lundi 26 octobre 2020

Rira bien qui rira le dernier

Ainsi donc, dans de nombreux pays musulmans, au Koweït, au Qatar, en Arabie saoudite, en Jordanie, en Turquie, se multiplient les appels à boycotter les produits français pour protester contre la liberté qui existe en France de dessiner et publier des caricatures, notamment de leur Prophète (1). Parmi les produits visés, La Vache qui rit. Si elle s'appelait La Vache qui prie échapperait-elle au boycott? Kiri devrait-il se rebaptiser Kipri

Le rire a mauvaise presse en terre islamiste. Un ayatollah risque-t-il l'excommunication s'il est surpris en train de rire? Quelqu'un a-t-il déjà vu rire le sultan Erdogan? Dans les pays où l'islam règne en maître, risque-t-on la peine de mort si on s'esclaffe en public? A-t-on le droit de rire chez soi? Est-on élevé à ricaner plutôt qu'à rire? Parmi tous ces gens outrés, y a-t-il une seule personne qui ait vu une de ces caricatures dont ils se disent scandalisés?  Au procès des attentats de janvier 2015 - et donc des présumés complices des assassins de l'équipe de Charlie Hebdo - on a vu des accusés salafistes rire des caricatures. Agathe André, ancienne de Charlie, a créé l'association Dessinez Créez Liberté. Cette association d'éducation aux médias, au dessin de presse, à la caricature et à la liberté intervient dans les écoles, les prisons, les missions locales et divers organismes, pour donner des clés de compréhension du monde. "Quand nous allons dans les prisons, dit-elle, quand nous montrons les caricatures du Prophète, les détenus incarcérés - certains pour radicalisation - s'étonnent toujours et nous disent: Mais c'était juste ça, les caricatures? Oui, tout ça pour ça." Ainsi des gens s'indignent de ce qu'ils n'ont pas vu. Quand en 1988 l'ayatollah Khomeyni a lancé une fatwa contre Salman Rushdie, il n'avait évidemment jamais lu Les Versets sataniques. Il en avait juste entendu causer. L'ignorance mène au pire, la bêtise à la perte.

"Rire est le plus court chemin d'un homme à un autre", disait Wolinski. Mais les islamistes pensent qu'une balle va plus vite. Non seulement, ils se trompent, mais en plus ils n'ont pas compris qu'elle ne crée pas le même lien. Wolinski, comme Cabu, Charb, Honoré, Moustapha Ourrad, Tignous, Eva Cayat, Bernard Maris et tous les autres, est mort sous les balles de jeunes crétins incapables d'humour. Au-delà de la mort, ces dessinateurs continuent à nous faire rire. Les sombres islamistes qui les ont tués sont passés à côté du rire et de leur vie. Ils sont morts. Juste morts. Et certainement pas de rire.

A écouter, regarder ou lire: Sophia Aram à ce sujet ce matin:                         https://www.franceinter.fr/emissions/le-billet-de-sophia-aram/le-billet-de-sophia-aram-26-octobre-2020

(1) https://www.lemonde.fr/international/article/2020/10/24/apres-les-propos-de-macron-sur-les-caricatures-de-mahomet-plusieurs-pays-du-moyen-orient-appellent-au-boycott-des-produits-francais_6057268_3210.html 

https://www.lalibre.be/international/europe/turquie-erdogan-appelle-au-boycott-des-produits-francais-5f96bc6b7b50a66bd812f24f

Post-scriptum: voir le dessin de Kroll dans Le Soir: https://plus.lesoir.be/334077/article/2020-10-27/le-kroll-du-jour-sur-lappel-au-boycott-des-produits-francais


vendredi 23 octobre 2020

Monsanto condamné

 Deux bonnes nouvelles sur le front des pesticides. Ne boudons pas notre plaisir en ces temps si gris.

Paul François, cet agriculteur charentais (1) qui avait été gravement intoxiqué en 2004 par l'herbicide Lasso, avait, trois ans plus tard, attaqué en justice Monsanto pour “défaut d’information sur l’étiquette et non-respect du devoir de vigilance”. En 2012, il obtenait gain de cause devant le tribunal de grande instance et en 2015 devant la cour d’appel de Lyon. Mais la Cour de cassation avait cassé l’arrêt rendu par la cour d’appel et renvoyé l’affaire devant la cour d’appel de Lyon, autrement composée, qui a à nouveau retenu la responsabilité de Monsanto en 2019. Il y a deux jours, cette décision a été confirmée par la Cour de cassation. La responsabilité de Monsanto est donc définitivement reconnue dans cette affaire. Et cela, c'est vraiment une bonne nouvelle. Pour Paul François comme pour tous les agriculteurs victimes de ces produits miraculeux. Pour François Lafforgue, l'avocat de Paul François, « c’est une décision exemplaire qui fera date ; ça ouvre la voie à d’autres victimes des pesticides, en France, qui pourront rechercher la responsabilité des firmes à l’origine de leur intoxication ». Reste maintenant au tribunal judiciaire de Lyon à fixer les indemnités auxquelles aura droit l'agriculteur.

En Indre, un arrêté préfectoral vient de durcir les conditions de traitement aux pesticides de synthèse aux abords des cours d'eau (2). Plus question d'en épandre à moins de cinq mètres de « tous les plans d’eau permanents ou intermittents reliés ou non au réseau hydrographique figurant sur les cartes 1/25.000 de l’Institut géographique national, […] à l’exception des plans d’eau asséchés ou des erreurs manifestes de la carte ». Ce qu’on appelle les zones de non-traitement (ZNT). Une belle victoire pour Indre Nature et la Fédération de pêche. Les agriculteurs dits conventionnnels grognent. La FDSEA annonce qu'elle va « sûrement » formuler un recours contre cet arrêté. « Ils peuvent toujours essayer, affirme Jacques Lucbert, président d'Indre Nature, mais je pense que c’est un combat d’arrière-garde. Face au problème planétaire de la réduction de la biodiversité et des problèmes de qualité d’eau, continuer à se battre pour l’utilisation de pesticides est perdu d’avance. Leur disparition à long terme est inéluctable. » Pour la santé des agriculteurs eux-mêmes, leur abandon serait salutaire. 

(1) (Re)lire sur ce blog "Nouveau coup de David à Goliath", 12.4.2019                                                    (2) https://www.lanouvellerepublique.fr/indre/indre-un-arrete-limite-l-utilisation-des-pesticides-pres-des-cours-d-eau?queryId%5Bquery1%5D=57cd2206459a452f008b4594&queryId%5Bquery2%5D=57c95b34479a452f008b459d&page=1&pageId=57da5ce5459a4552008b469a 

 

mardi 20 octobre 2020

Marre!

J'en ai marre de tous ceux qui par indigence ou paresse intellectuelle, par calcul politique, par clientélisme refusent de faire la différence entre islam et islamisme. Ceux qui cirent les bottes des barbus et affirment, hypocritement, qu'il faut accepter et comprendre. Accepter et comprendre quoi? Qu'alors que nous avons réussi, après des siècles de combat, à mettre la religion chrétienne à sa place, à savoir dans les maisons et les églises, il faudrait laisser l'islam s'immiscer dans les écoles, dans les journaux, dans les assiettes, dans les piscines, dans les façons de s'habiller, dans les principes d'égalité? J'en ai marre d'entendre crier au blasphème au moindre dessin moqueur, marre de ces sinistres sires qui s'opposent au rire. Marre de l'islamo-gauchisme qui soutient le fanatisme, des Mélenchon, des Plenel, des Ramadan, de tous ces Tartuffe qui rêvent de citoyens autonomes mais soutiennent la colonisation des esprits et des corps par la religion. Marre de les voir cracher sur Charlie Hebdo, de les entendre dire que, bien sûr, on peut rire de tout, mais qu'il faut respecter les croyances des musulmans qu'ils considèrent ainsi comme des enfants qu'il faut protéger. Marre de ceux qui cherchent à nous culpabiliser et transforment les coupables en victimes et inversement, marre de tous ces judéo-chrétiens qui se fouettent en disant que c'est de notre faute, à nous Occidentaux et qui ne veulent pas voir que la radicalisation islamiste progresse partout dans le monde. Marre d'entendre dire que ces crimes islamistes trouvent leur origine dans notre attitude de blancs supérieurs, comme si ces crimes ne frappaient pas, avant tout, des victimes innocentes en terre musulmane plus encore qu'en Occident. J'en ai marre des écolos qui par bienveillance se comportent en paternalistes et affichent, sans s'en rendre compte (j'espère), leur mépris pour tous ceux et toutes celles, surtout celles, qui vivent dans des régimes théocratiques qui pourchassent, lapident, violentent, emprisonnent, exécutent celles et ceux qui ne vivent pas selon leurs règles. J'en ai marre d'entendre traiter d'islamophobes ceux qui critiquent l'islam, marre de constater que toutes ces braves âmes qui s'offusquent font le lit de l'extrême droite. J'en ai marre de voir celle-ci élargir son sourire carnassier à chaque crime commis au nom du Prophète. J'en ai assez de la victimisation qui enfonce chacun dans sa condition, évite de penser et d'agir intelligemment et excuse la violence. J'en ai assez de voir ces réseaux sociaux  transformés en canaux de haine, de bêtise  et d'abjection. J'en ai marre de cette obscurité qui nous envahit. De la lumière!

Mais peu importe la sourate / Ce qui doit être dit est dit                                                                                                                  Hubert-Félix Thiéfaine, "Les Filles du sud"

A écouter, les propos fâchés et fatigués à la fois de Richard Malka, l'avocat de Charlie Hebdo:   https://www.huffingtonpost.fr/entry/samuel-paty-hommage-proces-charlie-hebdo_fr_5f8d529dc5b67da85d1fd9f2

P.S.:  "En plus de l’horreur, je ressens de la colère, contre nous-mêmes, les cibles de l’islamisme, qui après tant d’horreur et d’humiliation, ne sommes pas fichus de nous entendre pour nous débarrasser une fois pour toutes de ce fléau planétaire et amener les élites religieuses musulmanes à sortir de l’ambiguïté et à se mobiliser pour couper la route à l’islamisme en expurgeant de leurs Saintes Écritures, ce qui lui sert de justification et de quitus. En démantelant cette machine infernale de l’islamisation qui, avec son réseau tentaculaire de mosquées, d’écoles, d’associations et de sites internet, quadrille le pays, embrigade, convertit, radicalise, communautarise, avec parfois le soutien intéressé des autorités politiques à tous les niveaux.", Boualem Sansal dans Marianne.                                                      https://www.marianne.net/societe/laicite-et-religions/boualem-sansal-demanteler-la-machine-infernale-de-lislamisation?utm_source=nl_quotidienne&utm_medium=email&utm_campaign=20201020&xtor=EPR-1&_ope=eyJndWlkIjoiMWRhMjc0MDM2MDEzNTMyNzJkNjYxMmIyOWM2M2NiMDAifQ%3D%3D

P.S.2:  Et aussi ce texte d'Amine El Khatmi, que je partage entièrement:     https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/pour-une-republique-de-combat




dimanche 18 octobre 2020

Samuel Paty

Une fois de plus, une fois encore, Mahomet se dit que oui, vraiment, c'est dur, très dur, d'être aimé par des cons. Surtout quand ces cons sont aussi d'immondes crapules, de sombres barbares, d'infâmes salauds.


On ne retiendra pas le nom de l'infect terroriste qui a décapité vendredi un professeur d'histoire-géographie d'un collège de Conflans-Sainte-Honorine dans les Yvelines. Mais on se souviendra de cet enseignant. Il faut que vive son nom. Il s'appelait Samuel Paty et était, selon ses élèves, sympa, bienveillant, à l'écoute. Il donnait, disent-ils, envie d'apprendre, savait animer ses cours. Depuis des années, il travaillait notamment sur la liberté d'expression et tentait de faire vivre trois valeurs auxquelles il croyait passionnément: la liberté, l'égalité, la fraternité. Il jouait son rôle d'éveilleur, aidait ses élèves à comprendre le monde, à l'analyser, à devenir plus critiques, plus intelligents. Il les formait à devenir des citoyens. Et le voilà, pour ces raisons-là, sauvagement massacré par un jeune homme qui ne le connaissait pas, déformé par les propos outranciers et mensongers du père d'une élève et d'un pseudo imam islamiste, connu pour ses positions agressives, qui lui reprochaient d'avoir analysé en classe des caricatures de Mahomet. 
On se le demande, à quoi sert l'école pour eux? A fermer plutôt qu'à ouvrir? A obscurcir les esprits plutôt qu'à les éclairer? A asservir plutôt qu'à rendre libre et autonome? Jusqu'où les laisserons-nous aller dans ces agressions des valeurs de la République? Combien de crimes encore les laisserons-nous commettre? 

Comme l'écrit le Printemps républicain, "Aujourd’hui, nous en avons assez. Assez de pleurer nos morts. Assez qu’on s’en prenne aux premières lignes de la République. Assez de cette pieuvre islamiste qui prospère, qui plastronne, qui menace. Assez de voir nos amis, nos collègues, insultés, menacés, obligés de vivre sous protection policière depuis des années, dans l’indifférence quasi-générale. Assez que les courageuses et les courageux, les Jean-Pierre Obin, les Zineb El Rhazoui, les Mohamed Sifaoui, les Caroline Fourest et tant d’autres, soient attaqués sans cesse, et si peu défendus.                                      Assez, par-dessus tout, du « pas d’amalgame », des « on peut être Charlie ou ne pas être Charlie ». Assez de ces quelques messieurs trop tranquilles qui, depuis les ministères ou sur les estrades, « observent » qu’il n’y a pas de problème avec la laïcité. Assez de l’hypocrisie et de la confusion intellectuelle qui règne dans ces organisations de gauche incapables de prendre la défense de Mila. Assez de voir les opportunistes du coexistentialisme qui rôdent comme des vautours autour de l’argent public et qui favorisent l’entrisme des Frères musulmans au nom du dialogue inter-confessionnel.                                                                      Assez, par-dessus-tout, du pas-de-vague et des demi-mesures, des petites compromissions et des grandes lâchetés. Ne vous y trompez pas : les islamistes ne pleurent pas, ils rigolent. Ils ont réussi leur coup : ils sèment la terreur sans même se salir les mains. Dénoncer publiquement leur a suffi : l’objectif est atteint, l’effroi est général et la peur règne. Et leurs idiots utiles se jettent déjà à leurs pieds pour dénoncer « l’islamophobie » et faire de la politique politicienne."                                                                                    Le Printemps républicain appelle à "reprendre la main. Changer de braquet, enfin ! L’heure n’est plus à décrire l’islamisme, à le critiquer, à le dénoncer : il faut le démanteler. Le détruire. Le liquider. Mettre hors-la-loi les organisations qui se revendiquent ou s’inspirent de l’islam radical, celui des salafistes et des Frères musulmans en particulier. Il faut dissoudre ces associations, saisir leurs avoirs et traduire en justice leurs responsables. On ne s’en sortira pas autrement. Cela doit prendre effet immédiatement."
Il y a urgence, une urgence extrême, à "revoir entièrement les dispositifs publics de formation et d’accompagnement à la citoyenneté et aux valeurs de la République" et à "casser les ghettos où l’islamisme, mais aussi la violence gratuite, les trafics, la misère morale et matérielle prospèrent." 
Alors, le nom de Samuel Paty continuera à nous aider à vivre.

Post-scriptum: Les réactions de colère, de tristesse et d'indignation sont nombreuses et indispensables. Et la Marseillaise résonne à l'unisson comme un rappel des valeurs de la République. Mais - il en fut plus qu'une fois question ici - qu'on change enfin les paroles de cet hymne guerrier! "Qu'un sang impur abreuve nos sillons"? L'infâme assassin de Samuel Paty a dû se dire la même chose en sortant son couteau.

P.S. 2: A lire, ce texte de Yannick Haenel qui chaque jour partage, sur le site de Charlie Hebdo, ses réflexions sur le procès des tueries de janvier 2015:

https://charliehebdo.fr/2020/10/proces-attentats/trente-quatrieme-jour-lhorreur-et-la-pensee/?utm_source=sendinblue&utm_campaign=NOTIFICATION_PROCES_JOUR_34__ABOWEB&utm_medium=email

P.S.3: Et à écouter: Sophia Aram ce matin sur France Inter. Cinglante et très pertinente.                                A réécouter sur la page d’accueil de France Inter, dans le bas à gauche, rubrique Humour (mais ça n’en est pas) à 01.55.30.                                                                                                https://www.franceinter.fr/emissions/le-billet-de-sophia-aram/le-billet-de-sophia-aram-19-octobre-2020

P.S.4: https://www.liberation.fr/france/2020/10/18/monsieur-paty-il-etait-trop-drole-on-voulait-tous-l-avoir_1802719

P.S.5: un ami me fait remarquer que, comme tant d'autres, je comprends mal la phrase "qu'un sang impur abreuve nos sillons": "Le sang "impur" qui abreuve nos sillons, c'est le nôtre, celui du peuple, par opposition au "sang bleu" des aristocrates qui ont trahi. On se bat contre l'ennemi de la révolution, et on offre notre propre sang impur. Ce vers exalte l'esprit de sacrifice et souligne la grandeur du peuple." 






mardi 6 octobre 2020

Le Débat est clos

La revue Le Débat n'aura jamais quarante-un ans. L'historien Pierre Nora, qui en est le fondateur, vient de décider de mettre fin à cette revue générale d'idées, sous-titrée "Histoire, politique, société". L'heure n'est hélas plus au débat, constate-t-il, inquiet (1). "La revue a commencé dans les années 1980, un moment historique très précis, celui où s'épuisait l'idée révolutionnaire, moment où les intellectuels se ralliaient à la démocratie: ils comprenaient qu'on vivrait toujours avec des gens avec lesquels on n'est pas d'accord, et que le but n'était pas de les anéantir, mais de discuter avec eux. On entrait dans le débat." Et Nora de constater, amer, que cette période est terminée. Le changement, c'est "la montée des radicalités, pour lesquelles et avec lesquelles le débat est absolument impossible. Ce sont des gens qui ne veulent pas débattre, ils sont enfermés dans leur identité. Ma crainte, c'est que la cancel culture, qui est à mon avis une néantisation de la culture, n'arrive massivement en France." Pierre Nora parle à propos de cette culture du flingage de "guerre civile intellectuelle". Voilà plusieurs années que sont nombreux ceux qui, incapables de débattre, se sentent insultés par ceux qui ne sont pas d'accord avec eux. Mais ces derniers temps, ce sentiment d'être insulté se traduit en chasse à l'homme ou à la femme qu'il s'agit de faire disparaître des réseaux prétendument sociaux, de boycotter ou de faire licencier. Le terrorisme intellectuel est à la mode.

Pierre Nora déplore s'être trouvé si souvent, trop souvent, face à des gens qui "nous nient et ricanent". Il évoque un article de Mediapart : "ils commencent avec quelques précautions verbales en disant que la fin d'une revue est toujours triste, mais ils sont très contents que Le Débat s'arrête. Ils cachent à peine leur joie, ils la cachent habilement, et disent finalement que si nous disparaissons, c'est que nous n'avons rien compris, que nous l'avons bien cherché. Il faut répondre à ça". L'historien et éditeur en appelle au combat des Lumières: "il s'agit de travailler contre cette carapace identitaire qui est en train de gangrener l'esprit public. Les identitaires excluent, ils chassent littéralement ceux qu'ils considèrent comme l'expression du vieux monde". 

Un (vrai) débat est censé enrichir ceux qui y participent. On y apprend des faits qu'on ignorait, on y entend des arguments et des points de vue auxquels on n'avait pas pensé, on y affine ses réflexions. On peut en sortir plus nuancé, plus intelligent, plus riche. Encore faut-il en avoir envie, oser prendre le risque de douter, de sortir de ses certitudes. Il plus facile de crier ses vérités, d'aboyer, d'attaquer. 

(1) "Pierre Nora, "Les carapaces identitaires sont en train de gangrener l'esprit public", propos recueillis par Yann Diener, Charlie Hebdo, 16.9.2020.


dimanche 4 octobre 2020

Enfin!

On l'attendait depuis longtemps sur ce sujet. Le président Macron s'est enfin exprimé sur ce qu'il nomme séparatisme et que d'autres appellent communautarisme: la volonté de certains, et des islamistes en premier lieu, de vivre à l'écart de la République, de ses valeurs et de ses règles, pour vivre selon les leurs et les imposer insidieusement à la société. Il a clairement ciblé "le séparatisme islamique", parlant d’un "projet conscient, théorisé, politico-religieux, qui se concrétise par des écarts répétés avec les valeurs de la République", tout en faisant la part des choses avec les millions de musulmans qui vivent dans la République "comme citoyens pleins et entiers". Il en a profité, écrit Le Monde (1), pour dénoncer "l’autre séparatisme, celui que les élus de la République ont, selon lui, collectivement contribué à nourrir en acceptant que la misère et les difficultés soient concentrées sur certains territoires". Il a ainsi admis "que renforcer l’arsenal répressif ne servira à rien si une vigoureuse action pour l’égalité des chances n’est pas menée".

Il entend, écrit encore Le Monde, "réaffirmer le rôle fondamental de l’école dans l’apprentissage des valeurs de la République et pour cela rendre obligatoire dès trois ans l’instruction à l’école ; renforcer le contrôle de l’Etat sur le fonctionnement et le financement des associations cultuelles et pour cela accepter de retoucher à la marge la loi de 1905 ; faire respecter le principe de neutralité dans les services publics et pour cela l’étendre aux transports publics ; tenter de faire émerger un islam de France et pour cela responsabiliser le Conseil français du culte musulman, même si cela s’est révélé jusqu’à présent très difficile". Voilà longtemps qu'on attendait que soient prises de telles mesures. aptes à faire respecter la laïcité et à remettre à sa place une religion qui tout doucement entend régenter la vie sociale et empêcher le vivre-ensemble.

Il est, bien sûr, des bonnes âmes, à gauche, qui s'offusquent. C'est aux musulmans que s'en prend le président, feignent-ils de croire, refusant d'écouter ce que dit Macron et de faire une différence entre islam et islamisme, continuant peut-être (comme ce fut le cas d'une rédactrice en chef adjointe de Mediapart) à penser que l'islamisme n'est, somme toute, pas si grave. Comme si les milliers de victimes qu'ont déjà fait à travers le monde, et en particulier parmi les musulmans, les attentats terroristes commis au nom d'Allah ou de son prophète n'étaient que légers incidents. C'est là que se logent le mépris et le racisme. 

On entend maintenant des parents se plaindre, s'indigner de ne plus pouvoir instruire leurs enfants eux-mêmes et  de devoir les envoyer à l'école. On s'en prend aux libertés individuelles, protestait une mère sur France Inter. Il faut pouvoir respecter le rythme des enfants, disait-elle (sans qu'on sache si ses enfants sont demandeurs des rythmes familiaux et de l'absence d'école). La liberté individuelle, le droit de chacun de faire exactement ce qu'il lui plaît, de dire ce qu'il lui passe par la tête prennent aujourd'hui le pas sur l'intérêt collectif. Il en va de même avec le port du voile. Chacune a le droit de le porter ou non, estiment les bonnes âmes. Refusant de voir que dans les pays musulmans les femmes n'ont pas ce droit, uniquement l'obligation de le porter sous peine de bastonnade, de prison ou de mort. On pense aussi aux anti-masque qui hurlent que l'obligation de son port est une atteinte à leur liberté individuelle, oubliant sciemment que se joue là la protection collective. Le "chacun fait ce qui lui plaît" a un côté ultra-libéral dont l'extrême gauche serait bien avisée de prendre la mesure.

(1) https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/10/03/separatisme-une-reponse-pour-le-long-terme_6054627_3232.html

https://www.marianne.net/politique/macron/critiques-acerbes-a-gauche-scepticisme-gene-a-droite-enthousiasme-prudent-chez-les-laiques-les-reactions-au-discours-de-macron-sur-le-separatisme

jeudi 1 octobre 2020

Massacre à la tronçonneuse

Ils voulaient sauver une forêt corrézienne de plus de huit hectares, écœurés de voir tant de coupes rases un peu partout. Leur association Faîte et Racines avait récolté plus de 53.000 euros pour l'acheter. Le compromis de vente avait été signé. C'était sans compter avec la gendarmerie et les Renseignements territoriaux qui ont convaincu le vendeur, ancien maire du village de Saint-Paul, près de Tulle, que la forêt en question allait être transformée en ZAD, que derrière cette association se cachaient les zadistes de Notre-Dame-des-Landes qui allaient débarquer en nombre et construire dans cette forêt un village de tipis, de yourtes et de cabanes et mettre en danger la région. C'était du pipeau, mais l'ancien maire s'est laissé berner par ces pandores si sûrs de leurs analyses volontairement catastrophistes.                                            Résultat: la forêt a été vendue à un agriculteur voisin. Qui s'est empressé de la raser pour transformer les terres ainsi gagnées en pâtures. La catastrophe a eu lieu, sans que l'administration s'en émeuve. Que fait la police ?  (1)                                                                                                                                                        On voit par là que les gendarmes ont peur de la nature et qu'il faut se méfier comme de la peste des agriculteurs hors-sol qui manient mieux la tronçonneuse que la faux, incapables de comprendre l'utilité d'une forêt. Mais finalement les gendarmes ont raison: les forêts sont vraiment des zones à défendre.

En 1872, George Sand lançait un appel à la protection de la nature pour sauver la forêt de Fontainebleau. Dès 1830, le progrès  imposait des coupes rases, des routes à travers la forêt et un assainissement des marais. En 1853, 624 hectares de la forêt de Fontainebleau étaient classés hors exploitation et huit ans plus tard étaient instituées des zones "à destination artistique". Mais l'annonce d'autres destructions de la forêt fait réagir George Sand qui signe alors un des premiers appels à la protection de la nature. "Gardons nos forêts, écrit-elle, respectons nos grands arbres" et "protestons" pour protéger la terre "dévastée et mutilée" par l'activité industrielle. "Supprimez les arbres qui, par leur ombre, rendent au sol la fraîcheur bue par leurs racines, vous détruisez une harmonie nécessaire." Elle revendique aussi "le droit à la beauté et à la poésie de nos forêts." (2) George, reviens! Ils sont toujours aussi fous !

(1) https://www.bastamag.net/foret-coupe-rase-action-de-preservation-ecologie-services-de-renseignement-gendarmerie?fbclid=IwAR0ZWzM0BhdZZMhxhsVg6z0IOqlUYvk-CijfHGwhtN6Cx3x2JLecMp3B0XE

(2) George Sand, "Impressions et souvenirs", 1873, cité dans "George Sand, l'appel de la forêt", Alizée Vincent, Causette, octobre 2020.

mardi 22 septembre 2020

SLA, Salut, les Amish

Il nous arrive parfois des choses étranges. Par exemple, se découvrir ce qu'on n'avait jamais pensé être. Ce qu'on n'avait pas imaginé une seule seconde. Etre amish, par exemple.                                                         Il a suffi d'une phrase du président Macron pour cela. Parlant de l'arrivée très contestée de la 5G, la cinquième génération de téléphonie mobile, il a estimé que c'est là le progrès et qu'on ne peut s'y opposer. A moins de vouloir vivre comme les Amish, estime-t-il. Voilà donc comment on se retrouve catalogué amish (1).                                                                                                                                                          Le président Macron se voit sans doute comme un symbole de la modernité. Mais qui est le plus ringard? Celui qui utilise ces vieux arguments (c'est ça ou la préhistoire, c'est le nucléaire ou la bougie) pour critiquer les arguments écolos tout en défendant une technologie inutile qui va provoquer une nouvelle catastrophe environnementale? Ou celui qui au nom de l'avenir de la planète appelle à s'opposer au progrès à tout prix?

(1) (Re)lire sur ce blog: "Restons stupides (et arriérés)", 29.12.2019 et "Ce vieux monde sourd, aveugle et cupide", 12.4.2020.


samedi 19 septembre 2020

Des questions

Suivre le procès des attentats de janvier 2015, c'est être renvoyé à une immense tristesse, à la perte de celle et ceux qui, à force de les lire, étaient devenus des proches et que d'obscur(antiste)s crétins surarmés ont froidement abattus comme dans un tir aux pipes. Et ce pour quelques dessins qu'ils n'avaient pas compris et auxquels, en agissant de la sorte, ils ont donné tout leur sens. (Oui, Mahomet doit vraiment se dire que c'est dur d'être aimé par des cons) C'est être renvoyé à la violence, à la bêtise, à la lâcheté, à l'incompréhensible.
Et c'est aussi à cela que sert un procès: tenter de comprendre au-delà des responsabilités de chacun. Comprendre pourquoi, comprendre comment, et sans doute accepter que des questions restent à jamais sans réponse. 
L'équipe de Charlie Hebdo a demandé à un de ses membres de suivre quotidiennement ce procès et de partager sur le site de Charlie ses réflexions (1). Yannick Haenel n'est pas journaliste, mais écrivain et il a intégré l'équipe après l'horreur du 7 janvier. Ce qui lui permet sans doute cette vision cathartique. Même si l'horreur nous dégoute et nous noie, ses propos nous permettent de surnager.

"Tout le procès tend vers ce point innommable, vers cette scène qui nous a été rappelée ce matin parce qu’elle est le cœur de la tragédie. Offre-t-elle à ceux qui en soutiennent la vision une quelconque vérité ? Je ne sais pas. Sans doute pas, mais elle dit que cette vérité existe et qu’elle peut être rejointe selon le cœur de chacun (par le deuil, la conscience de l’atrocité, l’adieu à ceux qui ont fini leur vie, par l’amour qui doit se substituer au crime). 
Ça a eu lieu, et rien ne doit l’effacer. Dire les noms, saluer les corps par l’endurance de notre regard : ici commence un nouveau silence. Ce silence est notre éthique, il est celui de nos battements de cœur.
"Permettez-moi de continuer encore un peu. Faire la vérité implique-t-il de soutenir l’horreur ? Les rescapés, les familles choisissent le plus souvent de ne pas regarder des images qui dégraderaient la mémoire de ceux qu’ils aiment. Alors disons ceci : dans ce tribunal, dans tout tribunal peut-être, nous qui souffrons moins qu’eux, nous regardons pour eux — à leur place. C’est pourquoi j’ai accepté d’être là et d’écrire ce compte rendu quotidien dont je sais qu’il sera chaque jour plus difficile parce qu’il m’entraîne vers un lieu si reculé en nous que l’humain semble s’y consumer. Mais ces flammes, je les vois aussi comme des lueurs. J’en ressens la justesse, j’en devine l’innocence, j’en attends la justice."  (4e jour)

Et ceci encore, parlant du tribunal et du procès qu'il mène:
"Mais il n’empêche : nulle part ailleurs, il n’existe, dans la société, un tel rassemblement de paroles, sauf dans la littérature (mais la littérature n’est pas la société, elle est une résistance à la société). Aujourd’hui, plus personne n’écoute personne. La contradiction n’est plus considérée comme un moment du dialogue, chacun ne parle que pour soi ou sa communauté d’intérêts ; et d’ailleurs, les gens ne se mélangent plus car ils ne supportent plus de rencontrer quelqu’un qui n’est pas d’accord avec eux. D’où aussi les problèmes de Charlie Hebdo : les problèmes que ce journal pose, les problèmes qu’il subit." (8e jour)

Et enfin, ceci, publié ce matin. Cette question sans doute sans réponse: pourquoi Coulibaly a-t-il assassiné la jeune policière Clarissa Jean-Philippe alors qu'elle s'occupait d'un accident sans gravité avec lequel il n'avait rien à voir?
"J’aimerais essayer de penser les crimes de Coulibaly parce que, justement, plus encore que ceux des Kouachi — ou du moins d’une manière différente —, ils ont à voir avec l’impensable. Il me semble qu’ils ne sont pas entièrement réductibles à l’idéologie islamiste, ou disons que s’ils s’y soumettent, celle-ci ne les définit pas intégralement : il reste une part — et certains soirs il me semble que c’est la pire —, qui relève d’une autre dimension. L’islamisme radical, balbutié chez ces gens-là comme une psalmodie criminelle dont on se demande en quoi elle a à voir avec Allah et Mahomet, est surtout un bon prétexte pour tuer. La part la plus noire du crime chez Coulibaly est purement gratuite, elle est sa jouissance même, la dimension démoniaque qui a pourri son âme, et qui le pousse à tuer quelqu’un pour rien. À assassiner telle ou telle personne, au hasard, dans la rue, le matin, le soir, peu importe. Nous autres qui passons nos vies à chercher, qui voulons comprendre, qui nous imaginons que même le mal a ses raisons, nous ne sommes sans doute pas à la hauteur d’un phénomène qui touche à la racine même de la malfaisance : sa terrible gratuité. Le mal peut bien se donner toutes les raisons du monde, au fond il n’en a pas : il est sans cause. Nous demandons pourquoi, mais il est possible qu’il n’y en pas de pourquoi, car c’est dans l’absence de sens — dans l’insensé — que gît réellement le mal." 

A suivre quotidiennement, textes de Yannick Haenel, dessins de François Boucq:
https://charliehebdo.fr/themes/proces-attentats/

mardi 15 septembre 2020

C'est la faute à la société

Le recteur de la Grande mosquée de Paris a appelé à respecter Charlie Hebdo (1). Mais d'autres responsables musulmans continuent leurs appels à la haine (2). Ainsi, l'Observatoire pour la lutte contre l'extrémisme d'Al-Azhar (considéré comme la plus haute instance de l'islam sunnite) affirme que la une de Charlie Hebdo du 2 septembre (qui republiait, dans le cadre du procès des présumés complices des assassins, les caricatures qui ont justifié un tel massacre) est un crime. Cet observatoire a donc d'étranges conceptions de ce qu'est l'extrémisme et des moyens de lutter pour le combattre: il ne condamne pas l'horrible crime des assassins qui prétendaient agir au nom du prophète, mais renverse les responsabilités et jette de l'huile sur le feu. Peut-être s'est-il donné pour rôle d'observer comment l'extrémisme progresse à partir de ses propres déclarations?                                                                                                                    Parlant de cette même une, le Ministre des Affaires étrangères du Pakistan (de la République islamique du Pakistan) estime que "cet acte de provocation délibérée qui offense des milliards de musulmans ne peut pas être justifié par l'exercice de la liberté de la presse ou de la liberté d'expression". On ne sait où il trouve "des milliards de musulmans". Sans doute compte-t-il tous ceux qui sont décédés depuis la naissance du prophète. Parce qu'actuellement il y en aurait 1,8 milliard dans le monde. Et visiblement nombreux sont, heureusement, ceux d'entre eux qui considèrent (sans oser le dire trop fort) que les assassins font plus de tort à l'islam que quelques dessins. Ce grand rigolo de ministre affirme encore que "ce genre de comportement (publier des caricatures) va à l'encontre des aspirations mondiales à une coexistence pacifique et à l'harmonie sociale et interreligieuse". Tous les démocrates pakistanais qui ont été exécutés pour blasphème ne sont plus là pour témoigner du rôle actif que joue quotidiennement le gouvernement pakistanais dans la coexistence pacifique et l'harmonie sociale et interreligieuse.                    La Turquie, autre modèle de démocratie, évoque, s'agissant de Charlie et pas de l'islamisme, une "mentalité malade". Le Ministre turc des Affaires étrangères accuse les démocraties acceptant de telles caricatures de favoriser la résurgence de "fascistes et de racistes en France et en Europe".                            Bref, l'auto-critique n'existe pas en terre d'islam et les victimes sont coupables.

Mais chez nous aussi, il ne reste pas bien vu de pointer du doigt les dérives fascistes islamistes. Gérard Biard, rédacteur en chef de Charlie Hebdo, relève un article du Monde publié deux jours avant l'ouverture du procès des attentats de janvier 2015: "pourquoi il ne faut pas surévaluer les motivations religieuses des terroristes" (3). Il s'agit plutôt d'un "phénomène de bande" plutôt que de terrorisme islamiste, estime l'auteur de l'article. "La rhétorique est sans surprise, écrit Biard, et fait partie de la panoplie du parfait petit relativiste: affirmer qu'une idéologie criminelle n'est pas le produit d'un discours - ici, d'un discours fanatique religieux - mais d'éléments disparates, incontrôlables, qui auraient pu tout aussi bien produire autre chose." Et Gérard Biard de rappeler l'historique de toutes ces menaces et de tous ces attentats contre qui se montre un tant soit peu critique vis-à-vis de l'islam. Des Versets sataniques  de Salman Rushdie aux attentats et agressions à Madrid, Tunis, Berlin, Bruxelles, Paris ou New York, au Pakistan, en Algérie, au Mali, au Nigéria ou en Egypte. C'est au nom d'Allah qu'on tue et appelle à tuer. Les ignobles tueurs de Charlie Hebdo ont dit être venus venger leur prophète. Ils n'étaient pas des représentants de la firme Kalashnikov venus faire une démonstration commerciale. "L'article du Monde, conclut Gérard Biard, s'inscrit dans cette doxa, largement répandue, qui réfute en creux qu'un discours religieux puisse produire une doctrine mortifère et criminelle, et ne craint pas le ridicule en minimisant le rôle de l'islamisme dans le djihadisme."                                                                                                                                                      Et ne parlons pas de l'écœurant Jean-Luc MélenChe qui confond sciemment les magazines Valeurs actuelles et Marianne et Charlie Hebdo (4).                                                                                                   Aujourd'hui, Charlie Hebdo, journal fondamentalement antiraciste et laïc, est bien seul à mener ce combat essentiel pour la liberté de pensée.

(1) voir le billet précédent de ce blog.                                                                                                              (2) Inna Shevchenko, "Caricatures de Mahomet - #JeSuisCharia contre #JeSuisCharlie", Charlie Hebdo, 9.9.2020.                                                                                                                                                        (3) "Religion, poil au menton", Charlie Hebdo, 9.9.2020.                                                                              (4) https://www.marianne.net/debattons/billets/l-universalisme-seule-boussole-de-l-antiracisme-le-philosophe-henri-pena-ruiz?utm_medium=Social&utm_source=Twitter&Echobox=1598871487#xtor=CS2-5

Note: désolé pour la mise en page. Je teste la nouvelle configuration de Blogger...