce projet avant même qu’il n’ait vu le jour », exhorte Pierre Wacquier. Là, c’est le VRP qui s’exprime, oubliant que le bourgmestre qu’il est aussi vient de s’opposer à un projet de quelques éoliennes avant qu’elles ne puissent être plantées… Ce n’est en tout cas pas le député wallon qui pourrait refuser que l’on critique un projet avant qu’il devienne réalité, puisque la Région wallonne a – très logiquement - prévu une procédure d’étude d’incidences sur l’environnement pour des projets de ce type. Suivie d’une procédure d’avis de diverses instances. Et c’est précisément sur les résultats de cette EIE que s’appuient la CRAT, les deux parcs naturels, Inter-Environnement Wallonie, la CIAO, Climat et Justice Sociale, etc. pour critiquer ce projet. La logique wacquiérienne voudrait-elle donc qu’on ne puisse critiquer un projet qu’une fois qu’il est devenu réalité ? C’est-à-dire quand il est trop tard ? Curieuse conception de la démocratie ! Et de la logique tout court : doit-on, selon lui, agir, puis réfléchir… ? Considère-t-il que la nouvelle étude d’incidences demandée par le Gouvernement wallon est inutile ?

« Soyons pragmatiques et rationnels », demande-t-il (2). Mais c’est précisément sur des éléments rationnels que s’appuient, pragmatiquement, tous ceux qui critiquent ce projet : l’analyse effectuée par les techniciens du Parc Naturel, les résultats de l’EIE et l’avis de la CRAT.
Mais on sera rassuré d’apprendre que le bourgmestre de Brunehaut sera « attentif au rôle que tiendra le Parc Naturel des Plaines de l’Escaut » (3). Comprenne qui pourra…

Dans « La politique de l’escargot », Paul Ariès, écrit que « La déconstruction du sarkozysme réellement existant suppose une rupture d’avec ce qui caractérise la dimension anthropologique de l’humain au sein des sociétés capitalistes et productivistes. Les gauches ont trop longtemps considéré qu’elles pouvaient faire l’impasse sur ces grands invariants de notre époque. En défendant le « plein emploi », elles évitaient ainsi de s’interroger sur ce que l’on continuait à produire. En revendiquant le droit à la consommation, elles ne remettaient pas en cause le mode de vie capitaliste. Nous avons payé beaucoup trop cher cet aveuglement pour ne pas être attentifs aux multiples résistances de ceux qui aspirent à une vie meilleure et déjà à une plus grande compréhension de ce qui nous tue. » (in Le Sarkophage, 12.07.2008)
Dans le même journal, l’économiste Geneviève Azam estime que « l’abondance de discours et de postures (à propos de la crise écologique) cache mal la vacuité des mesures prises par les instances politiques actuellement en place et l’absence de projets politiques alternatifs. Avec, en prime, une banalisation à force de formules creuses et une fuite en avant dans les politiques néolibérales qui se nourrissent des situations de panique qu’elles ont elles-mêmes créées ». Elle poursuit sa réflexion avec ces « questions politiques fondamentales: que produisons-nous, pour qui, comment le produisons-nous, comment répartissons-nous la richesse produite, quelles sont les instances de décision, quelle coopération internationale ? ».

En mars dernier, quittant sa fonction d'administrateur général de la FGTB wallonne, Jean-Claude Vandemeeren estimait que "il y a un problème de la gauche dans toute l'Europe, qui dès l'instant où elle s'inscrit dans la logique du système capitaliste dominant, a du mal à assumer ses choix. Le socialisme n'ose plus véritablement contester le système. Il se contente d'une ligne défensive, tente de limiter les dégâts dans une Europe capitaliste. (...) Au niveau wallon, ajoute-t-il, c'est encore plus grave. On est dans une situation économique assez catastrophique. On a donc besoin d'un capitalisme dynamique. Et dès lors, le PS a peur de le gêner, il lui fait confiance, lui accorde des cadeaux. »

Le projet de « centre de glisse » participe pleinement de ces politiques néolibérales avaleuses de l’air du temps qui arrivent d’autant plus facilement à faire passer des vessies pour des lanternes qu’elles trouvent non seulement bien peu d’opposants à leur développement, mais aussi beaucoup de thuriféraires de leurs projets, y compris dans des partis qui s’affirment de gauche.
Il est urgent que le politique (re)prenne la main sur l’économique plutôt que d’en jouer les porteurs de valise.

(1) un visionnaire, c’est quelqu’un qui a des visions…
(2) réveillant ainsi un vieux slogan du Ps : « Soyons positifs et concrets », un slogan qui résonne curieusement par rapport aux réflexions reproduites dans ce texte.
(3) Le Courrier de l’Escaut, 18.07.2008

lundi 18 août 2008

Immuable Wallonie!

Ainsi donc, « ils » l’ont fait ! Ainsi donc, ils l’ont « eue » ! Le Gouvernement wallon s’est débarrassé de Danielle Sarlet, sa directrice générale en charge de l’Aménagement du Territoire, du Logement, du Patrimoine et de l’Energie (la DGATLP).
C’est que depuis longtemps, cette directrice hérissait ces messieurs du Gouvernement et du Parlement.
Elle avait le grand tort de ne pas être aux ordres, de se conduire de manière critique et indépendante, de faire appliquer les règles, de rechercher la cohérence. Une « erreur » d’attitude qui ne colle pas avec la culture wallonne de l’arrangement à la petite semaine, du clientélisme, de l’embrouille et du double langage.
Son éviction, malgré vingt-deux années d’excellents et loyaux services, malgré la réussite d’épreuves organisée par le Selor, est une suite logique de toutes les attaques dont elle fut l’objet. En Commission parlementaire de l’Aménagement du Territoire, je me souviens des critiques acerbes à son égard, frisant l’insulte, de collègues parlementaires des trois familles traditionnelles. C’est que ces députés-municipalistes (1) estiment que les règles sont faites pour être contournées et ne peuvent en tout cas pas les empêcher de satisfaire leurs électeurs-clients.
André Antoine, grand défenseur de la cohérence de l’aménagement du territoire quand il était dans l’opposition, s’est mué en ministre laxiste, plus libéral que les Réformateurs. Membre du gouvernement, il a d’emblée créé SA « Cellule de Développement territorial », chargée de piloter les projets jugés prioritaires en matière d’aménagement du territoire : tronçons autoroutiers, aéroports régionaux, circuit moto, pistes de ski… Des projets d’une autre époque qu’il soustrayait ainsi à l’analyse critique de l’administration. Mais cette mise sur la touche de Danielle Sarlet ne lui suffisait visiblement pas : il s’en est maintenant débarrassée officiellement avec la complicité de l’ensemble du Gouvernement wallon.
Décidément, la compétence et l’intelligence dérangent en Wallonie… Qui oserait encore affirmer que celle-ci est vraiment entrée dans le XXIe siècle?
Personnellement, je ne me suis jamais senti wallon. Plus que jamais, je me sens apatride dans ma propre région.

Voir le site de soutien à Danielle Sarlet : www.vieillechaussette.be

(1) En juin 2004, un député wallon sur deux était aussi bourgmestre ou échevin. « Une proportion jamais vue » (La Libre Belgique, 27.07.04)