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jeudi 21 février 2013

Fastoche

Quarante mille personnes ont défilé aujourd'hui dans les rues de Bruxelles pour réclamer le maintien de l'emploi et protester contre les mesures d'austérité. La manifestation a fait écho au Parlement. Interpellé, le premier ministre, Elio Di Rupo, juge aisées les attaques dont il est l'objet de la part d'élus verts. "C'est facile de marcher dans la rue avec les syndicats, dit-il. Tout le monde peut le faire." (1) Il sait de quoi il parle. Combien de fois l'a-t-il fait? Cinquante fois? Cent? Cent cinquante? 
Son successeur à la tête du Ps défend le gouvernement Di Rupo: "la Belgique a le gouvernement le plus social d'Europe" (1), affirme Paul Magnette. Les politiques adorent déclarer que leur pays est le plus ceci, le plus cela. C'est facile à dire, ça ne coûte pas grand chose et ça fait plaisir à entendre. C'est difficile à démontrer (mais qui le leur demande?), mais aussi difficile à démonter. C'est au moins aussi facile que de marcher dans la rue avec les syndicats.

(1) JT de la RTBF, 21 février 2013, 19h30.

mardi 5 février 2013

Insatiables

C'est plus fort qu'eux. Ils ne peuvent s'en empêcher. Ils sont insatiables. Un mandat ne leur suffit pas. Deux est un minimum. Et s'ils peuvent en avoir plus, c'est mieux encore. Qui les prendrait au sérieux, qui les reconnaîtrait comme des gens de pouvoir s'ils ne détenaient plusieurs mandats? Mais qu'on se rassure, ce n'est pas la soif de pouvoir qui les guide, c'est le bien de leur chère commune. Une commune sait que si elle est dirigée par un ministre, même soi disant empêché, ou au moins par un parlementaire, elle profitera de la manne céleste.
Paul Magnette, cet homme nouveau, est une bénédiction pour Charleroi qui revient de loin. C'est l'homme providentiel. Il avait été clair avant les élections: s'il devenait bourgmestre, il quitterait son poste de ministre. Charleroi mérite bien un bourgmestre qui s'engage pour son redressement. Il l'a fait, il a démissionné du Gouvernement fédéral, mais pour aussitôt redevenir aussi sénateur et, en plus, président du Ps. Ce qui, on en convient, n'est pas une sinécure. Ses échevins doivent, eux, exercer leur fonction à temps plein. Et sa partenaire CDH, Véronique Salvi, a été priée d'en faire autant: elle a dû quitter son siège de députée wallonne pour devenir échevine à temps plein. "Paul Magnette avait bien fait figurer ce décumul dans les exigences posées à l'entrée du CDH au sein de la tripartite carolo", écrit LLB (1). Faites ce que je dis, pas ce que je fais. Il est vrai que les grands hommes ont des droits que n'ont pas les plus petits.
A Flobecq, le sémillant bourgmestre Philippe Mettens ne peut cumuler cette fonction avec celle de haut fonctionnaire. Il est directeur de la Politique scientifique fédérale. Mais il refuse de choisir. Ce à quoi l'oblige pourtant le décret "bonne gouvernance" adopté par le Parlement wallon en octobre 2010. Ses concitoyens l'ont élu, explique-t-il, il se doit donc assumer son rôle de maïeur. Faut-il croire qu'il ignorait l'existence de ce décret avant de se présenter aux élections? Les électeurs ont bon dos. 
A Ans, le bourgmestre Stéphane Moreau était dans le même cas. Il ne l'est plus. Il dirigeait le Tecteo Group, une puissante intercommunale (trois milliards d'euros, deux mille employés). Il est maintenant CEO de la SA Tecteo Services, "une filiale privée détenue à 99% par la maison-mère et qui décide de tout: le concept d'intercommunale a été vidé de sa substance", explique Marie-Cécile Royen dans le Vif (2). Il peut donc ainsi cumuler sans (trop) en avoir l'air. "Cette astuce lui permet  de cumuler un poste de bourgmestre avec, dans les faits, la direction d'une importante entreprise publique aux ramifications multiples, ce qu'interdit le décret wallon sur la démocratie locale", poursuit la journaliste.
A Tournai, Rudy Demotte "ne lâche rien". On le sait, l'appellation de "bourgmestre empêché" n'est pas pour lui, il préfère (et impose) celle de "bourgmestre en titre". Dans les faits il est donc bourgmestre et ministre-président. Le premier des Wallons s'assied donc sans complexe sur le décret wallon sur la démocratie locale. Les pavés de rues de Tournai se soulèvent après le gel? C'est la chargée de communication du bourgmestre empêché de titre qui explique ce que va faire la ville (3). On voit par là qu'il sait déléguer.
Dans la série "nos hommes admirables", c'était "la démocratie, c'est si beau quand c'est bien fait".

P.S.: ah, tiens, au fait! Ces quatre hommes appartiennent à un parti qui se qualifie de socialiste. Un hasard assurément.


(1) LLB, 2 février 2013.
(2) Le Vif, 25 janvier 2013.
(3) LLB, 1er février 2013.

mercredi 22 décembre 2010

Que du bonheur

La parade de RTL a coûté, on l'a vu, 30.000 € aux contribuables tournaisiens. La crétinisation a un coût. La Ville de Mons a fait plus fort: elle a dépensé 40.000 € pour un trou. C'est Jean-Pierre Viseur, chef de groupe Ecolo au Conseil communal montois, qui dénonçait sur Matin Première ce matin ce... gouffre nécessaire pour la plantation d'un sapin que les autorités locales ont voulu plus grand encore que celui de Bruxelles: 18,5 mètres. Six de plus qu'habituellement. C'est que le statut de future capitale culturelle européenne doit être assumé et qu'il faut que l'étoile montante montoise brille loin. La SNCB dépensera d'ailleurs pour ce faire 150 millions pour la nouvelle gare de la plus belle des capitales.

En Belgique toujours, leurseigeur Léonard est interrogé à la Chambre sur les faits de pédophilie commis par des prêtres. Il innove: il propose de créer un fonds collectif d'indemnisation des victimes. Après tout, dit-il, en cas d'inondation, c'est la collectivité qui assume. La pédophilie, c'est comme la pluie, elle vient du ciel et on ne peut rien y faire. Prier, peut-être?

En France, le gouvernement a assoupli le permis à points. Celui-ci, d'après la porte-parole des proches des victimes de la route, a permis d'éviter vingt mille morts. Mais brûler un feu rouge en roulant lentement ou en roulant vite n'est pas comparable et ne peut être condamné de la même façon, estime l'avocat des-malheureux-sans-permis-dont-la vie-est-devenue-invivable. Ce qui est un comble, on en convient aisément. De la vie invivable, pas de l'absence de permis. En attendant, les sans permis le récupéreront désormais en deux ans plutôt que trois. Déjà ils revivent. Leurs victimes ont plus de mal.

En France toujours, chaque année, soixante mille personnes utilisent des produits anti-rides. Une femme sortie d'un autre âge, style Guerre du feu, témoigne. Elle a un peu de mal à s'exprimer, mais on parvient à la comprendre: elle est heureuse d'avoir utilisé ces crèmes. Non, rien de rien, elle ne regrette rien. On rit de son faciès à la Picasso période Demoiselles d'Avignon. On creuse un peu plus ses propres rides. On devrait faire attention, on a tort.

Le Vif a désigné l'homme de l'année: c'est Paul Magnette, le lobbyiste nucléaire. Comment devenir homme de l'année? Il faut se faire désigner ministre par un président de parti. Etre beau gosse peut aider. Ensuite, se présenter aux élections et se faire élire. C'est plus facile quand on est d'abord connu. Michel Daerden, l'homme de l'année du peuple, pense de même. Il a fait un carton dans l'émission d'un certain Arthur sur TF1. Le Soir lui demande si cette peoplisation n'est pas gênante. Il ne le pense pas: pour être élu, il faut être connu, estime-t-il. Marine Le Pen pense la même chose, elle est devenue la nouvelle star en France. Miss Requin plaît. Elle est invitée sur tous les plateaux. On en reparlera. Chaque chose en son temps.
Et Noël sera blanc, nous dit-on. Ce qui doit plaire à la fille à son papa. Il fait froid.

samedi 13 février 2010

Wallonie, le pays qui dit oui à tout

Scandale en Wallonie: voilà qu'un ministre, celui de l'environnement et de l'aménagement du territoire, a l'outrecuidance de dire non à des promoteurs. Il a même l'audace d'invoquer des arguments socio-économiques. Pire encore: voilà qu'il se met en tête d'appliquer la déclaration gouvernementale. Du jamais vu dans cette région où tout est possible et où les partis traditionnels avaient sans doute fini par croire eux-mêmes que les textes de leur programme de gouvernement n'avaient d'autre objet que de faire joli et moderne et de rassurer le bon peuple.
Le PS et le CDH mettent du "développement durable" dans toutes leurs phrases, mais n'ont - on l'a compris depuis longtemps - aucune intention d'aller au-delà des mots. Le SDER (Schéma de Développement de l'Espace régional), le CWATUP (Code wallon de l'Aménagement du Territoire, de l'Urbanisme et du Patrimoine), la déclaration gouvernementale ne sont pour eux que des outils de com'. Il s'agit de faire croire qu'on se soucie d'environnement, d'aménagement du territoire, d'économies d'énergie, etc. Juste de faire croire.

Mais voilà que, prenant au mot les textes pré-cités, Philippe Henry refuse le projet Citta Verde de Farciennes. En Wallonie, les promoteurs, plutôt habitués au tapis rouge, le sentent brusquement se dérober sous leurs pieds.
Au sein du Gouvernement wallon, on s'étrangle: cette forte tête constitue le maillon faible. Il fait du dogmatisme, disent ses collègues rouges-orange. Qui eux ne savent même plus ce que cela signifie, ayant abandonné depuis des temps immémoriaux toute réflexion sur le long terme et tout positionnement politique. Eux, ils sont devenus les gestionnaires de la Wallonie. (1) Leurs hymnes communs, ce sont "tout va très bien, madame la marquise" et "non, non, rien n'a changé".
Même un ministre du Gouvernement fédéral fait semblant de s'étrangler dans la Libre Belgique de ce jour: Paul Magnette "adhère à la DPR sur la concentration dans les centres urbains", mais dans le même temps soutient pleinement le projet Citta Verde, prévu hors centre urbain. Comprenne qui pourra. Il considère que "tout est balayé par un réflexe purement idéologique d'Ecolo". Venant de Monsieur Nucléaire, voilà une déclaration qui fera au moins sourire. Mais qui confirme la mort de l'idéologie dans le camp du Ps.
Pas tout à fait cependant: le Vif de ce vendredi cite les propos récents du député fédéral PS Jean Cornil. Il estime que "il reste du chemin à faire (au sein du bureau du PS), car la plupart de mes collègues restent bloqués avec une logique qui date de la révolution industrielle... Quand vous discutez avec quelqu'un comme Jean-Claude Marcourt, il croit qu'il faut développer le plan Marshall, attirer toujours plus de nouvelles entreprises et voilà... Pour lui, le progrès scientifique résoudra naturellement les problèmes écologiques." Le débat sur Citta Verde tombe à point pour lui donner raison.
En édito de LLB de ce jour, Xavier Ducarme titre: "un débat sain". Il estime que "ce qui ne reste qu'à ce jour qu'une crisette, une poussée de fièvre entre partenaires de majorité, montre combien ce grand principe (du développement durable), dont la plupart des dirigeants politiques aiment à se gargariser dans les grands discours, face à d'illustres auditoires, a encore bien du mal à passer l'épreuve de la mise en pratique."
Qui est aujourd'hui le maillon faible du Gouvernement wallon? Celui qui tente d'inscrire la Wallonie dans des logiques du XXIe siècle ou celui qui reste accroché aux logiques des golden sixties, confiant tous ses espoirs aux promoteurs providentiels et investissant dans des autoroutes, des zonings et des projets pharaoniques?

(1) on se souvient qu'avant d'être ministre-président de la Région wallonne, Rudy Demotte fut ministre fédéral de la santé publique. Il aimait alors se présenter comme "le manager de la santé publique".

jeudi 8 octobre 2009

Un culot de magnétude 10 sur l'échelle de becquerel

Paul Magnette, le ministre du plaisir durable, a un culot incommensurable. Les trois ministres régionaux de l'énergie, flamande, bruxelloise et wallon, viennent aujourd'hui de lui adresser une carte blanche dans le Soir dénonçant sa décision de prolonger de dix ans la vie des plus anciennes centrales nucléaires. Il leur répond, au JT de la RTBF ce soir, qu'il n'y a, aux niveaux régionaux, pas de plan crédible de diminution des consommations énergétiques ni d'investissement dans les énergies renouvelables. Pouvons-nous calmement (ou presque) rappeler au ministre de l'investissement rentable, ses déclarations concernant le projet de centre de glisse? Répondant à la Chambre au député Jean-Luc Crucke qui s'inquiétait de "retrouver Courchevel à Antoing" et qui déplorait les impacts et les gaspillages énergétiques de ce "méga-projet", il répondait ceci: "il y a dans l'idée même de ce type d'infrastructure quelque chose de choquant. La reproduction d'un climat de type tropical ou de microclimats contraires à notre propre climat et le bilan énergétique et carbone de ce type de projet présentent des éléments choquants. Néanmoins, je me pose la question de principe: devons-nous, dans notre effort de développement durable aller jusqu'à une forme de jansénisme en interdisant ou refusant tout ce qui serait contraire? De même, lorsqu'on mange et qu'on essaie d'avoir une alimentation équilibrée, cela ne peut empêcher certains jours de se taper "un bon vieux satcho andalouse". Le principe de plaisir doit, à certains moments, pouvoir autoriser certaines formes sans oublier les retombées économiques."
Est-ce le principe de plaisir qui amène aujourd'hui le ministre à défendre le nucléaire?
Il semble évident que les retombées économiques ne lui échappent pas. Et que ce néo-élu du Ps a rapidement intégré la culture de son parti.

Notes

Le titre est inspiré par le Professeur Ponchau: www.prof-ponchau.ecolo.be

A voir ce mardi 13 octobre à 20h45 sur Arte, "Déchets, le cauchemar du nucléaire"


jeudi 1 octobre 2009

Nucléaire: vous en voulez encore?

Visiblement, le lobbying, ça marche. Paul Magnette, Ministre du "Développement durable" y est sensible. Il va proposer de prolonger de dix ans la sortie du nucléaire.
Le Forum nucléaire a lancé, voilà deux semaines, sa deuxième campagne de pub. Sous couvert de sonder le pour et le contre, il s'agit évidemment de convaincre que cette source énergétique est idéale pour lutter contre le réchauffement climatique. Et peut-être aussi pour lutter contre la grippe H1N1?
L'industrie nucléaire, c'est un sacré paquet de pognon: l'amortissement accéléré, sur vingt ans au lieu de quarante, du parc des centrales nucléaires belges (5800 MW) aurait rapporté un gain net de 3,9 milliards d'euros à Electrabel fin 2008. Si la durée de vie des centrales est prolongée de dix ans, le bénéfice net du retour sur investissement est évalué à 12 milliards d'euros. Une estimation de la Creg (Commission de régulation de l'électricité et du gaz). Rappelons que la loi de sortie du nucléaire prévoit une extinction de trois réacteurs en 2015: Doel 1 et 2 et Tihange 1. En cas de prolongation de dix ans, gain annuel: plus d'un milliard et demi d'euros. Et bingo, en cascade, pour les recettes de l'Etat, a dû se dire notre Ministre du Développement du budget.
Et tant pis si, dans sa grande entreprise de séduction, le lobby nucléaire ment: les déchets? Oh! une paille! En fait, juste un dé à coudre par habitant et par an. Pensez donc, autant dire rien! (ce qui en fait, quand on connaît les dangers du nucléaire, est déjà énorme). Et, affirme le Forum, au terme de l'exploitation des centrales, le volume de déchets à haute activité représentera, dans notre pays, l'équivalent d'une balle de tennis par habitant. La réalité est bien différente: Gilles Toussaint (de la Libre Belgique) a calculé qu'en divisant par le nombre de Belges les volumes de déchets annoncés on n'arrive pas aux 137 cm3 standards par habitant, mais à une fourchette de 200 à 450 cm3. Le journaliste a contacté la porte-parole du Forum nucléaire. Elle reconnaît l' "erreur", mais estime qu'en termes de com' une balle de tennis passe mieux qu'une boule de pétanque... Elle estime quand même qu'on sera sans doute au-delà.

Paul Magnette, visiblement, n'a pas lu ces chiffres. Ou alors, en a lu d'autres qui sont prioritaires: ceux du budget fédéral qui a des besoins importants.
Il n'a pas vu non plus "Le cauchemar du nucléaire", diffusé il y a deux semaines sur la Une. Laure Noualhat, spécialiste des questions environnementales à Libé, y révèle des chiffres effrayants: en France, on est à 10% de retraitement, alors qu'Areva annonce 96% de recyclable. "En réalité, dit-elle, j'ai fait le bilan des matières réelles pour l'année 2007 et j'arrive à 1,14% des déchets nucléaires français qui ont effectivement été réutilisés. (...) Dans les processus qui nous conduisent à retraiter ou recycler potentiellement ces déchets, on en laisse une bonne partie en Russie en pensant que ce sera économiquement intéressant de les utiliser plus tard, quand l'uranium naturel sera plus cher. Pendant ce temps, ils ne sont pas classés comme déchets, mais comme une matière radioactive". Et le tour est joué. Tout est une question de mots.
Les déchets nucléaires les plus radioactifs, à longue durée de vie, seront inoffensifs dans des centaines de milliers d'années. D'ici là, "après nous, les mouches". Si l'espèce vit encore.
Un dernier chiffre à l'attention de notre ministre des déchets durables: il vient de l'Agence internationale de l'énergie atomique (pas vraiment un club de talibans écolos): le coût du démantèlement des installations radioactives en fin de vie dans le monde s'élève à un minimum de mille milliards de dollars.

(à partir d'articles de LLB des 15, 16, 19 et 25.09.09)

samedi 12 avril 2008

Magnette et le plaisir

Gardons au plaisir ses droits! C'est en substance ce qu'a déclaré notre sémillant Ministre fédéral du Climat et de l'Energie, interrogé cette semaine à la Chambre sur sa position vis-à-vis du projet de centre de glisse de Maubray.
Le député Jean-Luc Crucke (MR) interpellait cette semaine le "ministre garant du caractère durable des choses, de l'Énergie mais aussi de la protection quant aux dégâts futurs sur le climat". "Ce type de mégaprojet, lui demandait-il, a-t-il un sens lorsque l'on parle de développement durable? Répond-il à ces critères?"
Le Ministre Magnette, prudentissime, a affirmé que "les meilleurs compromis possibles doivent être trouvés" en matière de développement durable, renvoyant la balle vers ses ex- et brefs collègues du Gouvernement wallon.
Pressé par Crucke à s'engager plus, le ministre a reconnu qu' "il y a dans l'idée même de ce type d'infrastructure quelque chose de choquant. La reproduction d'un climat de type tropical ou de microclimats contraires à notre propre climat et le bilan énergétique et carbone de ce type de projet présentent des éléments choquants. Néanmoins, a-t-il ajouté, je me pose la question de principe: devons-nous, dans notre effort de développement durable aller jusqu'à une forme de jansénisme en interdisant ou refusant tout ce qui serait contraire? De même, lorsqu'on mange et qu'on essaie d'avoir une alimentation équilibrée, cela ne peut empêcher certains jours de se taper "un bon vieux satcho andalouse". Le principe de plaisir doit, à certains moments, pouvoir autoriser certaines formes sans oublier les retombées économiques."
La messe était ainsi dite. Le droit au plaisir et le soutien au (à un certain type de) développement économique doivent primer. (On notera au passage que cette nouvelle figure du PS a rapidement intégré les valeurs premières de son parti!) Comme si n'existaient pas des formes de plaisir respectueuses des principes du développement durable. Comme si le plaisir devait "fatalement" en passer par des consommations gigantesques d'eau, d'énergie, d'espaces naturels. Comme s'il n'était de plaisir que consommatoire.
La grand messe du Printemps de l'Environnement, que le même ministre entend lancer dès la semaine prochaine, apparaît, un peu plus, comme une belle opération de communication, déjà vide de toute volonté politique. Ce Printemps s'annonce très éolien: il ne produira que du vent. Les participants potentiels feraient mieux d'aller skier ou nager en piscine tropicale, bref, prendre du plaisir. De facto, avec ses propos, le ministre en a ôté toute crédibilité. Au moins, fera-t-il ainsi de substantielles économies d'énergie (gesticulatoire notamment)...