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mardi 7 avril 2026

Les désespérants

Les attaques contre les maires noirs nouvellement élus sont intolérables, totalement inacceptables. Stupidité et méchanceté s'additionnent pour exprimer le racisme. Et toutes les institutions et tous les citoyens se doivent de réagir et de lutter contre ce rejet agressif de l'autre qui s'exprime à nouveau ouvertement et visiblement sans honte .
Mais LFI reprend dans la figure le boomerang qu'il a lui-même lancé : le mouvement insoumis entend donner toute sa (toute la) place à ce qu'il appelle la Nouvelle France, la France de ceux qu'il sied à présent de désigner comme racisés, au détriment de l'autre, la vieille France, la blanche, la rurale, la réac (1). Mélenchon assume la formule du grand remplacement chère à l'extrême droite. Celle-ci craint que les blancs chrétiens soient remplacés par les noirs et arabes musulmans et celui-là affirme que c'est ainsi que la situation doit évoluer. En outre, pour défendre sa grande cause, celle de la Palestine, il souffle violemment, et lui aussi sans honte, sur les braises de l'antisémitisme. LFI a  allumé l'incendie dont il se plaint d'être victime. Il clive la société et tempête quand les siens sont victimes de clivage. 
La France n'est pas divisée entre blancs et noirs, entre bons et méchants. Une telle analyse relève du simplisme, voire de la stupidité. Et le MélenChe n'est pas stupide. Juste cynique, calculateur et électoraliste. Il joue un jeu dangereux. Il a choisi les banlieues. La Vieille France, il l'abandonne. Au RN.

De son côté, à quelques jours des élections en Hongrie, la fille à papa Le Pen est allée soutenir son camarade Orban, soutien indéfectible de Poutine et cheval de Troie du Kremlin dans l'Union européenne. Le vice-président américain a fait de même. La Le Pen a choisi son camp. Soutenir Orban, c'est soutenir ces joyeux va-t-en-guerre de Poutine et Trump. Et les nouveaux maires RN affichent leur priorité : retirer le drapeau européen des façades de leurs mairies (ce qui ne les empêchera évidemment pas d'aller chercher des subventions auprès de l'UE). Anti-UE et pro-Trump et Poutine, voilà le grand parti nationaliste français. Qu'on s'en souvienne.

(1) https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/04/01/la-nouvelle-france-une-expression-banale-transformee-en-grenade-degoupillee_6675827_3232.html

lundi 29 juillet 2024

Rien qu'une chanson

Quand on est artiste, on a le droit d'être insultant et sexiste. C'est ce qui ressort de déclarations de la patronne des Verts français, Marine Tondelier. Une vingtaine de rappeurs français avait, avant le second tour des législatives, sorti un morceau de rap intitulé No Pasaran. Leur objectif : appeler les jeunes à aller voter pour faire barrage au RN. Les textes mêlent appels à voter contre le RN et dénonciation des Le Pen, Bardella et Zemmour, ainsi que de l'attitude des policiers vis-à-vis des jeunes de banlieues, mais aussi appels à "niquer" "tous ces députés, on sait qu'ils manipulent les statistiques" ainsi que l'imam Chalgoumi ou la mère de Jordan Bardella. Marion et Marine Le Pen y sont traitées de "putes". L'ensemble du texte donne un salmigondis peu ragoutant dont on n'est d'autant moins sûr qu'il rencontre l'objectif fixé qu'il donne dans le sexisme, l'antisémitisme, l'appel à la violence, le complotisme.
Mais c'est normal : "les codes du rap sont comme ça : c'est violent pour les femmes, explique Marine Tondelier. Les personnes qui chantent sont des artistes, ils ne se présentent pas à une élection" (1).
On comprend par là que les artistes doivent avoir une liberté d'expression totale : le droit d'être sexistes, antisémites et donc racistes aussi, suppose-t-on. Comment prendre encore au sérieux les indignations de la même responsable politique face à d'autres agressions verbales ? Comment la croire quand elle dénonce le sexisme ou l'antisémitisme ? Suffit-il de s'exprimer artistiquement pour avoir droit à tous les excès, même les plus haineux ?

Extraits :
[Alkpote] J'recharge le Kalachnikov, en Louis Vuitton comme Ramzan Kadyrov (Clique, clique) Nique l'imam Chalgoumi et ceux qui suivent le Sheitan à tout prix (Trogneux) Marine et Marion, les putes, un coup de bâton sur ces chiennes en rut (Vlan) On continue la lutte, bientôt, on va célébrer leur chute (Tchin) Nique tous ces députés, on sait qu'ils manipulent les statistiques (Menteurs) Y a rien de magnifique, nous on fait de la violence artistique (Sale) Font du mal à nos enfants, ils veulent nous injecter une puce dans l'sang (Antéchris) DJ Kore le commandant, on vient pour projeter une vue d'ensemble (Tounsi)
[Cokein] Des racistes en rafale, je sais que les médias en raffolent / J'vois des corps au sol, l'être humain n'a plus d'corazón / Espèce de franc-maçon, tu te nourris du sang qu'tu consommes / Dans leurs ambassades, c'est le Sheitan qui les passionne / Ouais, la France, c'est nous (C'est nous), fuck Eric Zemmour / Pas besoin d'chercher des rimes, ils tournent à l'heure du ftour / Tu sais qu'c'est ça qui est terrible, ils nous font des longs discours /La France, ça d'vient l'Amérique, peur qu'elle tombe après les deux tours

(1) BFMTV, 3.7.2024, cité par Charlie Hebdo, 10.7.2024.

vendredi 14 juin 2024

Populaire ?

La gauche peut s'aveugler, se raconter des histoires, elle n'est pas populaire. C'est l'extrême droite qui l'est. Une frange d'extrême gauche s'est même rendue très impopulaire, à force de hurler, de menacer et de faire du bruit et de la fureur un mode d'expression. 
Suffira-t-il de se dire populaire pour le redevenir ? Rien n'est moins sûr. Nombreux sont les électeurs de gauche à n'avoir aucune envie de voter , dans le cadre du Nouveau front populaire qui vient de se former, pour un candidat de cette France qui se dit insoumise (à quoi ? à la dignité ? au respect ? à la nuance ? à la raison ? à l'universalisme ?), tant on ne peut s'empêcher de penser que quantité de ses élues et élus ont participé, par leurs excès de langage et de positionnement, à faire apparaître comme respectable le FN-RN. Mélenchon serait bien inspiré de prendre une retraite définitive (n'est-il pas pour la retraite à soixante ans ?). La vie politique française s'en trouverait déjà un peu apaisée. Mais son ego ne l'envisage sans doute pas une seconde, pas plus que ses disciples qui se sentiraient abandonnés par leur gourou agressif.

Ceci dit, la crise inquiétante que traverse aujourd'hui la France est d'abord le fait de son président. Ce matin, sur France Inter (1), Raphaël Glucksmann dénonçait la "faute immense" d'Emmanuel Macron. "J'ai une boule dans le ventre, une colère", dit-il, reprochant au président de la république de jouer avec les institutions comme on joue au poker. "Nous sommes dans une situation de bascule dans l'histoire de notre démocratie." Et Glucksmann de pointer du doigt Macron : "C'est lui le chaos. Sa responsabilité est immense". Pour le député européen, aujourd'hui, la seule chose qui compte, c'est que le RN ne gagne pas. Et la seule manière d'y arriver, c'est un rassemblement à gauche.
Il constate que dans le programme du Nouveau front populaire figurent ses incontournables : soutien sans faille à l'Ukraine, soutien à la construction européenne, reconnaissance comme terroristes des attaques du Hamas du 7 octobre en Israël, lutte contre l'antisémitisme, arrêt de la brutalisation de la vie politique.

Raphaël Glucksmann a fait l'objet d'attaques immondes durant cette campagne, venant parfois du camp LFI. "Je n'ai aucun oubli, dit-il, mais il faut regarder l'Histoire, prendre conscience de ses responsabilités. Il dit comprendre que nombre de ses électeurs puissent se sentir trahis par cet accord conclu notamment avec ceux qui l'ont traîné dans la boue, mais il faut une unité d'action contre le RN. "On ne peut pas laisser la France à la famille Le Pen !" Imaginez, dit-il, 300 députés RN, imaginez Mariani, l'ami de la Russie de Poutine, ministre des Affaires étrangères, Maréchal ministre de la Culture, Ciotti à l'Intérieur. 
Si la gauche devait gagner, qui serait premier ministre ? Une personnalité qui fasse consensus. Et donc pas Mélenchon. De toute façon, ce n'est plus LFI qui est à la manœuvre, le rapport de forces s'est inversé. Mais pour l'heure, l'objectif est de tout faire pour empêcher le RN d'arriver au pouvoir. Et le second tour sera le rendez-vous des démocrates : si cela s'avère nécessaire, il faudra soutenir tout opposant à l'extrême droite, de gauche ou non. C'est la démocratie qui est en jeu.
Imaginer une seule seconde Marion Maréchal - Le Pen ministre de la Culture ôte toute hésitation.

(1) https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20/l-invite-de-8h20-du-we-du-vendredi-14-juin-2024-2593243

lundi 10 juin 2024

Gueule de bois

Nous voilà triplement atterrés. Par le résultat à l'élection européenne d'hier en France de l'extrême droite et de la droite extrême  qui totalisent ensemble 40,21% (1), par la décision insensée du président Macron de dissoudre l'Assemblée nationale et par l'effondrement, dans de nombreux pays européens, des partis qui portent le combat écologique.

Ce pays conservateur  qu'est la France croit-il vraiment à la dédiabolisation du FN devenu RN ? Les visages et les discours se sont lissés et les promesses de jours heureux se sont additionnées sans qu'on sache comment le monde tournerait mieux avec cette extrême droite nationaliste et xénophobe, qui regarde l'avenir dans un rétroviseur. Les programmes sont pauvres et les arguments faibles, mais "on a besoin de changement", disent les électeurs du RN qui choisissent donc le parti qui ne changera rien. Avec le RN au pouvoir, l'environnement, les droits de l'homme, les valeurs d'accueil, d'ouverture, de fraternité, la solidarité avec l'Ukraine valseraient à la poubelle. Et son programme économique, de l'avis de tous les experts, n'a aucune crédibilité. En attendant, le FN-RN fait la course en tête. Et de loin. Le parti de la famille Le Pen, des fainéants (ses élus européens travaillent très peu), des philistins et des incompétents triomphe, avec l'aide de certains médias fascinés par Jordan Bardella, le jeune loup aux dents longues et aux idées courtes.

Le diable est à la porte et le président la lui ouvre. Emmanuel Macron obéit à Bardella qui l'avait appelé à dissoudre l'Assemblée nationale au vu de son score. Macron, "kamikaze de la dissolution" (2), tente un "pari fou", "un coup de poker", pour se redonner une majorité (un peu) plus claire, au risque d'offrir le gouvernement au parti d'extrême droite. Une explication circule : Macron essaierait de démontrer, en l'amenant au pouvoir, l'incompétence, notoire mais non démontrée, du FN-RN. Et les électeurs rejetteraient ainsi la fille à papa Le Pen en 2027. "On n'a pas encore essayé l'extrême droite", disent nombre d'électeurs. Les Hongrois l'essaient depuis quatorze ans. Orban est premier ministre de Hongrie depuis 2010. On ne se débarrasse pas facilement de l'extrême droite. Une extrême droite que le dérèglement climatique laisse indifférent. Elle préfère, courageusement, fermer les yeux. Ce qu'apprécient ses électeurs que le simple prononcé du mot écologie hérisse.

L'écologie, et donc l'avenir de l'humanité, est la grande perdante (même s'il y a d'heureux îlots de résistance et même de victoire - tel le Danemark) du scrutin européen. Quand elle n'est pas criminalisée (3), elle est traitée de punitive. Alors que ce sont nos modes de production et de consommation qui sont punitifs. En témoignent la hausse constante des températures, les sécheresses et les incendies qui y sont liés, la hausse du niveau des mers, l'augmentation du nombre de tempêtes, des précipitations et des inondations, avec leur lot de drames. Mais les électeurs préfèrent s'en lamenter sans devoir s'en soucier. 

Le monde meurt de l'absence de femmes et d'hommes politiques à la hauteur des enjeux actuels : dérèglement climatique, guerres, migrations, surpopulation. Qui fait encore de la politique aujourd'hui ? La plupart des élus (il est quelques heureuses exceptions) font de la politicaille, pas de la politique. Ils cherchent le pouvoir, pensent à leur avenir, pas à l'avenir commun, à celui de l'humanité, de la planète. Allons-nous hériter des pires ?
Après "Ma vie en pays grognon" (4), vais-je écrire "Ma vie en pays haineux" ? Allons-nous passer d'une peste sanitaire à une peste politique ?


samedi 23 avril 2022

Pour ceux qui douteraient encore

Quelques réflexions encore pour la route qui n'est plus qu'une dernière ligne droite.

Appel de la Fondation Abbé Pierre (1)
La Fondation Abbé Pierre se dit profondément inquiète par la perspective de voir Marine Le Pen accéder à la présidence de la République. Valeur essentielle pour cette fondation : l'inconditionnalité de l'accueil des personnes en souffrance. Elle serait profondément remise en cause par la préférence nationale qui limiterait l'accès de tout un pan de la population au logement social, aux aides sociales, aux prestations familiales. Le pays, qui a besoin d'unité pour affronter tous les défis, serait plus divisé encore qu'il ne l'est. La Fondation appelle dès lors à voter Macron, sans que cet appel ne vaille blanc-seing. "Ces cinq dernières années n'ont pas été à la hauteur en matière de lutte contre les exclusions, contre la pauvreté, contre les inégalités, contre le mal logement. Aussi nous saurons rappeler autant de fois que nécessaire le futur président de la République à ses responsabilités pour plus de solidarité et pour protéger les plus fragiles d'entre nous."

Appel du Monde (extraits) - excellent éditorial de Jérôme Fenoglio, directeur du Monde, qui renvoie chacun à ses responsabilités (2)
" Dimanche, il n’existera qu’une seule manière de contribuer à éviter que la candidate d’un parti d’extrême droite, Marine Le Pen, accède au pouvoir : c’est de voter pour son adversaire, Emmanuel Macron, quelles que soient les erreurs qu’il a commises au cours de son premier mandat, quels que soient les griefs que l’on peut former contre sa politique, quelle que soit sa responsabilité dans la présence du Rassemblement national (RN) à ce second tour. Ni le vote blanc ni l’abstention ne seront d’une quelconque utilité pour préserver notre pays de l’irrémédiable.
Pour décrire ce qui pourrait advenir si Marine Le Pen devenait présidente de la République, la comparaison avec la Hongrie de son inspirateur, le premier ministre Viktor Orban, a été souvent utilisée. De fait, l’érosion de la liberté de la presse, l’abaissement de l’Etat de droit, l’affaiblissement des institutions seraient bien à l’ordre du jour.  (...)
Pour mesurer les risques encourus, il faut regarder un peu plus à l’est du continent, du côté de la Russie de Vladimir Poutine, à laquelle Mme Le Pen s’est liée par son admiration proclamée à maintes reprises, et par un emprunt bancaire. Il faut considérer la triple impasse dans laquelle le despote a enfermé son pays. Le nôtre serait soumis au même clanisme d’une clique centrée sur ses propres intérêts, qui a toujours procédé par des purges pour garder le contrôle de sa petite entreprise politique familiale. Il serait voué au même isolement international, que le rapprochement avec des gouvernements populistes, suggéré par Mme Le Pen, ne compenserait pas bien longtemps. Il suffit de constater à quelle vitesse la Pologne vient de s’éloigner de la Hongrie, après l’agression de l’Ukraine, pour se convaincre que ces conglomérats d’égoïsmes nationaux ne restent jamais cohérents. Enfin, notre pays serait exposé aux mêmes ferments de haine et de violence contre des pans entiers de sa population."

Poutine, un modèle
Beaucoup de téléspectateurs du débat de mercredi ont découvert avec surprise que le parti de la fille à papa avait trouvé un financement en Russie. Marine Le Pen a toujours été fascinée par Poutine, ce qu'elle tente de nier depuis le début de la guerre d'Ukraine. Mais les faits sont têtus. Le Monde les rappelle (3).
"Je ne cache pas que, dans une certaine mesure, j'admire Vladimir Poutine. (...) Nous devons développer des relations avec Moscou, nous partageons de nombreux intérêts communs, tant sur le plan civilisationnel que stratégique" (interview au journal russe Kommersant, 13.10.2011).
En septembre 2015, Vladimir Poutine et ses troupes interviennent en Syrie. Les Occidentaux soupçonnent l'armée russe de cibler surtout les opposants à Bachar Al-Assad. La France ouvre une enquête pour « crime contre l'humanité » visant les actes de torture commis par le régime Assad. Réaction de MLP : " Ces doutes exprimés sur les frappes russes, de la même manière que l'enquête lancée en France, participent de la décrédibilisation de l'action menée par Vladimir Poutine. La France aurait dû faire ce que la Russie est en train de faire" (interview sur Europe 1, 1.10.2015).
En 2014, la Russie annexe d'autorité la  Crimée. "Je ne crois absolument pas qu'il y a eu une annexion illégale de la Crimée : il y a eu un référendum, les habitants souhaitaient rejoindre la Russie" (interview sur BFMTV, 3.1.2017).
En février, 2021, l'opposant russe Alexeï Navalny est condamné à trois ans et demi de prison : la justice lui reproche d'avoir violé son contrôle judiciaire, alors qu'il est parti se soigner en Allemagne après son empoisonnement au Novitchok par une équipe d'agents secrets russes. Réaction de MLP :  "On va avoir du mal à demander à la justice d'un pays étranger d'opérer la relaxe de quelqu'un [Alexeï Navalny]. En revanche, je demande à la Russie d'être attentive aux droits de la défense de M. Navalny, qui a été jugé pour avoir été à l'encontre de son contrôle judiciaire. (...) Donc tout ça n'a pas grand chose à voir avec la politique" (interview sur BFMTV/RMC, 5.2.2021).
Février 2022, les mouvements des troupes russes à la frontière ukrainienne font craindre le pire. MLP se veut rassurante : "Je ne crois pas du tout que la Russie ait le souhait d'envahir l'Ukraine" (interview sur BBC News, 8.2.2022).
Par ailleurs, Le Monde rappelle que "la présidente du RN s’est rendue au moins à quatre reprises en Russie depuis 2013, en recevant à chaque fois les honneurs du régime", accueillie trois fois à la Douma, le parlement russe, puis par le tsar Poutine. Le quotidien rappelle la longue liste des résolutions votées par le Parlement européen, condamnant le non respect des droits de l'homme par la Russie et contre lesquelles ont systématiquement voté les élus du RN. Le Monde liste aussi les proches de MLP qui entretiennent des liens étroits avec la Russie et analyse les liens financiers du RN avec la Russie et les contreparties qu'on peut soupçonner. Ces liens avec la Russie mettent à mal la volonté souverainiste de la candidate du RN.

Suffisance contre insuffisance
L'attitude d'Emmanuel Macron semble définitivement qualifiée de prétentieuse ou d'arrogante par ses adversaires. Mais on pourrait élargir à d'autres ces adjectifs : toute personne qui maîtrise son sujet apparaît aujourd'hui arrogante et donneuse de leçon. Surtout quand la personne en face est brouillonne et fait la preuve de son incompétence. Comme le disait Benoît Forgeard (4), le débat d'entre deux tours, c'était "suffisance contre insuffisance". C'était aussi prétention contre prétention. Le président sortant est vu comme prétentieux, mais Marine Le Pen l'est au moins autant, elle qui s'identifie à son pays. Le choix est simple, ose-t-elle dire : c'est ou Macron ou la France. "Je suis la porte-parole des Français", a-t-elle déclaré lors du débat. Ne serait-ce pas de l'arrogance que de croire qu'on peut à soi seul représenter tout un peuple dans sa diversité et malgré les divisions qu'on a soi-même créées ?

(2)  "Empêcher le pays de se défaire" - https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/04/22/empecher-le-pays-de-se-defaire_6123258_3232.html

mercredi 18 décembre 2019

La mendiante

Il y a longtemps qu'il n'en avait plus été question ici. On n'en entendait plus parler. Mais elle était tapie dans l'ombre. La fille à papa Le Pen fait à nouveau parler d'elle. Elle vient mendier auprès des adhérents du RN-FN. Elle laisse entendre que son parti est exsangue parce que l'Etat lui réclame onze millions d'euros (1). La somme réclamée par l'avocat de l'Etat est bien celle-là, mais la présidente du parti d'extrême droite oublie de dire que le jugement ne sera rendu qu'en avril prochain et que le procureur général n'a requis, lui, que 500.000 euros d'amende contre son parti  pour avoir surfacturé des kits de campagne à ses candidats. L'appel est alarmant et dénonce une "volonté de tuer" son cher parti.
Il faut reconnaître que la Le Pen est la reine du culot: elle, ses vieux copains et son parti se sont visiblement fait beaucoup d'argent sur le dos des candidats et la voilà qui tend la main à ses militants, leur demandant 75 ou 100 € pour l'aider à financer la campagne des municipales.
L'héritière est une pauvre petite fille riche qui sait qu'elle peut tout dire, que ses soutiens sont des gogos qui la suivront jusqu'au bout du mensonge qu'elle a dans son ADN. Elle a un modèle qui la rassure: Donald Trump n'a jamais été aussi populaire. Aujourd'hui mis en accusation pour irrespect des règles de base de la fonction présidentielle et menacé d'une très hypothétique et assez improbable destitution, il n'a jamais autant plu à ses troupes.
De la difficulté de s'attaquer aux populistes...

(1) https://www.lexpress.fr/actualite/politique/le-drole-d-appel-aux-dons-de-marine-le-pen-a-ses-militants_2111369.html